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Robert Spaemann : "Prélever un organe conduit souvent à la mort du donneur"


"A l’occasion de la journée nationale du don d’organes, le 22 juin, le philosophe Robert Spaemann [ndlr : figure éminente de la philosophie morale en Allemagne] a été interviewé par l’hebdomadaire Famille Chrétienne."

Ainsi, Robert Spaemann précise que le constat, selon lequel "les prélèvements d’organes sont de plus en plus nombreux", est "inquiétant car pour avoir des organes vivants, il faut que le donneur d’organes soit vivant. Or,  prélever un organe conduit à la mort du donneur". Alors que pour certains le fait que la respiration soit "maintenue de manière artificielle […] lors de la mort encéphalique, […] ne serait pas exactement le maintient de la vie",  Robert Spaemann considère au contraire que la vie "reste la vie, […] qu’importe que la vie soit maintenue artificiellement ou non".
Il décrit une perversion de la fonction de médecin : alors qu’autrefois, la fonction du médecin était de confirmer ou infirmer un constat de mort posé par l’entourage du patient, "aujourd’hui, c’est le contraire. La famille voit que son proche est toujours vivant, qu’il respire, même de façon artificielle, et le médecin dit : ‘Non, il est mort ! Il faut faire vite, car nous avons besoin de tel organe’ ".    
Mais que signifie alors la notion de "besoin" d’organes ? A cette question, Robert Spaemann rappelle que "dans les camps nazis on faisait des expériences sur des êtres humains que l’on soumettait à des températures très basses pour tester la résistance humaine au froid [en précisant que c’était] utile, [car, disaient-ils] ‘on en a besoin pour nos soldats’ ".   

Don d'organes, du nouveau ...

 Jeudi 10 mai 2012

Avant de donner vos organes, lisez ceci

"Saviez-vous que, pour pouvoir prélever des organes, le « mort » doit souvent être… anesthésié ???
Hé oui, c’est une réalité qui est rarement révélée aux donneurs, et à leur famille. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas faire de don d’organes, au contraire. Mais il est important de ne pas le faire aveuglément.
Pour pouvoir être transplantés, les organes doivent être frais. Le cœur d’une personne morte depuis ne serait-ce que cinq minutes est inutilisable : il ne se remettra jamais à battre, y compris avec un pacemaker (un appareil qui donne des chocs électriques pour stimuler les pulsations). Il en va de même des autres organes vitaux (reins, foie, pancréas, poumons…)
Pour que les organes soient bien frais, donc, il faut qu’ils soient encore en train de fonctionner au moment où ils sont prélevés. Ils ne peuvent donc pas être prélevés sur un « mort » réellement mort, mais sur une personne en état de « mort cérébrale », ce qui, nous allons le voir… est très différent.

Revenu du séjour des morts

Le journal anglais Daily Mail publie l’histoire d’un jeune britannique qui a eu la vie sauvée par son père qui s’était opposé à ce que ses organes soient prélevés pour servir à des transplantations. (1)
L’affaire s’est produite à l’hôpital universitaire de Coventry, dans le nord de l’Angleterre :
Stephen Thorpe, 17 ans, avait été gravement blessé à la tête lors d’un accident de voiture au cours duquel était mort son ami Matthieu, 18 ans, qui conduisait le véhicule.
Les médecins le mirent sous coma artificiel et, deux jours plus tard, le déclarèrent en état de « mort cérébrale ». La « mort cérébrale » permet l’ouverture de la procédure de prélèvement d’organes. Mais les parents de Stephen, qui étaient auprès de lui, affirmèrent qu’ils « sentaient que leur fils était encore là » et qu’il réagissait à certaines paroles.
Alors que quatre médecins de l’hôpital confirment la « mort cérébrale » et souhaitent que commence le prélèvement d’organes, les parents de Stephen font appel au Docteur Julia Piper, praticienne de médecines traditionnelles et alternatives. Celle-ci obtient l’autorisation de faire examiner Stephen par un neurochirurgien de confiance, qu’elle connaît.
Celui-ci conclut que le jeune garçon n’est absolument pas « mort cérébralement ». Il demande qu’il soit au plus vite sorti de son coma artificiel. Et en effet, cinq semaines plus tard, Stephen rentre chez lui, entièrement remis.
Aujourd’hui, Steven a 21 ans et étudie la comptabilité à l’université de Leicester. « Mon impression est que l’hôpital n’était pas très favorable à ce que mon père demande une contre-expertise médicale » a-t-il déclaré au Daily Mail.

Ne pas confondre « mort » et « mort cérébrale »

Le concept de « mort cérébrale » a été inventé en 1968. Jusque-là, on ne connaissait que deux états : vivant ou mort.
Une personne était vivante tant que son corps restait chaud, que son cœur continuait à battre, qu’elle respirait et que son sang continuait à circuler.
La mort, au contraire, était déclarée lorsque la vie avait quitté le corps. Un corps mort, au sens traditionnel du terme, devient froid, rigide. Il ne répond plus à aucun stimulus. Le cœur ne bat plus, la tension artérielle disparaît. Le patient arrête de respirer. La peau, les ongles et les muqueuses prennent une couleur bleutée. Mettre le cadavre sous respiration artificielle ne relance pas l’oxygénation du corps. Stimuler le cœur par une impulsion électrique (pacemaker) ne le fait pas recommencer à battre.
Une personne morte ne peut tout simplement plus guérir. Ses organes vitaux, le cœur, le foie, les poumons, les reins et le pancréas ne fonctionnent plus. On ne peut plus les transplanter sur une personne vivante, car ils commencent à se décomposer aussitôt que l’oxygénation et la circulation sanguine s’arrêtent. Cinq minutes plus tard, ils sont inutilisables.
Pour pouvoir prélever des organes encore vivants, et donc capables d’être transplantés sur une nouvelle personne, les médecins créèrent en 1968 le concept de « mort cérébrale ». Une personne dont le cœur fonctionne, le sang circule, et la respiration est régulière peut donc aujourd’hui être déclarée en état de « mort cérébrale ». On sait pourtant que, dans ce cas, la plupart des fonctions vitales continuent, dont la digestion, l’excrétion (évacuation des déchets), et l’équilibre des fluides.
S’il a des blessures, on constatera que le « mort cérébral » cicatrise, et si c’est un enfant, qu’il continue à grandir. Il peut même traverser la puberté. Une femme enceinte en état de « mort cérébrale » peut continuer à porter son enfant : la plus longue période enregistrée est de 107 jours jusqu’à l’accouchement.
En revanche, une fois que ses organes vitaux sont retirés pour être transplantés sur une autre personne, le « donneur » d’organe décède pour de bon.

Pour prélever des organes, le « mort » doit d’abord être anesthésié

Très souvent, la personne en état de « mort cérébrale » est sensible aux opérations chirurgicales. C’est ce que les médecins appellent l’effet Lazare, du nom de l’homme qui, dans les Evangiles, ressortit de son tombeau.
Pour pouvoir prélever les organes vitaux, les médecins doivent donc pratiquer l’anesthésie, ou injecter des substances paralysantes pour éviter les spasmes musculaires, ou les changements brutaux de pression sanguine, de rythme cardiaque, et d’autres réflexes protecteurs.
Dans la pratique médicale normale, de telles réactions de la personne opérée indiquent à l’anesthésiste que l’anesthésie est trop légère, et que le patient souffre.
Ces informations, que n’importe quel médecin pourra vous confirmer, sont malheureusement mal connues du grand public. Il semble également que les familles à qui l’on demande d’autoriser un prélèvement d’organe ne soient malheureusement pas toujours informées objectivement.

Le cas de Stephen n’est pas isolé

Il existe des dizaines de cas similaires à celui de Stephen, dans lesquels une personne comateuse ou inconsciente est déclarée en état de « mort cérébrale » ou « sans espoir de guérison ». Bien souvent, les familles subissent alors des pressions pour autoriser les prélèvements d’organes.
En 2011, l’Hôpital Sainte-Croix de Drummondville (au Québec), a demandé l’autorisation d’extraire les yeux d’une patiente qui s’était étranglée pendant son repas à l’hôpital en l’absence de personnel soignant, affirmant qu’elle était en état de « mort cérébrale ». Après que la famille eut demandé des preuves au médecin, elle se réveilla et retrouva l’essentiel de ses facultés. (2)
En 2008, un Français de 45 ans s’est réveillé sur la table d’opération, tandis que les médecins s’apprêtaient à lui prélever ses organes, suite à un arrêt cardiaque. Lors de l’enquête menée par le « comité d’éthique », plusieurs médecins reconnurent que ce type de cas, bien que rare, leur était parfaitement connu. (3)
La même année, Sack Dunlap, un Américain de 21 ans, « mort cérébralement », était sur le point de se faire retirer ses organes vitaux lorsque ses deux sœurs, toutes les deux infirmières, décidèrent de vérifier qu’il était en effet « mort cérébralement ». Discrètement, elles enfoncèrent une pointe sous son ongle de pied, ce qui provoqua une forte réaction de Dunlap, prouvant qu’il était conscient. Il se remit complètement et déclara plus tard qu’il était conscient et entendait les médecins autour de lui discuter des organes qu’ils allaient lui prélever !
Alors, dans ce domaine comme dans tous les autres, cher lecteur, rappelez-vous qu’il s’agit de votre vie, votre santé, et jamais de celle ni des médecins, ni des personnes qui vous conseillent, même lorsque celles-ci sont de la meilleure volonté.
Bien à vous,"

Sources de cet article :
1. The Daily Mail, le 24 avril 2012 : http://www.dailymail.co.uk/health/article-2134346/Steven-Thorpe-Teenager-declared-brain-dead-FOUR-doctors-makes-miracle-recovery.html?printingPage=true
2. http://www.journalexpress.ca/Société/Santé/2011-06-30/article-2624757/Un-mal-de-dent-qui-a-failli-virer-en-don-dorganes/1
3. Article publié dans le journal Le Monde, disponible ici : http://actuagencebiomed.blogspot.fr/2008/06/le-donneur-dorganes-ntait-pas-mort.html

http://www.santenatureinnovation.fr/chirurgie/avant-de-donner-vos-organes-lisez-ceci?utm_source=Newsletter-gratuite&utm_medium=emailing&utm_campaign=201205D-avant-de-donner-vos-organes-lisez-ceci

Dead-donor’ rule dangerously misleading, experts say

Dr. Fraser Rubens works alongside nurse Elizabeth Knapp as he pours litres of warmed-up saline solution into the chest cavity after a new heart has been placed in Jack Quinte. Copyright: Julie Oliver / Postmedia News files.

"Doctors should abandon the 'dangerously misleading' policy of having to declare donors dead before their organs can be extracted for transplant, and adopt a more honest policy that acknowledges some patients may still be technically alive, Canadian and Spanish experts suggest in a provocative new commentary.

They advocate replacing the current 'dead-donor rule' with a policy that educates the public about the true nature of patients used in transplant, obtains informed consent — and ensures the donor does not suffer during the organ harvesting.

The authors, including Dr. Neil Lazar, director of the medical-surgical intensive care unit at Toronto General Hospital, say the focus should be on the well-being of donors rather than whether they are legally dead. That could mean giving anesthetics during organ harvesting.


'Because there is a general assumption that dead individuals cannot be harmed, veneration of the dead-donor rule is dangerously misleading,' they wrote. 'Ultimately, what is important for the protection and respect of potential donors is not to have a death certificate signed, but rather to be certain they are beyond suffering and to guarantee that their autonomy is respected.'
The suggestions, made at a major U.S. bioethics conference last week and in a recent paper in the American Journal of Bioethics, are coming under strenuous criticism by the transplant community, however. Some experts call the proposal a theoretical argument that has little foundation in reality, but that could seriously hurt the ongoing struggle to recruit potential organ donors.
'In the overwhelming majority of cases, the concept of death is easy, obvious and not really subject to any complex interpretation. It’s very clear,' said Dr. Andrew Baker, medical director of the Trillium Gift of Life Network, which oversees Ontario’s transplant system. 'They’re dead, you can see it, there is no return of anything.'
Dr. Baker, head of trauma and neurosurgery at Toronto’s St. Michael’s Hosptial, said he sees daily the medical 'marvel' of organ transplantation, the lives it saves and the consolation it gives to the relatives of dead patients. It would be tragic if donation rates were undermined by unfounded concerns, he said.
'If you said ‘No’ [to donation] for the totally wrong reason, because the National Post wrote that some good doctor said you might feel something [during organ harvesting], that would just be too much.'
Dr. Sam Shemi, a prominent Montreal intensive-care physician, echoed his concerns. Determining death in organ donation cases 'is more professional, rigorous and performed according to a higher standard than in any other situation,' he said.
In questioning death declaration, the bioethics paper focuses largely on a recent trend in transplantation.
Most transplant organs are taken from patients declared brain dead. Those people account for only about 10% of hospital deaths, however, leaving a shortage of donors and hundreds of gravely ill Canadians languishing and dying on transplant waiting lists.
In response, the medical community has recently embraced a new protocol, where organs are removed after the heart has stopped — in Canada, five minutes after it has halted — but when the patient is not necessarily brain dead. Approved at a 2006 conference of experts, the procedure has been used hundreds of times since across the country, helping increase the total number of donors by more than 25% in Ontario alone.
While the medical community generally supports 'donation after cardiac death [DCD],' there has been some controversy. The paper by Dr. Lazar and colleagues notes that in most DCD cases, doctors have made a decision not to continue life-support measures that keep the patient breathing and their heart beating. That does not necessarily mean the heart could not be started again, artificially at least, they argue.
It is also possible that when cardiac death is declared, there may still be some brain activity, raising at least the possibility the donor could feel pain during the harvesting of organs, the paper argues. The process of inserting catheters that pump blood through the transplant organs before removal could also start blood circulation in the brain, triggering some limited activity there, the article says.
Dr. Baker said there is no evidence, however, that cardiac death is anything but the complete lack of life. When someone is removed from a ventilator, first they stop breathing, then their heart stops. That means that the brain stem, which regulates those activities and is considered the last part of the brain to die, would have lost all function.
And perfusion is done here in a way that there is no blood flow through the brain, he said.
James DuBois, a health ethics professor at Saint Louis University, also argued that determination of death is well-founded in transplant cases, and worried about the impact of removing the dead-donor rule.
It could 'have negative consequences: decreasing organ donation rates, upsetting donor family members and creating distress among health care workers,' he wrote in a response published by the bioethics journal."

National Post
Article by Thomas Blackwell
tblackwell@nationalpost.com

Canada : "Diagnostiquée en état de mort cérébrale, une femme se réveille"

"Au Canada, une femme s’est réveillée après avoir été diagnostiquée en état de mort cérébrale.

Agée de 76 ans, Madeleine Gauron avait été hospitalisée à l’hôpital Sainte Croix de Drummondville pour une inflammation de la gencive. S’étant étouffée en consommant des aliments solides, la vieille dame tombe dans le coma, après des manœuvres de réanimation cardiaque inappropriées. Le personnel médical contacte alors ses proches et leur déclare que leur parente est en état de mort cérébrale, et qu’il n’y a plus d’espoir. Il leur demande aussi si la défunte était favorable au don d’organe, l’équipe ayant notamment besoin de 'ses yeux' pour un autre patient. La famille, pourtant favorable au don d’organe lorsque les analyses médicales prouvent sans ambigüité le décès de la personne, s’oppose à la demande du corps médical devant l’irréalisme de la situation. Le lendemain, ils apprennent avec stupeur que leur parente s’est réveillée. 'On n’en revenait pas, témoigne son fils, elle n’était pas morte. Si on avait décidé de donner ses organes, on l’aurait tuée…'.

La vieille dame est aujourd’hui capable de manger, parler et marcher et a tout de suite reconnu ses proches. Sa famille souhaite à présent lui faire pratiquer un scanner cérébral afin d’évaluer les séquelles de cet incident. Elle va également entamer des poursuites judiciaires contre l’hôpital."

Canoe.ca (Audrey Ruel-Manseau) 29/06/2011 – Cyperpresse.ca 30/06/2011 – La Tribune (Jean-Pierre Boisvert) 30/06/2011 – Journalexpress.ca (Lise Tremblay) 30/06/2011
http://www.genethique.org/revues/revues/2011/Juillet/04_07_11.html#2

Diagnostiquée en état de mort cérébrale, une femme se réveille

"En Australie, Gloria Cruz, une femme de 51 ans, victime d'un accident vasculaire cérébral dans son sommeil, le 7 mars 2011, s'est réveillée après presque 3 semaines de coma. Les médecins du Royal Darwin Hospital où elle avait été emmenée en urgence l'avaient diagnostiquée en état de mort cérébrale. Ils avaient expliqué à son mari Tani que son cas était 'sans espoir' et qu'elle allait probablement mourir dans les 48 heures.
Bien qu'un médecin ait alors recommandé de retirer le respirateur pour laisser Mme Cruz mourir, son mari avait refusé : 'un miracle pourrait encore se produire'. Il avait demandé un délai de 48 heures aux médecins. Plus tard, un médecin l'avait appelé pour demander de nouveau son accord pour débrancher le respirateur.

Après 2 semaines, un tube a été inséré dans la bouche de Gloria Cruz pour lui permettre de respirer et le respirateur a été éteint. Trois jours plus tard, elle s'est réveillée de son coma à la grande surprise du personnel de l'hôpital. 'C'est un miracle', s'est exclamé un médecin extrêmement surpris. 'Je suis heureux que mon diagnostic ait été faux', a-t-il dit au mari de la patiente. Ce dernier a expliqué que sa famille n'a jamais perdu espoir. Mme Cruz est aujourd'hui en voie de guérison. "
(Ntnews.com (Nigel Adlam) 11/05/11 - The Australian.com.au 11/05/11)
Pour rappel : la "mort cérébrale" ou "mort encéphalique" permet de signer un constat légal de décès, afin de prélever des organes vitaux (don d'organes) ...
http://www.genethique.org/revues/revues/2011/Mai/16_05_11.html#1

Pr. Louis Puybasset, "Enjeux éthiques en réanimation". Paris, Ed. Springer-Verlag France, 2010

"Rapidement après sa création, à la fin des années 1950, la réanimation a été le lieu d’une effervescence où se pensaient les aspects techniques et l’innovation de cette discipline médicale nouvelle. Mais là, surgit rapidement la question du sens de l’action menée aux plans humain et philosophique. Grâce aux moyens extraordinaires mis en œuvre et au savoir-faire des équipes médicales et soignantes, des succès inespérés furent obtenus, en particulier dans les domaines de l’insuffisance respiratoire, de l’insuffisance rénale, des détresses circulatoires, de la toxicologie et des comas. Mais il devenait également possible de faire survivre de façon prolongée des personnes pour lesquelles aucun espoir de guérison n’était permis et qui évolueraient vers des états de dépendance et de perte d’autonomie insupportables. Ces situations firent naître des controverses sur le bien fondé de certaines pratiques de la réanimation et, progressivement, cette spécialité médicale devint le fer de lance dans la réflexion sur l’obstination déraisonnable, la mort encéphalique, la transplantation d’organe, l’assistance respiratoire, les comas prolongés et la limitation ou l’arrêt thérapeutiques.
Pour apporter un éclairage nouveau et original sur les questions éthiques qui émaillent la pratique de la réanimation, l’ouvrage collectif dirigé par Louis Puybasset rassemble des textes d’auteurs choisis pour leur compétence et leur connaissance du terrain. Il leur donne la parole pour témoigner de certains aspects méconnus de l’éthique du soin, en levant parfois certains tabous. L’ouvrage est divisé en six grands chapitres. Le premier aborde les fondements philosophiques et juridiques sur lesquels s’appuie le discernement éthique en pratique clinique, et les suivants traitent successivement du patient et de ses proches en réanimation, des soignants, des questions spécifiques liées à la limitation et l’arrêt thérapeutique, du don d’organe et enfin des aspects médico-économiques de la réanimation.

Au fil du texte qui constitue cet ouvrage de 634 pages, la réflexion déclinée sous des angles et des points de vues variés et originaux, éclaire ce lieu étonnant où l’on ne ressuscite pas toujours, où l’on meurt souvent et où les normes sociales sont parfois bousculées. Ce livre, d’une grande force, est un outil précieux de réflexion sur les enjeux existentiels de ce monde clos et mystérieux pour celui qui un jour sera confronté à la réanimation, qu’il soit patient, soignant, médecin ou proche. Il offre un éclairage humaniste permettant à la pensée de ne pas être captive d'une vision purement technique."

Michel Hasselmann, Professeur des Universités, Praticien Hospitalier, Réanimation Médicale - Nouvel hôpital civil.

Source :
Lettre du CEERE, mars 2011

Heated debate over Jewish organ transplants

"In the on-going debate over the ethics of removing organs from 'brain dead' patients, the conservative view has scored a goal. The chief rabbinical court of the UK has decreed that only 'cardiorespiratory death is definitive'. The Beth Din's conditions would mean that an observant Jew could donate kidneys, livers or corneas, for example, but not heart or lungs.

The result was consternation in the British Medical Association, as 66% of donations came from donors after brain death in 2010 and 34% from donors after cardiovascular death. The BMA called for an urgent meeting to clarify the situation.
The decision was greeted by fierce criticism across the Atlantic. Rabbi Moshe Tendler, a medical ethics professor at New York's Yeshiva University, declared: 'The Beth Din must realise they have sentenced to death anyone waiting for a vital organ transplant.' In his opinion brain stem death was 'the only accurate method to determine that a patient has died'.
The UK's Chief Rabbi, Lord Jonathan Sacks, tried to clarify the statement by admitting that there may be 'reasonable disagreement as to whether a patient is alive or dead'. However, the original wording of the Beth Din's statement was strong:
There is a view that brain stem death is an acceptable Halachic [Jewish law] criterion in the determination of death. This is the view of some Poskim (Halachic decisors) . However it is the considered opinion of the London Beth Din in line with most Poskim worldwide, that in Halacha cardiorespiratory death is definitive.
The Beth Din says that it wants the UK's National Organ Donor Registry to come up with a donation system which will be compatible with Jewish practice.
The issue is far from academic, as anger over a recent case in Israel shows. Avi Cohen, a 51-year-old soccer star who had played for Liverpool in his heyday, was brain-injured in a car smash in December. He had been a strong advocate for organ donation. After learning that he was 'brain dead', his relatives began to discuss arrangements for organ donation with the hospital. The Chief Rabbinate in Israel had ruled in 1986 that brain death was sufficient for donation in certain cases. And Sephardi Chief Rabbi told the Cohen family that the donation was a mitzvah [permissible]. However, other rabbis persuaded the family that only cardiac death was acceptable and the donations did not happen. An editorial in the Jerusalem Post called this 'meddling' 'morally despicable'."
http://www.bioedge.org/index.php/bioethics/bioethics_article/9361

Toulouse : Accidents Vasculaires Cérébraux (AVC) : le Prozac®, une nouvelle voie prometteuse

TOULOUSE - Prescrire l'antidépresseur fluoxétine (Prozac®) précocement après un accident vasculaire cérébral peut améliorer la motricité et augmenter l'indépendance des patients. Telles sont les premières conclusions obtenues dans le cadre de l'essai thérapeutique FLAME mené par des équipes de l'INSERM et du CHU de Toulouse dirigées par le Professeur François Chollet(Unité INSERM 825 : «Imagerie cérébrale et handicaps neurologiques» et chef de service de Neurologie Vasculaire à l'Hôpital Purpan - CHU de Toulouse). Un article a été publié sur ces travaux dans le Lancet Neurology du 10 janvier 2011. Les résultats suggèrent que le Prozac® et plus généralement les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine identifient une nouvelle voie prometteuse dans le traitement des accidents vasculaires cérébraux.
L'AVC, des séquelles motrices très fréquentes
L'hémiplégie (paralysie de la moitié du corps) et l'hémiparésie (faiblesse de la moitié du corps) constituent les handicaps les plus fréquents après un accident vasculaire cérébral. Quelques études préliminaires avaient suggéré que les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine pouvaient améliorer la motricité après un accident vasculaire cérébral. La même équipe avait montré en 2001, sur quelques patients, que ce médicament était susceptible d'améliorer la motricité en augmentant l'activation et l'excitabilité des cortex moteurs, ouvrant la porte pour un essai clinique à plus grande échelle.
FLAME, un essai d'une importance majeure
L'essai FLAME avait pour objectif de déterminer si la fluoxétine augmente la récupération de la motricité dans un groupe de patients plus important, porteurs de déficits moteurs modérés à sévères. Entre mars 2005 et juin 2009, 118 patients, hospitalisés pour hémiplégie au sein de neuf unités de neurologie vasculaire en France, ont pris 20mg de fluoxétine par jour (59 patients) ou un placebo (59 patients) pendant trois mois après un accident vasculaire cérébral ischémique. Tous les patients ont bénéficié d'une rééducation. Les tests moteurs (Fugl Meyer motor scale FMMS et National Institutes of Health stroke scale NIHSS) ont été effectués au début puis au bout de trois mois de traitement.
Le Prozac®, accroit la récupération de la motricité...
Une amélioration significativement plus importante de la motricité a été observée chez les patients prenant la fluoxétine par rapport à ceux prenant le placebo. Ce gain était présent à la fois sur le membre supérieur et sur le membre inférieur. Parallèlement après trois mois de traitement le nombre de patients indépendants dans leur vie quotidienne était plus important sous fluoxétine que sous placebo.
... et prévient la dépression post-AVC
Globalement le traitement a été bien toléré et les effets secondaires limités. Des troubles digestifs transitoires ont été observés plus fréquemment sous fluoxétine mais la survenue d'une dépression nerveuse s'est avérée plus fréquente sous placebo suggérant que la fluoxétine peut prévenir les syndromes dépressifs survenant après un accident vasculaire cérébral.
Une action sur la plasticité des neurones
Les auteurs concluent : L'effet positif du médicament sur la récupération de la motricité de ces patients suggère que l'action de la fluoxétine, dirigée vers la plasticité des neurones et non pas sur les vaisseaux, constitue une nouvelle voie thérapeutique qui mérite d'être explorée à la phase aiguë des accidents vasculaires cérébraux ». Ils ajoutent : "la fluoxétine est un médicament bien toléré maintenant dans le domaine public et dont le coût est raisonnable."
Pour plus d'informations contacter :
Délégation à la Communication
CHU de Toulouse - 2 rue Viguerie - TSA 80035
31059 Toulouse Cedex 9
Téléphone : 05.61.77.83.49
Mobile : 06.27.59.58.96
Fax : 05.61.77.85.21
email : soulie.d@chu-toulouse.fr

Source :
Réseau CHU - Newsletter
N° 555 - 18 janvier 2011

La fluoxétine, une nouvelle voie dans les accidents vasculaires cérébraux (AVC)

"Cela fait deux ans jour pour jour que Jean-Pierre S. a subi un AVC grave, le laissant plusieurs mois avec une hémiplégie gauche totale. Pourtant, aujourd’hui, à 64 ans, il coule une retraite presque normale dans les Pyrénées, a repris le vélo sur route et les parties de pêche. 'Seul mon bras gauche est encore un peu raide (...).'"

Source :
Le Quotidien du Médecin, 10/01/2011

Severely Brain-Injured Child Benefits From Cord Blood Cell Transplantation

Les donneurs d'organes sont des patients se trouvant dans un état irréversible, du fait de la destruction irréversible de leur cerveau (la "mort encéphalique" équivaut à un coma dépassé). Et si, grâce aux cellules souches contenues dans le sang du cordon ombilical, il était possible de rendre réversibles les lésions au cerveau conduisant à cet état de "mort encéphalique" qui permet le prélèvement d'organes ?
"In three monthly injections, researchers transplanted neurally-committed, autologous cord blood derived cells tagged with iron oxide nanoparticles (SPIO) into the lateral cerebral ventricle of a 16-month old child with severe global hypoxic ischemic brain injury. The study, published in the current issue of Cell Medicine 1(2) and now freely available online here found through MRI tracking that the primary injected and tagged cells persisted in that brain hemisphere for more than four months. By six months, the severely impaired child showed some slight improvement over a former vegetative state.

'Hypoxic-ischemic encephalopathy remains one of the most devastating conditions in children, resulting in brain atrophy and persistent functional neurological impairment,' said Dr. Krystyna Domanska-Janik, corresponding author.

According to Dr. Domanska-Janik, they transplanted cord blood neural cells by repeated injection into lateral cerebral ventricle as the method appeared to be superior to intravascular injections because there would be a more 'local modulating outcome.'

'The capacity of cells to home to damaged sites in the central nervous system is crucial,' said Dr. Domanska-Janik. 'Our study found that transplantation of patient self-donor (autologous), neurally-committed cord blood cells is feasible, well tolerated, and safe.'

Once more, the transplanted cells were easily assessed by MRI for four months.

'Despite signs of neurological improvement noticed by the parents and neurologists after cell transplantation, this one case does not allow us to predict the true efficacy of such a treatment and further studies are needed,' she added.

The research team did suggest that six months post-transplantation, the child's diagnosis of a 'vegetative state' was no longer justified as the boy began responding to his mother's voice by smiling and a 50 percent reduction in his rate of seizures was achieved.

According to Dr. Paul Sanberg, executive director of the Center of Excellence for Aging and Brain Repair at the University of South Florida, and executive editor of Cell Medicine, this case report is potentially important.

'This first step in the use of autologous stem cells as a treatment for neonatal ischemic brain repair in the clinic provides a guardedly optimistic report for future studies,' said Dr. Sanberg. 'Of course, further and more comprehensive studies, with a larger patient population, are required to confirm its potential efficacy.'"

Notes:

Prof. Krystyna Domanska-Janik, Neuro Repair Dept. Mossakowski Medical Research Centre, 5 Pawinskiego str, 02-106 Warsaw, Poland.

Citation: Jozwiak, S.; Habich, A.; Kotulska, K.; Sarnowska, A.; Kropiwnicki, T.; Janowski, M.; Jurkiewicz, E.; Lukomska, B.; Kmiec, T.; Walecki, J.; Roszkowski, M.; Litwin, M.; Oldak, T.; Boruczkowski, D.; Domanska-Janik, K. Intracerebroventricular Transplantation of Cord Blood-Derived Neural Progenitors in a Child With Severe Global Brain Ischemic Injury. Cell Medicine 1(2):71-80; 2010.

Source:

David Eve

Cell Transplantation Center of Excellence for Aging and Brain Repair
January 3, 2011


Author: www.drugrehab.in
http://www.drugrehab.in/2011/01/severely-braininjured-child-benefits-from-cord-blood-cell-transplantation/

Neurosciences : Lille bénéficie d'un plateau technique d'imagerie de dernière génération

LILLE - "Avec deux nouvelles IRM (IRM 3T et IRM des urgences), le CHRU de Lille complète son plateau technique d'imagerie dédié aux neurosciences, améliore la précision des diagnostic et les traitements thérapeutiques. Pour réaliser ces investissements respectivement de 3,124 millions d'euros et 2,2 millions d'euros le CHRU a bénéficié du soutien du Conseil Régional.
Un Imageur à Résonnance Magnétique (IRM) dans le service des urgences de l'hôpital Roger Salengro. Cette technologie intégrée au coeur de l'urgence, permet de réaliser des examens de grande précision et rapidement, ce qui est particulièrement intéressant pour les pathologies neurologiques, telles que les Accidents Vasculaires Cérébraux (AVC) - 70 pour cent des demandes. Les autres indications neuroradiologiques concernent les patients admis pour crise convulsive, vertiges, troubles de la conscience, céphalées ou syndrome fébrile avec troubles neurologiques. Certaines indications non neurologiques sont également réalisées sur l'IRM d'urgence, que ce soit en imagerie musculo-squelettique ou en imagerie de la femme et de l'enfant.
La principale attente pour cet IRM dédiée à la médecine d'urgence est évidement un accès rapide à l'examen. 'Nous avons un nombre d'admission très important, de l'ordre de 120 000 patients par an, précise le Docteur Goldstein. Avec un tel turnover, il est très important de disposer d'un équipement dédié. Dans beaucoup d'autres établissements, l'activité de l'IRM est une activité programmée. Ce que nous voulions, c'est un accès direct et dédié'.
Un Imageur à Résonnance Magnétique (IRM) destiné aux travaux de recherche, notamment dans le domaine de la démence et de la cancérologie. Cet équipement doté d'une technologie 3 Tesla (1,5 Tesla pour l'IRM des urgences) permet une imagerie d'une précision encore jamais atteinte au CHRU de Lille (antenne 32 canaux pour l'imagerie de haute résolution, un système de paradigme visuel avec grand champ et suivi oculaire et un système intégré d'IRM fonctionnelle permettant la gestion de la synchronisation entre les acquisitions IRM et le déclenchement des paradigmes). 'Le doublement de puissance du champ magnétique améliore la résolution des images et permet la détection de structures anatomiques extrêmement fines et une étude à la fois structurelle, fonctionnelle et métabolique du cerveau' souligne le Pr Leclerc.
Le CHRU de Lille est le premier CHU de France à dédier un équipement IRM de cette définition à la recherche. Une vingtaine de projets concernant principalement la mise au point de nouveaux marqueurs diagnostiques et pronostiques des maladies neurodégénératives et oncologiques (maladie d'Alzheimer, maladie de Parkinson, sclérose en plaques) , neuro-onco-cancérologie et de certaines maladies psychiatriques (schizophrénie) sont déjà déclarés autour de l'IRM 3T. Les patients sont sélectionnés selon des critères cliniques stricts et un protocole d'imagerie particulier permettant des corrélations précises entre clinique et imagerie.
L'effort important consenti par le CHRU pour le développement de ce plateau technique neurosciences a été amplifié grâce à des financements extérieurs, en particulier par la Région Nord / Pas-de-Calais et par l'Union Européenne, dédiés notamment à l'acquisition d'équipements lourds et à la modernisation du système d'information."
Pour plus d'informations contacter :
Déléguée à la communication
CHU Lille - 2, av Oscar Lambret
59037 Lille cedex
Téléphone : 03 20 44 41 04
Fax : 03 20 44 52 71
Source :
La Lettre "Réseau-CHU"
N° 546 - 9 novembre 2010

Un inhibiteur GABA favorise la récupération post-AVC

"La zone cérébrale adjacente à un AVC *, ou zone péri-infarctus, est fondamentale dans la récupération ..."
Source :
Le Quotidien du Médecin
* AVC : accident vasculaire cérébral. Constitue la principale source pour le prélèvement d'organes vitaux en France, en vue de greffes.

Lydia Paillard à Lormont : Deux enquêtes pour éclaircir le miracle

"L'Agence régionale de la santé se saisit du dossier de Lydia Paillard.
Lydia Paillard disait hier soir 'aller très bien'. Cette sexagénaire de Lormont avait été déclarée 'cliniquement morte' par un médecin de la polyclinique Bordeaux-Rive droite où elle était venue subir, lundi à 9 heures, une deuxième séance de chimiothérapie ('Sud Ouest' d'hier).
Se trouvant dans un état comateux après seulement cinq minutes de perfusion, elle fut transférée du service d'oncologie vers les urgences de la polyclinique. Trois heures plus tard, un praticien annonçait aux trois fils de la patiente un terrible diagnostic : une 'mort cérébrale'. 'Nous n'avons pas été bêtes et disciplinés', réagissait hier Sébastien Paillard en faisant référence aux propos du médecin annonçant : 'Il faudra prendre une décision pour débrancher la machine.' Du point de vue des fils, l'emploi du futur avait une connotation trop immédiate pour être recevable.
Hier soir, de son lit du CHU de Bordeaux où elle s'est réveillée lundi soir, soit après quatorze heures de coma, Mme Paillard indiquait avoir été déperfusée et se disait 'pressée maintenant de sortir de là'. De son côté, son fils Sébastien, entre moult sollicitations des médias, a eu recours à son avocat. Et hier soir, Yves Noël, directeur général de la polyclinique Bordeaux-Nord qui chapeaute la polyclinique Bordeaux-Rive droite, nous confirmait l'ouverture d'une enquête par l'Agence régionale de la santé. Et 'l'attendre sereinement'.
Encéphalogramme ou pas ?
Après avoir réuni et entendu toutes les personnes ayant traité lundi Mme Paillard, M. Noël conclut qu''il n'y a pas eu de faute'. 'La chimiothérapie n'est pas en cause, poursuit-il. Mme Paillard a téléphoné à 8 h 20 pour dire qu'elle ne se sentait pas bien. En fait, à ce moment-là, elle commençait une crise d'épilepsie qui s'est amplifiée dans le service d'oncologie.' 'Elle a été sauvée par l'urgentiste qui a pratiqué une intubation et l'a mise sous ventilation', souligne le directeur général, qui estime que la Lormontaise 'n'aurait pas survécu plus de six minutes' si le phénomène s'était produit à son domicile.
Si la polyclinique se reproche quelque chose, c'est d''avoir maladroitement expliqué' la situation, et 'dit trop tôt qu'il s'agissait d'une phase terminale'. M. Noël ne nous a pas précisé si un électroencéphalogramme, le seul examen pouvant confirmer un décès, avait été pratiqué. Les médecins démentent avoir demandé à la famille d''envisager de débrancher la machine' et assurent 'avoir pris la décision collégiale de transférer la patiente vers le CHU de Bordeaux'.
Les enfants Paillard ne se satisferont pas de cette analyse. 'Nous avons deux options, la pénale est à l'état projet sachant que toute faute ne relève pas systématiquement du droit pénal', expliquait Me Nicolas Rothé de Barruel. L'avocat de la famille lormontaise penchait hier soir pour la forme 'plus immédiate' de solliciter une procédure d'enquête devant le tribunal d'instance de Bordeaux. Dans le cas où cette requête serait reçue, l'enquête tentera de déterminer les causes du malaise, la façon dont il a été pris en charge, y compris la nature des examens dont a bénéficié Mme Paillard. Il révélera alors si les spécialistes s'étaient fondés ou non sur un électroencéphalogramme avant d'annoncer à la famille la mort cérébrale de Mme Paillard."
Source :
Notons que la procédure de diagnostic de la "mort encéphalique" ou "mort cérébrale" varie d'un pays à l'autre. Source : OPTIDO :
"En ce qui concerne les critères de diagnostic de la mort encéphalique en France : ils sont de nature clinique et para clinique. Une variabilité dans le diagnostic est soulignée : 'Considérez-vous habituellement comme facteur confondant [susceptible d’induire un biais donc un faux diagnostic, Ndlr.] un taux positif de morphiniques et de benzodiazépines, malgré la certitude d’une administration minime de ces produits ?' ; 'Pensez-vous qu’il soit vraiment pertinent de considérer comme facteur confondant ce type de situation ?' ; 'Considérez-vous habituellement comme diagnostic négatif de mort encéphalique, un angio-scanner avec un passage de produit de contraste minime (vaisseaux proximaux de la cérébrale antérieure) ?' ; 'Pensez-vous qu’il soit vraiment pertinent de prendre en compte comme négatif ce type de résultat ?' ; 'Trouvez-vous la législation en France excessive (l’association obligatoire de critères cliniques et para cliniques précis) ?'
On le voit, il s’agit d’élargir les critères de diagnostic de mort encéphalique, afin de permettre de recenser davantage de potentiels donneurs en état de mort encéphalique. Or la variabilité dans le diagnostic (France, mais aussi d’un pays sur l’autre) pose la question de savoir jusqu’à quel point il est éthique d’anticiper la mort encéphalique, ou d’élargir le pool des potentiels donneurs en mort encéphalique en jouant sur les critères de diagnostic de cet état. L’étude OPTIDO cherche précisément à recueillir l’avis des soignants au sujet de l’élargissement du pool des potentiels donneurs en état de 'mort encéphalique', c’est là un des enjeux majeurs du questionnaire :
'Dans certains pays, le potentiel donneur est considéré comme un sujet en limitation de traitements, du fait d’une disproportion des soins par rapport à un objectif de survie ou de qualité de vie. [Cf. Maastricht III, Ndlr.] Dans ce cas, le contexte, le diagnostic de la pathologie responsable et le simple examen clinique suffisent pour proposer le prélèvement.
Seriez-vous favorable à une telle approche en France ?'"

Réveil d’une femme déclarée "cliniquement morte"

"Lydie Paillard, une femme de 60 ans suivie pour un cancer à la polyclinique Bordeaux-Rive droite à Lormont s’est réveillée 15 heures après avoir été déclarée 'très certainement cliniquement morte' lundi 18 octobre 2010. Elle avait fait un malaise lors d’un traitement médical préalable à une séance de chimiothérapie et réanimée par un urgentiste, qui, après avis d’autres médecins, a annoncé la mort clinique aux enfants de la patiente.
Ces derniers ont insisté pour faire transférer leur maman au CHU de Bordeaux où un scanner a infirmé le diagnostic de mort cérébrale.
La polyclinique va proposer un entretien à la patiente et sa famille pour parler de ce 'défaut de communication'. De son côté, la famille a pris un avocat."
La Croix 21/10/10 – Le Monde.fr 20/10/10

Greffes d'organes : traçabilité et répartition des greffons

"Un arrêté du 14 mai 2010, paru dans le Journal officiel du 10 juin 2010 établit 'le contenu des informations permettant d'utiliser des éléments et produits du corps humain à des fins thérapeutiques'. Il s'agit ainsi d'appliquer en France la directive européenne du 24 octobre 2006 relative à la traçabilité et à la distribution des tissus et cellules d'origine humaine.

Tout élément du corps humain (cellules, tissus, organes) doit désormais être accompagné de certaines informations déterminées en annexe de l'arrêté, sans lesquelles les éléments ou produits du corps humain ne peuvent être utilisés à des fins thérapeutiques : informations sur le donneur, milieu de préservation de l'organe, température de transport, coordonnées de l'établissement préleveur et du destinataire, etc.

Les médecins utilisant ces produits doivent pouvoir consulter ces informations sans mettre en péril 'la stérilité et la sécurité de l'élément ou produit considéré'. De plus, après qu'un organe a été greffé, l'établissement ayant effectué la greffe doit remplir une fiche de suivi afin d'assurer la traçabilité des greffons. C'est à l'Agence de la biomédecine (ABM) que revient la gestion de ce système automatisé.

L'ABM a également mis en place une nouvelle plateforme nationale de répartition des greffons plus efficace. Les fonctions de régulation et de répartition y sont prises en charge de façon distincte. Le directeur de la direction opérationnelle du prélèvement et de la greffe organes-tissus, qui intègre le Pôle national de répartition des greffons de l'ABM, est le Dr. Alain Atinault. Il considère que cette nouvelle organisation a plusieurs avantages : 'en supprimant les échelons intermédiaires, elle permet une vision globale, immédiate et directe du prélèvement en France, qui améliore les propositions de greffons. La prise de contact par un interlocuteur unique de toutes les équipes de greffe potentiellement concernées permet aussi une interprétation des réponses harmonisée et réduit le délai entre la première proposition et la décision d'attribution. Ce dernier aspect est particulièrement important pour réduire le temps d'ischémie froide et favorise ainsi l'obtention de greffons de qualité'."

Le Quotidien du médecin 15/06/10 - Gènéthique 16/06/10 - Biomédecine Mag avril 2010 n°06


"Hydrocortisone supplementation enhances hemodynamic stability in brain-dead patients"

Anesthesiology. 2010 May;112(5):1204-10.
Authors:  Nicolas-Robin A, Barouk JD, Amour J, Coriat P, Riou B, Langeron O.
Department of Anesthesiology and Critical Care, Groupe Hospitalier Pitié-Salpêtrière, Paris, France. armelle.nicolas-robin@psl.aphp.fr

Abstract

BACKGROUND:
"Hemodynamic instability is frequent in brain-dead patients and may result, in part, from absolute or relative adrenal insufficiency. Corticosteroid supplementation is widely used to restore hemodynamic stability in septic shock and to reduce the time of shock resolution. The authors verified that supplementation with hydrocortisone may enhance hemodynamic stability in brain-dead patients. METHODS: All consecutive brain-dead patients with hypotension requiring vasopressor agents were included in this single-center noninterventional clinical observation study. Assessment of baseline and adrenocorticotropic hormone (ACTH)-stimulated plasma cortisol concentrations was performed. Immediately after, patients were systematically treated with a single intravenous injection of hydrocortisone (50 mg), and norepinephrine administration was adjusted every 15 min to maintain mean arterial pressure between 65 and 90 mmHg. Adrenal insufficiency was defined as baseline plasma cortisol concentration less than 15 microg/dl and/or delta plasma cortisol concentration less than 9 microg/dl. Patients were considered as ACTH responders when delta cortisol concentration was more than 9 microg/dl 30 min after ACTH injection. RESULTS: Among the 31 patients included, the incidence of adrenal insufficiency was 87% [95% CI, 70-96%]. A significant (> or =30%) decrease in norepinephrine dose was obtained 180 min after hydrocortisone injection in 18 (59%) patients, from 0.31 [0.16-0.44] microg . kg(-1) . min(-1) to 0.18 [0.10-0.24] microg . kg(-1) . min(-1) (P < 0.01). The incidence of hemodynamic response was greater in ACTH nonresponders than in ACTH responders: 86% versus 50%, respectively, P < 0.05. CONCLUSIONS: Adrenal insufficiency with hemodynamic instability is frequent in brain-dead patients. After ACTH stimulation testing and hydrocortisone infusion, hemodynamic stability is enhanced especially in patients with true adrenal nonfunction."

Source:
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/20395825

"The circulatory-respiratory determination of death in organ donation."

De nouveaux standards pour les prélèvements "à coeur arrêté" aux USA. La grande question que l'on se pose pour un potentiel donneur d'organes (reins,foie) dans cette situation, c'est : "Est-ce que le cerveau est détruit ?" Les auteurs de cet article scientifique proposent de nouveaux standards pour s'assurer de la destruction du cerveau au préalable du prélèvement. Mais ces nouveaux standards requièrent des gestes techniques invasifs sur le patient, qui ne peuvent être effectués sans avoir recueilli un consentement de proche au préalable. Notons qu'en France, les mesures invasives sont mises en place avant de recueillir le consentement des proches, dans une situation de prélèvement ou d'éventuel prélèvement "à coeur arrêté" ("Donation under Cardiac Death" est le terme américain équivalent). "Les exigences spécifiques de prélèvement d’organes avec donneur à 'cœur arrêté' font émerger des questions devant faire l’objet de développements et d’approfondissement :

• Comment réfléchir l’accompagnement et le recueil du témoignage des proches de la personne décédée, quand le temps imparti à cette démarche est considérablement restreint par la nécessité de mettre en place des moyens de conservation des organes ?
• Quelles sont les conditions de respect du corps de la personne juste après son décès lorsqu’on pratique sur lui des gestes techniques invasifs ?
• Comment envisager une pédagogie spécifique du grand public que suppose la notion de consentement présumé au don d’organes ? …
Une réflexion éthique sur les pratiques qui entourent le prélèvement, et les modalités de mise en œuvre cohérente et respectueuse des principes affirmés par notre société semble aujourd’hui indispensable." (Dr. Marc Guerrier, Espace Ethique de l'AP-HP)



Crit Care Med. 2010 Mar;38(3):963-70.

Authors: Bernat JL, Capron AM, Bleck TP, Blosser S, Bratton SL, Childress JF, DeVita MA, Fulda GJ, Gries CJ, Mathur M, Nakagawa TA, Rushton CH, Shemie SD, White DB. Neurology Department, Dartmouth-Hitchcock Medical Center, Lebanon, NH, USA. bernat@dartmouth.edu

Comment in:

Crit Care Med. 2010 Mar;38(3):1011-2.

Abstract
OBJECTIVE:
"Death statutes permit physicians to declare death on the basis of irreversible cessation of circulatory-respiratory or brain functions. The growing practice of organ donation after circulatory determination of death now requires physicians to exercise greater specificity in circulatory-respiratory death determination. We studied circulatory-respiratory death determination to clarify its concept, practice, and application to innovative circulatory determination of death protocols."

RESULTS:
"It is ethically and legally appropriate to procure organs when permanent cessation (will not return) of circulation and respiration has occurred but before irreversible cessation (cannot return) has occurred because permanent cessation:
1) is an established medical practice standard for determining death;
2) is the meaning of "irreversible" in the Uniform Determination of Death Act; and 3) does not violate the 'Dead Donor Rule.'

CONCLUSIONS:
"The use of unmodified extracorporeal membrane oxygenation in the circulatory determination of death donor after death is declared should be abandoned because, by restoring brain circulation, it retroactively negates the previous death determination. Modifications of extracorporeal membrane oxygenation that avoid this problem by excluding brain circulation are contrived, invasive, and, if used, should require consent of surrogates. Heart donation in circulatory determination of death is acceptable if proper standards are followed to declare donor death after establishing the permanent cessation of circulation. Pending additional data on 'auto-resuscitation,' we recommend that all circulatory determination of death programs should utilize the prevailing standard of 2 to 5 mins of demonstrated mechanical asystole before declaring death."

http://www.ncbi.nlm.nih.gov

"134 millions pour lutter contre les accidents vasculaires cérébraux (AVC)"

"Le plan 2010-2014 présenté par Roselyne Bachelot en conseil des ministres disposera de 134 millions pour lutter contre les AVC (accidents vasculaires cérébraux)."

Source :
Le Quotidien du Médecin, 21/04/2010

Rappelons que les potentiels donneurs d'organes d'aujourd'hui sont des patients d'une cinquantaine d'années (âge moyen) ayant été victimes d'un accident vasculaire cérébral.