Merci de ne PAS poster de messages concernant la vente d'un organe et comportant des coordonnées téléphoniques, e-mail, etc. La loi française interdit la vente d'organes.

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La France, pays bioconservateur

Conservation de tissus et de cellules : vers une interdiction des banques privées ?

Conservation de tissus et de cellules : vers une interdiction des banques privées ? "Dans une tribune libre du Quotidien du médecin, l'avocat Thomas Roche évoque la proposition de loi relative à la simplification du droit et à l'allègement des démarches administratives, adoptée par l'Assemblée nationale le 18 octobre 2011 : il estime que celle-ci est avant tout un moyen d'interdire 'la création en France d'établissements [de conservation] de tissus privés', ce qui aurait selon lui des conséquences dommageables pour la recherche.

Lors de la dernière révision de la loi de bioéthique, les députés se sont montrés défavorables à la mise en place de banques privées de sang de cordon (Cf. Synthèse de presse du 15/03/11). Pour Thomas Roche, ils vont aujourd'hui plus loin avec la proposition de loi visant à simplifier le régime administratif encadrant les thérapies cellulaires. Celle-ci préconise de réunir deux régimes d'autorisation distincts sous un même article.

Le premier régime d'autorisation porte sur les activités pouvant être effectuées par les établissements de conservation de tissus et de cellules. Le deuxième porte sur les procédés de préparation et de conservation des produits de thérapie cellulaire et pourrait être comparé à 'une autorisation de mise sur le marché pour un médicament'. Selon la proposition de loi, ce dernier régime devrait disparaître dans l'avenir, et l'autorisation donnée par l'AFSSAPS pour la conservation de ces produits précisera 'la catégorie de tissus et leurs dérivés [...] et mentionne[ra] les accords passés entre un établissement et des tiers pour la réalisation de ces activités, les procédés de préparation et de conservation mis en œuvre ainsi que les indications thérapeutiques reconnues'.

Dans la distinction de ces deux régimes d'autorisations administratives, Thomas Roche décrypte une manière de permettre aux autorités sanitaires françaises d'interdire l'ouverture d'établissements de tissus privés en France. Selon lui, ce n'est pas le fait de fusionner ces deux autorisations sous un même article qui permettra cette interdiction mais les conditions qui y seront associées puisque les seules banques de tissus autorisées seront celles dont les procédés de conservation et de préparation disposent d' 'indications thérapeutiques reconnues'. Il s'agirait par là de 'rejeter tous les établissements qui proposeraient la conservation de tissus en vue d'un éventuel futur usage thérapeutique sans bénéficier d'indications thérapeutiques encore reconnues, notamment par l'intermédiaire d'essais cliniques'.

L'interdiction d'établissements de conservation de tissus privés aurait des conséquences sur la recherche selon Thomas Roche. Si les ressources en tissus et cellules ne peuvent être conservées pour des applications autologues (utilisation des cellules d'une personne pour elle-même en cas de maladie) ou allogéniques apparentées (don de cellules entre proches d'une même famille), comment les chercheurs pourront-ils démontrer l'existence de nouvelles indications thérapeutiques pour des usages autologues ou allogéniques apparentées, dans le cadre d'essais cliniques ? Alors que l'on promet aujourd'hui 'l'avènement d'une médecine personnalisée' efficace, Thomas Roche considère qu' 'il serait de bon ton de gagner en cohérence et de délivrer un message clair à nos concitoyens, à nos chercheurs et à nos entreprises innovantes'".
Le Quotidien du médecin 30/11/11
http://www.genethique.org/revues/revues/2011/Novembre/20111130.1.asp

Don de sang de cordon : info insuffisante ?

Bien faire sans le faire savoir, à quoi ça sert ?
vendredi 25.11.2011, 05:25- La Voix du Nord
"Pour illustrer la question ci-dessus, cette réaction d'une lectrice, Marie P. suite à notre article consacré au don de sang du cordon ombilical proposé de manière systématique à la maternité Paul-Gellé de Roubaix (notre édition d'hier). 'Je suis déçue : j'ai cherché en vain jusqu'à cet automne une maternité où je puisse donner le sang de cordon de mon quatrième enfant qui est né le 2 novembre à Dron. Nulle part je n'ai trouvé l'information. Il est vraiment dommage que les sites qui répertorient les maternités concernées n'aient pas mentionné celle de Roubaix.' Espérons que notre article consacré à la maternité roubaisienne soit lu dans d'autres établissements ..."

http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Roubaix/Bonjour/2011/11/25/article_bien-faire-sans-le-faire-savoir-a-quoi-c.shtml

1ère banque de sang placentaire poitevine

"Le 24 juin prochain, le CHU de Poitiers inaugurera la 1ère banque de sang placentaire de Poitou-Charentes. Ouverte dès le 27 avril 2011, la banque de sang de cordon poitevine a déjà effectué ses premiers prélèvements à la maternité du Centre hospitalier universitaire de Poitiers et sa collecte s’étendra bientôt aux maternités publiques et privées de la région. Un recueil qui peut sauver la vie de patients souffrant de leucémie, d’aplasie médullaire, de drépanocytose… ou de maladies hématologiques. Alternative à la greffe de moelle, la greffe de sang de cordon présente un double avantage : elle ne requiert pas de compatibilité complète alors que la greffe de moelle exige une compatibilité tissulaire très étroite entre donneur et receveur – compatibilité parfois impossible à obtenir dans la famille ou sur les fichiers internationaux – et le traitement peut démarrer entre 10 jours à 1 mois alors que pour une greffe de moelle le patient devra patienter 4 mois dans le meilleur des cas.

Le Docteur Christine Giraud, responsable de la banque de sang placentaire de Poitiers (CHU – EFS Centre Atlantique) détaille la procédure de don.

Le don de sang de cordon ne présente aucun risque pour la mère et le nouveau-né. Seuls les accouchements à terme et sans complication peuvent être l’occasion d’un prélèvement de sang placentaire. On doit avoir obtenu le consentement éclairé de la mère et avoir vérifié l’absence de toute contre-indication chez la mère et l’enfant. Par ailleurs, dans un souci de sécurisation du greffon en matière de risque clinique, bactérien et viral, des prélèvements pour contrôles biologiques sont faits chez la mère et l’unité de sang placentaire le jour même et des contrôles cliniques à j+3 pour l’enfant et après j+42 pour la mère et l’enfant. Le prélèvement ne peut être effectué qu’au sein de maternités, publiques ou privées, faisant l’objet d’autorisations spécifiques délivrées par les autorités de santé. Il consiste à couper le cordon au niveau de l’ombilic et à prélever le sang provenant du placenta à l’aide d’une poche munie d’un système de double aiguille. Cette collecte à des fins allogéniques (le donneur et le receveur sont deux personnes distinctes) nécessite à la fois une formation appropriée et une expérience des sages-femmes et obstétriciens. Les unités de sang de cordon ainsi prélevées sont transférées au laboratoire de thérapie cellulaire à l’EFS de Poitiers, qui les prépare et optimise leur cryopréservation en fonction de critères de qualité définis au sein du réseau français de sang placentaire.

Sur 100 cordons prélevés, seuls 30 pourront être utilisés

Pour obtenir des greffons à efficacité maximale, seules les unités égales ou supérieures à 80 ml de cellules hors anticoagulant (50% des cordons) seront sélectionnées. Ne seront ensuite conservées que celles présentant la bonne quantité de cellules souches (cellules CD34) requises. Enfin, avant leur congélation, on réduit leur volume à 25 ml et on contrôle de nouveau la qualité du sang. Les contrôles de stérilité sont systématiquement réalisés pour vérifier si le nombre de cellules souches après miniaturisation est suffisant. Les autres examens (examens virologiques, électrophorèse de l’hémoglobine, groupage sanguin, le typage HLA*) ne sont effectués que si l’aptitude clinique de la mère et de l’enfant sont validées deux mois après l’accouchement par le médecin traitant.

Les échantillons sont conservés dans l’azote liquide, qui permet d’obtenir une température optimale indispensable au maintien de la fonctionnalité des cellules souches. En France, le stockage de sang de cordon n’est possible qu’à travers les banques publiques allogéniques constituant le réseau français de sang placentaire. A Poitiers, il s’agit de l’Etablissement français du sang Centre-Atlantique, site de Poitiers. Le procédé de préparation des unités de sang placentaire a été déposé à l’AFSSAPS conformément à la législation et a été autorisé le 11 mars 2011."

D’après un article paru dans la lettre médias - juin 2011, une publication du CHU de Poitiers
http://www.reseau-chu.org/les-articles/article/article/1ere-banque-de-sang-placentaire-poitevine/

A propos du don de sang de cordon ombilical

"A l’occasion de la journée mondiale du don du sang, France Info a interrogé un homme qui se bat pour un don plus méconnu : celui du sang de cordon ombilical.

Il a 39 ans, il s’appelle Grégory Katz et il dit de cette cause qu’elle lui est 'vissée au nombril'. Passionné par le génome, par l’ADN, par les thérapies cellulaires, il y a consacré deux thèses. L’une en pharmacie, l’autre en philosophie. A l’époque où il en écrit les dernières lignes, le débat sur les cellules médicaments et le statut de l’embryon bat son plein. C’était il y a une dizaine d’années. Grégory Katz se désole alors que personne ne s’intéresse aux autres sources de cellules souches, et notamment ce fameux sang de cordon.

Pour Grégory Katz, ces innovations sont l’avenir mais à l’époque, les collectes de sang ombilical ne se développent pas en France. Quelques années plus tard, c’est pourtant devenu un combat personnel pour lui. Quand le destin l’a fait basculer dans le monde des patients en attente de greffons. Des greffons trop rares qui parfois arrivent trop tard pour sauver les patients. Alors que des cordons ombilicaux sont jetés chaque jour dans les maternités. Grégory Katz, lui, s’en est sorti mais il s’est juré de faire bouger les choses."

  ==> Ecouter l'interview de Grégory Katz
  ==> http://fr.wikipedia.org/wiki/Gregory_Katz

France : changement de politique sur le sang de cordon

"Le projet de loi sur la bioéthique a prévu de modifier le code de la santé publique afin de donner un nouveau statut au sang de cordon ombilical : il devrait passer du statut de déchet opératoire à celui de ressource thérapeutique et scientifique.

Le sang de cordon contient en effet des cellules souches d’ores et déjà utilisables en thérapie : les cellules souches hématopoïétiques permettent de soigner plus de 85 maladies, qu’il s’agisse de maladies hématologiques comme les leucémies ou les lymphomes, ou de maladies génétiques sévères (drépanocytoses ou thalassémies). Faciles d’accès, elles constituent une alternative majeure à la greffe de moelle osseuse : en France depuis 2006, on compte plus de patients ayant bénéficié d’une greffe de sang de cordon que de moelle osseuse. Dans le monde, plus de 20 000 greffes de sang de cordon ont été réalisées.

Bien que le nombre de poches transplantées augmente chaque année de 60 pour cent depuis 2003, la France a longtemps été à la traîne en matière de collecte et de conservation du sang de cordon : en 2010, elle a dû importer quasiment 2/3 des greffons. Elle a donc décidé de fournir un effort particulier pour augmenter son stock d’unités. De 3 banques et 8 maternités collectrices en 2008, elle est passée à 9 banques et 32 maternités agréées au prélèvement fin 2010. En 2013, 60 maternités intégrées au réseau français de sang placentaire devraient couvrir 20% des naissances françaises : 30 000 unités pourraient alors être conservées, contre 10 000 aujourd’hui. On estime qu’il en faudrait 50 000 pour répondre aux besoins de la population. Afin d’atteindre ces objectifs, la Fondation Générale de la Santé, émanation du premier groupe hospitalier privé, a annoncé son alliance avec l’Assistance publique –Hôpitaux de Paris (AP-HP), un partenariat privé-public sans précédent.

Cette collecte fait l’objet d’un véritable engouement : selon un sondage récent, 87 pour cent des personnes en âge de procréer seraient prêtes à faire un don du sang de cordon de leur enfant à des fins thérapeutiques et 91 pour cent d’entre elles à des fins scientifiques.

Car le sang de cordon offre également à la recherche scientifique des perspectives prometteuses. Il contient notamment des cellules souches mésenchymateuses, reconnues pour leurs multiples qualités : facilement accessibles, elles se différencient bien et sont très bien tolérées par un organisme étranger sur un plan immunologique. Elles ne posent par ailleurs aucun problème éthique. En 2009, 112 essais cliniques, dont 19 de phase I et II portant sur des applications en médecine régénérative, ont été réalisés dans le monde et ont donné des résultats sans commune mesure avec les 'rares essais à base de cellules embryonnaires qui ne sont en réalité que des tests de tolérance et d’innocuité'. Des faits qui n’ont jamais été mis en avant durant les travaux parlementaires. Alors que 30 pour cent des dons seulement peuvent être retenus, après sélection, à des fins de greffe, la Fondation générale de la santé, en lien avec le laboratoire public de thérapie cellulaire de l’hôpital Saint- Louis à Paris, a créé un point d’accès permettant de distribuer à l’ensemble de la communauté scientifique les 70 pour cent de greffons non validés pour un usage thérapeutique, répartis en échantillons et préparés dans des conditions optimales.

Afin de maintenir le caractère solidaire et gratuit du don, 'l’implantation de banques autologues pour un usage strictement personnel du sang de cordon devrait demeurer interdite sur le sol français. Pour autant, le système est souple puisqu’est autorisé le don dédié à l’enfant né ou au bénéfice de ses frères et sœurs en cas de nécessité thérapeutique'. Notons que l’usage autologue ne fait l’objet d’aucune indication thérapeutique.

Le développement du stock d’unités de sang de cordon constitue également une alternative qui permettrait de mettre fin à la pratique du double DPI dite 'bébé-médicament'. [Les bébés du double espoir, Ndlr.]"

Liberté Politique
Pierre-Olivier Arduin
http://www.genethique.org/revues/revues/2011/Mars/03_03_11.html#1

"En bioéthique, la France est assez subtile"

Interview de Pierre Le Coz, vice-président du CCNE (Comité Consultatif National d'Ethique) :

http://www.temoignagechretien.fr/ARTICLES/Accueil/%C2%AB-En-bioethique-la-France-est-assez-subtile-%C2%BB-/Default-1-2414.xhtml

Extraits de cet article :

1.- Quel est pour vous le problème éthique prioritaire en ce moment ?

Pierre le Coz : "Pour moi, il existe deux questions prioritaires : la question du sang de cordon et celle de la vitrification (congélation pour les conserver) des ovocytes. Avec le sang de cordon (lire plus bas), on pourrait récupérer des cellules souches qui permettraient à terme de régénérer certains organes. Cela constituerait une alternative au don d’organes au moins dans certains cas. La transplantation est une des prouesses du XXe siècle. Mais cette technique peut entraîner des dérives comme le trafic d’organes. Il faut donc arrêter ce jeu de massacre et développer toutes les alternatives possibles.

En France, il est de bon ton de décrier le principe des banques privées de cordons, au nom du risque de dérives financières. Mais pour éviter ce risque, on en prend de plus graves comme l’augmentation de la demande de transplantations, avec les dérives de trafic international (via internet) que cela entraîne. Soyons honnêtes : nous n’avons pas assez d’argent pour constituer suffisamment de ban­ques pub­liques et créer des centres de recherche. Le risque est qu’on accumule du retard, et que les gens partent à l’étranger déposer leurs cordons dans des banques privées. Au lieu de diaboliser le privé, on devrait établir des partenariats, en fixant des conditions strictes.Dans le domaine de la recherche, il faut se donner les moyens de ses ambitions.

Quant à la vitrification des ovocytes, elle pose beaucoup moins de problème éthique que la congélation des embryons par exemple, lors d’une aide médicale à la procréation. Ce serait un moyen pour les femmes jeunes atteintes de cancer de préserver leur fertilité en congelant leurs ovules pour s’en servir plus tard. Il y aurait des embryons, mais sans doute en aurions-nous moins besoin."

2.- Lois bioéthiques : ce qui change :

Sang de Cordon

"En France, il n’est pas possible de déposer le cordon de son enfant dans une banque privée et de le conserver pour un usage personnel. En revanche, on peut déposer le sang de cordon dans une banque publique où il servira à d’autres, selon les principes de gratuité et de solidarité qui régissent le don en France.

Cependant, dans des cas bien précis, comme celui du 'bébé du double espoir', dans une famille touchée par une maladie génétique incurable, on peut récupérer les cellules souches contenues dans le sang de cordon d’un bébé pour soigner l’un de ses frères et sœurs atteint par la maladie. L’enfant naît par fécondation in vitro après un double diagnostic pré-implantatoire afin d’implanter un embryon sain qui soit un donneur compatible pour un de ses aînés.

Cette disposition est autorisée par la loi de bioéthique de 2004 et ses décrets d’application de 2006. La première française a eu lieu le 26 janvier dernier avec la naissance d’Umut-Talha, baptisé le 'bébé médicament'."

Remarque : plus les banques de sang de cordon seraient développées en France, moins on aurait besoin de créer des "bébés du double espoir" ... Je parle au conditionnel, vu le retard de la France en la matière ... Près de 30 ans de retard, d'après le Pr. Eliane Gluckman, pionnière de la greffe de sang de cordon.

Merci à Pierre Le Coz et au journaliste pour cette interview et cet article très intéressants !

Bébé du double espoir : 1ère naissance en France à l'Hôpital Antoine Béclère

"Grâce au diagnostic génétique pré-implantatoire, une famille dont les deux premiers enfants sont atteints d'une maladie génétique grave et invalidante (beta-thalassémie, a donné naissance à un enfant sain au groupe tissulaire compatible (HLA). Son sang de cordon a été conservé afin d'être greffé dans un proche avenir à l'un des aînés malade.
Le petit Umut-Talha qui signifie en turc 'notre espoir' est né le 26 janvier 2011 à l'hôpital Antoine Béclère (AP-HP). Il pèse 3 650g et est aujourd'hui en très bonne santé.
La loi de bioéthique de 2004 et le décret 2006 autorisent cette pratique après accord de l'Agence de Biomédecine. Sept transferts après diagnostic pré-implantatoire (DPI) et recherche du groupe antigènes des leucocytes humains (HLA) ont eu lieu dans le cadre de la collaboration Béclère-Necker. Ces transferts ont abouti à 3 grossesses et à cette première naissance HLA compatible.
Cette naissance est le fruit de la collaboration des équipes médicales et biologiques de l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris : celles de l'hôpital Necker (Pr A. Munnich, et Dr J. Stephann, Dr N. Gigarel, Dr Ph. Burlet, Dr J.P. Bonnefond et Pr M. Vekemans) et celles de l'hôpital Antoine Béclère (Dr N. Achour-Frydman, Dr L. Hesters, Dr F. Lamazou, Mme V. Kerbrat et Pr R. Fanchin), au sein des Universités Paris Descartes (Paris V) et Paris Sud (Paris XI).
En France 2 autres centres sont autorisés à pratiquer des diagnostics pré-implantatoires : le CHU de Montpellier et le CHU de Strasbourg mais Antoine Béclère-Necker enfants malades est le seul à prendre en charge cette situation.
Le Diagnostic pre-implantatoire*, DPI, consiste à rechercher certaines anomalies génétiques sur des embryons obtenus par fécondation in vitro (FIV). Les embryons non porteurs de l'anomalie sont transférés dans l'utérus et les embryons atteints sont détruits.
Le DPI se présente comme une alternative au diagnostic anténatal et s'adresse aux couples à risques génétiques, soit que l'un des membres du couple ou les deux, ait une anomalie génétique connue dans la famille, soit qu'un premier, voire un deuxième enfant, ait révélé l'existence d'une transmission génétique d'une maladie."
____

*Source www.genetique.org

Pour plus d'informations contacter :
Directrice de la communication
Assistance Publique - Hôpitaux de Paris - 3, av Victoria
75184 Paris CEDEX 04
Téléphone : 01 40 27 30 00
Fax : 01 40 27 38 50
email : direction.communication@sap.ap-hop-paris.fr
La Lettre "Réseau-CHU"

N° 559 - 15 février 2011

Développer le don de sang de cordon

"Le projet de loi sur la bioéthique propose de donner un statut juridique au sang de cordon, actuellement considéré comme un déchet opératoire. Celui-ci, recueilli à la naissance, est en effet une ressource thérapeutique prometteuse pour la médecine cellulaire dite médecine régénérative. 'Le sang placentaire est la troisième source de cellules souches hématopoïétiques, avec la moelle osseuse et le sang périphérique. Il concerne actuellement 17% des greffes, soit 250 par an en moyenne en France, mais son utilisation est en forte augmentation', indique le Dr Catherine Faucher, greffeur à l’Institut de lutte contre le cancer Paoli-Calmettes, à Marseille. Depuis 2009, la France a décidé de développer la collecte de sang de cordon ombilical : en quelques mois, le nombre de banques est passé de 3 à 10 et les dons ne cessent d’augmenter. 'A terme, une soixantaine de maternités proposeront à leurs patientes de donner le sang de leur cordon, ce qui représentera 20% des naissances françaises', précise Emmanuelle Prada-Bordenave, directrice de l’Agence de la biomédecine.
Aujourd’hui, les femmes sont informées de la possibilité de faire ce don, anonyme et gratuit, au quatrième mois de grossesse. Si elles le souhaitent, elles peuvent alors donner un consentement écrit. Un examen médical permet de rechercher leurs antécédents et d’éventuelles contre-indications. Le prélèvement, indolore et sans risque, est pratiqué juste après la naissance, une fois le cordon ombilical coupé, sur la partie reliée au placenta. Le sang va alors passer par différentes étapes de sélection au terme desquelles 30% des prélèvements seulement seront retenus. Un courrier informe les femmes le jour où leur don est stocké.
En France, le don de sang de cordon ou de sang placentaire ne peut être autologue : il ne peut être stocké pour un usage personnel ou pour son propre enfant. Dans un rapport, la sénatrice Marie-Thérèse Hermange estime que 'le recours au privé n’est pas nécessaire, dans la mesure où une dynamique de collecte publique, gratuite et pour autrui a enfin été impulsée.'"
Le Figaro (Delphine Chayet) 31/01/11
http://www.genethique.org/revues/revues/2011/Fevrier/01_02_11.html#2

L’Ordre national des médecins et la bioéthique

Médecins, le bulletin d’information de l’Ordre national des médecins a publié un numéro spécial intitulé "Loi de bioéthique : les enjeux de la révision". Y sont abordés les grands thèmes de cette révision comme la recherche sur l’embryon, l’assistance médicale à la procréation, les diagnostics anténatals, la greffe ou encore la médecine prédictive.
Concernant la recherche sur l’embryon et notamment la différence de statut souvent établie entre l’embryon avec ou sans projet parental, le Pr Françoise Dekeuwer-Defossez, professeur émérite de droit à l’université Lille 2, rappelle que cette distinction est une forme de relativisme : "On a le sentiment que la nature juridique de l’embryon dépend du regard qui sera porté sur lui. En effet, celui qui est conçu pour donner naissance à un enfant n’est pas le même objet de droit que celui qui demain sera fabriqué par des scientifiques pour réaliser des expériences".
L’article mentionne également le manque de communication au sujet des actuelles "méthodes alternatives d’efficacité comparable" : les cellules iPS et les cellules souches issues du sang de cordon ombilical, indiquant que ces nouvelles voies semblent prometteuses "même si certains scientifiques les considèrent simplement comme 'complémentaires' à celles menées sur les cellules souches embryonnaires." Il note également que le texte du projet de loi ne fait aucune mention de ces pistes d’investigation, "une lacune qui est regrettée par beaucoup".
Médecins Nov.Déc. 2010
http://www.genethique.org/revues/revues/2011/Janvier/12_01_11.html#2

Severely Brain-Injured Child Benefits From Cord Blood Cell Transplantation

Les donneurs d'organes sont des patients se trouvant dans un état irréversible, du fait de la destruction irréversible de leur cerveau (la "mort encéphalique" équivaut à un coma dépassé). Et si, grâce aux cellules souches contenues dans le sang du cordon ombilical, il était possible de rendre réversibles les lésions au cerveau conduisant à cet état de "mort encéphalique" qui permet le prélèvement d'organes ?
"In three monthly injections, researchers transplanted neurally-committed, autologous cord blood derived cells tagged with iron oxide nanoparticles (SPIO) into the lateral cerebral ventricle of a 16-month old child with severe global hypoxic ischemic brain injury. The study, published in the current issue of Cell Medicine 1(2) and now freely available online here found through MRI tracking that the primary injected and tagged cells persisted in that brain hemisphere for more than four months. By six months, the severely impaired child showed some slight improvement over a former vegetative state.

'Hypoxic-ischemic encephalopathy remains one of the most devastating conditions in children, resulting in brain atrophy and persistent functional neurological impairment,' said Dr. Krystyna Domanska-Janik, corresponding author.

According to Dr. Domanska-Janik, they transplanted cord blood neural cells by repeated injection into lateral cerebral ventricle as the method appeared to be superior to intravascular injections because there would be a more 'local modulating outcome.'

'The capacity of cells to home to damaged sites in the central nervous system is crucial,' said Dr. Domanska-Janik. 'Our study found that transplantation of patient self-donor (autologous), neurally-committed cord blood cells is feasible, well tolerated, and safe.'

Once more, the transplanted cells were easily assessed by MRI for four months.

'Despite signs of neurological improvement noticed by the parents and neurologists after cell transplantation, this one case does not allow us to predict the true efficacy of such a treatment and further studies are needed,' she added.

The research team did suggest that six months post-transplantation, the child's diagnosis of a 'vegetative state' was no longer justified as the boy began responding to his mother's voice by smiling and a 50 percent reduction in his rate of seizures was achieved.

According to Dr. Paul Sanberg, executive director of the Center of Excellence for Aging and Brain Repair at the University of South Florida, and executive editor of Cell Medicine, this case report is potentially important.

'This first step in the use of autologous stem cells as a treatment for neonatal ischemic brain repair in the clinic provides a guardedly optimistic report for future studies,' said Dr. Sanberg. 'Of course, further and more comprehensive studies, with a larger patient population, are required to confirm its potential efficacy.'"

Notes:

Prof. Krystyna Domanska-Janik, Neuro Repair Dept. Mossakowski Medical Research Centre, 5 Pawinskiego str, 02-106 Warsaw, Poland.

Citation: Jozwiak, S.; Habich, A.; Kotulska, K.; Sarnowska, A.; Kropiwnicki, T.; Janowski, M.; Jurkiewicz, E.; Lukomska, B.; Kmiec, T.; Walecki, J.; Roszkowski, M.; Litwin, M.; Oldak, T.; Boruczkowski, D.; Domanska-Janik, K. Intracerebroventricular Transplantation of Cord Blood-Derived Neural Progenitors in a Child With Severe Global Brain Ischemic Injury. Cell Medicine 1(2):71-80; 2010.

Source:

David Eve

Cell Transplantation Center of Excellence for Aging and Brain Repair
January 3, 2011


Author: www.drugrehab.in
http://www.drugrehab.in/2011/01/severely-braininjured-child-benefits-from-cord-blood-cell-transplantation/

Don du sang placentaire

"Après la naissance, le placenta est habituellement jeté. Le sang qu'il contient renferme une grande quantité de cellules souches (cellules qui sont à l'origine de nos cellules sanguines). Celles-ci peuvent être greffées à des malades dont la moelle osseuse ne fonctionne plus (leucémie, aplasie...). Ce type de greffon est utilisé en priorité sur les jeunes enfants atteints de leucémie aigue. La transfusion de sang placentaire a récemment permis de sauver la vie de patients chez lesquels la méthode habituelle de moelle osseuse n'était pas applicable.

Il existe de nombreux avantages à cette technique, quand elle peut être pratiquée :
- Les cellules provenant du cordon étant immatures sur le plan immunitaire, le risque de réaction du greffon contre l'hôte (GVH) est considérablement moins important !
- l'éventail des donneurs est très large, et la disponibilité est rapide.
Pour répondre aux espoirs nés de ce nouveau traitement, une banque nationale du sang placentaire existe en France sous l'égide de l'Etablissement Français du Sang et de l'Agence de Bio Médecine.
Comment cela se passe-t-il pour le donneur ?
Lors de l'accouchement, il est donc possible de donner ce que l'on appelle du sang placentaire ou du 'sang de cordon'.
Le sang placentaire est collecté, après la naissance et avant la délivrance. Cette collecte n'est pas douloureuse et ne comporte aucun danger, ni pour vous ni pour votre enfant puisqu'elle ne modifie pas les gestes médicaux de l 'accouchement.
Cinq conditions sont indispensables pour ce don:
- entretien avec un médecin spécialiste pendant la grossesse
- accouchement dans une maternité habilitée (voir liste ci-dessous)
- examen clinique de votre bébé à la naissance et à partir de l'age de 3 mois
- analyse de votre sang en vue de dépister une éventuelle maladie infectieuse. Ces analyses seront effectuées gratuitement à deux reprises: à l'accouchement et lorsque vous viendrez avec votre enfant à la visite du 3ème mois
- mention spéciale, figurant sur le carnet de santé de votre enfant, demandant de nous informer en cas de maladie grave.
C'est par votre franchise au cours de l'entretien médical que vous assurerez la sécurité du don pour le patient qui en profitera. Un échantillon de votre sang sera conservé à long terme pour permettre de procéder, si nécessaire, à un complément d'analyses.
A noter : le sang placentaire ne sera pas recueilli ou pas utilisé dans les conditions suivantes :
- si durant votre accouchement, l'attention des sages-femmes doit se porter sur des gestes jugés médicalement prioritaires.
- s'il apparaît un évènement interdisant l'utilisation du don.
- si vous signalez oralement votre refus à la sage-femme, même après avoir donné un consentement écrit.
- si le sang placentaire recueilli ne répond pas aux critères de conformité, il sera, si vous n'y voyez pas d'inconvénient, utilisé pour la recherche en laboratoire.
Comme le don de sang, de plaquettes, de moelle osseuse, le don de sang placentaire est un acte libre, volontaire, anonyme, gratuit et altruiste.
ANONYMAT : le don sera répertorié dans un registre international contrôlé par l'Etablissement Français des Greffes [c'est-à-dire l'Agence de la biomédecine, Ndlr.]. Toutes les informations contenues dans ce registre sont anonymes, le don n'étant caractérisé que par un numéro. La procédure d'anomymat a pour contrepartie l'impossibilité de vous faire savoir quand votre don sera utilisé, pour quel patient et avec quel résultat.
ALTRUISME : le don est destiné au traitement de tout patient qui le nécessiterait, sans préférence autre que la meilleure correspondance entre les groupes tissulaires du don et du receveur.
GRATUITE : aucune indemnité n'est possible. Vous n'aurez par contre, bien sûr, aucun frais à supporter liés à ce prélèvement."
Source : Association Laurette Fugain
http://www.toutsurlatransfusion.com/don-du-sang/don-du-sang-de-cordon.php

A lire sur le sujet :

http://www.paperblog.fr/3772171/colloque-sur-le-sang-de-cordon-ombilical-au-senat

http://www.saintluc.be/actualites/newsletters/033/index.php

Sang de cordon : partenariat Fondation Générale de Santé et AP-HP

"La Fondation Générale de Santé et l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) viennent de sceller un partenariat à l'hôpital Saint-Louis sur les cellules souches du sang de cordon. Ce partenariat vise : le prélèvement des unités de sang de cordon dans un but thérapeutique pour les patients attendant une greffe et l'utilisation pour la recherche des unités qui n'ont pas été validées pour un usage thérapeutique.
Les circuits d'approvisionnement étant aujourd'hui 'rares et parfois mal approvisionnés', l'AP-HP et la Fondation Générale de Santé s'unissent pour développer un circuit de distribution des unités de sang de cordon gratuit et rigoureusement 'conforme au plan éthique et réglementaire'. Un 'point d'accès' sera créé pour permettre à la communauté scientifique de collecter des échantillons biologiques de qualité parmi ceux qui n'ont pas été retenus pour utilisation thérapeutique.
Ce circuit, validé par les autorités, 'se révèle indispensable afin que puissent émerger en France des plateformes scientifiques susceptibles de mettre au point des nouveaux traitements pour la thérapie cellulaire' soulignent les deux acteurs de ce partenariat.
C'est en 1989 que le concept de banque de sang de cordon est né à l'hôpital Saint-Louis en collaboration avec la maternité de l'hôpital Saint-Vincent de Paul. La Fondation Générale de santé soutient, depuis 2008, le don anonyme et gratuit de sang de cordon par l'intermédiaire d'un réseau d'environ 300 obstétriciens et sages-femmes, répartis dans 9 maternités. On dénombre 10 000 unités de sang de cordon disponibles en France aujourd'hui et 50 000 seraient nécessaires pour couvrir les besoins. 32 maternités collectent le sang de cordon et 9 banques sont opérationnelles. Avec l'intégration de plus de 60 maternités au Réseau français de sang placentaire en 2013, l'Agence de la biomédecine espère atteindre à cette date le stockage de 30 000 greffons."
Le Quotidien du Médecin (Stéphanie Hasendahl) 02/12/10

Dossier sur les cellules souches

"La Croix publie un dossier présentant les différents types de cellules souches (adultes, embryonnaires, iPS), leurs perspectives cliniques pour la recherche ainsi que les problèmes éthiques qu’elles soulèvent. Les débats sur les cellules souches vont s’intensifier dans les jours à venir alors que la loi de bioéthique de 2004 doit être révisée avant la fin du régime dérogatoire de 5 ans accordé aux recherches sur l’embryon humain, le 5 février 2011.
La Croix décrit les potentialités des diverses cellules souches.
Les cellules souches adultes d’abord, restées longtemps inaperçues, se situent dans la plupart des tissus de l’organisme où elles permettent le renouvellement des cellules qui meurent. En théorie, elles peuvent se multiplier à l’infini. Présentes en petite quantité dans les tissus, elles restent souvent spécialisées, ne fournissant que le type cellulaire des tissus où elles se trouvent. Les premières cellules souches adultes qui ont été découvertes dans la moelle osseuse à la fin des années 1950, puis dans le sang de cordon ombilical, sont les cellules souches hématopoïétiques qui sont à l’origine des globules rouges et globules blancs. Aujourd’hui, près de 20 000 greffes de sang de cordon ont été effectuées dans le monde depuis la première greffe réalisée en 1988 par le Pr. Eliane Gluckman (Inserm-hôpital Saint-Louis). 85 maladies, notamment du sang, peuvent être traitées grâce aux cellules du cordon ombilical et de la moelle osseuse. Les cellules souches adultes du tissu nerveux sont aussi mieux connues et l’on sait modifier leur différenciation par l’ajout de produits dans leur milieu de culture : on peut par exemple obtenir des cellules gliales (cellules à l’origine des neurones) ou des cellules musculaires lisses à partir de cellules neuronales. Ces cellules souches adultes deviennent donc 'pluripotentes' (avec des capacités proches de cellules souches embryonnaires). 18 essais cliniques ont été menés en 2009 à partir de cellules souches de sang de cordon 'pour des indications thérapeutiques comme la sclérose systémique, le diabète, le cancer du sein, l’ostéoporose. [...] En France, chaque jour un patient est greffé avec ces cellules souches' explique Grégory Katz, professeur à la chaire Innovation thérapeutique de l’Essec.
Les cellules iPS ou cellules souches pluripotentes induites découverte chez l’homme en 2007 par le Pr. Yamanaka de l’université de Kyoto sont des cellules souches adultes spécialisées ramenées à un état de pluripotence, 'reprogrammées' via l’introduction de 4 gènes. L’un des gènes inséré risquant de provoquer un cancer, les chercheurs ont trouvé un moyen de contourner ce risque. Les iPS sont utilisées aujourd’hui pour tester la toxicité de médicaments pour l’homme, mais leur découverte étant récente, des essais cliniques sur l’homme ne sont guère envisagés pour le moment. Néanmoins, la technique de reprogrammation intéresse les chercheurs en médecine régénérative qui souhaitent l’appliquer aux cellules de cordon.
Les cellules souches embryonnaires (ES) sont prélevées sur des embryons humains ; elles sont 'totipotentes', c’est-à-dire qu’elles peuvent donner naissance à tous les types de cellules de l’organisme (environ 200). Y recourir pose un problème éthique important : la destruction d’embryons humains. Bien que facilement cultivables, les ES ont l’inconvénient d’entrainer la formation de tumeurs (cellules tumorales). Pour le Pr. Philippe Ménasché de l’hôpital Georges-Pompidou et le Pr. Marc Peschanski du laboratoire I-Stem, ces cellules ont des capacités thérapeutiques pour les lésions de la moelle épinière, l’infarctus du myocarde ou la dégénérescence rétinienne. Ils plaident pour un régime d’autorisation de la recherche sur l’embryon, comme le député Alain Claeys, président de la commission spéciale chargée d’examiner le projet de loi de bioéthique (...).
Ils estiment que la loi actuelle, contraignante, a fait prendre du retard à la France dans le domaine des cellules souches. 'Comme nous manquons de personnel formé aux cellules souches embryonnaires, du fait d’une interdiction complète avant 2004, nous avons du mal à être aussi performants que nos voisins sur les cellules iPS, par exemple' déplore Marc Peschanski. Il reconnaît toutefois que le régime dérogatoire de 2004 ne gène pas la recherche fondamentale. En effet, 122 autorisations de recherche ont été délivrées par l’Agence de la biomédecine depuis 2006 à 35 équipes. Marc Peschanski, comme George Uzan, directeur de l’unité Inserm U972, considère que la situation actuelle empêche le développement industriel à long terme de la thérapie cellulaire en France à la différence de la Grande Bretagne qu’il cite en exemple : 'les industriels ne veulent pas investir, car ils n’ont pas suffisamment de visibilité. Ils craignent de devoir revenir en arrière, au cas où une autorisation de recherche serait retirée. [...] Il faut une force de frappe financière pour aller vers la clinique'. Georges Uzan reconnaît cependant un bénéfice de la législation française : 'elle force les équipes à questionner l’utilité de telle ou telle recherche'.
Des essais cliniques de phase I avec des ES se préparent en France : Philippe Ménasché et Michel Pucéat travaillent à un essai visant à remédier aux conséquences d’un infarctus avec des cellules ES nommées cardiomyocytes (Cf synthèse de presse du 26/11/10). Un autre essai est en discussion pour traiter les complications cutanées de la drépanocytose. Des essais ont déjà commencé aux Etats-Unis, menés par les sociétés Geron et Advanced Cell Technology (...)."
La Croix (Denis Sergent, Claire Lesegretain) 30/11/10

Recherche sur l’embryon : les mensonges

Elizabeth Montfort, ancien député européen et présidente de l’Alliance pour un nouveau féminisme européen, réagit aux "propos tenus récemment par Roger-Gérard Schwartzenberg, ancien ministre de la recherche, concernant la recherche sur l’embryon (Cf. Synthèse de presse du 12/11/10).
Elizabeth Montfort rappelle les enjeux soulevés par ce type de recherche : 'mettre au point des thérapies cellulaires à partir de cellules souches'. En 2008, le Pr. Marc Pechanski, spécialiste de la recherche sur l’embryon, affirmait : 'les cellules souches sont des outils thérapeutiques majeurs – démontrés pour les cellules souches adultes, théoriques pour les cellules souches embryonnaires'.
Aujourd’hui, bien peu de chercheurs 'croient encore à l’utilisation des cellules souches embryonnaires pour traiter ces maladies'.
Dans l’actuel projet de loi, qui prévoit d'assouplir les conditions de dérogations à la recherche sur l'embryon, la question de répondre à la souffrance de ceux qui attendent une thérapie n’a donc pas été considérée à la hauteur des enjeux. 'Il aurait fallu afficher la détermination de faire de la France le pays européen pionnier dans la recherche sur les cellules souches issues du sang du cordon et donner un signal fort en direction du prélèvement et de la conservation des unités de sang de cordon, sans craindre de favoriser la création de banques familiales solidaires pour répondre aux besoins de ceux qui souffrent et qui attendent un traitement. Car la France est le pays européen qui compte le plus de naissances chaque année (plus de 800 000/an)'.
En remplaçant la première condition de dérogation, la finalité thérapeutique, par une finalité médicale, il s’agit d’élargir la recherche sur l’embryon pour des raisons implicites : améliorer les techniques de fécondation in vitro, modéliser des maladies, expérimenter certains médicaments et des produits cosmétiques, et plus largement, permettre la 'recherche fondamentale sur une réalité si fascinante' : l’être humain au début de son développement. Elizabeth Montfort rappelle que l’Agence de la biomédecine (ABM) écrivait dans son rapport annuel de 2008 : 'l’utilisation d’embryons issus de FIV demeure la seule manière d’avoir accès à l’embryon dans sa phase préimplantatoire, au cours de laquelle des événements physiologiques et biochimiques se déroulent. Il est indispensable de pouvoir les caractériser ou les étudier pour améliorer la connaissance des différentes étapes et en déduire les thérapies possibles des dysfonctionnements. La révision de la loi de bioéthique pourrait être l’occasion de s’interroger sur l’interdiction de réimplanter tous les embryons soumis à une quelconque recherche, quel que soit le traitement auquel il aura été exposé'.
Elizabeth Montfort souligne que le respect de l’embryon humain tient à la dignité de tout être humain. La convention d’Oviedo 'pour la protection des droits de l’homme et de la dignité de l’être humain à l’égard des applications de la biologie et de la médecine' évoque dans son introduction une possible confrontation entre science et morale et elle 'n’hésite pas à affirmer qu’en cas de conflit, c’est l’être humain qui doit l’emporter. Elle interdit la création d’embryons pour la recherche et autorise la recherche sur l’embryon pour son bien, tout en respectant les décisions des États membres'. Lors des Etats Généraux de la bioéthique, les citoyens français ont insisté sur le principe de dignité de la personne humaine et ont affirmé que 'la dignité [...] ne décline pas avec nos forces. Ni la maladie, ni le handicap n’altèrent notre humanité'.
Ceux qui affirment que la liberté de la recherche n’est garantie que par la transgression font 'bien peu de cas du scientifique qui mérite plus d’égard : sa science n’est pas au service de la concurrence mondiale, ni des puissances financières, mais au service de l’homme, de tout homme. C’est ainsi qu’il participe au progrès de l’humanité'."
Liberté Politique.com (Elizabeth Montfort) 15/11/10

Donner un statut juridique au sang de cordon

"Le 26 octobre 2010, la sénatrice Marie-Thérèse Hermange a organisé un colloque au Sénat sur le thème : 'sang de cordon ombilical dans la révision des lois de bioéthique'. Auteur d'un rapport d'information sur le potentiel thérapeutique des cellules souches extraites du sang de cordon ombilical remis au Sénat en novembre 2008, Marie-Thérèse Hermange demande que le sang de cordon, aujourd'hui considéré comme un simple déchet opératoire, se voit attribué 'un véritable statut juridique de ressource thérapeutique'. Cette recommandation, qui est au centre d'un projet de loi déposé par la sénatrice le 19 février 2010 et cosigné par 89 sénateurs, a été reprise par le projet de loi de bioéthique (Cf. Synthèse de presse du 01/03/10).
Alors que l'on est passé de 6000 à 10 000 unités de sang de cordon conservées entre 2007 et 2010, Marie-Thérèse Hermange se félicite de l'augmentation du nombre de greffons stockés. Elle souligne toutefois qu'il 'reste encore des progrès à faire car il faut 50 000 unités pour assurer à la France l'autosuffisance'. En tant qu'outil thérapeutique, le sang de cordon doit devenir 'accessible à tous dans le cadre d'une solidarité publique et gratuite, et non par la privatisation'. Concernant la conservation à des fins intrafamiliales, Marie-Thérèse Hermange précise que 'l’organisation de la conservation des unités de sang placentaire à des fins de greffes intrafamiliales en cas de besoins thérapeutiques spécifiques définis par les autorités de santé représente également un enjeu de santé publique pour la France [...]. Les besoins en la matière seraient d’environ 200 collectes par an en France'."
Le Quotidien du Médecin 05/11/10

Greffes de cellules souches hématopoïétiques : bilan encourageant

"Alors que le Congrès de la Société française de greffe de moelle et de thérapie cellulaire (SFGM-TC) a eu lieu les 21 et 22 octobre 2010, l'Agence de la biomédecine (ABM) dresse un 'bilan encourageant de l'activité de greffes de cellules souches hématopoïétiques (CSH) en France'. Les greffes de CSH, présentes dans le sang de cordon, le sang périphérique et dans la moelle osseuse, ont doublé en l'espace de dix ans : 1538 allogreffes ont été réalisés en 2009, ce qui correspond à une hausse de 110 pour cent. Ce sont les mesures adoptées par le plan Greffe en 2000 qui ont contribué à cette amélioration. Aujourd'hui, pour 60 pour cent des greffes, les médecins font appel à des donneurs non familiaux, qui étaient minoritaires en 2000.
Cette évolution a principalement bénéficié aux malades de plus de 50 ans qui peuvent désormais recevoir un traitement pré-greffe moins toxique, appelé 'le conditionnement d'intensité réduite'. Pour l'ABM, 'ces progrès de l'offre de soins sont d'autant plus encourageants que le pic de survenue des maladies graves du sang se situe après 50 ans, plutôt entre 60 et 65 ans'.
Pour obtenir une meilleure qualité des greffons non familiaux, l'ABM compte s'associer pour agrandir le réseau de collecte de sang placentaire. Celui-ci compte actuellement 8 banques et 28 maternités. En 2011, il est prévu d'avoir 11 banques et 60 maternités. L'objectif est d'atteindre, en 2013, 30 000 unités de sang placentaire. Pour ce faire, une subvention de 25 millions d'euros est prévue par le plan Cancer et l'ABM.
En ce qui concerne les dons de moelle osseuse, les campagnes nationales d'information permettent de recruter régulièrement des donneurs. 18 041 nouveaux donneurs se sont inscrits sur le registre national tenu par l'ABM en 2009."
Le Quotidien du médecin (Stéphanie Hasendahl) 27/10/10

Congrès sang de cordon

Marie-Thérèse HERMANGE, sénateur de Paris, vice-présidente de l'association CorDon Source de Vie, vous convie à une rencontre sur :
le sang de cordon ombilical dans la révision des lois de bioéthique
mardi 26 octobre 2010 de 9h00 à 13h00.
Institutionnels, praticiens, associations et citoyens sont invités à débattre suite aux exposés des intervenants.
"Cette rencontre sera suivie d'un cocktail en salle René Coty.
Le jour du colloque, il conviendra de vous présenter au 26 rue de Vaugirard, 75006, à partir de 8h30, avec une pièce d'identité.
Nous restons à votre disposition pour de plus amples informations."
Isabelle Pron
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Sang de cordon : comment il a sauvé la vie de mon fils

"La famille A possède en banque des greffons réservés à ses enfants. En bonne santé, ils n’en auront jamais besoin. S’ils meurent très tôt d’un accident quelconque ou s’ils meurent de vieillesse, ces greffons ne serviront à personne et seront détruits car plus personne ne voudra en payer la conservation. Et pendant ce temps là, dans la famille B, un enfant leucémique meurt faute de pouvoir accéder à un des greffons que détient la famille A"
Suite à mon article sur le sang de cordon publié hier sur AgoraVox, le journal citoyen en ligne, un père me laisse ce témoignage :
"En 2002, mon fils de 14 ans rentre de colonie de vacances. Ma femme me l’amène et me demande mon avis sur une série de petits bleus qu’il a sur les jambes. Il venait de faire du canyoning alors... Mais, quand même, ces bleus de seulement 2 cm², je n’ai jamais vu et je demande à ma femme de le présenter à l’hôpital. Quelques heures après, nous apprenons qu’il a quelque chose de sérieux et le lendemain qu’il a une Leucémie Aigüe Myélocytaire (LAM). Cancer du sang qui tue en un mois.
Tout le combat contre cette LAM a été organisé par le professeur Eliane Gluckman et son équipe de médecins et infirmières. Aujourd’hui mon fils est en vie, sans aucune séquelle apparente (il a subi plusieurs chimios mais pas de curithétapie).
Le sang se fabrique dans les parties spongieuses de nos os ; dans les têtes des os longs et dans l’âme des os plats. A ces endroits là, le sang naissant s’appelle moelle osseuse et ne ressemble en rien, n’a rien à voir avec la moelle épinière qui est un cordon de matière grise bourrée de neurones circulant au centre de la colonne vertébrale et prolongeant le cerveau.
Pendant longtemps, pour essayer de soigner-guérir une personne dont le sang était gravement anormal (sursaturé d’un des composants sanguins par exemple) on commençait par tuer toutes les cellules cancéreuses (à taux de reproduction rapide) en lui administrant des poisons sélectifs : chimiothérapie (les bulbes capillaires, les cellules des muqueuses meurent aussi) puis, une fois que le patient était presque mort, épuisé par l’empoisonnement thérapeutique (pourquoi ne pas le dire ainsi) on le laissait revenir à la vie, on vérifiait si son corps était capable de se regénérer normalement. Ca marchait parfois mais les échecs de la chimiothérapie seule étaient nombreux.
Puis on a eu l’idée d’injecter dans le patient chimiopréparé, de la moelle osseuse d’un patient bien portant et compatible. Et là on, a eu de très bons résultats.
La compatibilité, dans ce domaine thérapeutique, n’a rien à voir avec les simples questions de groupe et de rhésus, ce serait trop facile. Hélas, il y a des tas d’autres critères qui doivent être identiques ou le plus identiques possible qui font que chacun de nous n’a statistiquement que quelques poignées d’hémato-compatibles au monde.
Toutes les méthodes, règles ou protocoles suivis par l’équipe de Saint-Louis, sont issus de la pratique de cas, d’expériences, d’échecs, de réussites, bref de méthode scientifique qui, on l’oublie trop souvent, oblige à tâtonner, à essayer, à tenter, à prendre des risques. Pasteur aurait pu tuer son premier enragé ...
Quand on se présente ou quand on présente un enfant à une équipe de soigneurs-chercheurs, il faut s’attendre et accepter qu’ils fassent de notre cas, une expérience de plus (ce qui suppose, par exemple, un protocole habituel à 90 p. cent et inédit à 10 p. cent).
Quand on vit ce genre d’expérience en tant que patient ou parent de patient, on réalise vite qu’on sera un cobaye de plus sur la liste de leurs patients précédents, tous cobayes, tous ayant participé (échecs compris) à l’enrichissement des connaissances, au perfectionnement des méthodes, à l’amélioration du taux de réussite au fil des expériences. Tous les éléments d’une thérapie ont leur lot de tâtonnements : le nettoyage, les choix des poisons de la chimio, le choix des paliatifs, les durées, le soutien psychologique (on fait intervenir des clowns ou pas, on leur fait suivre les cours à l’hôpital ou pas, on permet la présence soutenue des parents ou pas...). Tout est à la fois rôdé et expérimental. Là on n’est plus du tout dans la consommation habituelle ('Je veux que la voiture que j’ai commandée corresponde exactement à la pub de rêve ou je fais un procès pour tromperie'). Quand on entre à Saint-Louis, on participe à la recherche, aux tâtonnements, aux efforts pour réussir. On profite des expériences passées et notre cas va profiter aux suivants.
La compatibilité de moelle osseuse greffon-greffé étant très rare, il y avait plein de patients qui mouraient faute de donneur. Donner sa moelle osseuse est nettement plus galère que donner son sang complet (30 minutes) ou ses plaquettes (une heure). La moelle osseuse se conservant mal (je veux dire qu’on est plus certain de son efficacité fraîche que surgelée), le "don" étant également pénible pour le donneur (anesthésie puis aspiration avec grosse aiguille plantée dans la crête illiaque), ces donneurs restaient potentiels (ils étaient analysés et posaient leurs coordonnées sur une liste mondiale de donneurs puis attendaient un appel téléphonique pour courir à l’hosto se faire prélever). Bravo, bravo, bravo à ces donneurs virtuels pour leur engagement, leur courage et leur altruisme (s’inscrire sur cette liste signifiait rester clean et dispo, prêt à sauter dans un avion et être à tout moment joignable par la banque des donneurs). Ca avait un côté pionniers solidaires de la CB.
La moelle osseuse du donneur (ça fait le volume d’un petit verre) une fois injectée ou transfusée dans le receveur, ses cellules souches (très jeunes, à fort potentiel d’adaptation-spécialisation) vont se loger dans toutes les parties spongieuses du squelette du patient et de là, vont lancer (pas toujours hélas) la fabrication d’un sang normal.
En attendant d’être greffé, le patient est globalement maintenu en survie par une chimio qui élimine ses cellules folles, qui le rend hyper vulnérable à tous les microbes et champignons (vie sous bulle stérile) et il est constamment transfusé de sang normal et de plaquettes disons ordinaires ou courantes.
Dans ces conditions, un patient ne peut donc attendre une greffe que 2 ou 6 mois peut-être. Chaque jour qui passe sans cette greffe, sans trouver son rarissime bon donneur, voit le patient s’affaiblir, se décomposer et agoniser.
En back-office, derrière le calme apparent des couloirs et des chambres, les soignants, les professeurs, les médecins, subissent un stress permanent lié à la fois aux risques de l’expérimentation, à la confrontation à la spécificité de chaque cas, aux dépenses vertigineuses et à la recherche urgentissime à travers les banques mondiales, des donneurs-bonheur pour leur trentaine de patients à sauver.
Etant donné les contraintes que ce procédé imposait aux donneurs de moelle osseuse, ils n’étaient que 10 ou 13 millions dans le monde, dont la plus grande partie en Corée du Sud. Parmi les nombreux critères de compatibilité, il y avait forcément ceux liés aux races, ethnies, sous-groupes, etc. et il y avait de drôles de surprises concernant le traçage ou les pistes de communauté génétique.
Les chances de compatibilités sont donc nettement plus grandes au sein d’une famille qu’en dehors (bien des patients sont morts sans avoir été greffés alors que des membres de leur famille refusaient de subir ne serait-ce que le premier test de compatilité). Les fâcheries ou bouderies intrafamiliales peuvent donc avoir des conséquences mortelles dont on ne parlera jamais dans les medias.
En 1987, face à un cas encore spécial, le Pr. Eliane Gluckman se dit que faute de donneur de moelle osseuse, faute de toute autre alternative sensée, il faudrait essayer de transfuser au malade du sang de cordon ombilical (sang qui reste à la fois dans le placenta et le cordon ombilical, de toute naissance). Là encore il faut respecter une compatibilité complexe mais finalement - le Pr. E. Gluckman l’a découvert progressivement - moins sévère qu’avec les greffes de moelle osseuse.
On prépare le patient à peu près de la même manière qu’avec la greffe de moelle osseuse mais il a plus de chance qu’on lui trouve un bon donneur d’une part en raison de critères de compatibilité un peu moins stricts mais surtout parce qu’il est très facile de donner le sang de cordon. Il y a donc plus de dons de sang de cordon que de dons de moelle osseuse.
La maman sur le point d’accoucher est sollicitée par un collecteur. Si elle accepte, une fois le bébé expulsé et posé sur son ventre, le cordon est clampsé, on y place une aiguille, on demande à la maman de bien vouloir pousser encore afin de presser le placenta comme une éponge. On recueille un petit verre de ce reste de sang puis l’expulsion du placenta se déroule dans les délais habituels.
Ce sang est alors analysé, repéré, taggué, enregistré sur un ordinateur de banque de sang de cordon et conservé surgelé jusqu’à ce qu’un jour, un patient ait besoin de lui. Au cours de l’analyse de ce sang frais, on peut découvrir qu’il n’a pas de bonnes qualités et il est éliminé.
Quand on trouve quelque part dans le monde le sang de cordon compatible avec le patient, en même temps que la pochette franchit les distances sous neige carbonique, le patient est préparé. Il est plus empoisonné que jamais afin de tuer tout son matériel hématoproducteur (hématopoïétique) et laisser la place libre au sang de cordon (qui est doté de pouvoir hématopoïétique similaire à celui de la moelle osseuse).
C’est donc à un patient à l’agonie qu’on tranfuse la petite pochette et ensuite on attend, un jour, deux jours, trois jours. On analyse son sang. 5 jours après on analyse encore son sang (le liquide céphalo rachidien qui entoure la moelle EPINIERE aussi) et on commence à observer des changements ... Quand tout se passe bien, au bout de deux mois, après 40 analyses successives de sang, on peut voir que le patient produit un sang normal. On n’a plus besoin de lui transfuser ni sang complet ni plaquettes. Il revient à la vie. Et il faut 2 à 3 ans de rémission pour se permettre de considérer que la guérison est définitive.
C’est un sauvetage qui coûte cher mais d’une part il porte sur des enfants (les greffes prennent mal sur les vieux) et ces jeunes malades, quand ils s’en sortent, ont les mêmes capacités ou potentialités que les autres.
Je vois plusieurs postes coûteux :
L’hygiène très poussée, la salle blanche, la bulle (disons 30 à 90 jours de chambre spéciale).
Les produits de chimio (une pochette de poison liquide bleu peut coûter plus de 1000 euros)
Le prélèvement, l’analyse et la conservation, parfois pour rien, de sang de cordon.
L’informatisation des données bancaires.
Le transport du greffon, de la pochette.
Le long suivi médical lors du retour à la maison et les deux années de médocs
Le soutien scolaire (à l’hôpital et à la maison)
Et dans certains cas, l’hébergement des parents accompagnant l’enfant (par le biais de l’Association Pièces Jaunes ou similaire)
Au pif, je dirais qu’un sauvetage réussi coûte 200 K€. Mais il faut augmenter le prix des réussites du prix des échecs. Mettons donc qu’il y a 400 K€ de dépensés pour avoir une guérison (après laquelle il n’y a plus de dépenses).
La très grande majorité des mamans à qui on demande si on peut prélever le sang de cordon de leur bébé (pour le bénéfice éventuel d’un inconnu) répondent par l’affirmative.
Or, on ne le demande pas à toutes les mamans qui accouchent et on ne le demande que dans deux ou trois maternités en France (sur ce forum, peu de mamans auront été sollicitées sur ce sujet, j’imagine).
On demande peu aux mamans tout simplement parce que l’Etat ne veut pas dépenser en prélèvement, en analyse et en conservation, parfois pour rien. L’Etat préfère payer cash et peut-être plus cher, une pochette venue d’Australie que d’en constituer des stocks ici.
(Comme pour le don de sang ou de plaquettes, ça a beau être gratuit de la part des donneurs -en tout cas en France- l’opération de collecte, d’analyse et de garde coûte cher et un produit gratuit au départ finit coûteux)
J’ignore où en est la greffe de moelle osseuse mais posons qu’elle soit supplantée par la greffe de sang de cordon (dont on peut être sûr que chaque jour, on expérimente des applications plus étendues).
Concentrons-nous sur la seule greffe de sang de cordon et comprenons que les enjeux sont alors très élevés en termes de santé publique. Comme c’est facile à prélever et que c’est important, ça attire ceux qui veulent faire fortune.
Le refus de l’Etat de prélever dans toutes les maternités voire même systématiquement, la facilité de l’opération, son importance potentielle, font qu’un boulevard est ouvert aux mouches à business.
Je crois que si l’on autorise le prélèvement de sang de cordon autogène [autogène signifie pour soi-même, Ndlr.], pour l’enfant-même ou son frère et pour couvrir l’éventualité où ils tomberaient malades et parce qu’on ne peut pas offrir-donner deux fois le sang d’un cordon, on arrivera très vite à ce que chaque mère ne permettra que des prélèvements pour sa descendance. Plus personne ne pourra recevoir un greffon d’une autre famille.
Or, si les chances de compatibilité intrafamiliales sont beaucoup plus fortes que les extrafamiliales, elles ne sont pas acquises à cent p. cent. (aucune possibilité intrafamiliale dans notre cas).
Pour que chacun puisse conserver toutes ses chances, il est donc indispensable que les greffons puissent circuler dans tous les sens. Une mère ne devrait donc jamais réserver le sang de son bébé pour sa seule famille.
En définitive, c’est le don vers des inconnus qui offre à chacun le plus de chances mais à condition que le nombre de prélèvements (faits d’avance et parfois pour rien) soit augmenté.
Les médecins de coeur comme l’est le Pr. Eliane Gluckman, iraient à préconiser le don vers inconnu exclusivement [transplantation allogène et non autogène, Ndlr.]
Mais comme des entreprises comprennent qu’elles peuvent faire de l’argent en sensibilisant les mères sur les risques pour leur propre enfant et obtenir alors quasiment cent p. cent de contrats (prélèvement+analyse+conservation), les médecins du genre du Pr. Gluckman doivent en tenir compte. Ils préfèrent guérir des enfants sur base de solidarité internationale et ne veulent pas n’avoir plus comme clients que des enfants de riches. Mais ils doivent se soumettre au discours de plus en plus puissant des banques privées prônant l’individualisme.
Oui gosses de riches, car si une banque privée peut demander 2.000 euros à une maman dans un premier temps pour un contrat intrafamilial, elle ne se gênera guère pour demander 6.000 ou 60.000 euros quand l’habitude de prélèvement autogène [pour soi, Ndlr.] deviendra la norme.
Au départ, on avait donc des parents affolés se mettant entre les mains de professeurs jouant à fond la carte de la solidarité universelle et ils trouvaient normal qu’il en soit ainsi.
Puis sont arrivés les marchands qui tiennent un discours très différent aux parents et la perversion des esprits a commencé.
La pensée ou posture individualiste n’étant plus taboue à cause des affairistes, les médecins comme le Pr. Gluckman sont obligés d’en tenir compte et ne lèvent plus les bras au ciel quand ils entendent des parents réclamer une sécurité réservée à leur seule famille.
Que vont faire les mères ? Vont-elles toutes succomber au discours individualiste des marchands ?
Je pense que oui, car les marchands ont plus d’une carte dans la main. Ils peuvent facilement exposer aux parents qu’étant donné que la filière autogène existe désormais, s’ils s’y opposent et qu’un jour leur fils malade ne peut être guéri, ils auront affaire non seulement à leur conscience mais aussi à la Justice.
A cette heure-ci, il n’est peut-être pas trop tard pour étouffer dans l’oeuf la voie individualiste. Mais il faudrait alors que l’Etat l’interdise et accentue son budget dans le prélèvement allogénique préventif.
Et il paraît que l’Etat c’est nous....
Je vous refais donc la synthèse de ce qui se passera si on permet à l’oeuf de l’individualisme de se développer.
La famille A possède en banque des greffons réservés à ses enfants. En bonne santé, ils n’en auront jamais besoin. S’ils meurent très tôt d’un accident quelconque ou s’ils meurent de vieillesse, ces greffons ne serviront à personne et seront détruits car plus personne ne voudra en payer la conservation. Et pendant ce temps là, dans la famille B, un enfant leucémique meurt faute de pouvoir accéder à un des greffons que détient la famille A."

GRAND merci pour votre témoignage à l’issue heureuse mais intense en vécu. Pour confirmer vos propos, déjà très documentés et très éclairants sur le sujet du sang de cordon, considéré comme simple déchet opératoire jusqu’à récemment (alors que c’est une fabuleuse "boîte à outils") :
"L’article 8 de la proposition de loi déposée au Sénat le 19 février 2010 (...) : Dans la mesure où 'le cordon et le placenta génèrent des cellules souches mésenchymateuses (CSM) en quantité importante et, [où] greffées de façon allogénique, elles seraient tolérées immunologiquement, sans traitement immunosuppresseur, un effort de recherche particulier doit être entrepris pour définir le champ thérapeutique dans lequel ces cellules pourraient être utilisées', lit-on dans l’exposé des motifs.
Le texte estime par ailleurs que la collecte du sang de cordon et des tissus placentaires est un 'enjeu de santé publique majeur' et 'un intérêt stratégique pour permettre à la recherche française de se maintenir au plus haut niveau, dans un contexte de forte concurrence internationale'. Il demande donc que soit conféré au cordon le statut de ressource thérapeutique et que le développement de la collecte et de la conservation du sang de cordon soit favorisé dans le 'respect de la solidarité du don à travers les principes de gratuité et d’anonymat par les banques publiques'. Il préconise une information systématique des femmes enceintes et la conservation des 'unités de sang placentaire à des fins spécifiques de greffes intrafamiliales'. Tout en affirmant que le sang de cordon 'ne peut être privatisé', il souhaite enfin que puissent être développés des partenariats public-privé pour faire progresser le nombre de prélèvements."
Source :
Nous sommes bien d'accord, n'est-ce pas, c'est le développement de ces partenariats public-privé qui se fait attendre en France ... Or comme vous le faites remarquer, c’est une question de vie ou de mort :
"La famille A possède en banque des greffons réservés à ses enfants. En bonne santé, ils n’en auront jamais besoin. S’ils meurent très tôt d’un accident quelconque ou s’ils meurent de vieillesse, ces greffons ne serviront à personne et seront détruits car plus personne ne voudra en payer la conservation. Et pendant ce temps là, dans la famille B, un enfant leucémique meurt faute de pouvoir accéder à un des greffons que détient la famille A."

Projet de loi sur la bioéthique : focus sur le sang de cordon

"Le Quotidien du médecin publie la réaction de Pierre Le Coz, vice-président du Comité consultatif national d'éthique, sur le projet de loi sur la bioéthique dévoilé par Roselyne Bachelot la semaine dernière. Il estime celui-ci 'bien équilibré': 'L'esprit de la loi est bien celui de l'autonomie, au sens étymologique du terme, c'est-à-dire de l'autorégulation ou de l'autolimitation. Il faut rappeler aux gens que la liberté ne se trouve pas dans l'absence de contraintes ni la subversion, mais dans le fait de se donner des limites'.
Pourtant, il regrette que le projet de loi n'ouvre pas la voie à la conservation autologue de sang de cordon. Alors que le nombre de greffes de sang placentaire crée une forte demande de conservation de sang de cordon, les banques allogéniques publiques, seules permises en France, ne contiennent que 8 500 unités pour un besoin estimé à 20 000 ou 40 000 greffons. 'Je suis choqué par la situation : c'est une dégringolade pour la France alors que nous étions pionniers, en 1987, avec la première greffe mondiale de sang de cordon effectuée par le Pr Eliane Gluckman chez un enfant atteint d'un dysfonctionnement de la moelle osseuse. La médecine régénérative peut être une vraie révolution'.
Certains chercheurs, dont le Pr Gluckman, ont pris position pour la légalisation des banques privées ou mixtes (qui permettent de préserver un mode de conservation fondé sur des dons non dédiés). Pour Pierre Le Coz, 'les législateurs ne peuvent-ils pas trouver un système qui puisse permettre de poursuivre la recherche sur cette potentialité thérapeutique et protéger en même temps les citoyens d'une dérive autocentrée ? Il s'agit vraiment d'un manque d'imagination'."
Le Quotidien du Médecin (Stéphanie Hasendahl) 06/09/10