Merci de ne PAS poster de messages concernant la vente d'un organe et comportant des coordonnées téléphoniques, e-mail, etc. La loi française interdit la vente d'organes.

Affichage des articles dont le libellé est TRANSPLANTATION ET SOCIETE. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est TRANSPLANTATION ET SOCIETE. Afficher tous les articles

Vers une transplantation d'utérus chez la femme ?

"Vers une transplantation d'utérus chez la femme ?Après des succès de transplantations d'utérus chez des animaux, la question se pose de savoir si une telle transplantation pourrait obtenir le même succès chez la femme et lui permettre de donner naissance à un enfant.

En 2002, en Arabie Saoudite, une première tentative avait échoué. En 2011, une équipe de médecins turcs a annoncé qu'un greffon était toujours fonctionnel au bout de 120 jours, mais rien aujourd'hui ne permet de savoir si cette transplantation pourra permettre à la femme qui l'a reçu de mener à bien une grossesse. Cette tentative n'a à l'heure actuelle donné lieu à aucune publication.

Au cours du printemps 2012, une nouvelle tentative pourrait être effectuée sur dix femmes grâce à des donneuses vivantes, par une équipe suédoise de l'université de Göteborg qui travaille depuis plus d'une dizaine d'année sur des animaux. Lorsque la donneuse est vivante, le greffon est de meilleur qualité. En outre, les traitements immunosuppresseurs devant être pris par la femme après la greffe ne sont pas incompatible avec la grossesse. "L'avantage des transplantations d'utérus est qu'elles s'adressent à des patientes jeunes et en bonne santé, et qu'elles sont temporaires puisque le greffon peut être retiré après la grossesse", explique le Dr Gautier du service gynéco-obstétrique au CHU de Limoges."

Le Monde (Sandrine Cabut) 24/03/2012
http://www.genethique.org/revues/revues/2012/Mars/26_03_12.html#2

Risque de cancer après greffe d'organe

"Selon une étude publiée le 2 novembre 2011 dans le Journal of the American Association, les patients ayant reçu une greffe d'organe auraient un risque doublé de développer un cancer. Les données relatives à 175 732 transplantations d'organes effectuées aux Etats-Unis entre 1987 et 2008 ont été analysées par le Dr. Eric A. Engels et son équipe du National Cancer Institute à Rockville au Maryland. Ayant relevé 10 656 diagnostics de tumeurs malignes chez des personnes ayant reçu une greffe, ils auraient identifié 32 cas de cancer où le risque se trouvait accru du fait de la greffe.
Le lymphome non hodgkinien, les cancers du foie, du rein et du poumon représentaient 43% de tous les cas de cancers observés contre 21% dans la population en général.
Selon les auteurs de l'étude, ce risque de cancer devrait 'inciter à multiplier les recherches dans ce sens, et à mettre en place un système de dépistage précoce pour cette population spécifique'. A l'heure actuelle, les  chercheurs ne connaissent pas les mécanismes cancérigènes pouvant être liés à la transplantation d'organes."
Canoe.ca  04/11/11 - Medicalnewstoday.com (Grace Rattue)  02/11/11
http://www.genethique.org/revues/revues/2011/Novembre/08_11_11.html#3

A Nantes, une fillette bénéficie d’un cœur artificiel

"Anaïs, 8 ans, souffre d’une cardiomyopathie dilatée qui mettait ses jours en danger. Hospitalisée d'urgence en avril 2011, elle a pu attendre une greffe de cœur pendant trois semaines grâce un système d'assistance cardiaque mécanique. Aujourd'hui la fillette se porte bien et a pu quitter le CHU pour son domicile de La Rochelle. En septembre, comme tous les enfants de son âge, elle reprendra le chemin de l'école.

Première au CHU de Nantes

Chirurgie lourde, l'assistance cardiaque mécaniques nécessite la présence d'équipes spécialisées et formées. Les équipes du CHU de Nantes du Pr Véronique Gournay, cardiopédiatre, du Dr Jean-Marc Dejode, réanimateur pédiatrique et du Pr Olivier Baron, chirurgien thoracique et cardio-vasculaire ont décidé d'installer ce système en mai dernier sur Anaïs, après l'échec des traitements médicamenteux.

Ce dispositif d'assistance cardiaque offre un sursis avant d'obtenir une greffe de cœur compatible. Composé d'une pompe externe, il simule le cœur auquel il est relié par des canules.

Grâce à lui Anaïs a bénéficé d'un sursis avant la greffe de cœur compatible. Celle-ci était réalisée avec succès 3 semaines plus tard. Aujourd'hui la fillette va bien et a retrouvé les siens à La Rochelle.

Appel au don d'organes

Le grand public doit rester sensibilisé au don d'organes car les besoins pour les transplantations cardiaques en pédiatrie sont importants. Comme le rappelle Michel Videcoq, responsable de la coordination des prélèvements d'organes et de tissus au CHU, 30% des enfants inscrits sur liste d'attente décèdent, faute de greffon."

Contact : CHU Nantes
Sandrine Delage,
Service Communication.
5 allée de l'île Gloriette
44093 Nantes cedex 1
Tel : 02 40 08 71 80
Email : direction.communication@chu-nantes.fr
 Site : http://www.chu-nantes.fr/
Standard : 02 40 08 33 33

Commentaire : on oublie de dire que, hélas, l'espérance de vie d'un enfant greffé du coeur ne rejoint jamais l'espérance de vie dite "normale" ... et que la micropompe à débit permanent remplacera un jour - peut-être pas si lointain - la grosse machine invasive et moyen-âgeuse appelée ici "coeur articifiel" qui ne sert qu'à attendre une greffe ("bridge to transplantation", disent les Anglo-Saxons), tandis que la microturbine à débit permanent permettra justement d'éviter la transplantation cardiaque à des enfants ... on le fait déjà pour des adultes, depuis 2004 ... D'autre part, la transplantation, c'est la transplantation rénale sur gens âgés, pas la transplantation cardiaque ... Cela, on se garde bien de le dire au grand public ... On lui parle du plus spectaculaire et du plus émouvant, et non des besoins les plus fréquents (des greffons rénaux pour des gens déjà âgés ...) Sur 15.000 patients en attente de greffe en 2010, les deux tiers attendaient un rein ... L'âge moyen du "donneur" d'organes est de 50 ans ... Eh oui ... 359 greffes cardiaques en 2009 ... on est loin de pouvoir couvrir le "marché" de l'insuffisance cardiaque par la greffe cardiaque !

Conclusions :
1) la greffe cardiaque n'est pas la réponse à la question de savoir comment traiter l'insuffisance cardiaque, dont le traitement passe par d'autres solutions (entre autres : microturbine à débit continu chez les adultes).
2) On met ici le doigt sur un biais dans le discours public sur le don d'organes : on joue sur les bons sentiments du public pour promouvoir le don d'organes. Si on était plus honnête, on réclamerait des reins pour gens déjà âgés (voir les chiffres du rapport d'activité prélèvement et greffe de l'Agence de la biomédecine) ... C'est certes moins spectaculaire que de réclamer des coeurs pour fillettes et garçonnets de 8 ans ... mais cela correspond bien plus à LA REALITE.

Don d’organes : toujours plus d’information

"A la veille de la journée de réflexion sur le don d’organes, le 22 juin, le Comité consultatif national d’éthique estime qu’il est nécessaire de 'diffuser bien plus largement' l’information sur les conditions légales du prélèvement post mortem.

Dans son avis n°115 sur les 'questions d’éthique relatives au prélèvement et au don d’organes à des fins de transplantation', le Comité consultatif national d’éthique (ccne-ethique.fr) recommande d’inciter les gens à parler de leur position à leurs proches, 'pour que ces derniers puissent mieux témoigner de la volonté du défunt auprès du personnel de la coordination hospitalière responsable du prélèvement'.

Selon le comité, il faut également maintenir une séparation nette entre les équipes de réanimation, 'dont l’objectif ne doit être que l’intérêt du patient', et les équipes du prélèvement, 'qui interviennent de façon seconde, après constat de la mort et qui doivent, en fin d’intervention de prélèvement d’organes, veiller à la meilleure restitution tégumentaire possible du corps'.

L’information intra et inter hospitalière sur les circonstances de la mort susceptibles de donner lieu à des prélèvements d’organes post mortem doit être améliorée. Le CCNE insiste sur le lien que suppose le don d’organes. Les responsables de la coordination de la transplantation, 'trop peu nombreux en France ', doivent assurer le suivi des donneurs vivants bien après le don. Autre conseil, de vocabulaire, il serait préférable de substituer à l’expression 'don cadavérique' celle de 'prélèvement d’organes post mortem', plus conforme à la réalité, selon le CCNE. [Parce que c'est en latin et que cette langue n'est concrète pour personne ?- en particulier, pour des proches confrontés à la question du don d'organes alors que l'être aimé n'est pas encore mort, mais cela ne fait rien, ils doivent se décider ... les organes d'un mort ne sauvent personne ... Leur parler en latin, bonne idée, tiens, cela va les aider ... leur rendre les choses plus concrètes ... Ndlr.]

Par ailleurs, le maintien du vocabulaire économique de la 'pénurie' lui semble préjudiciable au principe éthique de non patrimonialité du corps et de gratuité du don. Le CCNE recommande de redoubler de prudence dans l’éventuel débat éthique relatif à la catégorie III de Maastricht : la loi du 22 avril 2005 dite loi Leonetti sur la limitation et les arrêts de traitement tant attendue 'n’équivaut pas à une autorisation de prélèvement dans cette situation'. 'Seule une compréhension en profondeur de cette loi peut retirer toute suspicion à son égard', estime le CCNE. Il faut aussi renforcer la confiance de l’ensemble de la société dans le dialogue mené par le personnel de la coordination hospitalière responsable du prélèvement. 'Ce dialogue demande une grande compétence ; il ne doit jamais apparaître comme une intrusion dans la vie intime des proches du défunt, mais comme un accompagnement dans le deuil, que le prélèvement ait lieu ou non'."

lequotidiendumedecin.fr 15/06/2011

Don d’organe : campagne d'information

"La 11ème journée de réflexion sur le don d’organe et la greffe aura lieu le 22 juin 2011. A cette occasion, l’Agence de la biomédecine (ABM) lance une large campagne d’information sur thème 'Don d’organe pour sauver des vies, il faut l’avoir dit'. Elle vise à sensibiliser les personnes favorables au don d’organe sur l’importance d’informer leur proche de cette décision.

Aujourd’hui en effet, la législation présume le consentement du donneur s’il ne s’est pas inscrit sur le registre des refus. Cependant, dans la pratique, c’est à la famille du défunt qu'il revient de prendre la décision si celui-ci ne s’est pas exprimé. 'Il est primordial de faire connaitre sa volonté à ses proches car, ce qui est difficile, c’est de décider à la placer de quelqu’un', souligne Laetitia, membre actif de France Adot (Fédération des associations pour le don d’organe et de tissus humains) qui a été confrontée à la question du don d’organe lors du décès de sa mère. Elle a finalement donné son consentement, choix qu’elle explique de la façon suivante : 'C’était une façon différente de donner la vie, en tout cas de la rendre plus douce à quelqu’un. Maman était une obstinée. D’une certaine manière, la mort n’avait pas, comme ça, tout à fait raison d’elle.'

Le 22 juin prochain, plusieurs associations se mobiliseront dans toute la France pour informer et faire réfléchir le public sur cette question délicate mais cruciale : en 2010, les transplantations effectuées ont couvert moins d’un tiers des besoins nationaux.Des spots télévisés diffusés sur l’ensemble des chaines généralistes jusqu’au 23 juin 2011, informeront sur les conséquences de ce don particulier. Un site internet VosQuestionsSurLaGreffe sera ouvert par l’ABM afin de répondre aux questions des internautes."

Le Parisien.fr 14/06/11 – Pèlerin (Patricia Labiano) 16/06/11
http://www.genethique.org/revues/revues/2011/Juin/15_06_11.html#2

Le Comité Consultatif National d'Ethique publie un avis sur les questions d'éthique relatives au prélèvement et au don d'organes à des fins de transplantation

Aujourd'hui (15/06/2011), à l'occasion de la publication de l'avis 115 du Comité Consultatif National d'Ethique (CCNE, conseil de bioéthique de l'Elysée) sur les "Questions d'éthique relatives au prélèvement et au don d'organes à des fins de transplantation", le CCNE tiendra une conférence de presse à 15h00

35, rue Saint Dominique 75007 Paris
Salle René Cassin

Source :
Service presse du CCNE
http://www.ccne-ethique.fr/
01 44 88 88 24

Don d’organes : pas de consentement sur la carte vitale

"Un amendement demandant l’inscription, sur la carte vitale, de la volonté de la personne concernant le don de ses organes, a été débattu la semaine dernière à l’Assemblée nationale lors de la relecture du projet de loi de bioéthique. 'La carte vitale pourrait être le support d’un testament de vie, adapté au don d’organes, et simplifier l’accès au prélèvement. […] Ce serait un gain de temps considérable pour les équipes médicales chargées de prélever l'organe', avait affirmé la députée UMP Jacqueline Irles, favorable à ce projet. L’amendement a finalement été rejeté.
Les équipes de soins doivent aujourd’hui faire face à un manque de donneurs d’organes. La possibilité du don d’organes intervenant souvent lors de la mort du potentiel donneur, il revient alors à sa famille de prendre la décision délicate du don.

Le rapporteur de la commission de bioéthique, Jean Leonetti, s’est opposé à l’amendement craignant que 'porter sur une carte qui n’est pas secrète le fait que la personne refuse le prélèvement [puisse] être un élément discriminant voir stigmatisant. Mieux vaut s’en tenir à la solution proposée, qui est d’indiquer simplement sur la carte que la personne a été informée, et conserver le registre des refus, qui est, lui, secret.'"

Libération (Eric Favereau) 31/05/2011
http://www.genethique.org/revues/revues/2011/Mai/31_05_11.html#1

"Just Say No!" To Organs from Suicide Victims?

"According to Wesley Smith on his SHS blog, 'Suicidal people need help in living, not reasons to die.' Profound statement indeed. Yet, Smith goes on, 'to prevent people from using the pretext of organ harvesting as a justification for their suicides, we need to make it very clear that their organs will not be so used...' and therefore the organ transplant community must come out against the use of organs suitable for transplant from those who have terminated their lives.

Smith's argument amounts to little more than a call for OPOs to 'Take a Stand Against Suicide!' yet ignores the fact that tens of thousands die each year waiting for an organ. Those who die waiting on a transplant list have no other choice they can make--and yet those opting for suicide, as sad and troubling as that choice may be, can benefit those who are suffering in organ failure.

And while it would be truly disturbing if a person willingly killed him- or herself to provide organs to others, this mentally disturbed individual opting for suicide for all the wrong reasons would, I'm certain, be rare indeed.. For those individuals who are so beset by mental anguish, pain and other symptoms that they want no longer to live for these reasons in and of themselves, there can be no good reason why organs harvested and given to others would be morally objectionable. While such suicides are a tragedy, should we simply compound the harm of that choice by denying those suffering from organ failure the chance to live?

Show me the data that says those committing suicides are actively thinking about the organ recipients they could benefit, and then we can talk, Wesley. Otherwise, your argument is nothing but simple moralizing and judgmental thinking about the suicidal dressed up in concern for their welfare."

Summer McGee, PhD
http://blog.bioethics.net/

Don d'organes : toujours la pénurie

L'association France Adot a tenu samedi son assemblée générale. En 2010, 4 705 transplantations ont été faites en France.
"L'association girondine pour l'information sur le don d'organes et de tissus humains (France Adot) a tenu son assemblée générale samedi à la Bourse du Travail à Libourne. L'occasion pour le président Guiseppe Poretto, réélu dans ses fonctions, de dresser le bilan du don d'organes en France. Après 2009, année déclarée grande cause nationale pour le don d'organes, de sang, de plaquettes et de moelle osseuse, 4 705 transplantations ont été enregistrées en 2010. Soit 2 889 reins, 192 foies, 356 cœurs, 244 poumons, 19 cœurs/poumons, 96 pancréas et 9 intestins) contre 4 580 greffes l'année précédente et 4 620 en 2008. 1 500 malades ont été traités par une greffe de la moelle osseuse.
'Mais le nombre de demandeurs de carte s'est un peu essoufflé', constate le président Poretto : 1 838 porteurs de cartes identifiés en 2010 contre 3 433 en 2009.
Et même s'il y a eu une légère augmentation des greffes, on se trouve toujours en situation de pénurie d'organes, alors que le nombre de personnes inscrites sur la liste d'attente de don d'organe en France est, lui, en augmentation constante : 14 400 personnes en 2010, qui devraient pourtant pouvoir 'bénéficier d'une nouvelle vie, grâce à une transplantation.'
Le nombre de donneurs prélevés est de 1 476 contre 1 481 en 2009, 1 563 en 2008, 1 561 en 2007. 'Il s'agit de personnes décédées en mort encéphalique, dans une grande majorité suite à un accident vasculaire cérébral', explique le président.
Constat dramatique
Le taux de prélèvements par million d'habitants est de 23,2, en retrait de plus d'un point par rapport à 2008.
'Ce constat est d'autant plus dramatique, estime Guiseppe Poretto, qu'il y aurait suffisamment d'organes à prélever pour répondre aux besoins. Mais peu de citoyens s'expriment de leur vivant sur le don d'organes (41 % seulement selon une enquête d'Ipsos effectuée en 2006). Et les familles confrontées à une situation difficile lors de la mort d'un proche, sont réticentes quand elles ignorent la volonté du défunt.'
À signaler que le taux de refus exprimé de son vivant est inchangé depuis des années. Après avoir connu une baisse en 2007 (28 %), il a selon France Adot de nouveau grimpé en 2009 aux alentours de 32 %."
http://www.sudouest.fr/2011/03/21/don-d-organes-toujours-la-penurie-348633-2966.php

Mon commentaire : France ADOT confond information et promotion. Cette association de collecte d'organes est financée entre autres par Novartis, grand laboratoire pharmaceutique suisse, fabricant de médicaments immunosuppresseurs, ces médicaments que prennent les patients greffés, en quantité et à vie ... A quand une information par France ADOT sur le sang de cordon (alternative thérapeutique à la greffe de moelle) et sur les alternatives à la greffe cardiaque (la microturbine, pour assister un coeur défaillant, ce qui rend caduque la transplantation cardiaque dans certains cas) ? Jamais. France ADOT n'est pas payée pour ça, elle est payée pour promouvoir le Don et faire du marketing social du don d'organes. Et si de telles associations de collectes d'organes, trop racoleuses, se lamentant toujours sur le manque de générosité des citoyens, étaient contre-productives ? D'après certains sociologues spécialistes des transplantations d'organes (David le Breton, Philippe Steiner), ce serait le cas ...

"Je suis un condamné à mort américain. Puis-je donner mes organes ?"

En Chine, les organes des condamnés à mort sont prélevés sans leur consentement - ou presque. Aux USA, des condamnés à mort veulent s'amender (payer leur dette à la société) en donnant leurs organes à leur décès. Ils s'organisent - voir les détails (âmes sensibles s'abstenir) : l'injection mortelle n'a pas la même composition d'une prison à l'autre sur le vaste sol américain. Tandis que certaines injections endommageraient trop les organes pour un "don" dit "post-mortem", d'autres laisseraient une chance au prélèvement d'organes ...

Giving Life After Death Row:
http://www.nytimes.com/2011/03/06/opinion/06longo.html?_r=2&ref=global-home

Under kidney transplant proposal, younger patients would get the best organs

By Rob Stein, Washington Post Staff Writer, Thursday, February 24, 2011

"The nation's organ-transplant network is considering giving younger, healthier people preference over older, sicker patients for the best kidneys.

Instead of giving priority primarily to patients who have been on the waiting list longest, the new rules would match recipients and organs to a greater extent based on factors such as age and health to try to maximize the number of years provided by each kidney - the most sought-after organ for transplants.

'We're trying to best utilize the gift of the donated organ,' said Kenneth Andreoni, an associate professor of surgery at Ohio State University who chairs the committee that is reviewing the system for the United Network for Organ Sharing (UNOS), a Richmond-based private nonprofit group contracted by the federal government to coordinate organ allocation. 'It's an effort to get the most out of a scarce resource.'

The ethically fraught potential changes, which would be part of the most comprehensive overhaul of the system in 25 years, are being welcomed by some bioethicists, transplant surgeons and patient representatives as a step toward improving kidney distribution. But some worry that the changes could inadvertently skew the pool of available organs by altering the pattern of people making living donations. Some also complain that the new system would unfairly penalize middle-aged and elderly patients at a time when the overall population is getting older.

'The best kidneys are from young adults under age 35 years. Nobody over the age of 50 will ever see one of those,' said Lainie Friedman Ross, a University of Chicago bioethicist and physician. 'There are a lot of people in their 50s and 60s who, with a properly functioning kidney, could have 20 or more years of life. We're making it harder for them to get a kidney that will function for that length of time. It's age discrimination.'

More than 110,000 Americans are listed as waiting for organs, including more than 87,000 who need kidneys. Only about 17,000 Americans get kidneys each year, and more than 4,600 die because they did not get one in time.

'It's a big shift,' said Arthur C. Caplan, a University of Pennsylvania bioethicist. 'For a long time, the whole program has been oriented toward waiting-list time. This is moving it away from a save-the-sickest strategy to trying to get a greater yield in terms of years of life saved.'

If adopted, the approach could have implications for other decisions about how to allocate scarce medical resources, such as expensive cancer drugs and ventilators during hurricanes and other emergencies, Caplan said.

'This is a fascinating canary-in-a-cave kind of debate,' he said. 'We don't want to talk about rationing much in America. It's become taboo in any health-care discussion. But kidneys reminds us there are situations where you have to talk about rationing. You have no choice. This may shine a light on these other areas.'

An evolving system

The current system, which dates to 1986, was first based largely on giving kidneys to the patients who matched the organs best, but it evolved to take a first-come, first-served approach made possible by safer, more powerful anti-rejection drugs. Today, the UNOS's Organ Procurement and Transplantation Network (OPTN) gives priority to patients seeking organs from someone who dies based mostly on who has waited the longest.

'It was just a fairness issue,' Andreoni said. 'You're next in line. It's your turn.'

The problem is that, in some cases, elderly recipients get organs from much younger donors whose kidneys could have provided far more years of healthy life to younger, heathier patients. Younger patients can receive older or less-healthy organs that wear out more quickly, forcing them back onto the transplant list in a few years.

The 30-member UNOS Kidney Transplantation Committee, which has been reviewing the system for about six years, last week quietly began circulating for public comment a 40-page document outlining possible revisions.

Under one scenario, for 80 percent of kidneys, patients 15 years older or younger than the donor would get higher priority. The remaining 20 percent of organs - those deemed to have the best chance of lasting the longest based on the age and health of the donor and other factors - would be given to recipients with the best chances of living the longest based on criteria such as their age, how long they've been on dialysis and whether they have diabetes.

M. Jill McMaster, a UNOS board member representing the public, acknowledged that the new system would put older people at a disadvantage, but she argued that it is necessary.

'I'm 60 years old, and I have a transplant. But if I were to need a second transplant, I wouldn't have a chance of getting the best organs, whereas in the past I did have a chance,' McMaster said. 'What we're asking those on the list to do is hard when you are sick, which is to look at the needs of everybody. I think it's the right thing to do.'

Although many of the details about how the new concept would be implemented still have to be worked out, McMaster said it is likely to be adopted.

Public comments invited

The public has until April 1 to comment on the idea, which would make the kidney system more similar to those used to allocate livers, hearts and lungs. The committee will take those comments into account before formally proposing the specific changes, which will be open to public comment again before going to the UNOS board of directors. The board could approve final changes by June 2012.

'I strongly endorse this,' Robert M. Veatch, a bioethicist at Georgetown University, wrote in an e-mail. 'I think it is defensible on both fairness and efficiency grounds.'

But others worry that the changes could reduce the overall number of organs available for transplants or inadvertently further shift the matches between organs and recipients by affecting living donors, who are not regulated by UNOS. Some relatives who would have donated a kidney to a young patient might now decide not to, for example, putting pressure on other relatives to donate kidneys to older family members. In addition, the changes would do nothing to address the wide variation in waiting times in different parts of the country.

'If we really want to improve things, we need to address the variation in access to transplants based on geography,' Ross said. 'This factor, more than any other, would increase the overall number of life years gained from kidney transplantation.'

Some argued that a better solution would be to give recipients the option of choosing what donor kidneys to accept.

'Some younger people may accept a donor that is higher risk and may not last as long if they could get it sooner,' said Richard Freeman, chairman of surgery at Dartmouth Medical School. 'It should be more patient-based and less driven by absolute gain in life years.'

Others questioned the formula that would be used to match patients and organs. Because the system would be more complicated, it could backfire by creating suspicions of cheating, eroding confidence and reducing organ donations.

'It works well enough the way it is, and everyone understands it, which is important to maintain the public trust,' said Benjamin Hippen, a kidney specialist at Metrolina Nephrology Associates in Charlotte."

Source:
The Washington Post
http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2011/02/23/AR2011022306875_pf.html

Amiens : Greffe combinée rein pancréas : nouvelle activité d'excellence

"Avec 3 greffes rein-pancréas réalisées avec succès depuis le 11 mai 2010, le CHU d'Amiens affirme son niveau de référence au niveau régional et interrégional en matière de greffe réno-pancréatique. Aujourd'hui, le CHU veut augmenter leur nombre en s'appuyant sur les équipes hautement spécialisées impliquées : celles du Professeur Jacques Petit, Chef du service d'urologie et transplantation et auteur de la première greffe rénale amiénoise en 1989, du Professeur Gabriel Choukroun, chef du service de néphrologie, dialyse, réanimation et transplantation et du Pr Hervé Dupont, chef du service d'anesthésie-réanimation, notamment.

Déjà 1 000 greffes de rein au CHU d'Amiens !

L'expertise de ces professionnels hospitalo-universitaires et la coordination interétablissements qu'ils animent font du CHU d'Amiens le référent de l'interrégion Nord Ouest pour l'activité d'excellence qu'est la greffe réno-pancréatique. Une reconnaissance inscrite au Schéma Interrégional d'Organisation Sanitaire (SIOS) 2008-2012 des régions Nord, Pas-de-Calais, Picardie, Haute et Basse Normandie, en accord avec l'Agence de Biomédecine et les Agences Régionales de Santé.

Le réseau régional de Picardie

Dans le cadre du réseau régional de prélévements d'organes et de tissus de Picardie, une coordination rigoureuse améliore en continu l'activité de prélèvements assurée par tous les hôpitaux autorisés de la région et de l'interrégion, 19 établissements sont actuellement membres de ce réseau. Pour les trois greffes rein-pancréas, les greffons ont été prélevés dans des hôpitaux de l'interrégion Nord Est.

La greffe combinée rein pancréas est considérée comme le meilleur traitement de l'insuffisance rénale chronique terminale chez les patients diabétiques de type 1. Elle permet à ces patients en insuffisance rénale chronique d'échapper à la dialyse chronique et au traitement par insuline et de réduire le risque de complications médicales liées au diabète.

Le point sur l'Activité de Transplantation au CHU d'Amiens Picardie

Greffe rénale :

- 1ère greffe le 5 avril 1989
- 1000ème greffe le 2 août 2010
Greffe rein-pancréas :
- 1ère greffe le 11 mai 2010
- 2ème greffe le 10 octobre 2010
- 3ème greffe le 7 décembre 2010

Allogreffe partielle de la face :

- 1ère greffe le 27 novembre 2005
- 2ème greffe le 27 novembre 2009.

La greffe rein-pancréas, meilleure alternative à la dialyse à vie pour les jeunes patients diabétique de type 1

Depuis 1976, année de la première greffe pancréatique réalisée en France, un total de 1 632 greffes pancréatiques a été enregistré. 69 greffes rein-pancréas ont été réalisées en France en 2009 contre 86 en 2004. Quant au nombre de patients inscrits en attente d'une greffe pancréatique au 1er janvier de l'année, il s'est stabilisé à environ 150.

Les critères nationaux de priorité définis pour les receveurs d'une greffe rein-pancréas sont les suivants :
- âge inférieur à 48 ans
- première greffe de pancréas
- absence d'immunité
- inscription sur les listes d'attente de rein et de pancréas.

En 2009, cette catégorie prioritaire représentait 49,1% de l'ensemble des candidats et 69,7% des malades greffés dans l'année. L'âge moyen de l'ensemble des 69 malades greffés était de 39,6 ans. La mise en place de ces critères de priorité a permis de faciliter l'accès à la greffe combinée rein-pancréas pour des jeunes patients diabétiques en insuffisance rénale, chez qui l'intérêt de la réalisation de la greffe combinée à un stade précoce a largement été rapporté dans la littérature scientifique.

La transplantation, un travail d'équipe qui implique :

- La Coordination du prélèvement est indispensable pour assurer la logistique du prélèvement à Amiens mais aussi dans tous les hôpitaux de la région, voire de l'interrégion, autorisés à prélever.

- Le service d'Urologie a un rôle fondamental. Les urologues font les prélèvements à Amiens mais aussi dans toute la région. La transplantation doit toujours être effectuée le plus rapidement possible pour améliorer les résultats en diminuant le délai entre le prélèvement et la greffe. Il faut donc en permanence adapter l'organisation du bloc opératoire à cette chirurgie urgente et délicate. Ensuite, ils participent au suivi et à la prise en charge des complications chirurgicales si elles surviennent. Tous les urologues participent à l'activité de prélèvement à la greffe et à la prise en charge des complications dans le cadre d'une astreinte 24h/24.

- Le service de Néphrologie a la charge d'évaluer sur le plan médical les patients en attente de greffe. Les néphrologues suivent ces patients bien souvent dès les stades précoces de l'insuffisance rénale chronique jusqu'à la préparation à la dialyse. Ils prennent en charge les patients dès le retour de bloc après la transplantation pour l'hospitalisation initiale en soins intensifs et les hospitalisations ultérieures éventuelles en collaboration si nécessaire avec les urologues. Les néphrologues doivent adapter le traitement immunosuppresseur qui permet d'éviter le rejet du greffon et assurer la prévention, le dépistage et le traitement des complications en particulier infectieuses. Ce suivi est assuré en consultation mais aussi en hôpital de jour. Tous les néphrologues sont impliqués dans la prise en charge des patients greffés dans les différentes unités du service (soins intensifs, réanimation, néphrologie clinique, hôpital de jour et consultation). Cette activité est en augmentation régulière en raison de l'augmentation constante du nombre de transplantations. Une astreinte 24h/24 est effective pour les patients, les correspondants médicaux et pour répondre aux propositions d'organes.

- Le service d'Anesthésie réanimation prend en charge la gestion médicale du prélèvement et l'anesthésie pour les transplantations. Là aussi, tous les médecins participent à cette activité dans le cadre d'une garde sur place.

Des laboratoires indispensables :

- L'unité d'histocompatibilité en hématologie qui réalise les crossmatch (tests de compatibilité avant la greffe) et les recherches d'anticorps chez les receveurs avec des techniques de plus en plus sophistiquées qu'il faut en permanence mettre au point.

- Le laboratoire de pharmacologie est indispensable pour le dosage de tous les médicaments anti rejet. Ceci permet d'adapter la posologie du traitement.

- Le laboratoire de virologie qui travaille en urgence pour les prélèvement mais doit aussi en permanence développer des techniques de plus en plus sensibles de détection des virus après la transplantation car les complications virales sont extrêmement fréquentes après la greffe.

- Le laboratoire d'anatomopathologie avec un médecin qui s'est spécialisé en pathologie rénale et en pathologie du rein greffé, très spécifique.

- Le laboratoire de parasitologie et celui de bactériologie sont également indispensables pour la prise en charge des greffés qui sont immunodéprimés.

- Le laboratoire d'explorations fonctionnelles vasculaires s'est également spécialisé dans le doppler des greffons et ses médecins sont régulièrement amenés à effectuer des dopplers en urgence.

- Le service de radiologie doit en permanence être disponible pour l'imagerie des greffons et des complications infectieuses. Il participe également à la prise en charge avec la radiologie interventionnelle pour les sténoses des artères du greffon.

Enfin tous les services de l'hôpital sont impliqués dans la prise en charge des greffés. L'activité de transplantation est un travail d'équipe impliquant de nombreuses unités de l'hôpital. Elle est un moteur de développement de nouvelles techniques.

La chaîne du don à la greffe : une course contre la montre

1- L'équipe médicale veille au maintien en état de fonctionnement des organes de la personne décédée en vue d'un éventuel prélèvement

2- L'équipe de coordination cherche à connaître la volonté du défunt sur le don de ses organes. Elle consulte le registre national des refus. Si le défunt n'y est pas inscrit, elle s'entretient avec les proches.

3- Des analyses de laboratoire et des examens d'imagerie sont effectués pour évaluer la qualité des greffons et trouver le receveur ayant des caractéristiques proches de la personne décédée.

4- Le prélèvement des organes se déroule au bloc opératoire. Technicité, rapidité et précision : la qualité des greffons dépend aussi du prélèvement. Une fois l'opération effectuée, le corps est préparé et rendu à la famille. Un donneur permet de greffer 4 personnes en moyenne.

5- La répartition des organes est gérée par l'Agence de Biomédecine qui propose aux équipes médico-chirurgicales les greffons pour un ou plusieurs patients selon des règles strictes.

6- Les greffons sont placés dans des glacières puis transportés très rapidement vers les hôpitaux où auront lieu les greffes. Les moyens de transport peuvent varier : ambulances, train, avion ? Pour un rein, le délai entre le prélèvement et la greffe ne doit pas excéder 24h, pour un pancréas, 8h.

7- La préparation préalable du rein par les chirurgiens dure environ 1h30 puis 3h pour la greffe en elle-même. Pour le prélèvement, le transport et la greffe rein-pancréas, la durée opératoire totale atteint une quinzaine d'heures.

8- Après l'intervention chirurgicale, la personne greffée est hospitalisée une douzaine de jours à minima dans le service de néphrologie. Elle suivra un traitement à base de médicaments anti-rejets pour éviter le rejet de l'organe greffé."

Source : Agence de la Biomédecine

La Lettre "Réseau-CHU"
N° 560 - 22 février 2011
Pour plus d'informations contacter :

Secrétaire Générale
CHU d'Amiens, Place Victor Pauchet
80054 AMIENS CEDEX 1
Téléphone : 03 22 66 80 22
Fax : 03 22 66 80 19
email : Dupaigne.bergamote@chu-amiens.fr

En Irlande, la crise touche aussi les dons d'organes

"En 2010, l'Irlande n'a pas seulement été touchée par une crise économique sans précédent l'ayant obligée à recevoir le soutien de l'Union européenne, elle a aussi connu une crise du don d'organes. Le nombre de donneurs d'organes a chuté de façon spectaculaire. Certains grands hôpitaux universitaires n'ont pas recruté plus d'un ou deux donneurs sur douze mois, alors qu'ils fournissent le service national des greffes. Pour l'Irish Kidney Association, l'association irlandaise du rein, il est préoccupant de voir que personne n'est là pour approcher les familles des donneurs potentiels en raison d'une pénurie de personnel et de la charge de travail dans les services de soins intensifs.
Le National Organ Procurement Service, l'organisme chargé de l'approvisionnement en organes, a estimé qu'en 2010 seules 58 personnes décédées avaient été prélevées pour tous les types de greffe en Irlande, soit un tiers de moins qu'en 2009 où 90 donneurs ont été dénombrés. C'est la plus forte baisse enregistrée dans les annales de ce service et elle a entraîné un effondrement du nombre de transplantations, 92 de moins que l'année précédente.
La mauvaise performance de certains hôpitaux universitaires est un motif de préoccupation. A l'hôpital universitaire de Cork, l'un des deux centres de neurochirurgie en Irlande, où les patients avec les blessures à la tête les plus graves sont traités, une seule personne a donné ses organes, l'an dernier. En revanche, l'hôpital Beaumont de Dublin a reçu le consentement de 14 familles de donneurs, un établissement qui fait office de bon élève dans la capitale irlandaise quand on compare ses résultats à ceux d'autres grands hôpitaux de la ville. L'hôpital universitaire St Vincent a, par exemple, une moyenne de seulement 1,5 donneur par an sur plus de 12 ans. Il faut dire que l'hôpital Beaumont est le siège du National Organ Procurement Service...
Commentant ces derniers chiffres, Mark Murphy, directeur général de l'Association irlandaise du rein, a déclaré que les hôpitaux semblent avoir besoin d'aide pour inverser la tendance. 'Il y a besoin d'au moins 12 coordonnateurs supplémentaires au sein des équipes de soins intensifs à travers le pays', selon lui.
Il y a eu 51 greffes de rein en moins en 2009, soit 50 personnes de plus en dialyse en 2010, ce qui représente un coût non négligeable pour un système de santé comme celui de l'Irlande.
Pourtant, tout a été mis en place aux pays des Celtes pour favoriser le don d'organes et, malgré ces chiffres, l'Irlande a un des taux les plus élevés de dons dans le monde grâce à une législation adaptée. Mais elle ne doit pas se reposer sur ses lauriers, si l'on en croit les propos de M. Murphy. Pour son association, la politique de transplantation en Irlande doit être alignée sur celle des autres pays européens en élargissant les sources potentielles d'organes en incluant les patients décédés d'un problème cardiaque ou ayant une atteinte du tronc cérébral. On estime qu'une telle mesure serait susceptible d'augmenter immédiatement le nombre de donneurs décédés de 150 par an.
En 2009, 261 greffes d'organes ont eu lieu en République d'Irlande. En France, ce chiffre était de 4 580 sur la même période.
Dans l'Hexagone, 'un donneur permet de greffer 4 personnes, en moyenne. 32 % des prélèvements possibles sont refusés. Dans près de 4 cas sur 10, c'est parce que le défunt a déclaré son opposition au don d'organes durant sa vie. Dans les 6 autres cas, l'opposition vient de la famille. Le manque d'informations sur la volonté du défunt est l'une des principales causes de refus de la famille', selon l'Agence de la biomédecine."

[Sources : BMJ 2011;342:d982 et National Organ Procurement Service]
Écrit par Droit-medical.com

Dimanche, 13 février 2011 08:06
http://droit-medical.com/actualites/4-evolution/911-irlande-crise-touche-aussi-dons-organes

Transplantations d'organes : vers la "marchandisation"?

"La première transplantation d'organes solides chez l'humain a eu lieu aux États-Unis en 1954 : c'était une transplantation rénale entre jumeaux homozygotes. Depuis, on a aussi appris à greffer des foies, des pancréas, des coeurs. Plus récemment, des mains et même... des visages. Sans oublier des veines, des cornées et de la moelle osseuse.
Aujourd'hui, cette procédure chirurgicale, jugée exceptionnelle il n'y a pas si longtemps, fait désormais partie de la routine dans le monde médical. On fait, au bas mot, une centaine de milliers de greffes chaque année dans le monde.
Questions
Qu'est-ce que la montée en force des greffes d'organes a changé dans nos sociétés ? Dans nos représentations de la mort (puisque la très grande majorité des greffons proviennent de donneurs décédés) ? Dans nos conceptions de la solidarité (puisque certains greffons, comme le rein, proviennent parfois de donneurs vivants) ?
Après la phase expérimentale du début, la greffe d'organes est devenue un véritable service médical. Qu'est-ce que ce changement d'échelle a provoqué comme modifications dans les façons de chercher les organes, de solliciter les donneurs éventuels, de récolter les greffons (puisqu'il faut les prélever le plus vite possible après le décès du donneur) ?
Et comme il y a toujours, et même de plus en plus, pénurie d'organes, ne risque-t-on pas de voir s'instaurer une 'marchandisation' de la transplantation? Si les organes donnés ont une valeur humaine, pourquoi ne pourraient-ils pas être vendus et acquérir ainsi une valeur marchande ? Mais si cette idée répugne à l'esprit, comment rechercher plus activement des organes, tout en évitant ou interdisant leur vente et leur achat ?
Espoir, désespoir
Ces questions, le sociologue Philippe Steiner, de la Sorbonne, les pose avec beaucoup d'acuité et de profondeur dans son livre La transplantation d'organes : Un commerce nouveau entre les êtres humains, paru aux éditions Gallimard.
Certaines personnes, note-t-il, avancent qu'avec une approche mercantile du domaine, on pourrait trouver plus de greffons, diminuer les coûts de santé et sauver davantage de vies. Ces personnes préconisent donc de mettre en place un marché des organes destinés à la transplantation.
Philippe Steiner s'oppose à cette dérive. On ne peut pas faire n'importe quoi, n'importe comment, sous prétexte qu'on va aider certains malades à guérir ou à vivre plus longtemps, dit-il en substance.
Par exemple, on ne saurait accepter un commerce (un trafic?) d'organes entre donneurs pauvres et receveurs riches. On ne peut accepter que s'organise ce qu'il appelle 'une traite de transplantation', comme on a déjà eu la traite des Noirs.
Avec beaucoup d'à propos, il rappelle aussi qu'on ne peut céder aux mirages de la 'thérapeutique du désespoir', cette approche qui justifie n'importe quelle sorte de procédure médicale ou chirurgicale, même la plus incertaine ou étrange, sous prétexte qu'on n'a rien d'autre à offrir à des patients désespérés.
Cette remarque, soit dit en passant, n'est pas seulement valable pour les greffes : elle l'est tout autant pour des maladies graves contre lesquelles on n'a pas de traitement curatif."
http://virginielejeu.com/nouvelles/carnets/2011/02/04/132247.shtml?auteur=2091

Du tissu hépatique à partir de cellules de foie

"Des chercheurs de la Clinique universitaire de Hambourg-Eppendorf ont pu obtenir du tissu hépatique à partir d’une culture de cellules de foie humain cultivées dans une matrice autodégradable.
Cette matrice, faite en matériau semblable à du fil de suture chirurgicale résorbable, a permis aux hépatocytes de se former en amas tissulaires réagissant comme du tissu hépatique normal.
Jusqu’ici, les cellules étaient isolées et congelées, ce qui altérait leur état et donnait des résultats de transplantation médiocres.
Les patients atteints de maladies métaboliques hépatiques et d’insuffisance hépatique pourraient recourir à une transplantation de tissu hépatique plutôt qu’à une transplantation de foie.
Cette nouvelle technique permettrait de sauver plusieurs patients à partir d’un seul foie et ouvre de nouvelles perspectives thérapeutiques."
Bulletins-electroniques.com 27/01/11
http://www.genethique.org/revues/revues/2011/Fevrier/10_02_11.html#3

Réflexions sur la greffe cardiaque à la Réunion

http://www.cardioblog.fr/Greffes/Sommaire.html

Greffes : avancées techniques

"Le Figaro publie un dossier sur les progrès techniques notables effectués dans le domaine des greffes d'organes. En 2010, 4705 greffes d'organes ont été réalisées et plus de 14 400 personnes auraient eu besoin d'une greffe. Le Dr. Alain Atinault, directeur de la direction opérationnelle du prélèvement et de la greffe à l'Agence de la biomédecine, explique que le 'don d'organes n'est possible que dans les cas de décès bien particuliers, car il ne faut pas que les organes aient souffert'. Ainsi, le prélèvement est souvent effectué sur des défunts en état de mort encéphalique mais ils constituent moins de 1% des décès à l'hôpital. Des alternatives se développent comme le prélèvement sur des donneurs décédés après arrêt cardiaque (Cf. Synthèse de presse du 24/03/10) ou à partir de donneurs vivants. Pour ceux qui ne veulent pas donner leurs organes après leur mort, un registre national de refus existe. Il arrive que les proches d'un défunt refuse tout prélèvement faute de connaître la volonté de ce dernier ou par ignorance de la façon dont se déroule le prélèvement.
Aujourd'hui, tout est mis en oeuvre pour optimiser le recueil des précieux greffons. Plusieurs pistes sont évoquées. D'abord, celle de prélever tous les organes sur un donneur, et pas uniquement son rein et son foie. Le Dr. Atinault précise que 'l'âge du donneur n'est pas un frein' contrairement aux idées reçues. 'C'est vraiment l'état des organes qui compte'. Une deuxième piste consiste dans une meilleure préservation des greffons prélevés. Le Dr. Corinne Antoine, spécialisé dans la greffe de reins à l'hôpital Saint-Louis, explique qu' 'à la mort d'un donneur, ses organes subissent de nombreuses altérations [...] Or le transport classique - à 4°C dans un liquide de conservation - augmente les risques de séquelles'. Toutefois des 'machines capables de maintenir l'organe dans des conditions aussi physiologiques que possible sont actuellement en cours d'évaluation' : elles permettent de s'assurer que les organes sont bien fonctionnels. Dans les années qui viennent, ces machines pourraient éventuellement traiter certaines altérations d'un organe qui ne pourrait être greffé tel quel. Une troisième piste est de préserver au maximum le greffon pendant et après l'intervention chirurgicale. La greffe pulmonaire a par exemple 'largement bénéficié de l'oxygénation extracorporelle (ECMO), ces dernières années. Contrairement à la circulation extracorporelle (CEC) [...] cette technique de suppléance des fonctions pulmonaires est beaucoup mieux tolérée. Utilisée pendant et après l'intervention, l'ECMO permet au nouveau poumon greffé de récupérer plus vite et cela se traduit concrètement par un meilleur taux de survie à un an' indique le Dr. Stern. La dernière piste consiste à trouver de nouveaux immunosuppresseurs moins toxiques pour les patients greffés. Les traitements visant à empêcher le rejet de l'organe greffé sont toxiques pour les reins en plus d'augmenter 'les risques d'infections et de cancers, car ils agissent sur l'ensemble du système immunitaire et pas seulement sur les cellules qui reconnaissent le greffon comme un corps étranger'. Des progrès sont déjà là et dans les années à venir des avancées permettront de cibler mieux l'action des immunosuppresseurs."
Le Figaro (Dr. Szapiro-Manoukian) 07/02/11
http://www.genethique.org/revues/revues/2011/Fevrier/07_02_11.html#2

Un docu-fiction sur la greffe cardiaque

Une histoire de solidarité France 2 diffuse le 8 février « Un cœur qui bat », le premier documentaire-fiction sur l’histoire de la greffe cardiaque à travers celle de Maud, la transplantée, et de Julien, le donneur.
Le Quotidien du Médecin du 07/02/2011