Merci de ne PAS poster de messages concernant la vente d'un organe et comportant des coordonnées téléphoniques, e-mail, etc. La loi française interdit la vente d'organes.

France : les dispositions réglementaires sur la recherche sur l'embryon

"Dans l'attente de l'ouverture du moratoire de cinq ans sur la recherche sur l'embryon, le dispositif transitoire prévu par l'article 37 de la loi a été mis en place dès septembre 2004 avec la publication du décret n° 2004-1024 du 28 septembre 2004 relatif à l'importation à des fins de recherche de cellules souches embryonnaires, aux protocoles d'étude et de recherche et à la conservation de ces cellules.

Il s'agissait notamment de permettre aux chercheurs français de postuler à l'appel d'offres européen prévu pour le financement de ces recherches, dont la clôture était fixée à l'automne 2004.

Le décret a lui-même été complété par trois arrêtés :

- l'arrêté du 28 septembre 2004 fixant le modèle de dossier de demande des autorisations mentionnées à l'article 5 du décret n° 2004-1024 du 28 septembre 2004 précité ;

- l'arrêté du 28 octobre 2004 portant nomination au comité ad hoc créé par l'article 37 de la loi n° 2004-800 du 6 août 2004 relative à la bioéthique ;

- l'arrêté du 22 mars 2005 portant autorisation d'importation de cellules souches embryonnaires humaines à des fins scientifiques en application des dispositions de l'article 37 de la loi n° 2004-800 du 6 août 2004 relative à la bioéthique.

Ce dispositif transitoire a ainsi été accordé à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) par trois arrêtés du 16 février 2005, ce qui lui a permis de commencer ses recherches grâce à l'importation de lignées de cellules embryonnaires étrangères.

Dans le cadre de ce système transitoire, l'agence a déjà traité quarante-cinq dossiers d'autorisation, dont dix-sept concernent des implantations de cellules souches, dix la conservation de cellules et dix-huit l'importation de cellules souches embryonnaires. Dix-huit protocoles de recherches ont été autorisés grâce aux lignées de cellules fournies par six pays étrangers. Cinq de ces lignées concernaient des cellules malades issues de DPI.

Selon l'agence, 80 pour cent des cellules souches embryonnaires importées par la France proviennent des Etats-Unis et d'Israël. Pour le reste, il a été fait appel à la Grande-Bretagne, à l'Australie, à la Belgique et à la Suède. Le coût de l'importation d'une lignée de cellules souches embryonnaires serait d'environ 2.000 à 3.000 euros, soit un coût qui correspond strictement à celui des procédures et n'engendre pas de bénéfice pour les vendeurs.

Ce système temporaire a pris fin avec la parution du très attendu décret en Conseil d'Etat n° 2006-121 du 6 février 2006 relatif à la recherche sur l'embryon et les cellules souches embryonnaires et modifiant le code de la santé publique. Ce décret autorise la recherche sur des lignées de cellules françaises et en fixe les conditions d'autorisation et de mise en oeuvre."

Source :
www.senat.fr

Retard dans l'application de la loi de bioéthique de 2004


"La commission des affaires sociales du Sénat vient de publier un rapport sur l'état d'application de la loi de bioéthique du 6 août 2004. Sur les 40 articles qui constituent la loi, 24 ne nécessitaient pas de texte réglementaire. Ils sont donc entrés en application directement. Par ailleurs, la loi comprenait des articles dont l'effectivité était différée sans impliquer pour autant la publication de textes réglementaires. En revanche, pour les autres dispositions, la loi requérait la publication de 44 textes réglementaires, de 24 décrets et de 20 arrêtés. Sur ce nombre, seuls 13 décrets ont été publiés. La majorité des décrets encore en attente devait être publiée d'ici la fin du 1er semestre.

Pour les chercheurs, la recherche française aurait pâti de l'application tardive des lois de 1994 et de 2004.

Le rapport précise que la deuxième révision des lois de bioéthique ne pourra pas intervenir en 2009 comme prévu, car il est nécessaire de disposer pour cela des résultats des recherches menées sur les cellules souches embryonnaires.

A ce retard s'ajoute le manque de moyens humains, les difficultés financières et la lourdeur des démarches administratives qui, selon le rapport, constitue un frein à l'efficacité de la recherche.

Les principaux dossiers qui pèseront pour la rédaction de la prochaine loi de bioéthique seront : le clonage, l'embryologie et la procréation. Le rapporteur de la commission a déclaré qu'il souhaitait que cette prochaine loi 'autorise officiellement, en continuant à les encadrer comme elles le sont aujourd'hui, les recherches sur les cellules souches embryonnaires'. Cette autorisation devrait 's'accompagner d'une définition plus précise de l'embryon [...] mais aussi de l'inscription dans le code civil de la notion de préembryon', a-t-il ajouté.

Enfin, la prochaine loi de bioéthique devrait aborder les questions de l'implantation post-mortem d'embryons, de l'incitation au don d'organes et du développement des greffes."

© genethique.org

"Chaque article présenté dans Gènéthique est une synthèse des articles de bioéthique parus dans la presse (...). Les opinions exprimées ne sont pas toujours cautionnées par la rédaction."
Le Quotidien du Médecin (Audrey Bussière)

Correction de la maladie rénale chez la souris

"Syndrome d'Alport : espoir d'un nouveau traitement par greffe"


"Une équipe de chercheurs de Boston publie ses recherches sur le traitement du syndrome d'Alport dans la revue scientifique Proceedings of the National Academy of Sciences.

Le syndrôme d'Alport associe une maladie rénale héréditaire, une atteinte auditive et parfois des lésions oculaires. Aujourd'hui, le seul traitement possible est une dialyse suivie par une transplantation rénale.

Les chercheurs ont montré que sur la souris, une greffe de cellules souches de la moelle osseuse permet de corriger l'insuffisance rénale et d'améliorer l'état histologique."

Source :
© Genéthique.org

La greffe de moelle, un espoir contre le syndrome d’Alport


"Le syndrome d’Alport est une maladie liée à une altération héréditaire de la membrane basale glomérulaire. Le seul traitement disponible, c’est la transplantation rénale, précédée par la dialyse. Une équipe de Boston montre chez l’animal qu’une greffe de cellules souches hématopoïétiques permet de corriger l’insuffisance rénale et d’améliorer l’état histologique.

LA DEMONSTRATION est réalisée sur un modèle animal du syndrome d’Alport. Elle représente un espoir pour une maladie grave, qui conduit inéluctablement à l’insuffisance rénale et pour laquelle on ne connaît pas d’autre traitement que la greffe rénale. Ce travail apporte la première démonstration que des cellules progénitrices hématopoïétiques peuvent réparer des défauts de la membrane basale extracellulaire."

"Le syndrome d’Alport est une maladie héréditaire touchant le collagène de type IV, qui est l’un des composants essentiels qui structurent toutes les membranes basales et, parmi celles-ci, la membrane basale glomérulaire (MBG), chez les vertébrés, comme chez les invertébrés. La MBG est une forme spécialisée de membrane basale, qui doit filtrer de 70 à 90 litres de plasma quotidiennement. La MBG, interposée entre les couches cellulaires endothéliales et épithéliales du mur capillaire glomérulaire, est la principale composante du filtre glomérulaire.

Le collagène de type IV comporte six chaînes distinctes (d’alpha 1 à alpha 6), codées par les six gènes COL4A1 à COL4A6. Ces chaînes alpha s’assemblent en hélices triples qui forment un réseau en trois dimensions, donnant une structure de support aux autres macromolécules des membranes basales.

Altération progressive des membranes basales glomérulaires. Le syndrome est dû à une mutation au niveau des gènes COL4A3, COL4A4, COL4A5 (codant les chaînes alpha 3 à 5 du collagène de type IV), responsable d’une altération progressive des MBG. Il existe plusieurs formes génétiques de ce syndrome : lié à l’X, autosomal récessif ou dominant. Mais toutes se manifestent selon un schéma identique. La présentation typique est la survenue chez un jeune adulte d’hématuries macroscopiques associées à une protéinurie. Il s’ensuit une perte progressive de la filtration glomérulaire, qui aboutit à la phase finale à une insuffisance rénale terminale, qui se développe au cours de la deuxième ou de la troisième décennie de la vie. Les patients développent très fréquemment une surdité par déficit neurosensoriel et un lenticône antérieur.

A l’examen anatomo-pathologique, on s’aperçoit que le syndrome d’Alport se caractérise par la disparition des trois triples hélices que forment les chaînes du collagène de type IV. Le réseau n’est pas assemblé. Or 'il est essentiel pour la fonction tissulaire, car il donne un support structurel et sert de ligands aux récepteurs cellulaires, y compris ceux qui sont impliqués dans la prolifération des cellules endothéliales et dans la régulation de l’angiogenèse'.

Il suffit de l’altération d’un seul des composants polypeptidiques inclus dans les chaînes alpha pour que l’assemblage normal des trois chaînes ne puisse se former au niveau des MBG.

Pour trouver un traitement au syndrome d’Alport, les chercheurs disposent d’un modèle animal, la souris déficiente en COL4A3, qui subit les mêmes troubles du fonctionnement rénal que les humains.

Transformation en podocytes et cellules mésangiales. Hikaru Sugimoto et coll. (Harvard, Boston) démontrent chez des souris COL4A3-/- irradiées qu’une transplantation de moelle osseuse allogénique de souris saines permet de corriger l’insuffisance rénale.

Les cellules souches de la moelle osseuse sont recrutées et migrent vers la MBG endommagée, où elles se transforment en podocytes (cellules épithéliales) et en cellules mésangiales (capillaires) à l’intérieur du glomérule atteint. Il existe une amélioration de l’aspect histologique. Et on assiste à une restauration partielle du collagène de type IV, avec une expression des chaînes alpha 3 à partir des podocytes, suivie pars une expression des chaînes alpha 4 et alpha 5. L’architecture du glomérule s’améliore et s’associe à une réduction significative de la protéinurie. 'A notre connaissance, cette étude rapporte la première démonstration de l’aptitude des progéniteurs hématopoïétiques à réparer des défauts structurels d’une membrane basale', soulignent les auteurs."

Source :
© Le Quotidien du Médecin
Article du Docteur BÉATRICE VUAILLE

Reportage du "Monde" : au coeur du trafic d'organes en Chine

"La publicité en ligne sur le site du Centre international d'assistance à la transplantation de la ville de Shenyang, dans le Nord-Est chinois, affiche sans complexe la couleur : 'Donneurs d'organes disponibles immédiatement ! Contactez-nous avant de tomber très malade ! Un conseil : sachez qu'en décembre et en janvier, c'est la bonne saison, quand le nombre de donneurs est le plus élevé ; cela vous permettra d'attendre le minimum de temps avant de vous faire greffer un organe'."

"Le centre, un organisme privé qui n'est pas illégal au regard des lois du pays, est cependant une officine à l'activité commerciale pour le moins douteuse, sur le plan moral tout au moins : ici, on joue les intermédiaires entre 'donneurs' d'organes chinois et 'receveurs' étrangers. On vous vend du rein, du foie, de la cornée, du pancréas comme n'importe quel bien de consommation... Le site propose ses services non seulement en chinois, mais en russe, en japonais, en coréen et en anglais. Précision : les organes fraîchement 'récoltés' proviennent à plus de 80 pour cent des cadavres des condamnés à mort exécutés.

La publicité de ce centre doit être décodée de la façon suivante : 'organes disponibles immédiatement' signifie que l'utilisation des organes des condamnés à mort permet d'avoir toutes chances de trouver rapidement un donneur dont la compatibilité s'accorde avec le receveur. 'Décembre et janvier, c'est la bonne saison' est une référence pudique au fait que le nombre d'exécutions est traditionnellement plus élevé durant les semaines précédant le Nouvel An chinois. Une tradition immémoriale veut en effet qu'en Chine on n'exécute pas les gens après le début du printemps, symbole du renouveau.

Si l'on voulait pousser les choses à l'extrême, comme l'a rapporté récemment un magazine hongkongais du groupe Phoenix Television, on peut imaginer qu'un étranger fortuné et utilisant les services d'intermédiaires peu scrupuleux des règles de déontologie les plus élémentaires au regard des normes internationales puisse acheter son organe quasiment 'sur pied' en Chine.

Serait-il donc possible de 'commander' un rein, un foie, avant même l'exécution du condamné ? Le reportage de ce mensuel semble répondre par l'affirmative : un journaliste chinois qui s'est fait passer pour un membre de la famille d'un patient en attente de greffe de rein dans un hôpital de Zhengzhou, chef-lieu de la province centrale du Henan, s'est entendu dire par un certain docteur Shi : 'Venez vite si vous voulez une transplantation rapide, on a pas mal de donneurs disponibles cette semaine...'

La procédure utilisée avant la greffe est toujours la même : une ambulance se rend sur les lieux de l'exécution et prélève les organes désirés avant de foncer vers l'hôpital où le client attend l'opération. Cela laisserait donc supposer que les analyses de compatibilité, en terme de groupe sanguin, ont été effectuées avant l'exécution.

Ledit Centre international d'assistance à la transplantation de Shenyang présente bien. Situé au 17e étage d'une tour ultramoderne de cet ancien centre sidérurgique de l'époque maoïste - désormais en plein boom économique -, il n'est que la branche d'une entreprise de consultants créée par des Japonais. Là, dans un lumineux bureau, nous rencontrons un homme d'affaires dont le fructueux business semble avoir dépassé les espérances. Il confie sous le sceau de l'anonymat : 'Mon pauvre monsieur, il y a tellement de Japonais qui viennent se faire greffer des organes en Chine que nous n'arrivons pas à suivre le rythme ! Surtout ne faites pas venir de Français ici !' Sur le site du centre, on affiche sans vergogne les prix : 62 000 dollars pour un rein, une centaine de milliers pour un foie, un pancréas entre 150 000 et 170 000, un coeur 160 000, une cornée 30 000 (1 dollar vaut 0,81 euro). Voyage non compris... Selon notre interlocuteur, une centaine de Japonais sont venus se faire greffer un rein dans les hôpitaux de Shenyang et de Shanghaï 'ces dernières années'.

Le quotidien Asahi Shimbun, de Tokyo, avançait récemment un chiffre de 350 personnes. Il y aurait aussi des Coréens, des Ukrainiens, des Israéliens. Plus tard, toujours à Shenyang, un intermédiaire nippon, qui a également refusé que son nom soit cité, nous a glissé : 'Ce business profite à tout le monde, à l'hôpital, à des fonctionnaires locaux ; tout le monde se fait de l'argent sur le dos des patients étrangers'.

Selon des experts médicaux étrangers, les prix des transplantations sont ici bien plus élevés qu'ailleurs. 'La situation actuelle en Chine exploite un vide juridique et permet à tout un tas d'individus et d'institutions de s'en mettre plein les poches', affirme l'un d'eux, qui requiert l'anonymat.

A la fin février, une dépêche de l'agence de presse japonaise Jiji a embarrassé les autorités chinoises, cette fois sur un plan strictement médical : sept patients nippons âgés de 30 à 50 ans qui étaient venus se faire greffer un rein en Chine sont morts dans des hôpitaux de Shenyang, de Shanghaï et de Changsha (chef-lieu de la province du Hunan), peu de temps après leur opération, entre 2004 et le début 2006. Côté japonais, alors que les relations entre Tokyo et Pékin traversent une crise diplomatique aiguë, une enquête a été ouverte pour tenter de déterminer dans quelles conditions ces opérations avaient eu lieu. Plus tard, d'autres informations ont fait état de la mort rapide de Malaisiens après de semblables transplantations d'organes.

Un porte-parole du ministère des affaires étrangères chinois, visiblement décidé à adopter un profil très bas après toutes ces révélations, s'est contenté de réagir aux informations de la presse japonaise, soutenant que 'les greffes d'organes doivent être réalisées en conformité avec la loi et (...) compte tenu que la priorité est de sauver des vies...'

Une vingtaine de milliers de greffes sont effectuées chaque année en Chine et deux millions de receveurs potentiels sont actuellement en attente d'un organe dans tout le pays. Mais la République populaire est également la destination principale en Asie pour les étrangers désireux de se faire greffer un rein ou un foie, voire un coeur - mais c'est rare - dans des cliniques plus ou moins habilitées à le faire.

Le 'business' de la greffe constitue ainsi un motif d'embarras croissant pour les autorités. A Shenyang, nous sommes allés dans l'un des principaux hôpitaux de la ville, un 'CHU' local dont l'une des ailes, ultramoderne, abrite les salles de transplantations d'organes. Là, un médecin en tenue verte de chirurgien nous a renvoyés à ses supérieurs qui se sont presque enfuis en courant, à notre approche.

Un médecin battait des mains pour signifier que personne n'était disponible pour répondre aux questions et que, de toute façon, l'hôpital n'acceptait pas de clients étrangers... Ce qui est faux, puisque le Centre d'assistance internationale à la transplantation recommande ce même hôpital sur son site !

De plus, fin mars, un correspondant au Japon du quotidien britannique The Independent citait un patient japonais, Kenichiro Hokamura, expliquant comment il avait reçu le rein 'd'un jeune condamné chinois' après avoir négocié pour une somme de 74 000 dollars une greffe, par le biais de ce même centre. Il n'est guère étonnant que, depuis, les médecins aient reçu l'ordre, comme l'a fait savoir le mois dernier une dépêche de l'Agence France presse, de ne pas parler aux journalistes...

La Chine est également le lieu d'un important trafic. Certains démunis n'hésitent pas ici, comme dans d'autres pays émergents tels l'Inde et le Pakistan, à vendre l'un de leurs reins. Il suffit de se rendre dans les toilettes pour hommes de l'hôpital de Chaoyang, à Pékin, pour s'en faire une idée : plusieurs annonces écrites au stylo bille sont collées sur les murs. Sont inscrits plusieurs numéros de téléphone et la mention : 'Donation de rein, groupe sanguin A et B !'

Nous avons appelé deux de ces numéros en nous faisant passer pour d'éventuels acheteurs. Notre premier interlocuteur, un certain M. Yuan, 36 ans, originaire de la région autonome du Ningxia, a proposé de vendre un rein pour une somme équivalente à 10 000 euros, nous conseillant de 'prendre contact avec la police ou des médecins' afin de trouver une place dans une clinique ! En clair, il s'agit de graisser la patte aux responsables.

Un autre interlocuteur, M. Yang, lui aussi âgé de 36 ans et originaire de la province de Shanxi, a proposé un prix de 15 000 euros. Il a expliqué : 'J'en suis réduit à vendre l'un de mes organes parce que mon usine a fait faillite et que je suis très endetté. Un ami m'a conseillé de venir à Pékin pour essayer de trouver quelqu'un qui a besoin d'une greffe.' Légalement, seul un donneur apparenté au patient peut fournir un rein. Pour M. Yang, il est cependant facile de contourner la législation en se faisant faire une fausse attestation par quelqu'un du comité de quartier d'un village ou d'une petite ville. 'A l'hôpital, a-t-il précisé, les médecins ne vérifient pas la pièce d'identité du patient et du donneur...'

Malgré tout, côté gouvernemental, les choses sont en train de bouger. Depuis un long moment, une réflexion était en cours au plus haut niveau afin d'ébaucher un cadre législatif sur les transplantations. Le 28 mars, le ministère de la santé a annoncé qu'à partir du 1er juillet un 'règlement temporaire' allait être appliqué, interdisant le commerce et le trafic d'organes. Les hôpitaux n'auront par ailleurs pas le droit d'utiliser un organe sans le consentement des donneurs et les établissements habilités devront répondre à des critères précis d'éthique et de savoir-faire.

Cette réglementation, qui représente sur le papier un indéniable progrès, a entre autres pour but - mais sans le dire explicitement - de réglementer l'utilisation des organes des condamnés à mort exécutés. Sur ce point, les Chinois ont du chemin à faire.

Depuis 1984, l'article 3 d'une autre 'réglementation temporaire concernant l'utilisation des cadavres des prisonniers exécutés' indiquait déjà que les organes de ces derniers ne pouvaient être récoltés que sous trois conditions : soit parce que le condamné l'acceptait, soit parce que la famille refusait d'enterrer ce dernier, soit parce qu'aucun proche n'était venu réclamer son corps.

En réalité, comme l'a indiqué un rapport du département d'Etat américain datant de 2001, 'de nombreuses informations qu'il a été jusque-là impossible de confirmer de manière indépendante font état de prélèvements d'organes sur des prisonniers encore vivants et des exécutions planifiées afin de répondre à des demandes spécifiques d'organes...'

La dernière affirmation en date à ce sujet émane d'un médecin anglais, responsable du comité d'éthique de la Société de transplantation britannique, le professeur Stephen Wigmore, qui a affirmé mercredi 19 avril à la BBC : 'En Chine, des prisonniers sont sélectionnés avant leur exécution ; les preuves se sont accumulées ces derniers mois au point que ces réalités ne font pas de doute...'

Pendant longtemps, la question de l'utilisation des cadavres des condamnés est restée un sujet tabou en Chine. Jusqu'à ce que, lors d'une conférence organisée récemment à Manille, le vice-ministre chinois de la santé Huang Jiefu, lui-même chirurgien spécialiste de la greffe du rein, annonce que '95 pour cent des organes transplantés en Chine proviennent de condamnés exécutés'. L'affirmation ne semble pas avoir été répercutée à d'autres niveaux du gouvernement puisque, fin mars, le porte-parole du ministère des affaires étrangères, Qin Gang, avait tranquillement déclaré que l'on avait recours à ces pratiques 'dans très peu de cas'... 'C'est un mensonge, ajoutait-il, de dire que l'on prélève les organes de condamnés à mort sans leur consentement.'

'La nouvelle réglementation indique que la Chine est sur la bonne voie, affirme, depuis Genève, le docteur français Luc Noël, attaché à l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et organisateur de la conférence de Manille ; les Chinois sont confrontés à une situation laissée à l'abandon. Ils entendent restaurer un réel contrôle de la greffe d'organes par les autorités sanitaires et veulent arriver à des pratiques plus acceptables.'

Reste à savoir si et comment cette réglementation sera appliquée, la Chine étant un pays où, entre la législation et les pratiques, il y a loin de la coupe aux lèvres. Les cours de justice du régime pékinois faisant exécuter chaque année sans doute une dizaine de milliers de condamnés, il y a de grandes chances que le juteux business des greffes d'organes ait encore de beaux jours devant lui. Surtout dans des provinces où la parole de Pékin ne fait pas toujours la loi".

Source :
© Le Monde - Reportage
SHENYANG ENVOYÉ SPÉCIAL : "Au coeur du trafic d'organes en Chine"
Article de Bruno Philip

Belgique : organes : 50.000 donneurs

Gros succès de l'opération de sensibilisation lancée en juin 2005


BRUXELLES - "Ils étaient 34.000 voici dix mois, ils sont aujourd'hui - statistiques arrêtées cette semaine - 50.000 à avoir marqué leur accord formel pour devenir donneur d'organes. Soit une augmentation de 50 pour cent. Indéniablement, la campagne de sensibilisation, initiée en juin 2005 à l'initiative du ministre de la Santé publique, Rudy Demotte, rencontre un réel succès.

Toujours selon les chiffres communiqués par l'administration, le nombre de personnes qui ont exprimé un refus de don n'a progressé que de 1 pour cent, passant de 190.000 à 192.000. Un nombre important, c'est sûr, mais qui doit toutefois être relativisé. Il est en effet plus évident de marquer son opposition au don que de l'accepter; d'autant que la loi repose sur le principe du qui ne dit mot consent.

Rappelons que l'acceptation - ou le refus - doit être exprimée par le biais d'un formulaire à déposer au service population de sa commune, qui le transmettra au Registre national. Ce document, ainsi que toutes les informations nécessaires, est disponible sur le site www.beldonor.be. Par ailleurs, la campagne de sensibilisation va être renforcée, avec la diffusion d'un spot radio et une communication plus ciblée vers les médecins. Les discussions se poursuivent entre le fédéral et les Communautés, afin d'organiser, dans les écoles, des séances de sensibilisation à cette problématique.

Selon les derniers chiffres disponibles, 237 donneurs ont été prélevés en 2005 (779 organes au total). Un nombre stable, alors que les listes d'attente, elles, s'allongent. En 1999, 771 patients étaient en attente d'une greffe rénale, pour 966 en 2005. Pour le foie, on est passés de 78 à 249 patients."

Source :
www.DHNet.be
Coyright La Dernière Heure 2006

Le Prograf autorisé chez les transplantés cardiaques dans toute l'Europe

"L'utilisation prophylactique du Prograf à présent autorisée chez les transplantés cardiaques dans toute l'Europe."

TOKYO et LONDRES, /PRNewswire/ -- "Astellas Pharma Inc. (<< Astellas >>; Siège social: Tokyo ; Président et P.D.G. : Toichi Takenaka) a annoncé aujourd'hui que la Commission Européenne a approuvé l'immunosuppresseur Prograf(R) (nom générique: tacrolimus) pour la prophylaxie des rejets de greffes chez les transplantés cardiaques dans tous les pays de l'UE(x). Cette homologation fait suite à la décision de la Commission Européenne d'harmoniser dans tous les États membres le tableau récapitulatif des caractéristiques de produits (SPC) concernant le Prograf(R). L'immunosuppresseur inhibiteur de la calcineurine Prograf(R) est déjà approuvé popur la prophylaxie des rejets de greffes chez les transplantés rénaux et hépatiques dans l'Union Européenne".

"Découvert et développé par Astellas, le Prograf(R) est commercialisé dans plus de 70 pays comme immunosuppresseur indiqué pour les transplantations d'organes. Puisque les tableaux SPC du Prograf variaient d'un pays européen à l'autre, Astellas a commencé à harmoniser ces tableaux dans tous les États membres de l'UE. Le Comité des spécialités pharmaceutiques à usage humain (CHMP), l'organisme de l'agence européenne des médicaments (EMEA) chargé de l'évaluation scientifique des médicaments, a émis, après une procédure d'évaluation du Prograf(R), une recommandation visant à harmoniser les tableaux SPC dans tous les États membres de l'UE en janvier 2006. L'approbation officielle de la Commission Européenne date du 19 avril.

Pour les transplantés cardiaques, ce progrès significatif en matière de transplantation d'organes est une bonne nouvelle. Avec une efficacité démontrée et des avantages en termes d'innocuité, avec aussi d'excellents taux de survie des patients et des greffes(1,2) le Prograf(R) est un pas en avant vers une amélioration des résultats à long terme pour les patients.

Cette indication élargie repose sur les résultats publiés en Europe et aux États-Unis de deux importantes études cliniques impliquant un total de 657 patients(1,2).

Concernant le Prograf(R)

- Commercialisé en Amérique du Nord, en Europe, au Japopn et en Asie, le Prograf(R) est disponible dans plus de 70 pays.

- Reconnu dans le monde entier comme l'étalon or de la prévention des rejets de greffes chez des transplantés rénaux ou hépatiques, le Prograf(R) constitue la pierre d'angle des thérapies d'immunosuppression. Des études fondamentales menées en collaboration avec de nombreux centres internationaux de transplantation ont permis de déterminer que le Prograf(R) est un produit hautement efficace présentant d'importants avantages d'innocuité.

Concernant Astellas

Astellas Pharma Europe Limited est une filiale d'Astellas Pharma Inc., basée à Tokyo. L'objectif du groupe pharmaceutique Astellas est de contribuer à l'amélioration de la santé humaine à travers le monde en offrant des médicaments innovants et éprouvés. Astellas Pharma Inc. a été formée en avril 2005 suite à la fusion de Yamanouchi Pharmaceutical Co., Ltd. et de Fujisawa Pharmaceutical Co., Ltd. Astellas souhaite se hisser au rang des laboratoires pharmaceutiques internationaux en réunissant des compétences exceptionnelles en R&D et en marketing en continuant à s'implanter sur les marchés pharmaceutiques mondiaux.

Références:

1) Grimm M, Rinaldi M, Yonan NA et al. (2006) Superior Prevention of Acute Rejection by Tacrolimus versus Ciclosporin in Heart Transplant Recipients - a Large European Trial. Am. J Transplant - sous presse

2) Kobashigawa JA et al. (2006) Tacrolimus with Mycophenolate Mofetil (MMF) or Sirolimus vs. Ciclosporin with MMF in Cardiac Transplant Patients: 1-year report. Am J Transplant - sous presse

(x) Le Comité des spécialités pharmaceutiques à usage humain (CHMP), l'organisme de l'agence européenne des médicaments (EMEA) chargé de l'évaluation scientifique des médicaments, a émis, après une procédure d'évaluation du Prograf(R), une recommandation visant à harmoniser le tableau SPC dans tous les États membres de l'UE en janvier 2006. L'approbation officielle de la Commission Européenne date du 19 avril 2006. Avant cette harmonisation, le Prograf n'était homologué dans l'UE que pour les transplantations cardiaques en Belgique et au Luxembourg."

Source :
http://www.prnewswire.co.uk/cgi/news
Distributed by PR Newswire on behalf of Astellas Pharma Inc.

Cellules souches adultes pour guérir l'infarctus

"Une étude clinique, sur des patients, est actuellement en cours à Nancy pour évaluer l'efficacité des cellules souches adultes dans le traitement de l'infarctus.
Les résultats ont été très prometteurs chez le rat : des injections de cellules souches adultes près de la zone touchée ont permis de récupérer la contractilité des tissus nécrosés en moins de 30 jours."

"L'objectif des chercheurs est de redonner vie au muscle nécrosé et de permettre au coeur de battre à nouveau normalement. Une équipe dirigée par le Pr Jean-Pierre Villemot, à Nancy, vient de traiter son second patient en injectant des cellules souches adultes, issues de moelle osseuse, au pourtour de la zone nécrosée. Les résultats sont encourageants, mais il faudra encore traiter 80 patients pour en tirer des conclusions définitives."

Source :
© genethique.org
Le Quotidien du Médecin (Dr Bertrand Demangeon) 21/04/06

NB : au sujet de l'intervention de thérapie cellulaire cardiaque : "La thérapie cellulaire est une technique d'avant-garde qui vise à restaurer une efficacité à des cellules de muscle cardiaque nécrosées, dans le cadre d'un infarctus par exemple.

C'est un des grands espoirs du traitement de l'infarctus, et de nombreuses équipes dans le monde poursuivent actuellement des travaux de recherche en ce sens.

Quelques équipes en France sont assez avancées, dont celle du Pr Villemot et de l'UTCT (unité de thérapie cellulaire et de tissus) du Pr Stoltz."
Source : extrait du communiqué de presse du CHU Nancy-Brabois (03/03/2006)







Chine : un "tourisme des transplantations"

"Stephen Wigmore, un chirurgien britannique, a dénoncé hier dans un communiqué la 'commercialisation' en Chine des organes de prisonniers exécutés. Il 'condamne cette activité inacceptable' car, explique-t-il, elle est effectuée sans le consentement des défunts ou de leur famille et parce qu'elle est contraire à la morale professionnelle et aux droits de tout être humain sur l'utilisation de son corps après la mort.

Il existe, selon lui, 'une accumulation de présomption concordante' sur ces pratiques. Il a constaté que de plus en plus de patients britanniques en attente de greffe se tournaient vers la Chine pour trouver un organe. Or, la rapidité avec laquelle les organes compatibles sont détectés implique, selon lui, que les prisonniers sont exécutés à la commande.

Il existe en Chine de plus en plus de sociétés spécialisées dans les prestations de santé qui monnayeraient leurs services aux patients étrangers. Un foie ou un coeur serait ainsi commercialisé pour 63 000 livres. Il existe cependant peu de preuve de ces exécutions sur commande mais l'apparition d'un 'tourisme des transplantations' est indéniable.

Pékin a reconnu que des organes ont pu être prélevés sur des prisonniers condamnés à mort et exécutés, mais 'avec leur autorisation'. Les autorités affirment avoir pris des mesures fin mars pour encadrer la pratique des transplantations. A partir du 1er juillet, la vente et l'achat d'organes seront interdits et les 'donneurs' devront consentir au prélèvement de leurs organes."

Source :
© genethique.org

"Chaque article présenté dans Gènéthique est une synthèse des articles de bioéthique parus dans la presse (...). Les opinions exprimées ne sont pas toujours cautionnées par la rédaction."
Le Figaro (Jacques Duplouich) 20/04/06

La Chine accusée de vendre les organes de condamnés à mort

"Des chirurgiens britanniques accusent la Chine de prélever illégalement les organes de condamnés à mort pour les vendre. Ils affirment même que Pékin choisit la date des exécutions en fonction de la demande d'organes. Les preuves sont 'irréfutables', selon eux.

'Il est temps de dénoncer cette pratique', a ajouté la Société britannique de transplantation (BTS). Pour la BTS, des milliers d'organes sont ainsi transplantés illégalement chaque année, sans le consentement du donneur.

Les dates d'exécution des condamnés, précisent les chirurgiens britanniques, sont choisies en fonction de la demande d'organes par des patients, dont un nombre de plus en plus important d'Occidentaux.

Les groupes de défense des droits de l'Homme accusent depuis longtemps la Chine de prélever et vendre les organes des condamnés à mort, dont le nombre a été évalué à 3400 par Amnesty International en 2004. Les hôpitaux se voient également reprocher de voler secrètement les organes des victimes d'accident.

Un responsable chinois a admis la semaine dernière que des organes de condamnés étaient utilisés dans de rares cas, mais toujours avec l'accord du prisonnier. La Chine a également décidé de rendre la vente d'organes illégale à partir de juillet."

Source :
© ats
www.edicom.ch (Suisse Romande)

Les pertes de temps dans les prélèvements d'organes

Mémoire de Y. LECOEUR (mis en ligne le 28/04/2004):

"Les pertes de temps dans les prélèvements d'organes nuisent-ils au travail des coordinatrices et par conséquent diminuent-ils le nombre de greffons disponibles ?"

TABLE DES MATIÈRES


"I. Introduction

II. La greffe en chiffre

III. L'établissement français des greffes

IV. Historique de l'infirmière coordinatrice

V. Rôle de la coordinatrice hospitalière
VI. Les réseaux de prélèvements
VII. La mort encéphalique
VIII. L'accueil de la famille
IX. L'organisation du prélèvement

1. Choix de mes lieux de stages
2. Un prélèvement
3. Analyse du prélèvement
4. L'enquête
5. Méthodologie des entretiens
6. Analyse des entretiens

7. Propositions
8. Conclusions"

==> Lien vers le mémoire : cliquer ici.

Revue d'articles concernant la greffe sur Caducee.net

==> cliquer ici.

'La transplantation d’organe : un risque pour les fonctions rénales'

- 09/09/2003 - "Le risque d’insuffisance rénale à la suite d’une transplantation d’organe (autre que le rein) est bien réel. Une nouvelle étude permet de quantifier ce risque et met aussi en évidence une augmentation de la mortalité. Pour cette étude parue dans le New England Journal of Medicine (NEJM), les auteurs ont évalué l’incidence et les facteurs de risques d’insuffisance rénale chez des receveurs d’organes. Les données de plus de 69.000 patients ont été utilisées. Ces derniers avaient bénéficié d’une transplantation 'non rénale' entre 1990 et 2000. Sur une durée médiane de trois ans, 16,5 pour cent des patients ont développé une insuffisance rénale chronique. Chez ces derniers, près de 30 pour cent avaient besoin de dialyse ou de transplantation rénale. Par ailleurs, le risque de décès était plus de quatre fois plus élevé en cas d’apparition d’une insuffisance rénale chronique après transplantation."

Source :
N Engl J Med 2003 ; 349:931-940
Caducee.net