Merci de ne PAS poster de messages concernant la vente d'un organe et comportant des coordonnées téléphoniques, e-mail, etc. La loi française interdit la vente d'organes.

AVC : Bordeaux : n°1 au classement du Nouvel Observateur

L'Accident Vasculaire Cérébral (AVC) : une personne ayant fait un AVC peut se retrouver potentiel donneur d'organes vitaux (mort cérébrale).

"Jeudi 26 novembre 2009, le Nouvel Observateur a publié son classement annuel des hôpitaux et cliniques en France. Sur 1600 établissements publics et privés passés au crible, le CHU de Bordeaux sort grand gagnant, grâce notamment à ses performances en matière d'accident vasculaire cérébral et de pontage aorto-coronarien. L'occasion pour l'établissement de présenter deux unités d'excellence...

Prise en charge de l'AVC au CHU de Bordeaux
En 2008, en Aquitaine, 8 000 personnes ont été touchées par un AVC. 2 000 ont été prises en charge au CHU de Bordeaux dans l'unité Neurovasculaire dirigée par le Dr François Rouanet.

L'Unité Neurovasculaire (UNV) bénéficie de :
- 8 lits de soins intensifs (2x4 lits dans 2 salles différentes)
- 32 lits d'hospitalisation traditionnelle dont 4 lits de semaine
Les équipes médicales et paramédicales

. L'UNV travaille en lien étroit avec plusieurs équipes médicales : le SAMU, l'équipe Urgences, l'imagerie. Au sein du service interviennent : des médecins rééducateurs, des cardiologues, des diabétologues, des chirurgiens vasculaires.

A noter : Le fonctionnement du service de neuroradiologie en urgence, 24h / 24, contribue à l'efficacité et la réactivité de cette nouvelle unité.

. Une Equipe paramédicale dédiée comprenant : 1 infirmière et 1 Aide-Soignante pour 4 malades en soins intensifs, 1 kinésithérapeute, 1 orthophoniste, 1 diététicienne, 1 assistante sociale et 1 ergothérapeute. Ce dernier se rend au domicile des patients pour évaluer les lieux avec la famille, proposer des aménagements, rechercher le bon matériel...

L'AVC en quelques chiffres
Les accidents vasculaires cérébraux (AVC) sont la première cause de handicap physique chez l'adulte, la deuxième cause de démence et la troisième cause de décès en Europe. En France, on estime le nombre de personnes atteintes à 500 000 tandis que celui des nouveaux cas annuels est évalué à 150 000 (soit 1 toutes les 4 minutes).
4 heures 30 pour agir ; 6 heures après, les dommages sont souvent irréversibles : 1 personne sur 5 décède dans le mois qui suit.
Les 3/4 des survivants gardent des séquelles définitives
1/3 devient dépendant, 1/4 ne reprendra jamais d'activité professionnelle.

L'AVC ne frappe pas que des personnes âgées. Chaque année en France, 10 000 à 12 000 personnes de moins de 45 ans sont touchées**

Le pontage aorto-coronarien au CHU de Bordeaux
En 2008, dans le service de chirurgie cardio vasculaire dirigé par le Pr Xavier Roques, un peu plus de 1 700 interventions chirurgicales cardiaques ont été réalisées ce qui vaut à Haut-Lévêque d'être le premier centre français. A l'actif de cette unité 500 pontages aorto-coronaires pour 840 chirurgies valvulaires, 120 chirurgies congénitales et 240 autres opérations.

Les patients recrutés dans le service de chirurgie cardio-vasculaire du CHU de Bordeaux pour pontages aorto-coronaires le sont sur le CHU (Hôpital Haut-Lévêque), sur les hôpitaux périphériques et sur les cliniques privées d'Aquitaine.

Environ 15 % des patients sont opérés en semi-urgence après qu'ils aient été stabilisés. La majorité des interventions sont réalisées à coeur arrêté sous circulation extracorporelle; un chirurgien du service est dédié à l'activité de chirurgie coronaire à coeur battant.

La prise en charge est multidisciplinaire
. l'anesthésiste et le chirurgien pour l'intervention,
. le réanimateur pour les suites opératoires,
. le chirurgien, les infirmières, les kinésithérapeutes pour les quelques jours d'hospitalisation avant le passage en maison de réadaptation fonctionnelle dédiée à la cardiologie.

Ce service a pour spécificité d'être adossé aux services d'urgence cardiaque (SAU), de travailler en collaboration étroite avec la cardiologie interventionnelle et de prendre en charge les patients en période aiguë, en développant le plus possible une approche thérapeutique hybride associant l'angioplastie et le pontage aortocoronaire.

L'unité dispose aussi d'un service de réanimation de haute technicité et compétence permettant la prise en charge des patients en insuffisance cardiaque aiguë post-infarctus avec l'assistance circulatoire et celle des patients très âgés.

Le pontage aorto-coronaire : principaux repères
Le pontage aorto-coronaire a été longtemps le traitement anatomique direct de la pathologie artérielle coronaire. L'avènement de l'angioplastie puis de l'angioplastie avec endoprothèse coronaire, qui sont des techniques moins traumatisantes, a entrainé un recul des indications du pontage aorto-coronaire.

Aujourd'hui, il est réservé à certaines atteintes anatomiques spécifiques de la maladie coronaire, à l'impossibilité ou à l'échec de l'angioplastie, aux patients ayant eu plusieurs angioplasties ou patients diabétiques. Avant les années 2000, cette intervention était la plus pratiquée dans les services de chirurgie cardiaque ; aujourd'hui, elle est passée au second plan après la chirurgie valvulaire.

13 700 pontages aorto-coronaires ont été réalisés en France en 2008 pour près de 18 000 interventions valvulaires et près de 120 000 angioplasties.

* L'enquête du Nouvel Observateur : 1600 établissements publics et privés ont été passés au crible dans toute la France et 70 pathologies ont été analysées. Le CHU de Bordeaux sort n°1 de ce classement général, suivi du CHU de Toulouse et du Groupe hospitalier Pitié Salpêtrière. La note globale résulte de la combinaison d'une dizaine d'indicateurs dont le volume d'activité, la notoriété, la technicité, la part de l'ambulatoire, la part de la chirurgie, la part de la coelioscopie, la durée moyenne de séjour, la diversité et la mortalité hospitalière."

**Sources : CHU de Bordeaux et www.franceavc.com

Pour plus d'informations contacter :
Directrice de la communication
CHU de Bordeaux - 12 rue Dubernat
33404 Talence Cedex
Téléphone : 05 56 79 53 42
Mobile : Frédérique ALBERTONI
Fax : 05 56 79 48 85
email : frederique.albertoni@chu-bordeaux.fr

Source :
La Lettre "Réseau-CHU"
N° 498 - 1 décembre 2009

Fin de vie : pour une valorisation des soins palliatifs

"L'association d'accompagnement bénévole en soins palliatifs (ASP fondatrice), spécialisée dans l'accompagnement bénévole des malades, a rappelé son refus de l'acharnement thérapeutique comme de l'euthanasie lors de la manifestation organisée pour fêter ses 25 ans d'existence. 'La démarche palliative ne peut pas se terminer par une démarche euthanasique. C'est antinomique. La philosophie médicale de l'accompagnement n'est pas celle de la rupture de vie', y a déclaré le député Jean Leonetti, auteur de la loi de 2005 sur la fin de vie.
Pour Alain Monnier, président de l'ASP fondatrice : 'Il y a encore un gros travail d'information à réaliser sur ce que permet de faire la loi de 2005 et les soins palliatifs. Si cette loi était appliquée partout, elle permettrait de faire face à la totalité des demandes des malades. Les seuls cas qui échappent à ce cadre sont les demandes des personnes gravement atteintes mais qui ne sont pas en fin de vie.' "A l'heure où la fin de vie coûte de plus en plus cher, on pourrait passer d'un 'droit à mourir' à un 'devoir de mourir' pour des raisons économiques', frémit-il .
Régis Aubry, qui suit le plan soins palliatifs lancé par le chef de l'Etat pour la période 2008-2012, estime que si la loi n'est pas encore assez connue, les choses sont en train de changer : '...début 2010, tous les CHU seront dotés d'une équipe de soins palliatifs. L'observatoire national de la fin de vie doit également voir le jour. Enfin, une filière universitaire dédiée à ces questions sera ouverte à la rentrée prochaine'.
Martine Nahmani, mère d'une fille de 26 ans atteinte d'une tumeur évolutive de la moelle épinière, et à qui elle avait promis la mort quand elle la demanderait, se souvient que sa fille 'a commencé à revivre' quatre jours après qu'elle ait été admise dans l'établissement de soins palliatifs de la maison Jeanne Garnier : 'Les médecins avaient compris sa douleur - physique comme psychologique - et avaient réussi à la soulager'. Aujourd'hui, alors qu'Elodie s'est doucement éteinte, sa mère confie : 'Je suis contente d'avoir pu vivre ces moments privilégiés avec ma fille. Je n'ai pas envie de condamner l'euthanasie, mais on ne peut pas savoir ce que l'on perd lorsqu'on écourte la vie'.
Dans un article du Monde.fr où elle livre des extraits de dialogues entre patients et médecins, Claire Fourcade, médecin coordinateur de l'équipe de soins palliatifs de la clinique 'Les Genêts' à Narbonne, témoigne : 'Depuis dix ans, nous avons pris en charge plus de 3000 patients. 3000 histoires singulières, différentes. 3000 fois nous avons essayé d'écouter, d'entendre, d'adapter notre réponse.
En soins palliatifs, nous ne faisons pas de prêt-à-porter. Seulement du sur-mesure, de la haute couture. Jamais, à ce jour, je ne me suis trouvée en situation de dire que la seule façon de respecter mon patient était de transgresser la loi pour le faire mourir. Peut-être, un jour, une situation particulière me conduira-t-elle à prendre cette décision. Je veux que cela reste une transgression'."
Le Figaro.fr (Agnès Leclair) 27/11/09 - Le Monde.fr (Claire Fourcade) 26/11/09

Source :
http://www.genethique.org

Chine : Prélèvements meurtriers : assassinat des pratiquants de Falun Gong pour leurs organes

Sous le patronage de Madame Françoise Hostalier, Députée du Nord, ancien Secrétaire d’État

David Kilgour, Député Canadien, présentera son nouvel ouvrage :

Bloody Harvest : The killing of Falun Gong for their organs
Prélèvements meurtriers : assassinats des pratiquants de Falun Gong pour leurs organes (coauteurs David Matas et David Kilgour)


en présence de Michel Wu, ancien chef de service de l’émission en mandarin et rédacteur en chef à RFI.

A vos agendas !

Jeudi 3 décembre 2009
de 10h30 à 12h00

Salle Mars
Assemblée nationale
101, rue de l’Université, Paris 7e
(se munir d’une pièce d’identité)

Confirmer votre présence auprès de Jianping Zhang au 06 10 32 92 54 ou Isabelle Chaigneau au 06 24 30 66 55 ou par courriel à CIPFG.Fr@nerim.fr

==> (Doc. Word, 70 Ko)

David Matas est un avocat canadien éminent, spécialiste des droits internationaux de la personne et membre de l’Ordre du Canada 2008.
David Kilgour est également avocat. Il a occupé les fonctions de député puis de secrétaire d’État du Canada pour la région Asie-Pacifique. Avant de devenir parlementaire, il était procureur de la Couronne.

L’ouvrage fait le point sur les enquêtes menées depuis 2007 et apporte de nouveaux éléments.

Résumé du livre (version française) :

==> (Doc. PDF, 82 Ko)

Le Pr Navarro ne greffera pas en Chine

2007- "'Je condamne les chirurgiens français qui acceptent de former à la transplantation leurs homologues en Chine. Pourquoi ? Parce que ce pays est soupçonné de commercialiser les organes prélevés sur les condamnés à mort.' Francis Navarro est chef du service de chirurgie hépato-digestive et de transplantation au CHU de Montpellier. Il a à son actif pas loin de 300 greffes de foie. On ne choisit pas par hasard d'exercer cette spécialité médicale. Pas seulement parce qu'elle requiert un très haut niveau technique. Ou encore qu'elle vous mobilise nuit et jour : il n'y a pas d'heure pour être victime d'un accident qui fera de vous un potentiel donneur d'organes. La transplantation impose une réflexion éthique que ce chirurgien, professeur à la faculté de médecine de Montpellier, a choisi d'enseigner aux étudiants de première année.

Or, selon lui, cette éthique est aujourd'hui menacée par le tourisme de transplantation. 'De nombreux Occidentaux, et notamment des Américains, en attente d'une greffe, se rendent en Chine pour être greffés à des prix exorbitants, dénonce-t-il. Pour 62 000 dollars, ils peuvent se faire transplanter un rein; pour 150 000 dollars, un poumon... Bien que la commercialisation des organes ait été interdite en Chine en juillet 2006, certains sites Internet font encore la promotion de ce genre d'opérations.' C'est le cas notamment de celui du China International Transplantation Center (http: //en.zoukiishoku.com).

D'où viennent ces organes? Pour Francis Navarro, une accumulation d'indices concordants suggère qu'ils sont prélevés sur des condamnés à mort chinois. Fin 2005, Amnesty International a recensé 1 770 exécutions dans ce pays. Mais, selon l'association, tout porte à croire que ces chiffres sont bien en deçà de la réalité. 'On m'a proposé dans le cadre d'un échange avec la Chine de réaliser une transplantation là-bas. Mes correspondants me proposaient de choisir une date. Comme s'ils disposaient d'organes à la demande. Cela a éveillé mes soupçons. J'ai refusé de m'y rendre.'

Le 19 avril 2006, la Société britannique de transplantions publiait un communiqué condamnant la 'commercialisation', en Chine, des organes de prisonniers exécutés. Francis Navarro milite pour que ses confrères français fassent de même."

Source
http://www.marianne2.fr
http://campsd-extermination-en-chine.20minutes-blogs.fr

"L'enjeu d'un "faux coma" de 23 ans"

"'Je criais, mais on ne pouvait pas m'entendre'. C'est par cette formule que Rom Houben résume l'incroyable drame qu'il a vécu pendant 23 longues années. Ce Belge de 46 ans était bien conscient depuis son accident de voiture en 1983, après lequel il a pourtant été diagnostiqué comme étant dans le coma. Or, il entendait et voyait tout ce qui se passait autour de lui, mais il était totalement incapable de bouger et de s'exprimer. Et c'est au docteur Steven Laurey qu'il doit sa 'seconde naissance', il y a trois ans. Cette histoire peu banale vient d'être publiée dans différents journaux. Car Rom Houben peut désormais communiquer grâce à un système informatique spécialement adapté qui lui permet d'écrire des messages sur ordinateur.

Le docteur Steven Laureys est un neurologue spécialisé dans la recherche sur le coma à l'université de Liège. Il utilise la neuro-imagerie fonctionnelle - des techniques sophistiquées faisant notamment appel à l'imagerie par résonance magnétique - pour étudier la perception résiduelle chez ces patients dans le coma, avec qui on ne peut pas communiquer. 'On sait bien peu de choses sur la conscience, précisait-il récemment au Point (n° 1910), lors d'une interview sur les états de mort imminente. Car même lorsqu'une personne est apparemment sans vie, en état de coma végétatif, son cerveau peut être le siège d'une activité intense.'

Dans le cas de Rom Houben, il ne s'agissait pas d'une activité involontaire, voire anarchique, mais d'un fonctionnement 'normal', que son corps était incapable de traduire par le moindre geste ou par tout autre moyen. D'où son immense détresse. Ce cas risque d'obliger le corps médical et les familles à considérer autrement les personnes dans le coma. Déjà, celles qui reviennent d'un état de mort imminente affirment se souvenir de tout ce qui a été dit en leur présence. Dans une étude récemment publiée dans la revue BMC Neurology, le docteur Steven Laureys estimait que de nombreux patients considérés en état de coma végétatif mériteraient de subir de temps à autre des examens approfondis. '41 pour cent des patients en état de conscience minimale sont diagnostiqués de manière erronée comme étant en état végétatif', selon le communiqué alors publié. Malheureusement, une fois ce diagnostic posé, rares sont les médecins qui reviennent dessus."

http://www.lepoint.fr

Petit rappel : les patients en état de mort encéphalique ne sont pas des patients en état de coma végétatif. Seule la mort encéphalique permet d'aller au prélèvement d'organes. La question est : y-a-t-il des constats de décès anticipés, arrive-t-il que l'on prélève des patients en état de coma profond ?

Un colloque sur le don d'organes samedi 28 novembre, à Peronnas

"Sensibiliser, promouvoir, informer, c'est le travail qu'accomplit sans relâche France Adot 01 depuis 25 ans dans l'Ain. 2009 aura marqué une étape importante puisque le don de vie a été décrété par le Premier ministre, 'Grande cause nationale'. L'association se bat pour la promotion du don d'organes, de tissus humains et de moelle osseuse. Le professeur Bernard Devauchelle, chef du service de chirurgie maxillo-faciale du CHU d'Amiens, ayant notamment participé à la 1re greffe partielle du visage au monde, sera à Péronnas pour une conférence sur ce thème, samedi 28 novembre, à 20 heures, à l'auditorium du nouveau centre culturel péronnassien. Au même titre, le professeur Mauricette Michallet, chef du service hématologie de l'hôpital Édouard-Herriot de Lyon et présidente de l'agence de la biomédecine sera également présente pour informer le grand public."

Conférence ouverte à tous. Gratuit.
http://www.leprogres.fr

Réserve du vote de la proposition de loi sur l'euthanasie

"Le gouvernement a demandé la réserve du vote de la proposition de loi sur l'euthanasie qui était discutée hier, 19 novembre 2009, à l'Assemblée (...). Celui-ci a donc été reporté au mardi 24 novembre. Les députés socialistes, à l'initiative du texte, ont quitté l'hémicycle pour protester contre la décision du gouvernement et ont boycotté la suite de la discussion.
Manuel Valls, rapporteur du texte, avait plaidé pour un 'droit à l'euthanasie', estimant que 'la seule manière d'éviter les dérives est d'admettre enfin la réalité pour mieux l'encadrer'. Pour lui, la 'généralisation' du recours aux soins palliatifs 'ne répondra jamais aux souffrances et aux demandes de tous les malades'.
La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a posé la question de savoir si faire un pas supplémentaire après la loi Léonetti constituerait 'un progrès ou la transgression d'une limite'. Il conviendrait sans doute mieux de développer les soins palliatifs car 'ce n'est pas la vie qui aliène, c'est d'abord la douleur dont il faut libérer le patient', a-t-elle estimé. Colette le Moal (Nouveau Centre) est allé dans le même sens, affirmant que 'la fin de vie est encore la vie'. Le député Jean-Frédéric Poisson s'est insurgé contre 'l'élaboration d'une hiérarchie entre les vies qui mériteraient d'être vécues et celles qui ne le mériteraient pas' alors qu'il faudrait 'réaffirmer la valeur inestimable de la vie, de la conception à la mort naturelle'.
Pour le Dr Louis Puybasset, professeur de médecine à la Pitié-Salpêtrière, il n'est pas judicieux, ni même légitime d'instaurer un 'droit à la mort'. 'Si chacun est pour un accompagnement paisible de la fin de la vie, je n'ai jamais rencontré de patients ou de familles qui revendiquaient un droit à la mort', affirme-t-il. Les malades attendent de la médecine 'qu'elle les assiste le mieux possible pour garder leur autonomie morale, physique et financière aussi longtemps que la maladie le permettra. La réponse qu'ils attendent, lorsque ce seuil est franchi, n'est pas une injection létale, brutale et forcément inhumaine, mais un accompagnement personnalisé, car la fin de vie convoque l'essentiel de l'expérience humaine, c'est-à-dire la transmission'. Il note par ailleurs que les pays ayant légalisé l'euthanasie voient déferler 'un cortège de conséquences déstabilisatrices pour les personnels soignants et d'effets pervers pour les familles'. La Suisse revient d'ailleurs sur ses positions. Il alerte contre les possibles dérives mercantiles liées aux problématiques du don d'organes qui pourraient en découler.
Pour lui, le vote de mardi aura donc une portée 'historique' : 'il oblige chacun d'entre nous à se demander ce qu'il veut réellement dans le dossier fin de vie : ouvrir un droit à la mort, ou accompagner les mourants en refusant de faire fi de l'interdit de tuer, dont l'histoire nous apprend que sa transgression conduit invariablement à la barbarie'."

20 minutes (Julien Ménielle) 19/11/09 - Le Figaro 20/11/09 - Le Figaro (Louis Puybasset) 20/11/09

Source :
http://www.genethique.org

La proposition de loi sur l'euthanasie débattue à l'Assemblée Nationale

10 décembre, 19H30, Assemblée nationale

"Deux propositions de loi se proposent de revoir les principes édictés dans la loi du 22 avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie : la proposition de loi relative au droit de finir sa vie dans la dignité (enregistrée à la présidence de l’Assemblée nationale le 7 octobre 2009), la proposition de loi visant à mieux prendre en compte les demandes des malades en fin de vie exprimant une volonté de mourir (enregistrée à la présidence de l’Assemblée nationale le 5 novembre 2009). Une discussion de ces textes est prévue le 19 novembre.
Le Collectif Plus Digne La vie milite depuis sa création [déc. 2008, Ndlr.] pour que la loi du 22 avril 2005 soit mise en oeuvre en bénéficiant des compétences et des moyens qu'elle justifie. Les évolutions qu'elle rend possible dans les pratiques du soin constitueront les meilleures avancées attendues : elles seront évaluées dans les prochaines années. Il sera temps alors d'envisager, si nécessaire était, des ajustements favorisant une plus juste prise en compte des droits de la personne jusqu'au terme de sa vie."

Professeur Emmanuel Hirsch, Directeur de l'Espace Ethique de l'Assistance Publique des Hôpitaux de Paris (AP-HP).


ASSEMBLEE NATIONALE - extrait du Rapport n° 2065 déposé le 10 novembre 2009 (mis en ligne le 16 novembre 2009 à 13 heures 45) par M. Manuel Valls
TRAVAUX DE LA COMMISSION
I.DISCUSSION GÉNÉRALE
La Commission examine la présente proposition de loi au cours de sa séance du mardi 10 novembre 2009. Un débat suit l’exposé du rapporteur.
M. Jean Leonetti : "Je sais gré à Manuel Valls de s’attaquer à ce sujet qui, effectivement, n’est pas tabou. Nous avions d’ailleurs prouvé antérieurement que nous pouvions l’aborder sereinement, en particulier dans le cadre de la mission d’information sur la fin de vie. Il dépasse tous les clivages : entre la droite et la gauche, entre les croyants et ceux pour qui le ciel est vide, comme entre ceux qui souhaitent une loi et ceux qui la refusent.
La mort est une expérience impossible que nous ne vivons, de manière douloureuse ou apaisée, qu’au travers de celle de nos proches. Ainsi, au plus profond de notre intimité, nous portons l’idée que nous pourrions mourir ainsi ou, au contraire, que nous ne voudrions pas mourir de cette façon. Cette réaction procède de trois peurs : de la peur légitime de mourir, l’homme étant le seul 'animal' à savoir qu’il va mourir ; de la peur de souffrir – et nous savons qu’il y a encore peu de temps, dans ce pays, on pouvait malheureusement mourir dans d’atroces souffrances ; et d’une peur nouvelle, celle de la déchéance, c’est‐à‐dire la peur de mourir en offrant aux autres une image de soi dégradée, par rapport à la représentation que nous avons de nous‐mêmes et que, probablement, la société nous impose.
J’ai lu avec intérêt cette proposition de loi et j’ai trouvé dans le propos de Manuel Valls des éléments fertiles, qu’on pourrait résumer par le doute. Parlant de la mort, celui qui dit 'je sais' se trompe, et celui qui dit 'je ne sais pas' a compris – quelle que soit la conclusion à laquelle il arrive – la complexité et le caractère personnel de la mort et aborde donc ce sujet avec humilité et modestie. Je crois utile de rappeler l’apport de la loi existante.

Non seulement cette loi s’oppose à l’acharnement thérapeutique, mais elle permet aussi au malade de dire 'non' à un traitement ou à des examens qu’il ne souhaite pas, et d’exiger des soins susceptibles d’apaiser ses douleurs ou ses souffrances. La demande de mort en fin de vie, en particulier en phase terminale, est motivée par deux grandes causes : l’abandon ou la solitude d’une part, et la souffrance physique et morale d’autre part – la souffrance physique, plus encore que la souffrance morale, déstructurant complètement l’individu au point d’altérer profondément sa lucidité. Qui n’a pas un jour, à cause de douleurs insuffisamment calmées, souhaité disparaître plutôt que de continuer à les subir jusqu’à la mort ? Ainsi, la loi impose au médecin de supprimer la souffrance du malade en phase terminale, même au prix d’abréger sa vie. Le double effet y est instauré, car la qualité de la fin de vie primant sur la durée de la vie, ce ne sont pas les doses utilisées qui sont prises en compte, mais la souffrance exprimée par le malade, physique ou morale, qui impose au médecin de répondre à sa demande.
En outre, les traitements peuvent être arrêtés, mais jamais les soins – les Anglo‐saxons ont pour cela deux mots de sonorité voisine, cure, soigner, et care, prendre soin. C’est un dispositif 'à la carte', et non pas un système paternaliste dans lequel le médecin pourrait dire : 'Si je ne vous soigne pas comme je le veux, alors je ne vous soigne plus'. La loi impose au médecin d’accepter le refus de traitement et de soulager le patient, en vertu d’un principe de solidarité que nous, Français, appelons la fraternité – nous savons, malheureusement, que cela ne s’est pas toujours
traduit dans les faits.
Car, c’est vrai, la loi est mal appliquée, mal connue. Très consensuelle en apparence, elle n’en bouleverse pas moins certains rapports humains, en particulier entre le soignant et le soigné. D’un système dans lequel le puissant, bien portant et sachant, imposait au mourant et au souffrant ses décisions, on est passé à un système où le patient en fin de vie reprend le dessus : la relation verticale, dans laquelle le patient s’entendait dire : 'Je sais, je soigne et vous subissez', fait place à une relation beaucoup plus « horizontale'. Après ma cent dixième réunion sur ce thème en France, j’ai le sentiment que la mentalité médicale, aussi bien que celle de nos concitoyens, ont beaucoup évolué. Les principes de nonabandon et de non‐souffrance instaurés dans la loi s’imposent petit à petit et règlent donc assez bien, à mon sens, le problème de la phase terminale : plus aucun médecin n’a peur d’être envoyé en prison pour avoir utilisé des morphines à doses élevées, non plus qu’aucun réanimateur pour avoir arrêté un respirateur. En protégeant les médecins dont les pratiques sont conformes à leur déontologie d’accompagnement jusqu’au bout, mais sans acharnement thérapeutique, la loi permet au malade de partir de manière beaucoup plus sereine et apaisée.
En revanche, la situation n’est pas tout à fait la même lorsque la mort est éloignée, ou supposée l’être. Vincent Humbert n’était pas proche de la mort, Chantal Sébire était à des semaines, peutêtre à des mois de la mort, de même que ce jeune homme paralysé des membres inférieurs qui s’est donné la mort après avoir écrit au Président de la République. Eux disaient, non pas 'Je souffre trop, achevez‐moi', mais 'La vie que je mène ne mérite pas d’être vécue et je vous demande d’y mettre fin', renvoyant à un autre problème de société, celui du suicide assisté. À
cet égard, la législation belge a évolué, partant d’une vision euthanasique pour s’orienter vers une législation du suicide assisté, se rapprochant ainsi de la législation suisse.

Or, au nom de la liberté et de l’autonomie, faut‐il accepter un droit à la mort équivalent à un droit à la vie ? Face à cette vraie question, je n’ai pas de solution. La dignité étant le propre de l’homme et ne pouvant pas être évaluée, peut‐on donner la mort à une personne lucide qui la demande ? Cette interrogation heurte certaines de nos valeurs. Doit‐on réanimer, à son arrivée à l’hôpital, l’auteur d’une tentative de suicide, ou doit‐on faire preuve de compassion et accepter
son acte ? Certes, il y a eu le suicide stoïcien, mais Sénèque s’est donné la mort alors que les prétoriens attendaient pour achever le travail… Je me demande donc s’il faut vraiment considérer le suicide comme une liberté. Ce peut être le cas sur le papier, mais, en tant que législateurs, devons‐nous considérer le nombre de suicides en France comme un marqueur de liberté ou comme un marqueur de souffrance, et devons‐nous lutter contre la liberté ou contre la souffrance ? Doit‐on tuer une personne qui souffre pour qu’elle ne souffre pas ? Doit‐on s’orienter vers un modèle, ô combien individualiste et – pardon de le dire – américanisé, dans lequel le leitmotiv 'c’est mon choix' s’impose aux autres, alors que devrait seulement prévaloir la solidarité à l’égard des personnes en souffrance ?
Où en est cette question au niveau international ? Les Pays‐Bas se font admonester pour leurs pratiques euthanasiques par le Comité des droits de l’homme de l’ONU. Les Belges ont avoué pratiquer le suicide assisté et des dizaines d’euthanasies sur des enfants. Les Suisses reviennent sur leur législation sur le suicide assisté, constatant qu’en s’en tenant aux seules liberté et volonté, ils 'suicidaient' 30 % de gens qui n’étaient pas atteints de maladie grave et incurable, mais qui étaient simplement las de vivre.
Dans le film Soleil vert – que j’ai vu dans ma jeunesse et dont je prêterai volontiers le DVD à Manuel Valls –, les gens ayant 'fini' leur vie sont considérés comme inutiles et par conséquent éliminés. Aujourd’hui, je crains que l’on ne nous impose, dans une 'barbarie civilisée' comme le dit M. Edgar Morin, de mettre à l’écart ou d’éliminer tout ce qui ne correspond pas aux modèles de jeunesse, de force, de rentabilité, d’efficacité. La demande, que l’on accepterait, d’une personne exprimant sa lassitude de vivre en raison de son âge et de ses problèmes, ne serait‐elle pas, en fait, la demande d’une société qui n’accepterait pas la vulnérabilité et placerait au dessus de tout l’autonomie ? Ce serait contraire, non pas à une vision religieuse – ou non religieuse –, mais à une certaine idée que nous avons tous de l’homme et de la civilisation. De sa naissance jusqu’à sa mort, l’homme est digne par définition, et sa demande de mort doit lui être refusée, car la société doit supprimer les causes de cette demande, non l’individu qui en est l’auteur.
Telle est ma position, au terme du cheminement complexe effectué avec mes collègues Gaëtan Gorce, Michel Vaxès, Olivier Jardé et tant d’autres. Plus nous avançons, moins nous savons les choses et, paradoxalement, plus nous comprenons les autres, plus nous acceptons la complexité et moins nous souhaitons légiférer, car nous devons défendre un projet collectif pour notre société, et non un projet qui soit la somme de choix individuels. Avec toute l’estime que j’ai pour Manuel Valls, je pense que sa proposition de loi pourrait, dans des situations économiques tendues ou en des périodes où domine le souci de rentabilité, mettre en cause l’humain dans ce qu’il a de plus intime et de plus précieux : sa vulnérabilité."

Source :
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La proposition de loi sur l'euthanasie débattue à l'Assemblée

"Le texte de proposition de loi pour légaliser l'euthanasie (cf. Synthèse de presse du 23/10/09) sera débattu demain, 19 novembre 2009, à l'Assemblée Nationale. Les députés du PS qui l'ont déposé veulent relancer le débat. Ils estiment en effet que la loi Leonetti, qui autorise l'arrêt des soins curatifs pour les personnes atteintes de maladies graves et incurables, la mise en place de soins palliatifs et l'administration de sédatifs même si celle-ci doit entraîner la mort du patient, ne permet pas de répondre à toutes les situations de fin de vie. Il faut donc 'aller plus loin et refuser l'hypocrisie. Plusieurs milliers de personnes bénéficient d'une aide à mourir dans les hôpitaux français, hors de tout cadre légal', affirme Manuel Valls, qui est à l'initiative du texte.
'Considérant que le législateur ne peut se défaire de ses compétences et laisser la jurisprudence dire le droit au cas par cas, il convient qu'il assume ses responsabilités en ajoutant une étape dans le processus que constitue la législation concernant la fin de vie en proposant un encadrement strict de l'aide à mourir', lit-on dans l'exposé des motifs de la proposition de loi.
Concrètement, celle-ci propose qu'un collège de quatre médecins puisse évaluer la recevabilité d'une demande d'euthanasie, réservée aux personnes majeures, dans un état grave et incurable. L''aide à mourir' serait administrée sous surveillance médicale. Après décès, chaque dossier serait adressé à une commission de contrôle. Le texte prévoit la possibilité d'une clause de conscience pour les professionnels, à condition qu'ils orientent le patient vers un autre médecin. Il crée également un registre national des 'directives anticipées' où toute personne majeure pourrait s'inscrire.
Pour le député Jean Leonetti, il ne s'agit pas d'aller plus loin que la loi actuelle, mais d'aller dans une autre direction. 'Il y a deux démarches différentes qui sont en jeu. L'une relève de l'éthique de l'autonomie, c'est mon choix; l'autre de l'éthique de la vulnérabilité, on doit soutenir le plus faible. C'est quand même un paradoxe qu'une partie de la gauche estime que l'on peut supprimer les plus vulnérables. Aujourd'hui, la fin de vie ne pose plus en France de problème législatif. Mais des problèmes pratiques. On entend dire que nous sommes en retard. Mais les recommandations anglaises sur la fin de vie sont exactement calquées sur celles de la France. Et la Suisse est en train de revenir sur sa législation très libérale', a-t-il expliqué.
Le Dr Sylvain Pourchet, responsable de l'unité de soins palliatifs de l'hôpital Paul- Brousse, à Villejuif, estime que 'ce texte néglige la réalité sur le terrain et est très éloigné des besoins'. Selon lui, l'aide active à mourir pourrait constituer un danger parce qu'un malade peut être 'en situation d'influence considérable et que les familles ne sont pas forcément bienveillantes'.
Le Dr Mirabel, président de l'Alliance pour les droits de la vie, a appelé les responsables des partis politiques à préserver l'interdit du meurtre comme élément fondateur de la démocratie."

Le Figaro (Martine Perez) 18/11/09 - Le Monde (Laetitia Clavreul) 18/11/09

Source :
http://www.genethique.org