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Robert Spaemann : "Prélever un organe conduit souvent à la mort du donneur"


"A l’occasion de la journée nationale du don d’organes, le 22 juin, le philosophe Robert Spaemann [ndlr : figure éminente de la philosophie morale en Allemagne] a été interviewé par l’hebdomadaire Famille Chrétienne."

Ainsi, Robert Spaemann précise que le constat, selon lequel "les prélèvements d’organes sont de plus en plus nombreux", est "inquiétant car pour avoir des organes vivants, il faut que le donneur d’organes soit vivant. Or,  prélever un organe conduit à la mort du donneur". Alors que pour certains le fait que la respiration soit "maintenue de manière artificielle […] lors de la mort encéphalique, […] ne serait pas exactement le maintient de la vie",  Robert Spaemann considère au contraire que la vie "reste la vie, […] qu’importe que la vie soit maintenue artificiellement ou non".
Il décrit une perversion de la fonction de médecin : alors qu’autrefois, la fonction du médecin était de confirmer ou infirmer un constat de mort posé par l’entourage du patient, "aujourd’hui, c’est le contraire. La famille voit que son proche est toujours vivant, qu’il respire, même de façon artificielle, et le médecin dit : ‘Non, il est mort ! Il faut faire vite, car nous avons besoin de tel organe’ ".    
Mais que signifie alors la notion de "besoin" d’organes ? A cette question, Robert Spaemann rappelle que "dans les camps nazis on faisait des expériences sur des êtres humains que l’on soumettait à des températures très basses pour tester la résistance humaine au froid [en précisant que c’était] utile, [car, disaient-ils] ‘on en a besoin pour nos soldats’ ".   

"Don d'organes et religion, une sacrée question"


Le débat "Vivre le don d’organes avec ses croyances" a été organisé le 14/02/2011 dans le cadre des Rencontres d’Hippocrate par le Laboratoire d’éthique médicale et de médecine légale de l’université Paris-Descartes.
Imam Saîd Ali KOUSSAY (aumônier musulman de l’hôpital Avicenne – Bobigny) ;
Grand Rabbin Haïm KORSIA (aumônier général israélite de l’Armée de l’Air et des Armées) ;
Mme Doriane VILLORDIN (responsable du culte catholique de l’aumônerie du Groupe Hospitalier Universitaire Cochin).
Mme Mina CHEVROT (mère d’un adolescent décédé donneur d’organe) ;
Un patient transplanté.
Mme Joséphine COSSART (coordinatrice hospitalière de prélèvements d’organes - GHU Cochin) ;
Pr. Denis SAFRAN (chef du service anesthésie réanimation médicale et médecin référent dons d’organes - hôpital européen Georges-Pompidou) ;
Pr. Laurent SALOMON (service urologie, hôpital Henri Mondor).
Pr. Sadek BELOUCIF (président du conseil d’orientation de l’Agence de la biomédecine)

Conférence organisée avec le soutien de la coordination des prélèvements d’organes et de tissus du Groupe Hospitalier Universitaire Cochin.

Le lundi 14 février 2011, à 18h00
Faculté de médecine Paris Descartes - amphithéâtre Portier
15 rue de l’école de médecine - Paris 6è (M° Odéon)
Entrée libre et gratuite.

Plus d'infos et intégralité des "Rencontres d'Hippocrate" en vidéos sur le site Internet de la faculté de médecine Paris Descartes : http://www.medecine.parisdescartes.fr/
 
  ==> http://www.medecine.parisdescartes.fr/spip.php?article6629

Mon commentaire : les grandes religions monothéistes sont divisées sur le don d'organes, CQFD ... Dans le discours public, on ressasse pourtant l'idée que toutes les grandes religions monothéistes sont unanimes sur la question du don d'organes ... Embarrassant ...