Merci de ne PAS poster de messages concernant la vente d'un organe et comportant des coordonnées téléphoniques, e-mail, etc. La loi française interdit la vente d'organes.

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"Emouvoir et persuader pour promouvoir le don d’organes ? L’efficacité entre éthique et droit."

Alexandre Flückiger (éd.), "Emouvoir et persuader pour promouvoir le don d’organes ? L’efficacité entre éthique et droit." Genève, Ed. Schulthess 2010.


"La question de la promotion du don d’organes est devenue récurrente. Elle fait parfois tellement pression qu’elle en culpabilise les destinataires des campagnes d’opinion. Et pourtant, comme le précisent les auteurs de ce livre, les choses ne sont pas si simples. Il ne suffit pas d’informer pour que suivent dans la pratique les actes de ceux et celles dont on s’est pourtant donné la peine de vérifier qu’ils avaient compris les données d’une question (fumer c’est dangereux ; donner un organe pour une vie, etc.)

Faut-il alors – si l’information rationnelle est nécessaire mais non suffisante – faire appel aux affects, aux émotions ? C’est à cette question que s’est consacrée une recherche organisée à Genève dans le cadre du CETEL (Centre d’étude, de technique et d’évaluation législative) de la faculté de droit et du CISA (Centre interfacultaire en sciences affectives) de l’Université de Genève. Le programme portait sur le rôle des émotions et avait deux volets : le droit comme produit émotionnel (en témoigne la montée en force de la 'victime' en droit pénal) et d’autre part, ce qui a fait l’objet d’un colloque et occupe le présent ouvrage : les émotions comme 'moyens de régulation des comportements sociaux'.

Au fond la présente contribution se situe au croisement du droit, des sciences affectives et de la médecine. Et c’est ce qui fait tout son intérêt. L’on mesure ainsi que toutes les communications ne sont pas du même ordre. Et pour mieux le comprendre, les auteurs, en particulier F. Girandola et R.V. Joule mettent en évidence de rôle du maillon intermédiaire, à savoir l’acte de décision dans une 'décision librement consentie'. A partir d’analyses de pratiques, ils soulignent le rôle capital de ce qu’ils appellent 'le principe du pied-dans-la-porte' voire du 'double pied-dans-la-porte' : cela revient à demande peu avant de demander davantage, en somme à préparer la décision que l’on attend de l’autre, avec des petits 'riens', comme une petite enquête, coller des dépliants … Cet acte préparatoire doit avoir un coût, mais ne pas être lié à une compensation financière. Il doit conférer au final à la cible un rôle d’acteur tout en s’appuyant sur les qualités intérieures du sujet de qui l’on veut obtenir quelque chose. Et il est vrai qu’appliquer cela au don d’organes, augmente singulièrement le nombre de dons ! L’exemple du don de cornées est particulièrement évocateur : une communication engageante !

Impossible de reprendre toutes les contributions (17 auteurs !) de l’ouvrage extrêmement riche : à chaque pas, l’on mesure combien les émotions sont un nœud central de la question des transplantations : les médias l’ont d’ailleurs bien compris (cf. article de R. Hammer épluchant la presse écrite). La seconde partie de l’ouvrage est sans doute plus juridique, analysant le système suisse de transplantation, et les modèles possibles, avant une table ronde finale, à la fois politique, médical, juridique et éthique, confrontant à la légitimité de la promotion du don d’organes avec la question d’une 'efficacité à tout prix'.

On ne sera que recommander cet ouvrage à tous les coordinateurs du don d’organes mais aussi plus largement à tous ceux qui s’intéressent à la communication en vue d’un résultat pratique. D’autant que chaque chapitre est suivi d’une abondante bibliographique qui permet de continuer ce travail."

Marie-Jo Thiel
Centre Européen d'Enseignement et de Recherche en Ethique
ETHIQUE ALSACE
http://ethique-alsace.unistra.fr/
ceere@u-strasbg.fr

Une Ecole Européenne des Sciences de la Transplantation à Nantes

Dans le cadre de la candidature de Nantes pour la création d’un IHU Création à Nantes de la première Ecole Européenne des Sciences de la Transplantation en collaboration avec l’Imperial College de Londres et l’Université de Barcelone, en partenariat avec NOVARTIS.

Nantes, 1 Décembre 2010 - "Le Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Nantes, l’Université de Nantes et l’Ecole Nationale Vétérinaire de Nantes (Oniris), soutenus par Nantes Métropole, la région des Pays de la Loire, Atlanpole Biotherapies et le PRES UNAM propose la création d’un IHU 'Centre Européen des Sciences de la Transplantation et de l’Immunothérapie'. Nantes s’affirme comme le grand centre de soin, de recherche et d’enseignement intégré en Europe dans le domaine des greffes de tissus, de cellules et de gènes, en créant la première Ecole Européenne des Sciences de la Transplantation (the European School of Transplantation Sciences ou ESTS) en partenariat avec Novartis et en collaboration avec l’Imperial College de Londres et l’Université de Barcelone.
'Depuis l’annonce de notre candidature en Avril dernier, le site de Nantes a multiplié les collaborations, académiques ou industrielles et a reçu plusieurs distinctions qui ont permis de renforcer son positionnement dans les sciences de la transplantation et de l’immunothérapie au plan mondial. Cette école, la première en son genre, vient confirmer la dimension européenne de notre enseignement, en partenariat avec un industriel de poids, Novartis qui s’est proposé pour être membre fondateur de l’IHU de Nantes, et en collaboration avec 2 des meilleures universités européennes', a commenté Jean-Paul Soulillou, Porteur du projet IHU de Nantes.
L’Ecole Européenne des Sciences de la Transplantation (ESTS) s’adresse aux étudiants en médecine et aux doctorants, mais aussi aux professionnels de la santé qui souhaitent améliorer leurs connaissances ou aborder de nouveaux métiers dans le domaine des Sciences de la Transplantation et de l’Immunothérapie. L’ESTS offre une palette de programmes spécifiques (un PhD Européen en Sciences de la Transplantation ; une spécialisation en sciences de la vie dans le cadre de l’Executive MBA IHU / de l’Ecole de commerce Audencia ; le premier diplôme de télémédecine en France ; un programme de médecine translationnelle, des séminaires annuels de réputation internationale dont NAT - Nantes/Actualités/Transplantation - et des sessions semestrielles organisées autour de professeurs invités de renommée mondiale."

Parmi les programmes spécifiques :
1. la création d’un PhD européen en Sciences de la Transplantation (coordination : professeurs R. Josien / Mohty), en partenariat avec le Bellvitge University Hospital, Barcelone (Pr. Joseph Grinyo), et Imperial College et l’hôpital Hammersmith de Londres (Pr Jane Apperley). Ce programme est prévu pour démarrer en 2011 ;
2. une spécialisation en sciences de la vie dans le cadre de l’Executive MBA IHU / l’Ecole de commerce Audencia, incluant 2 semaines de séminaire avec un partenaire international. Ce programme a commencé en septembre de cette année ;
3. la création du premier diplôme de télémédecine en France 'Telemedicine, Management, Ethics & Planning' en collaboration avec ANTEL (l’Association Nationale pour le Développement de la Télémédecine) qui sera lancé en 2011 et sera dédié aux praticiens et autres professionnels de la santé (Profs J. Dantal et M. Giral);
4. un programme de médecine translationnelle et la création d’un statut hospitalier pour l’étudiant issu des filières scientifiques. Ce nouveau système permet, pour la première fois, à un étudiant de la filière sciences de passer une semaine tous les 2 mois en hôpital et d’avoir une expérience clinique au cours de son PHD. Ce programme, expérimental depuis 2 ans, connait un grand succès parmi les étudiants et a été co-signé par le directeur général de l’INSERM, le Président de l’Université de Nantes et le directeur de l’hôpital de Nantes.

Rayonnement mondial et distinction des équipes de Nantes

Prix de La Recherche du Monde 2010
Depuis treize ans, Le Monde soutient les jeunes chercheurs et la recherche et a lancé le Prix Le Monde de la recherche en vue de valoriser les travaux de jeunes chercheurs francophones susceptibles d’influencer notre environnement scientifique, économique, social et/ou artistique. Nicolas Poirier, post-doctorant à l’ITUN-INSERM UMR 643, a reçu le Prix Le Monde de la recherche 2010 pour ses résultats obtenus, des travaux de recherche dirigés par le Pr Gilles Blancho, Directeur de l’Institut de Transplantation en Urologie et Néphrologie (ITUN) et le Dr Bernard Vanhove, Directeur de Recherche (DR2) CNRS, UMR 643 et en partenariat avec TcL Pharma.

A propos du projet IHU de Nantes
Dans le cadre des appels d’offre du Grand Emprunt, le CHU et l’Université de Nantes, avec le soutien de Nantes Métropole et de la Région des Pays de la Loire, proposent la création d’un IHU (Institut Hospitalo-Universitaire) intitulé : 'European Center for Transplantation Sciences and Immunotherapy'. Le projet translationnel est centré sur le malade et axé sur le traitement de maladies gravissimes par la transplantation d’organes, de cellules et de gènes, ouvrant de nouvelles frontières en médecine régénérative avec une interface unificatrice majeure : l’immunologie. Avec la première activité cumulée européenne en greffes de reins et un leadership en greffes de pancréas, de cellules souches hématopoïétiques, ainsi qu’un ambitieux programme de thérapie cellulaire et génique (partenariat AFM), le projet, piloté par le Pr. Jean-Paul Soulillou, regroupe des départements cliniques, cinq Unités Inserm/INRA/Université et une Ecole Nationale Vétérinaire et fédère plus de 1000 personnes. Pour la première fois en Europe, ce projet réunit des groupes travaillant dans le domaine des greffes d’organes et des cellules souches hématopoïétiques mais aussi sur les nouvelles frontières : cellules souches (allo ou xénogéniques) ou gènes thérapeutiques. Le projet prévoit la création de nouvelles entreprises et de 800 emplois hautement qualifiés à 10 ans. Des partenariats industriels clés sont développés avec des biotechs locales (9 créées dans le périmètre IHU) ainsi qu'avec des groupes industriels majeurs (groupe Grimaud, LFB, Roche et Novartis)."

Contacts presse
ALIZE RP
Caroline Carmagnol
caroline@alizerp.com
Anne-Sophie Cosquéric
Anne-sophie@alizerp.com
CHU de Nantes
Sandrine Delage
Sandrine.DELAGE@chu-nantes.fr
Atlanpole Biotherapies
Emilie Ménoury
menoury@atlanpole.fr

Source :
http://www.gazettelabo.fr/breves/breves.php?id=1226

Prix d'éthique Pierre Simon 2010 : 23 novembre - Conférence de Alexandre Jollien

"Chaque année, la remise du Prix Pierre Simon éthique et société constitue un moment fort de 'l'éthique en acte'.
Cette année le philosophe Alexandre JOLLIEN y donnera une conférence consacrée à sa conception de l'éthique.
Vous voudrez bien trouver ci-dessous :
- l'avant-programme de la soirée du 23 novembre (19H-21H30, ministère de la Santé):
- le récapitulatif de nos sélection 2007/10
- la liste actualisée du jury
Les inscriptions se font dès à présent sur le site de l'Espace éthique de l'Assistance Publique des Hôpitaux de Paris (AP-HP) :
http://www.espace-ethique.org/fr/accueil2.php
Avec l'expression de nos sentiments les meilleurs."
Professeur Emmanuel Hirsch, Directeur de l'Espace éthique de l'AP-HP
    ==> Télécharger le programme du Prix Pierre Simon Ethique et Société 23/11/2010 (Pdf, 556 Ko)
  ==> Le jury (composition du jury pour le Prix Pierre Simon 2010)


  ==> Prix Ethique et Société Pierre Simon : récapitulatif 2007 - 2010

Les prélèvements d’organes sur des prisonniers en Chine

Appel à clarifier les prélèvements d’organes sur des prisonniers en Chine
"Amnesty International Suisse veut un code de conduite pour les entreprises actives dans la transplantation d’organes en Chine, un pays qui utilise des condamnés à mort. Novartis répond favorablement. Roche se tait.
Ils seront plus de 4000 experts à participer dès dimanche à Vancouver au 23e congrès international de la Société de transplantation : médecins, chirurgiens, chercheurs et représentants de l’industrie pharmaceutique. Il sera question de cœurs, de reins, de foies et de dons d’organes. Ce n’est pas prévu au programme, mais ces spécialistes du monde entier seront aussi interpellés sur le cas particulier de la Chine, un pays qui pratique dix mille transplantations d’organes par an et qui reconnaît qu’une majorité de ceux-ci proviennent de condamnés à mort.
A la veille de cette réunion, la section suisse d’Amnesty International (AI) lance un appel aux entreprises du secteur afin qu’elles se dotent 'd’un code de conduite commun, soumis à des expertises indépendantes, pour éviter de se rendre complice d’abus' des droits de l’homme. 'C’est une occasion inespérée, ils seront tous ensemble', explique Danièle Gosteli Hauser, la responsable économie et droits humains à la section suisse d’AI.
L’appel vise en réalité prioritairement deux sociétés : Roche et Novartis, leaders mondiaux dans le développement de médicaments contre le rejet d’organes transplantés et pionniers sur le marché chinois. 'Nous espérons que ces deux entreprises prendront contact avec les autres groupes pharmaceutiques pour se doter d’un code de conduite, explique Danièle Gosteli Hauser. Ce serait un message très fort en direction du gouvernement chinois pour qu’il renforce l’application de sa législation sur les transplantations et le trafic d’organes.'
Le lucratif trafic d’organes en Chine a été mis en lumière en Suisse par le récent témoignage d’un ex-policier qui a demandé l’asile après avoir témoigné de la façon dont les prisonniers qu’il menait au peloton d’exécution partaient agonisants vers une clinique où des médecins prélevaient leurs organes (...). Ignorée du grand public, cette pratique est pourtant partiellement reconnue par les autorités de Pékin. Le vice-ministre chinois de la Santé, Huang Jiefu, a avancé le chiffre de 90 pour cent d’organes transplantés qui proviennent de condamnés à mort. Il a par ailleurs précisé, lors d’une conférence internationale, que c’était une erreur.
En mars 2007, la Chine s’est dotée d’une nouvelle réglementation qui interdit le commerce d’organes et oblige à obtenir l’accord du donneur. En août 2009, Pékin a mis en place un projet pilote de donation d’organes dans dix villes et provinces. Au niveau international, l’OMS et les professionnels de la branche suivent par ailleurs des règles éthiques très strictes. Alors pourquoi ce nouveau code? 'Il faut aller plus loin en matière de transparence pour identifier les sources de donneurs, explique Danièle Gosteli Hauser. La législation chinoise n’exclut pas explicitement les condamnés à mort en tant que donneurs. Or l’accord d’un condamné à mort n’est pas acceptable car il vit dans un univers coercitif et ne peut donner son consentement volontaire.'
Pour David Matas, un avocat récompensé au début de l’année par la section suisse de la Société internationale pour les droits de l’homme pour sa lutte contre le trafic d’organes en Chine, les codes de conduite des médecins sont insuffisants. 'Même si les Chinois disent que les organes ne proviennent pas de prisonniers, on ne leur demande pas d’en apporter la preuve. Souvent, les médecins chinois ne disent pas la vérité. L’industrie pharmaceutique ne fait pas d’enquête ou ne cherche pas à savoir. Il est clair que presque toutes les transplantations dans ce pays proviennent de prisonniers.' L’avocat canadien dit bien prisonnier. Car il pense qu’il n’y a pas que les condamnés à mort qui servent de réserves d’organes. Ses recherches l’ont amené à conclure que des détenus du mouvement spirituel Falun gong faisaient l’objet de prélèvement d’organes sans leur consentement et parfois au prix de leur vie.
Novartis observe un moratoire de ses tests cliniques de médicament antirejet en Chine. Son porte-parole, Satoshi Sugimoto, explique que Novartis 'soutient l’appel public international d’Amnesty' et travaillera à unir tous les acteurs pour 'les prochains pas'. Le groupe précise encore qu’il entend promouvoir le dialogue et l’éducation en Chine pour surmonter les défis éthiques de la donation d’organes.
Roche est pour sa part dans le viseur des ONG. En janvier, à Davos, l’entreprise s’est vu décerner par la Déclaration de Berne (DB) et Greenpeace Suisse un 'prix de la honte' pour ses 'pratiques non éthiques de transplantation'. Selon la DB, Roche testait alors son médicament CellCept sur quelque 300 organes transplantés dans diverses cliniques chinoises. La société bâloise n’a pas répondu aux sollicitations du Temps.
'Les études de Roche aujour d’hui en Chine sont absolument mineures et concernent 100 à 200 personnes, explique Franz Immer, le directeur de Swisstransplant. La situation des entreprises suisses est très claire : elles ne participent pas à un commerce d’organes de condamnés à mort. Leurs standards éthiques sont très élevés.' Se contenter des explications chinoises n’est-il pas une façon de se voiler la face? 'Il n’y a qu’en Europe que l’on peut tracer en toute transparence la source des organes. En Chine, les mentalités sont différentes, la valeur d’une personne n’est pas la même. Mais c’est inacceptable.' Le directeur n’a pas connaissance de Suisses qui auraient bénéficié d’une transplantation en Chine. Swisstransplant soutient l’appel d’AI. 'En Europe, les Etats ne veulent pas agir contre la Chine, précise Franz Immer. Car ils craignent les conséquences pour leurs relations économiques.'"
Article de Frédéric Koller

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/72759116-a71a-11df-aeb8-0c7af7c72949%7C0

Placing achievment above ethics?

"There is an argument to be made that contemporary bioethics grew out of the ashes of the Nazi regime. A number of Nazi doctors who collaborated in the atrocities in concentration camps were executed. But others, less well known, used Nazi inhumanity to advance their research agenda.

An article in a recent issue of the journal Science highlights the use anatomists in Germany and Austria made of executed political prisoners in teaching and research. (Read). Dr Hermann Stieve, for instance, was a famous professor at the University of Berlin and the Berlin Charité Hospital. He took advantage of the executions to study the female reproductive system, showing a barbaric indifference to the prisoners' humanity. 'What the best and brightest did was see the imprisonment and beheading of human beings as opportunities,' observes a scholar who has studied Stieve's career.

There is always a great danger of misusing analogies with the Nazis. In many ways their corruption and depravity were unique. But human nature doesn't change and doctors today still face temptations to objectify patients, to dismiss patient consent, and to place achievement above ethics. 'Never forget' is advice bioethicists should take to heart as well."

Michael Cook

BioEdge Editor

"L'éthique en formation continue : pourquoi pas vous ?"

"De nombreuses personnes s’intéressent à l’éthique, que ce soit dans ses dimensions philosophiques ou plus spécifiques, dans les champs de la médecine, de l’entreprise, de l’environnement, etc. Mais quand on travaille, comment faire ? Le CEERE est heureux de vous proposer différents modules de formation qui peuvent être validés dans le cadre du Droit Individuel de Formation (DIF).

Ces modules de formations permettent donc aux salariés de bénéficier d'actions de formation professionnelle. En fonction de certains accords (de branche ou d'entreprise), il est par ailleurs possible d'exercer ce droit en tout ou partie sur le temps de travail... Pour connaitre les spécificités de votre secteur, parlez-en à votre DRH ou représentants du personnel."

Retrouvez toutes ces formations et bien d’autres encore sur notre site internet : http://ethique-alsace.unistra.fr/

Contact informations - programme : Nadège HEKPAZO – Secrétaire du Centre européen d’enseignement et de recherche en éthique - ceere@u-strasbg.fr
Tél : +33 (0)3 68 85 39 68 (du mardi au vendredi)
Contact inscription
- formalités administratives :
Michele LIEHR - Tél. : 03 68 85 49 92 (sauf le vendredi après-midi) - Fax : 03 68 85 49 29 - m.liehr@unistra.fr
- Service formation continue de l'Université de Strasbourg - 21 Rue du Maréchal Lefèbvre - 67100 Strasbourg.

Cordialement,

Marie-Jo THIEL
Directrice du CEERE
Centre européen d’enseignement et de recherche en éthique - ceere@u-strasbg.fr
Tél. : +33 (0)3 68 85 39 68 (du mardi au vendredi)
http://ethique-alsace.unistra.fr/
CEERE - Centre Européen d'Enseignement et de Recherche en Ethique
Faculté de médecine - 4 Rue Kirschleger - 67085 Strasbourg cedex.
ceere@u-strasbg.fr - tél. 33 (0)3 90 24 39 68
http://www.ethique-alsace.com/

  ==> Plus d'information : 

Greffe rénale : signes de tolérance

"Pourrait-on envisager une diminution, voire l'arrêt, des immunosuppresseurs après une transplantation rénale ? Un groupe de médecins américains répond par l'affirmative. À la condition que le patient soit porteur des marqueurs biologiques et génétiques de tolérance à long terme qu'ils ont mis en évidence."

Source :
Le Quotidien du Médecin, 28/05/2010

Should Laws Push for Organ Donation ?

Une nouvelle loi aux USA pour extorquer des consentements au don d'organes ? Plus de 106.000 patients en attente de greffe aux USA, pour une durée d'attente (moyenne) de 3 à 4 ans tous types d'organes confondus ! (voir) Le débat qui suit est très nuancé, très documenté et montre l'extraordinaire complexité de la situation. Une loi visant à extorquer des consentements pourrait décourager les bonnes volontés, disent les uns. D'autres disent que la loi n'y changera rien : les conditions de décès pour faire d'un mourant un potentiel donneur d'organes sont très particulières. Elles sont trop peu fréquentes par rapport au nombre de patients en attente de greffe et peuvent décourager les proches (le potentiel donneur garde les apparence de la vie car il est sous respirateur artificiel). Faut-il tenir compte de la volonté des proches ou non ? Est-il du devoir de l'Etat d'instaurer un droit à la greffe ? La médecine des transplantations ou médecine de remplacement est-elle une médecine comme une autre ? Voici un article du American Journal of Bioethics (AJOB) très documenté et très complet sur la question - sur toutes ces questions. Un tour de table riche qui ne cache rien de la complexité de la situation. On souhaiterait que ce genre d'article soit plus fréquent en France. Pour tout dire, cela ne se trouve pas, du moins pas dans la presse accessible grand public, mais dans les revues ou ouvrages spécialisés en éthique, peu ou pas du tout lus par le grand public ... Que signifie le consentement éclairé au don de ses organes sans information ? En France, à part quelques spécialistes en éthique qui travaillent ... pour leurs collègues, peu de gens ont envie de se poser la question, qui n'est d'ailleurs jamais d'actualité. Saluons au passage l'initiative du Centre d'Ethique Clinique de Cochin (CEC) qui a sorti au printemps 2010 un livre d'éthique pour le grand public, et celle de l'auteur principal de la loi sur les droits des malades en fin de vie, le Dr. Jean Leonetti, qui a publié en janvier 2010 chez Plon un livre de bioéthique à l'intention du grand public. D'après mon enquête chez Plon lors du salon du livre en mars 2010, ce dernier livre n'a pas encore rencontré le succès mérité auprès du grand public. Voici un challenge pour moi ... En France, on préfère parler des retraites, de la poussière de volcan, de l'expo en Chine, de la (non ?? -)contagion de l'Union Européenne par les difficultés grecques, gravissimes pour toute l'Europe. On oublie un peu trop vite que plus de 12 greffes sont réalisées chaque jour en France, et qu'il en faudrait bientôt quatre fois plus pour répondre à la demande. Mais surtout, que chacun continue à ne pas se poser la question tabou : la médecine de remplacement est-elle une médecine comme une autre ?Les réponses à la pénurie de "greffons" doivent-elles passer par la seule transplantation, ou doit-on de toute urgence mettre en place des appareils pour assister le coeur défaillant, utiliser des cellules souches pour réparer le foie, faire plus de prévention en ce qui concerne l'insuffisance rénale, trouver des solutions pour que la dialyse à domicile puisse se généraliser, alors que les conditions à l'heure actuelle ne sont pas réunies pour rendre la dialyse plus supportable, moins invalidante et moins douloureuse sur la durée ? Les deux tiers des quelque 15.000 patients en attente de greffe en France attendent un rein, en supportant une dialyse invalidante en attendant ... une greffe ? La durée moyenne de vie d'un greffon rénal, c'est 9 à 10 ans, parfois moins. De combien de greffes rénales un patient en insuffisance rénale terminale aura-t-il besoin au cours de sa vie ? ...
"A New York assemblyman has introduced a bill aimed at making the state the first to presume people want to donate their organs unless they specifically say otherwise. Under current law, people give permission to donate their organs by checking a box on their driver’s licenses or filling out a donor card.

The legislation, introduced by Assemblyman Richard Brodsky, a Westchester Democrat, is in two parts: the first step would end the right of the next of kin to challenge the decisions of their dead or dying relatives to donate their organs.

In a second measure, which is far more contentious, people would have to indicate in official documents — their driver’s licenses, most commonly — that they specifically don’t want to donate organs. If the box is not checked, it is presumed the person wants to donate.

What are the ethical and practical issues involved in changing the law? Is a 'presumed consent' system an effective way to increase the number of organs available, and thus save lives, or will it deter public support for donation?"

Arthur Caplan, professor of bioethics
Kieran Healy, sociologist
Sally Satel, American Enterprise Institute
Elaine Berg, New York Organ Donor Network
Mary Ann Baily, Hastings Center

Source:
http://roomfordebate.blogs.nytimes.com/2010/05/02/should-laws-encourage-organ-donation

Un nouveau livre pour spécialistes sur la "greffe du visage" !

Bernard_Devauchelle (2)

Pr. Bernard Devauchelle, pionnier de la greffe des tissus composites de la face. "L'ouvrage qu'il publie ce jeudi 6 mai 2010 rappelle les progrès de la science qui ont permis la greffe du visage et les questions posées aujourd'hui. Le professeur Bernard Devauchelle, chirurgien amiénois de la première greffe de visage publie 'La fabrique du visage', qui souligne l'importance de notre visage et de sa transformation dans notre identité. Le professeur Bernard Devauchelle était l'invité du 19-20 Picardie mercredi 5 mai.

==> Voir la vidéo.

Source :

http://nord-pas-de-calais-picardie.france3.fr/info/picardie/le-professeur-devauchelle-sort-un-livre-62908107.html

Colloque don d'organes, Université Paris 7, 21 novembre 2009

D O N D ’O R G A N E S , E V O L U T I O N H U M A I N E ? Colloque organisé par le Centre Recherche Psychanalyse et Médecine sous la direction d’Alain Vanier - www.crpm.univ-paris7.fr


==> Lire. (PDF, 632 Ko)

Congrès réanimation 19 Novembre 2009 : "Consensus Sfar-SRLF 2009" : "Mieux vivre la réanimation"

Consensus Sfar-SRLF 2009 : "Mieux vivre la réanimation" - 19/11/2009, Paris (Espace Marceau, 12 avenue Marceau, 75008 Paris)

==> Programme

Source :
http://www.sfar.org

DIU de Neuroréanimation (Grenoble - Nancy)

DIU de Neuroréanimation - Organisé par le Pr. JF Payen (Grenoble 1) et le Pr. G Audibert (Nancy 1) - Du 1er octobre 2009 au 30 juin 2010
Programme et renseignements

UNIVERSITE JOSEPH FOURIER, GRENOBLE 1 – UNIVERSITE HENRI POINCARE, NANCY 1
DIPLOME INTER-UNIVERSITAIRE de NEUROREANIMATION
Année universitaire 2009-2010
OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
 "Maîtriser les bases théoriques et pratiques nécessaires à la prise en charge des patients ayant une détresse neurologique grave à leur admission ou au cours de leur séjour en réanimation."
 "Permettre une formation complémentaire des différents spécialistes (anesthésiste-réanimateur, réanimateur, urgentiste, et tout spécialiste concerné) confrontés à cette prise en charge pour que les différents acteurs de l’équipe multidisciplinaire de prise en charge d’un patient cérébro-lésé partagent un socle commun de connaissances."
MODALITES D’ENSEIGNEMENT DU DIPLÔME
"L'enseignement est organisé conjointement par les universités de Grenoble 1 (Pr J-F Payen) et Nancy I (Pr G Audibert). Cet enseignement est créé sous l’égide de l’Association de NeuroAnesthésie Réanimation de Langue Française (ANARLF), et comprend une commission pédagogique nationale : Pr N Bruder (Marseille), Dr F Dailler (Lyon), Dr B Fauvage (Grenoble), Pr PM Mertes (Nancy), Dr B Vigué (Kremlin-Bicêtre). L’enseignement se déroule sur une année universitaire. Il comporte un enseignement théorique et pratique de 90 heures et un stage de 10 demi-journées adapté en fonction de l'expérience professionnelle."
1. Enseignement théorique (70h)
 "3 séminaires (60 h) à Lyon repartis sur 8 journées d’enseignement: Janvier 2010, Mars 2010 et Mai 2010"
Contenu de l’enseignement :
- "Physiopathologie cérébrale, imagerie, électrophysiologie, examen du patient cérébro-lésé"
- "Principes thérapeutiques, accident vasculaire cérébral, infections neuroméningées, complications postopératoires"
- "Pathologie traumatique, neuropathies périphériques, mort encéphalique, éthique"

==> Lire la suite

Source :
http://www.sfar.org

Un IIIe cycle de bioéthique sous le patronage de Jérôme Lejeune

Entretien avec le Pr Emmanuel Sapin, chef du service de chirurgie pédiatrique au CHU de Dijon.

"Pour préparer la révision des lois de bioéthique, la Fondation Jérôme-Lejeune a lancé, en coopération avec l’Institut politique Léon-Harmel, le troisième cycle de bioéthique Jérôme-Lejeune. Dans le but de former les consciences et d'armer les professionnels face aux défis posés par la médecine moderne, dans une perspective personnaliste, elle propose dès septembre 2008 des modules spécifiques. Intervenant dans cette formation, le Pr Emmanuel Sapin, chef du service de chirurgie pédiatrique au CHU de Dijon, répond à nos questions.

LIBERTE POLITIQUE. — Vous avez accepté de participer à ce 3e cycle, quel est pour vous l'enjeu d'une formation de bioéthique ?"

"[Professeur EMMANUEL SAPIN] : Pour bien appréhender l’enjeu de cette formation en bioéthique, il faut mesurer l’importance de plusieurs facteurs qui dominent l’état d’esprit actuel de notre société, et admettre que nous en sommes nous-mêmes plus ou moins imprégnés. Ainsi, la réaction émotionnelle domine la raison et l’effort d’approfondissement d’un sujet délicat, le témoignage prime le raisonnement (plus vivants et interactifs, y compris dans les colloques chrétiens), et les cas particuliers sur lesquels on s’émeut, occultent la réflexion politique et éthique et le sens de notre responsabilité collective. L’affectif a pris le pas sur la sagesse.

D'autre part l'accélération de la vie, couplée aux progrès techniques, conduit à confondre la question 'peut-on faire cela ?' sur le plan moral, éthique, avec 'peut-on faire cela ?' sur le plan technique.

L'aspect multi-culturel de nos sociétés, et la mondialisation (en particulier des média) conduit au relativisme, aux vérités transitoires avec la recherche du consensus. Les enjeux économiques supplantent la prise en compte de la personne, et le critère devenu fondamental de qualité de vie prime parfois sur le respect de la vie. Ce sont autant de facteurs qui expliquent l’évolution politique et juridique de la société actuelle.

Il est par conséquent essentiel qu’une formation rigoureuse et un éclairage de sagesse soient portés sur tous les aspects touchant le respect de l’homme, le respect de la vie. C’est l’objectif d’une formation telle que celle proposée par l’Institut politique Léon-Harmel et la Fondation Jérôme-Lejeune.

Pensez-vous que cette formation peut aider à des prises de décision dans le domaine professionnel, notamment pour les personnels de santé ? Est-ce un complément utile aux études de médecine ?

Les études médicales restent, et sont de plus en plus techniques, bien que certaines réalités de la personne soient abordées dans l’enseignement tels la souffrance, les soins palliatifs, la vieillesse... Des efforts sont faits pour dépasser les connaissances pures vers le raisonnement, l’élaboration de protocoles et l’importance de l’information aux patients. Cette information 'protocolée', en réaction à la 'médecine paternaliste' qui a prévalut si longtemps, ne respecte pas toujours, loin de là, la personne. Ce troisième cycle de bioéthique peut mettre en valeur une troisième voie, intermédiaire, d’information en vérité sur la situation, mais adaptée à la personne concernée, ce qui correspond bien au regard de l'Église sur les soins prodigués à la personne souffrante.

Je pense que l'intérêt d'une formation éthique, en plus d'une formation médicale, est de donner une profondeur de réflexion. Cela permet, face à des situations très douloureuses, de prendre du recul et pouvoir poser un regard de vérité sur la personne, l’individu que l’on a en face de soi, dans toute sa dimension physique (corporelle et psychique), culturelle et spirituelle, et, par la dimension chrétienne de cette formation, un regard de miséricorde. Savoir ce qui est vrai et bon nous fait être en vérité, être à l'écoute du patient et nous donne une force intérieure qui permet de ne pas se sentir agressé dans des situations difficiles. Le personnel soignant, les médecins en particulier, qui sont bien souvent sincères quant à leurs intentions, peuvent vivre comme un jugement de conscience la remise en question de leur implication et le bien fondé de leur choix.

En quoi ces fondamentaux éthiques, dans votre pratique médicale, vous ont aidé à faire un choix difficile ?

Cette réflexion permet de refuser avec sérénité certaines décisions même sur le plan organisationnel. Par exemple, la direction de l’hôpital avait décidé qu'il y aurait un bloc opératoire commun pour l'hôpital d'enfants où j'opère et le service de gynécologie-obstétrique où ont lieu les avortements. J'ai refusé cette confusion. Je voulais que, même adossés, mitoyens, ces deux blocs soient distincts. Ainsi, à chacune des réunions avec la direction, les différents acteurs médicaux, paramédicaux, et les architectes, j’intervenais systématiquement pour redire par oral et corriger sur les plans le terme 'bloc opératoire mère-enfant' par l’appellation 'plateau technique des blocs opératoires'. Cela peut paraître futile mais, pour moi, cela me paraissait essentiel.

Ce fut difficile, répétitif et a duré jusqu’à ce que le projet du plateau technique des blocs opératoires voit le jour. Il eut été plus simple de laisser les choses se faire et paraître moins désagréable et obtus. Bien des aspects cependant plaidaient pour une distinction quand les enjeux financiers, prépondérant, réclamaient une structure unique. J’avais l’intime conviction du bien fondé de mon refus, même seul, et, afin d’expliquer ce qui sous-tendait, avant toute autre considération, mon opiniâtreté, j'ai écrit au directeur pour lui expliquer qu’il était impossible de concevoir que dans deux salles d’opération voisines du même bloc opératoire, on passe, dans l’une, des heures à opérer un enfant de malformations, qu’on se batte contre la maladie et la mort, pendant que dans la salle voisine plusieurs IVG avaient lieu. Aujourd'hui il y a un plateau technique communiquant, mais avec deux blocs opératoires distincts. Il y a une visibilité de nos deux services, pas de confusion possible, et c'est important.

Les décisions que vous devez prendre vont parfois contre l'avis de vos confrères. Comment réagissent-ils ? Comment parvenez-vous à garder votre liberté ? Comment réagissent les parents de vos petits patients ?

Mes confrères me demandent parfois ce que je pense de telle situation. Certains m'ont exprimé leur perplexité par rapport aux chrétiens : 'ce n'est pas clair ce que vous pensez les chrétiens, certains font et disent le contraire de ce que d'autres professent.' Ceux qui sont les moins tolérants face à mes choix sont bien souvent ceux qui ont reçu, par leur famille, leur éducation, les mêmes principes, mais ne les mettent pas en pratique. D'ailleurs quand vous vous opposez à une décision, on vous cite toujours le cas d'un chrétien qui, lui, a accepté.

Or on ne peut pas vivre de façon schizophrène : penser chrétien d'un côté et vivre professionnellement comme si on ne l'était pas. Si le Christ est vivant, il n’est pas présent qu’à la messe ! Cette formation de bioéthique peut aider à unifier son comportement en donnant les arguments nécessaires. Elle doit aider à grandir dans la liberté en faisant prendre conscience que la sincérité n'est pas forcément synonyme de vérité. En effet, tous, nous pouvons nous laisser imprégner par ce que l'on entend quotidiennement. Il nous faut toujours revenir à ce que la raison, et la Foi pour les croyants, nous enseignent.

Quand j'étais à Saint-Vincent-de-Paul, participant depuis plusieurs années à un programme d’expérimentation animale de chirurgie fœtale sur le macaque, il a été proposé comme sujet de recherche, à l’occasion de l’assemblée générale de l’association, une étude de greffe de foie fœtal. Pour des raisons principalement financières, cette recherche serait couplée à celle déjà en cours que je faisais sur le traitement fœtal d’une anomalie du tractus urinaire. Le rapporteur du projet, avec lequel j’entretenais des rapports tout à fait cordiaux, proposait en public ma participation à cette nouvelle étude. Or cette étude sur le macaque avait pour objectif, si elle était couronnée de succès, l’application humaine avec l’utilisation d’organes fœtaux. Devant tout le monde, j'ai dû interrompre l’orateur pour signifier que je ne ferais pas ces recherches pour des raisons éthiques. Je ne doutais pas de la sincérité de celui qui proposait cette étude mais mon refus surprit. On m’allégua ensuite que l’on pouvait utiliser des fœtus humains anencéphales, car ils n’étaient pas de vrais être humains, propos recueillis de l’avis d’un prêtre spécialisé en éthique ! Tel n’était pas mon point de vue. Ce fut un coup d’arrêt aux divers projets mais sans rancune, des liens d’amitié et de respect s’étant déjà tissés depuis des années.

Et avec les parents ?

Avec les parents je dois être à l'écoute. Quand le pronostic est grave je le leur dis et quand ils me demandent s'ils doivent avorter, je leur réponds que j'ai seulement dit que le pronostic était grave. Je me souviens de parents, à qui le gynécologue consulté initialement avait dit qu’à leur place, il interromprait et en 'ferait' un autre, qui m'ont demandé : 'Mais vous, Docteur, si c'était votre enfant, qu'est-ce que vous feriez ?' Je me suis levé, j'ai enlevé ma blouse blanche et je leur ai répondu : 'Avec ma femme, nous en avons parlé et je pense que si un jour cela nous arrivait, nous garderions l'enfant.' Et j'ai expliqué pourquoi. Ces parents m'ont dit : 'Vous êtes le défenseur de notre bébé.' Mais ils ne se pensaient pas le courage de le garder et ils ont quand même décidé d'avorter. Je leur ai conseillé de donner tout de même un prénom à cet enfant, ce qu’ils ont fait. À la naissance de leur second enfant, je crois que j'ai été la première personne à être prévenue... après le père. Ils n'ont pas oublié leur premier enfant.

Quand vous réagissez en vérité les parents n'ont pas de réaction négative, surtout quand ils sentent que vous les respectez profondément.

Une autre fois un peu différente, un couple est venu me voir avec un enfant souffrant de graves malformations qui n'avaient pas été décelées avant la naissance. Il avait des malformations à la colonne vertébrale, à l'estomac, à l'anus, aux organes génitaux, une anomalie du bras. Le père ne décolérait pas. Il m'a énuméré toutes ces malformations, fou furieux, signifiant que s’ils l’avaient su avant la naissance, ils auraient avorté, tandis que la mère restait tête baissée. Quand j'ai pris la parole, après avoir donné quelques renseignements sur les perspectives de traitement et d’évolution, organe par organe, j’ai dit au père :
'Maintenant si vous voulez bien, on va parler de votre fils Paul [1], parce qu'on a beaucoup parlé de ses organes, mais votre fils lui on n'en a pas parlé.'
La mère alors a relevé la tête, et le père s'est assis et s'est mis à pleurer. Aujourd'hui cet enfant est premier de sa classe, il a beaucoup de problèmes, je l'ai opéré plusieurs fois, mais il est devenu la plus grande fierté de son père à qui il ressemble beaucoup !

Quand des jeunes professionnels de la santé viennent vous demander conseil sur des questions d'éthique, quelles sont leurs questions les plus courantes ?

Les élèves sages-femmes sont confrontées au cours de leur formation à la nécessité de participer à des avortements. Quand elles me demandent ce qu'elles doivent faire, je leur réponds que si on les oblige à aller dans la salle, elles peuvent y aller mais rester les bras croisés, collées au mur, et ne participer en rien à l'opération. Elles ne doivent même pas passer une compresse. Elles ne pourraient intervenir que si la vie de la mère était en danger. Elles savent qu'elles risquent ainsi de ne pas voir valider leur stage et qu'elles risquent donc de redoubler. Elles sont les héros des temps modernes et je le leur dis. Les deux élèves qui m'ont demandé cet avis et l'ont suivi, ont été reçues.

Une autre fois, c'est une infirmière de région parisienne qui m'a contacté car son chef de service lui avait demandé de pousser la seringue pour accélérer la mort d’un bébé qui devait mourir. Elle a refusé et m'a dit ensuite avoir vécu 'l'horreur' dans son service. Les autres infirmières lui en voulaient, notamment celle qui obéi à sa place. C’était elle qui était sans cœur... Elle était bouleversée, et déstabilisée. Je lui ai dit qu’elle avait eu raison et que c'était son rôle, lui expliquant l'importance de sa décision. À la suite de son refus, il y a eu une réunion de crise dans le service en question. Elle a expliqué son geste et finalement les infirmières l'ont soutenue, deux médecins musulmans aussi et le chef de service s'est retrouvé en minorité. Il n'avait pas imaginé qu'il rencontrerait une opposition, pensant que tous pensaient comme lui.

Que souhaitez vous transmettre en priorité aux élèves du 3e cycle Jérôme-Lejeune ?

Je souhaite étudier avec eux la morphogénèse, l'évolution de l'être humain avant la naissance, cette réalité de l'être qui dépasse l'apparence, la forme visible. Je voudrais aussi montrer que le support physique est constitutif de l'être et que ce n'est pas contradictoire avec l'expression de notre volonté et de notre liberté : les émotions par exemple passent par des médiateurs chimiques et cela ne nous empêche pas d'aimer avec notre volonté.

J'aimerais aussi montrer aux étudiants combien cette formation peut les aider à exercer leur métier en leur donnant les fondamentaux nécessaires pour prendre des décisions pleines d'humanité, pour rester dans la vérité sans omettre la miséricorde, comme nous le rappelle saint Jacques : 'Mais la miséricorde se moque de la justice.'

Enfin je ne voudrais pas finir ce propos sans profiter de cette tribune qui m’est donnée, et j’aurais pu commencer par cela, pour dire le grand respect que je garde pour Jérôme Lejeune. C’est un homme de bien que j’ai eu la chance de connaître et dont je garde en mémoire les qualités humaines, la rectitude, l'honnêteté, la franchise de son regard. Il alliait des qualités scientifiques indéniables et un humanisme qui en faisait l’héritier de la pensée française, celle qui a rayonné dans le monde, faite de finesse, de clarté de raisonnement, de courtoisie et de clairvoyance. J’ai eu le privilège d’avoir auprès de lui une écoute attentive et une confiance affectueuse. Son témoignage de recherche de la vérité, son opiniâtreté dans l’espoir des avancées constructives de la science et sa foi indéfectible en l’espérance restent pour moi des messages vivants.

Le travail de soutien moral et financier de la Fondation qui porte son nom pour de nombreux projets de recherche dans des domaines abandonnés le plus souvent par les instances publiques, et les objectifs de l’enseignement de 3e cycle de bioéthique avec l’organisation de l’Institut politique Léon-Harmel sont des extensions naturelles de ses travaux et réflexions qui ont été, avec sa famille, au cœur de ses préoccupations permanentes au service de la vie humaine."
[1] Le prénom a été modifié.

Source :
http://www.libertepolitique.com

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Le IIIe cycle de formation bioéthique Jérôme-Lejeune

La formation est assurée par des professionnels de la santé, juristes, philosophes, psychanalystes, notamment :
Mgr Tony Anatrella, psychanalyste

Dr JM. Gomas, médecin coordinateur de l’unité fonctionnelle Douleur et Soins palliatifs de l’APHP

M. Fabrice Hadhadj, professeur de philosophie et écrivain

Pr. Alain Lejeune, président de la Fédération internationale des pharmaciens catholiques

Mme Marguerite Peeters, éthicienne, directrice d’Interactive Information Service

Me Jean Paillot, avocat

Pr. Emmanuel Sapin, chef du service de chirurgie pédiatrique au CHU de Dijon.

Mme Monette Vacquin psychanalyste

Dr Pauline de Vaux, addictologue.

Les cours débutent en septembre 2008 avec les modules abordant les sujets les plus emblématiques, ils sont répartis sur 2 jours consécutifs par mois :
l’embryon : statut biologique et philosophique de l’embryon, fécondation in vitro, problématiques de la gestation pour autrui et de l’homoparentalité, diagnostic préimplantatoire;

la grossesse : interruption volontaire de grossesse (IVG) et interruption médicale de grossesse (IMG) : historiques, statistiques, législations en France et à l’étranger, syndrome post avortement, maisons d’accueil, problématique de l’homicide involontaire du fœtus et de l’infanticide ;

le dépistage : dépistage prénatal (DPN) : organisation, techniques, cas paradigmatique de la trisomie 21, eugénisme démocratique

le clonage : clonage reproductif et scientifique, enjeux des cellules souches et du clonage embryonnaire

la fin de vie : réflexion éthique sur la mort, euthanasie, suicide, organisation des soins palliatifs en France, testaments de vie et déclaration anticipée, loi du 22 avril 2005.

Renseignement et inscriptions
IIIe cycle de bioéthique Jérôme-Lejeune
Institut politique Léon Harmel
176, rue du Temple - 75003 PARIS
Tél. : 08 77 97 57 86
Inscriptions :
Tél. : 06 25 37 62 83
www.iplh.fr

Préparer la révision des lois de bioéthique avec le 3ème cycle d’éthique médicale "Jérôme Lejeune"

"Les enjeux de la prochaine révision des lois de bioéthique seront complexes et déterminants : cette nouvelle législation orientera fondamentalement notre société en matière de santé et de recherche. Les débats qui précèderont cette révision, organisés dans le cadre d’Etats Généraux en 2009 interpelleront tous les citoyens, et en priorité les professionnels de la santé, les acteurs publics, conseillers, étudiants et responsables de formations impliquant une dimension éthique.

Dans cette perspective, l’Institut politique Léon Harmel et la Fondation Jérôme Lejeune ont créé un 3ème cycle d’éthique médicale. Le jeudi 11 septembre 2008 débuteront les modules abordant les sujets les plus emblématiques :
- l’embryon : statut biologique et philosophique de l’embryon, fécondation in vitro, problématiques de la gestation pour autrui et de l’homoparentalité, diagnostic préimplantatoire;
- la grossesse : interruption volontaire de grossesse (IVG) et interruption médicale de grossesse (IMG) : historiques, statistiques, législations en France et à l’étranger, syndrome post avortement, maisons d’accueil, problématique de l’homicide involontaire du fœtus et de l’infanticide ;
- le dépistage : dépistage prénatal (DPN) : organisation, techniques, cas paradigmatique de la trisomie 21, eugénisme démocratique ;
- le clonage : clonage reproductif et scientifique, enjeux des cellules souches et du clonage embryonnaire ;
- la fin de vie : réflexion éthique sur la mort, euthanasie, suicide, organisation des soins palliatifs en France, testaments de vie et déclaration anticipée, loi du 22 avril 2005.

La formation est assurée par des professionnels de la santé, juristes, philosophes, psychanalystes, notamment :
- Mgr Tony Anatrella, psychanalyste ;
- Dr JM. Gomas, médecin coordinateur de l’unité fonctionnelle Douleur et Soins palliatifs de l’APHP ;
- M. Fabrice Hadhadj, professeur de philosophie et écrivain ;
- Pr. Alain Lejeune, président de la Fédération internationale des pharmaciens catholiques ;
- Mme Marguerite Peeters, éthicienne, directrice d’Interactive Information Service ;
- Me Jean Paillot, avocat ;
- Pr. Emmanuel Sapin, chef du service de chirurgie pédiatrique au CHU de Dijon. Le professeur Sapin a collaboré à la 1ère intervention chirurgicale mondiale sur un fœtus in utero ;
- Mme Monette Vacquin psychanalyste ;
- Dr Pauline de Vaux, addictologue.

Les cours débuteront le jeudi 11 septembre 2008, à raison de 16H par mois réparties sur 2 jours consécutifs : le jeudi après-midi de 13H à 22H et le vendredi de 8H à 17H.

L’acquisition des connaissances et des savoir-faire est validée par un contrôle continu des examens par module, et par un mémoire de fin d’étude. A l’issue de la formation (sur deux années), si la totalité des modules a été validée, les élèves sont titulaires d’un certificat de 3ème cycle d’éthique médicale (certificat de formation professionnelle continue) ou d’un diplôme de 3ème cycle d’éthique médicale (diplôme de l’institut EPES)."

Institut Politique Léon Harmel
176, rue du Temple - 75003 PARIS
Tél. : 08 77 97 57 86
Inscriptions : 06 25 37 62 83
www.iplh.fr

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