Merci de ne PAS poster de messages concernant la vente d'un organe et comportant des coordonnées téléphoniques, e-mail, etc. La loi française interdit la vente d'organes.

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Greffe rénale : vers une extension du "pool" de donneurs vivants ?

Pour que cette méthode soit utilisée, il faudrait étendre le "pool" des donneurs de rein vivants. Car on ne voit pas très bien comment on va prélever de la moelle osseuse chez un patient en état de mort encéphalique sans risque pour le receveur ... A moins de prélever cette moelle sur un "cadavre" si frais qu'il n'est plus un cadavre du tout, donc moins de risques pour le receveur mais problèmes éthiques et déontologiques de taille sur le plan du constat de décès du "donneur" ... D'autre part, le sang du cordon ombilical et le sang placentaire sont appelés à remplacer la moelle osseuse dans le traitement de certaines leucémies ...



Vers des greffes d'organes sans risque de rejet ?Aux Etats-Unis, une méthode a été trouvée pour limiter le risque de rejet des greffons par le système immunitaire des receveurs.
Par la greffe préalable de cellules souches de sang issues de la moelle osseuse d’un donneur d'organe sur un patient receveur, une équipe de l’Institut de thérapie cellulaire du Kentucky a pu greffer un rein de ce même donneur sur ce receveur.
La prouesse réside ici dans le fait que le receveur n’a pas eu besoin de "traitements immunosuppresseurs antirejet" une fois la greffe réalisée; son système immunitaire a en effet subi au préalable une préparation – la greffe de cellules souches de la moelle osseuse – pour accepter le greffon.
Selon la revue Science Translational Medicine il faudra plusieurs années avant de pouvoir juger de l’intérêt thérapeutique de cette avancée, la procédure étant plus délicate avec des organes vitaux tels que le cœur ou le poumon. Cependant, des experts pensent que des maladies du sang pourraient être traitées de la même manière (anémie, drépanocytose), ces maladies nécessitant également des greffes de moelle osseuse.
 
Science et Avenir.fr (Joël Ignasse) 13/03/12 - Sante.lefigaro.fr (Tristan Vey) 12/03/2012

Source :
http://www.genethique.org/revues/revues/2012/Mars/19_03_12.html#2

Suisse: augmentation du don de rein de son vivant

"Après deux greffes de rein réussies coup sur coup aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), qui fêtent le 40e anniversaire de la transplantation, une plate-forme se met en place pour coordonner les dons croisés à Genève. Cette dernière sera opérationnelle l'an prochain. En Suisse, un millier de patients ont besoin d'une greffe de rein et sont en liste d'attente pour un organe d'un donneur décédé.

Le don croisé se pratique entre deux 'couples donneur-receveur', ont précisé lundi les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), qui fêtent le 40e anniversaire de la transplantation (...) et s'associent le 22 octobre à la Journée européenne sur le don d'organes. Il permet à chaque donneur de venir en aide, indirectement, à la personne qui lui est proche et qui se trouve en attente d'une greffe, en faisant don de l'un de ses reins au receveur de l'autre 'couple'.

Alors que la Suisse se distingue déjà dans la greffe de rein à partir de donneurs vivants, qui représentent 60 pour cent des interventions, le reste des greffes sont réalisées à partir de donneurs décédés. Les dons croisés ouvrent donc de nouveaux horizons pour cette pratique.

Un milliers de patients en attente

En Suisse, un millier de patients ont besoin d'une greffe de rein et sont en liste d'attente pour un organe d'un donneur décédé. Le temps d'attente ne cesse de s'allonger - à quatre ans en moyenne - alors que le nombre de greffes pratiquées demeure stable.

Le développement des greffes croisées de rein doit permettre d'augmenter de 30 pour cent le nombre de donneurs de rein vivants. Cette pratique autorisée par la loi suisse sur la transplantation représente donc un véritable espoir pour les malades en attente d'une greffe."

http://www.tsr.ch/info/sciences-tech/3518639-a-geneve-les-dons-d-organes-seront-coordonnes.html

Greffe rénale à partir de donneur vivant : le plaidoyer du Pr Georges Mourad

CHU Montpellier, vendredi 29 juillet 2011 - Transplantation rénale au CHU de Montpellier

"'Comparés aux taux de 50% aux USA ou de 40% en Norvège, les 8% de greffes de rein réalisées à partir de donneurs vivants en France attestent du retard pris par notre pays', déplore le Pr Georges Mourad, responsable de l'équipe Néphrologie et Transplantation. Un chiffre qui a peu augmenté depuis 2004. En cause : le cadre restrictif de la loi de bioéthique qui limite le don du vivant à la famille proche (parents, enfants, oncles, tantes et conjoints). Dans ces conditions, comment faire pour atteindre l’objectif de 20% fixé par l'Agence de Biomédecine ? Le Pr Georges Mourad commente la nécessaire évolution législative et le travail essentiel d’accompagnement et d’information des équipes.

La greffe rénale est le traitement de choix de l'insuffisance rénale chronique au stade V : en termes de qualité de vie ou d'espérance de vie, ses résultats sont nettement supérieurs à la dialyse. De plus, le coût d'une greffe rénale est largement inférieur à celui de la dialyse.

Autre argument qui plaide en faveur de la greffe à partir de donneurs vivants : . la survie actuarielle des greffes réalisées à partir de donneur vivant est de 10 à 15% supérieure à celle des greffes réalisées à partir de donneurs décédés (80 vs 65% à 5 ans). En dehors d'un risque opératoire indiscutable mais au demeurant extrêmement faible (3/10 000 néphrectomies aux USA), les donneurs ont une survie superposable à la population générale sans complication au long cours. Enfin, depuis une dizaine d'années, le prélèvement rénal est fait par voie coelioscopique, ce qui diminue les douleurs post-opératoires, les problèmes de cicatrisation et la durée d'hospitalisation.

Pour atteindre l’objectif de 20 pour cent de transplantation rénale à partir de donneurs vivants, une série de mesures ont été ou sont en passe d’être déployées

Les textes réglementaires viennent d’être modifiés afin d’élargir le cercle des donneurs vivants potentiels aux personnes liées affectivement, comme cela se pratique dans certains pays européens ou aux USA. Grâce à l'action conjointe des associations de patients et de nombreuses sociétés savantes, ceci vient d'être fait et la nouvelle loi de bioéthique stipule que 'le don est possible pour toute personne pouvant apporter la preuve d'un lien affectif étroit et stable depuis au moins deux ans avec le receveur'. Il s'agit là d'une avancée spectaculaire témoignant de la confiance du législateur dans les valeurs de solidarité, d'amour et de compassion qui peuvent unir les citoyens.

La révision des lois de bioéthique a également rendu possible le développement des dons croisés : si par exemple un père du groupe sanguin A ne peut pas donner un rein à son enfant qui est du groupe O, il pourra donner à un receveur du groupe A dont le donneur serait du groupe O, et ce donneur O pourra donner à l'enfant O. Cela se fera évidemment de façon tout à fait officielle et transparente sous l'égide de l'Agence de Biomédecine. La mise en route d'un tel programme demande donc un investissement logistique, juridique et institutionnel très important.

Une information objective sera donnée très précocement aux patients, à leurs familles et à leurs médecins traitants concernant les risques (minimes) pour le donneur et les avantages (majeurs) pour le receveur, une étape essentielle pour la réussite de ce projet. Si l'on veut que dans les cinq ans qui viennent, les greffes rénales à partir de donneurs vivants représentent 20 pour cent du total, la mobilisation de tous les acteurs (patients, familles, associations de patients, médecins traitants, néphrologues, chirurgiens, personnel paramédical etc…) est essentielle. Vu la pénurie chronique de greffons et l'augmentation régulière du nombre de patients sur liste d'attente, les proches doivent être informés que le don d'un rein est un geste chirurgical très peu risqué et que ce geste de solidarité et d'amour peut radicalement transformer l'état de santé du malade.

Enfin, l'activité de transplantation rénale, exclusivement réservée aux CHU, nécessite la présence permanente d'une équipe médico-chirurgicale compétente, motivée et disponible, travaillant dans une structure hospitalière où tous les moyens diagnostiques (laboratoires d'immunologie, de biologie, d'anatomo-pathologie, services d'imagerie etc…) et toutes les thérapeutiques sont disponibles 24H/24. Un dossier de greffe à partir de donneur vivant nécessite environ 3 fois plus de travail qu'un dossier à partir de donneur décédé (examens du donneur, entretiens psychologiques etc…).

Le CHU de Montpellier, avec 120 à 130 transplantations rénales annuelles dont 8 à 10 pour cent de donneurs vivants, se prépare à atteindre, dans le cadre du projet médical 2011-2015, 150 à 160 transplantations annuelles, dont 20 pour cent de donneurs vivants, et se maintenir ainsi parmi les leaders français dans le domaine de la transplantation rénale."

D’après un article du Pr Georges Mourad publié dans l’hospit@’lien, n°11 – été 2011, l’hospit@’lien est la newsletter du CHRU de Montpellier destinée aux professionnels de santé
http://www.reseau-chu.org/les-articles/article/article/greffe-renale-a-partir-de-donneur-vivant-le-plaidoyer-du-pr-georges-mourad/

Contact : CHU Montpellier
BOULET Gilles
Service communication.
Centre administratif André BENECH
191 avenue du doyen Gaston Giraud
34295 MONTPELLIER CEDEX 5
Tel : 04 67 33 93 43
Email : communication@chu-montpellier.fr
Site : http://www.chu-montpellier.fr/
Standard : 04 67 33 67 33

Prochain lancement d'un 2e plan greffe pour 2012-2017

"Lors de la 11e journée nationale de réflexion sur le don d'organes et la greffe, le 22 juin 2011, la secrétaire d'Etat à la santé Nora Berra a annoncé le prochain lancement d'un 2e plan Greffe pour la période 2012-2017. Voulant 'faire de la greffe une priorité', elle souhaite que le taux d'opposition au prélèvement d'organes après la mort en France passe de 30 à 15% comme c'est par exemple le cas en Espagne et au Portugal. Afin d'atteindre cet objectif, les établissements devront 'améliorer leurs conditions d'information, d'accueil et d'annonce auprès des proches'. Une formation de toute la chaîne des professionnels et non plus des seules équipes spécialisées sera pour cela requise, a expliqué Nora Berra qui souhaite que les indicateurs relatifs aux résultats des établissements, tant quantitatifs que qualitatifs, soient publiés sur les site du ministère de la santé. Des appels d'offres 'dédiés au domaine de la greffe' seront lancés afin d'encourager la recherche et 8 millions d'euros seront investis dans la mise en place du suivi, pendant 12 ans, d'une cohorte de 3600 patients insuffisants rénaux.

A l'occasion de cette journée, l'Agence de la biomédecine (ABM) a également lancé une campagne d'information avec pour slogan 'pour sauver des vies, il faut l'avoir dit' (Cf. Synthèse de presse du 15/06/11). Il s'agit de sensibiliser les Français à la nécessité d'informer leurs proches de leur volonté en matière de don d'organes. Actuellement, il n'existe aucun registre national de donneur mais un registre national de refus pour signifier son opposition à subir des prélèvements après sa mort.

Selon une enquête effectuée en février 2011 par Opinion Way pour la Fondation Greffe de vie, si les 3/4 des Français se disent prêts à donner leurs organes après leur mort, 40 pour cent d'entre eux pensent que la possession d'une carte de donneur suffit à faire connaître leur volonté. Or, cette carte reste indicative et n'a pas de valeur légale. Les médecins interrogent toujours la famille pour confirmer le consentement au don. Incertains de la volonté du défunt, les proches refusent fréquemment le prélèvement.

Sur 15 613 malades en attente de greffe, 4708 greffes ont été réalisées en France en 2010. 92% de ces greffes, ont été effectuées à partir de donneurs décédés et 300 à partir de donneurs vivants. La loi de bioéthique, qui doit être adoptée définitivement le 23 juin 2011, prévoit d'autoriser la pratique du don croisé d'organes afin d'étendre les possibilités de don de rein entre vivants. Le don d'organes entre vivants est également élargi, au-delà de la famille proche, 'aux personnes ayant un lien affectif étroit et stable d'une durée d'au moins 2 ans avec le receveur' (Cf. Synthèse de presse du 01/02/11)."

Le Quotidien du médecin.fr (Stéphanie Hasendahl) 22/06/11 - Le Figaro.fr (Pauline Fréour) 22/06/11 - Liberation.fr 21/06/11 - La Croix 23/06/11
http://www.genethique.org/revues/revues/2011/Juin/23_06_11.html#2

Le projet de loi de bioéthique adopté en 2e lecture au Sénat

Le 9 juin 2011, le Sénat a adopté, en deuxième lecture, le projet de loi sur la bioéthique.

"Les sénateurs ont notamment voté, par 164 voix contre 161, le principe d'interdiction de la recherche sur l'embryon humain, assortie de dérogations, opérant ainsi un revirement par rapport à leur prise de position en première lecture en avril dernier (...) et au sein de la commission de bioéthique du Sénat le 1er juin 2011. L'amendement rétablissant l'interdiction avec dérogations, adopté in extremis à quelques voix près, a été déposé par Jean-Claude Gaudin, président du groupe UMP. Le vote étant conforme à celui des députés, le texte est définitif concernant cette question de l'expérimentation sur l'embryon humain.

La discussion qui a précédé le vote de l'article 23 a été très vive dans l'hémicycle. Certains sénateurs, tel que Bruno Retailleau et Marie-Thérèse Hermange ont souligné 'la transgression anthropologique' que constituerait une autorisation de la recherche sur l'embryon, rejoignant la position du gouvernement. Alain Milon, le rapporteur du texte au Sénat a qualifié le rétablissement de l'interdiction de 'dramatique pour les chercheurs' et déclaré qu'elle 'ne prend pas en compte l'évolution de la société'.

D'autres points ont été adoptés conformément au vote des députés et ne devraient plus évoluer avant le vote final : l'interdiction du transfert d'embryon post mortem et de la gestation pour autrui, l'élargissement du cercle des donneurs vivants d'organes, le maintien de l'anonymat des donneurs de gamètes. L'accès de l'assistance médicale à la procréation restera réservée aux couples hétérosexuels.

Deux points font encore toutefois débat et devront être tranchés en commission mixte paritaire (constituée de 7 députés et de 7 sénateurs) le 15 juin 2011 : le principe de révision de la loi tous les 5 ans et les conditions du dépistage prénatal (DPN). Les sénateurs ont gardé l'obligation pour les médecins d'informer toute femme enceinte sur le DPN mais en modifiant légèrement la précision sur cette information : celle-ci doit être 'adaptée à la situation' de la femme et non plus 'appropriée'."

La Croix (Marine Lamoureux) 10/06/11 - Le Figaro.fr 09/06/11 - Le Quotidien du médecin.fr 09/06/11 - 20minutes.fr 09/06/11 - Le Parisien.fr 09/06/11 - Public Sénat.fr 09/06/11 - Libération 10/06/11 - Nouvelobs.com 10/06/11 - Le Télégramme.com 09/06/11 - Information hospitaliere.com 10/06/11 - Le Point.fr 09/06/11 - Genethique 10/06/11

Don de rein à partir de donneurs vivants

"La Croix publie un dossier sur la greffe de rein à partir de donneur vivant, un des sujets examinés lors du débat parlementaire sur le projet de loi de bioéthique le 8 février 2011. Actuellement, la loi française autorise les greffes d'organes à partir de donneurs vivants pour le rein, le poumon et le foie (pouvant se partager entre deux lobes). En pratique, les greffes de poumons ne sont plus effectuées en France et les greffes de foie ont fortement diminué depuis la mort d'un donneur en 2007. La priorité est aujourd'hui donnée à la greffe rénale.
Le projet de loi relatif à la bioéthique prévoit une nouveauté dans ce domaine : le don croisé d'organes. Plusieurs pays, dont le Royaume-Uni, les Etats-Unis, le Japon et les Pays Bas ont autorisé ce type de don.
Depuis la loi de bioéthique de 2004, le receveur peut bénéficier d'un don s'il vient d'un membre de sa famille nucléaire, de son conjoint ou de toute personne ayant au moins 2 ans de vie commune avec lui. Le candidat au don doit passer de nombreux tests avant pour s'assurer de sa compatibilité immunologique et sanguine avec le receveur. Il est également entendu par un comité de 5 personnes (3 médecins, 1 psychologue et 1 spécialiste des sciences humaines) pour vérifier son consentement libre et éclairé, 'sans aucune pression, ni contrepartie financière'. Près de 30% des candidats au don ne sont pas retenus au final : cette 'sélection' assure la bonne qualité des reins, pouvant être greffés en dehors d'une situation d'urgence. Selon le Pr. Lionel Badet, responsable de la coordination de transplantation rénale aux Hospices civils de Lyon, cette qualité explique aussi le meilleur résultat d'une greffe rénale faite à partir d'un donneur vivant par rapport à une greffe à partir de donneur décédé. Selon le professeur Christophe Legendre, chef du service de transplantation rénale adulte de l'hôpital Necker à Paris, 'la greffe est sans conteste le meilleur traitement' pour les personnes en insuffisance rénale terminale suivant un traitement en dialyse. 'Une dialyse permet de redonner 15 à 20% de la fonction rénale contre 50 à 60% pour une greffe'.
La France apparaît en retrait sur le don de reins à partir de vivants avec 223 prélèvements en 2009 contre 800 au Royaume-Uni et 400 au Pays Bas. Les risques potentiels de ce type de greffes pour le donneur en sont la raison essentielle. 'Dans notre pays, la médecine a toujours été très inspirée par un principe fort : celui de ne pas nuire (non nocere) au patient. C’est une des raisons qui, historiquement, expliquent notre réserve sur les dons du vivant' explique le Dr. Marie Thuong, responsable du pôle stratégie greffe à l'Agence de la biomédecine. Si l'on ne peut éviter tout risque, notamment les risques de complications importantes liés à toute intervention chirurgicale (lesquels se situent entre 0,3 et 1%), des études montrent qu' 'on peut mener une vie tout à fait normale avec un seul rein' sans 'plus de problèmes de santé que la moyenne de la population' explique le Pr. Benoît Barrou, responsable du programme de transplantation rénale à la Pitié-Salpêtrière.
Le don d'un rein n'est jamais un acte anodin, y compris au sein d'une famille. Même dans le cercle familial, 'il peut y avoir des 'pressions' sur le donneur. Mais à tout moment du parcours, celui-ci peut renoncer' explique Jean-Pierre Scotti, président de la Fondation Greffe de vie. Il ajoute que le donneur peut demander au médecin d'évoquer une raison médicale s'il ne veut avoir à expliquer son refus à ses proches.
A l'approche de la révision de la loi de bioéthique, certaines associations, souhaitent que ce don soit élargi aux amis proches du receveur, soit 'toute personne ayant avec le receveur un 'lien affectif étroit et stable''. Pour Yvanie Caillé, cofondatrice de 'Demain la greffe', il ne semble 'pas normal de refuser à un ami proche et motivé le droit de s'engager dans cette démarche altruiste au profit d'une personne qui lui est chère'. Elle estime que la France possède un 'dispositif de contrôle très lourd' suffisant pour 's'assurer des motivations du donneur'. Le député Jean Leonetti s'oppose à cet élargissement soulignant les risques de pression - qui parfois existent déjà dans les familles - et de marchandisation. Evoquant quelques cas où des membres 'fictifs' d'une famille se sont présentés comme candidat au don, sans doute moyennant compensation financière, il prévient que 'c’est ce risque de marchandisation qui pourrait se produire si nous autorisons le don pour des personnes ayant un lien affectif étroit et stable' avec le receveur. Comment être certain, dans tous les cas, que ce lien affectif est bien réel ? Comment être sûr que cet 'ami' n’est pas en réalité une personne à qui on aura proposé d’acheter un rein ? Ces questions légitimes doivent selon lui 'nous inciter à ne pas voter cet élargissement'."
La Croix (Pierre Bienvault, Dominique Quinio, Yvanie Caillé) 01/02/11
http://www.genethique.org/revues/revues/2011/Fevrier/01_02_11.html#2

Don d'organe : un demi-frère ne peut donner son rein

Un recours hiérarchique a été introduit auprès du ministre de la Santé afin qu'il interprète de manière plus étendue la notion de "frère" et de "soeur" dans le cadre d'un don d'organe.
Martine Courrier, une malade insuffisante rénale, s'est en effet vu refuser une greffe de son demi-frère biologique, Jean-Pierre Serrurier, au motif qu'il n'avait aucun lien juridique avec elle. Celui-ci, né d'une relation extra-conjugale de leur père, n'a jamais été reconnu par ce dernier.
L'Agence de la biomédecine a donc refusé son accord pour le don de rein envisagé, malgré une attestation du père biologique et le fait que Jean-Pierre Serrurier ait été déclaré "compatible" avec sa demie-soeur.
Libération 25/01/11

USA : une mère trouve un rein pour sa fille grâce à Facebook

http://www.numerama.com/magazine/17703-une-mere-utilise-facebook-pour-trouver-un-rein-a-sa-fille.html

Rappelons qu'en France, pour la greffe rénale, les délais d'attente s'allongent (médiane d'attente = 19,8 mois pour la greffe rénale) et 434 patients sont décédés en attente d'un greffon (en 2009)...
Selon l'association France-ADOT, la législation en vigueur sur la bioéthique réclame l'existence d'un lien familial entre le donneur et le receveur.  "Avant la loi du 6 août 2004, le receveur devait avoir la qualité de père ou de mère, de fils ou de fille, de frère ou de sœur du donneur, ou de conjoint en cas d’urgence".

"Depuis la loi de 2004, le champ des donneurs est étendu, sans condition d'urgence, 'au conjoint du receveur, à ses frères ou sœurs, à ses fils ou filles, ses grands-parents, ses oncles et tantes, ses cousins germains et cousines germaines ainsi qu'au conjoint du père et de la mère du receveur ou bien encore à toute personne apportant la preuve d'une vie commune d'au moins deux ans avec le receveur'".

Source :
Genéthique.org (revue de presse), Agence de la biomédecine

Les prisonniers font-ils de bons donneurs ou de bons receveurs d'organes ? Cela dépend des pays ...

Aux USA, il devient possible de payer sa dette à la société en cédant un de ses reins afin de sortir de prison. (1)

On se rappelle du trafic d'organes en Chine, où des prisonniers sont exécutés pour leurs organes - ceci tend à être réglementé à présent par le gouvernement chinois. (2)
Deux pays, deux manières de payer sa dette à la société ...
En France, les choses sont différentes : l'Etat n'ayant pas les moyens de payer une coûteuse et contraignante dialyse aux prisonniers souffrant d'insuffisance rénale, ces derniers sont prioritaires sur la liste des patients en atttente de greffe ...
Chaque pays semble adopter un point de vue différent ...

(1) Scott Sisters Kidney Donation Threatens Organ Transplant Laws:  "Governor's Deal Violates 50-Year-Old Donation Laws Outlawing Coercion and Rewards; What If Sisters Aren't a Match?"

"As jubilant supporters await the release of Gladys and Jamie Scott, who brokered a bargain with Mississippi Gov. Haley Barbour to get early prison release by undergoing an organ transplant, medical ethicists are crying foul."

Décès du tout premier donneur d'organes

"Ronald Lee Herrick est décédé lundi à Augusta, dans le Maine. Âgé de 79 ans, il était le tout premier donneur d'organe du monde. Il avait donné un rein à son frère jumeau, Richard, il y a 56 ans.

Le 23 décembre 1954, le Dr Joseph Murray mène l'opération qui allait permettre à Richard de survivre huit années de plus à une néphrite chronique. L'intervention n'est pas sans créer des remous dans la communauté médicale. Plusieurs personnes s'opposent à la transplantation, évoquant qu'il s'agit d'une désacralisation du corps. D'autres estiment qu'il n'est pas éthique d'opérer un individu en bonne santé et que cela va à l'encontre du serment d'Hippocrate, selon lequel on ne doit faire de mal à personne.
Mais le succès de l'opération prouve que les transplantations d'organe sont tout à fait possibles. Elle a mené à des milliers d'autres transplantations de rein et, plus tard, à celle d'autres organes.
Le Dr Joseph Murray a reçu le prix Nobel de physiologie et de médecine en 1990, avec E. Donnall Thomas, pour leurs travaux sur les transplantations d'organes et de cellules."
http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Science-Sante/2010/12/29/004-don-organe-deces-ronald-herrick.shtml

Panel to probe death of liver donor

"In liver donation, it is a tragedy for the recipient to die post-transplantation - but the worst case scenario has occurred in India, with the donor also dying. The infection committee at Mumbai's King Edward Memorial (KEM) Hospital will run tests in its gastroenterology post-operative ward to check if a 53-year-old liver donor died after contracting an infection there on Sunday. Sindhu Waikar, 53, donated part of her liver to her son, Rahul, 33, on November 3. Rahul died five days later, to his family's despair - and his mother contracted pneumonia and died on Sunday.
Sindhu Waikar's death is the first death of a donor since liver transplants began in Mumbai in 2005. What is known as the most affordable liver transplant program at the KEM was set back with the death of a recipient and donor, according to hospital officials and health experts. KEM will stop live donor transplants for about a month, according to Dr Chetan Kantharia, head of surgical gastroenterology at KEM and head of the liver transplant program. Rahul had liver failure for about a year before the transplant. Once it was complete he never regained consciousness and died on November 8.
'The doctors had explained that such surgery carries a high risk for the recipient. What we were not ready for was a risk to the donor too,' said Sandip, Rahul's brother. Hospital dean Dr Sanjay Oak told the Times of India: 'We have set protocols which have been adopted. The panel will look into the case.'" ~ Times of India, Dec 7; Mumbai Mirror, Dec 6

Peu d'efforts pour améliorer le don d'organes en France ?

"Sur Le Monde.fr, Yvanie Caillé publie un article au nom de Demain, la Greffe, groupe de réflexion sur le don et la greffe d'organes, affirmant que le législateur s'investit peu pour promouvoir l'accès à la greffe d'organes dans le projet de révision de la loi de bioéthique. Ce dernier n'autorise qu'une 'micro-évolution' dans ce domaine avec l'autorisation des dons croisés d'organes, ce qui revient à considérer que la 'pénurie' actuelle de greffons est 'une fatalité'. Or, ce postulat implicite est, pour Demain, la Greffe, à la fois faux et 'moralement inacceptable'.
La France possède 'une des lois les plus restrictives au monde' dans le domaine du don et de la greffe d'organes. Si elle enregistre un taux honorable de prélèvement sur les donneurs décédés en état de mort encéphalique, cela ne permet pas de répondre aux besoins de la population qui nécessiteraient 11 000 greffons. Le groupe de réflexion indique que des pays ont vaincu cette 'pénurie' dont les solutions sont aujourd'hui 'connues et efficaces'. Il conviendrait de développer deux autres sources de greffons : les greffes rénales à partir de donneurs vivants et les prélèvements sur donneurs décédés suite à un arrêt cardiaque (cf. Synthèse de presse du 24/03/10).
En raison d'une 'frilosité des politiques et d'une partie des professionnels', le prélèvement sur donneurs décédés après un arrêt cardiaque est marginal en France et il 'exclut les donneurs dont le décès résulte d'un arrêt des thérapeutiques actives - dans les conditions définies par la loi Leonetti'. La France a également un retard important concernant la transplantation rénale à partir de donneurs vivants : l'année 2009 en a compté 223 contre 600 en Allemagne et 985 au Royaume-Uni.
En France, la proposition de ces sources de greffons provoque souvent l'agitation du 'spectre de la marchandisation et du trafic d'organes'. Pour Demain, la Greffe, le législateur s'abrite 'derrière des alibis fantasmatiques et irrationnels pour prôner l'immobilisme', et prive ainsi 'sciemment des milliers de malades du seul traitement qui pourrait les sauver'. Cette 'indifférence coupable' constitue une 'entorse manifeste aux grands principes que sont le droit à la santé et à la vie ainsi qu'au devoir de compassion qui devrait être celui d'une société solidaire et humaniste'. Selon Demain, la Greffe, qui a adressé un courrier à l'Agence de la biomédecine, un peu de volonté politique et 'une loi réellement adaptée aux évolutions médicales et sociétales' permettraient de vaincre la pénurie en quelques années en France."
Le Monde.fr 03/12/10

Fewer living-donor kidneys in "opt-out" systems

[Moins de dons de rein de son vivant dans un système légal de "consentement présumé", comme en France]
(Reuters Health) - "Countries that have tried to address donor-organ shortages with so-called 'presumed-consent' systems do have higher rates of kidney transplantation from deceased donors than other nations, a study published Monday finds.
However, researchers conclude, the flip side of this 'opt-out' approach may be a lower rate of transplants from living donors. A number of countries, mainly in Europe and South America, have presumed-consent organ-donation systems.
This means that people have to opt out of the system if they do not wish to have their organs harvested after they die; surviving family members are still consulted and can object if they want.
In contrast, countries such as the U.S., Canada, Australia and the U.K. have explicit-consent systems, where people have to designate themselves as organ donors; in cases where a deceased person's wishes are unknown, the family can grant permission for organ donation.
Advocates of presumed consent say it helps address donor-organ shortages.
And several studies have found that nations with presumed consent tend to have higher rates of deceased-donor organ donation than those with explicit consent.
Those studies did not, however, look at effects on organ transplants from living donors, the vast majority of which are kidney transplants. (Living donors can also give a segment of the liver or, in a small number of cases, a portion of lung, pancreatic or intestinal tissue.)
For the new study, reported in the Annals of Internal Medicine, researchers examined rates of living- and deceased-donor kidney transplants in 44 countries between 1997 and 2007.
Half of the countries had presumed-consent systems, including France, Germany, Italy and Spain; the other half, including the U.S., Canada, Japan and Australia, had explicit consent.
In general, presumed-consent nations had a higher rate of deceased-donor transplants than explicit-consent nations did -- with a median, or midpoint, rate of 22.6 transplants per million people in the population, versus 13.9 per million in countries with explicit consent.
When it came to living donations, however, presumed-consent nations had a transplant rate of 2.4 per one million people, compared with 5.9 per million in explicit-consent countries.
'We were surprised to see such low rates of living kidney donation in nations with presumed consent,' senior researcher Dr. Amit X. Garg, of the London Health Sciences Center in Ontario, Canada, told Reuters Health in an e-mail.
The findings do not prove that a presumed-consent system itself discourages kidney donations from living donors, according to Garg and his colleagues. But one possibility, they speculate, is that in countries with the policy, 'the public perceives that the need for kidneys is addressed by presumed consent legislation.'
Another potential explanation is that in countries with presumed consent, there is more reluctance to have healthy living donors face the risks of surgery. 'I think this shows there is a nervousness, ethically, about using living donors,' Dr. Arthur L. Caplan, director of the Center for Bioethics at the University of Pennsylvania in Philadelphia, told Reuters Health.
The findings do not mean that presumed consent is an ineffective way to address donor-organ shortages, according to Caplan, who was not involved in the study and supports presumed-consent donation -- or what he terms 'default to donation.' He noted that whole organs other than the kidneys -- including the heart, lungs, pancreas and intestines -- must come from deceased donors, so boosting the availability of cadaver organs across the board is vital.
There are nevertheless reasons to be concerned about the potential for driving down living donations for kidney transplants: those done with living donors tend to be more successful than transplants using cadaver kidneys."
By Amy Norton, NEW YORK

LE DON CROISÉ D’ORGANES VA ÊTRE AUTORISÉ

"Irène a besoin d’une greffe de rein. Son mari Marc est prêt à lui donner un des siens, mais n’est pas biologiquement compatible. Le même problème se pose pour Marie, maman de Léa. Avec le don croisé, Léa pourrait bénéficier d’un rein de Marc et Irène d’un rein de Marie.
La France est avec le Portugal un des seuls pays en Europe à interdire jusqu’à présent cette pratique qui a l’avantage d’élargir les possibilités de dons du vivant, dans un contexte de pénurie d’organes.
Le don d’organe du vivant, pratiqué en France presque exclusivement pour le rein, reste minoritaire : seulement 5 % des greffes ont été réalisées grâce à des donneurs vivants en 2009.
Le donneur doit faire partie du cercle familial du receveur, élargi avec la loi de bioéthique de 2004 : père, mère, frère, sœur, enfant, grand-parent, oncle, tante, cousin germain, conjoint ou personne justifiant de deux ans de vie commune avec le malade. Pour donner un de ses deux reins, il ne suffit pas d’être volontaire. Il faut suivre un processus au cours duquel le candidat au don est informé, passe des examens médicaux et voit sa candidature soumise à un comité d’experts. Il s’agit de vérifier que le donneur a bien compris les enjeux et les risques de l’opération, mais aussi de s’assurer qu’il n’a pas subi de pression de son entourage. Il doit ensuite exprimer son consentement devant le tribunal de grande instance.
Il faut aussi impérativement que donneur et receveur soit 'compatibles' (même groupe sanguin, proximité des systèmes HLA), pour que l’organisme du receveur puisse accepter biologiquement l’organe du donneur.
C’est là, en cas d’incompatibilité entre proches, qu’intervient la possibilité du don croisé : deux personnes, candidates au don mais incompatibles avec leur proche malade, s’échangent en quelque sorte leur receveur respectif. Ainsi Marc donne un rein à Léa, qu’il ne connaît pas mais avec qui il est compatible, tandis que la maman de Léa donne un rein à la femme de Marc avec qui elle est compatible. Le projet de révision des lois bioéthiques prévoit un prélèvement simultané des organes et la préservation de l’anonymat. Le don croisé sera géré et régulé par l’Agence de la biomédecine."

RÉVISION DES LOIS DE BIOÉTHIQUE - Vers une légalisation du don croisé d'organes

Le projet de loi de bioéthique propose de faciliter le don d'organe en provenance d'un donneur vivant.ÉCLAIRAGE Les principales mesures du projet de loi de bioéthique :
"Ce pourrait être un soulagement pour de nombreuses familles. Le projet de loi de bioéthique, qui doit être présenté fin septembre en Conseil des ministres, propose de faciliter le don d'organe en provenance d'un donneur vivant. C'est donc principalement le rein qui est concerné puisqu'il constitue l'essentiel des dons du vivant. L'objectif : autoriser les dons croisés entre deux paires de donneur-receveur quand ils ne sont pas possibles au sein de chaque paire pour des raisons d'incompatibilité biologique. La France est aujourd'hui l'un des seuls pays d'Europe avec le Portugal à interdire une telle pratique.
Le principe est simple. Une maman aimerait donner un rein à sa fille qui a besoin d'une greffe, mais n'est malheureusement pas compatible. Même problème au sein d'un couple, dont le mari est souffrant, mais ne peut recevoir le rein que son épouse voudrait lui céder. Grâce aux nouvelles dispositions qui seront débattues par les parlementaires en novembre, ces deux familles pourront 's'échanger' leurs reins, pour que les deux greffes soient possibles... À condition bien sûr que les donneurs et receveurs soient 'compatibles', c'est-à-dire qu'ils aient le même groupe sanguin et que leurs antigènes soient suffisamment proches pour que les greffes soient acceptées. Pour encadrer ce 'don croisé', le projet de loi prévoit un prélèvement simultané des organes et la préservation de l'anonymat des familles. Le tout serait encadré par l'Agence de la biomédecine.
En 2009, 2.626 greffes de reins ont été réalisées en France, dont 223 à partir d'un donneur vivant. Avec cette nouvelle loi, cent à deux cents greffes supplémentaires de reins par an pourraient être réalisées à partir de donneurs vivants ; le taux de réussite de ce type d'opérations est plus important que si le rein provient d'un donneur 'décédé'. En période de pénurie d'organes, et alors que le besoin de greffes est en pleine croissance, cette loi viendrait à point nommé."
Par Louise Cuneo
http://www.lepoint.fr/societe/revision-des-lois-de-bioethique-vers-une-legalisation-du-don-croise-d-organes-01-09-2010-1231028_23.php

Lyon : greffe hépatique donneur vivant (parent/enfant) : mobilisation des greffés hépatiques

A Lyon, le professeur Olivier Boillot serait "le seul chirurgien à pratiquer des greffes pédiatriques avec donneur vivant". Responsable de l’Unité de Transplantation Hépatique de l'Hôpital Edouard Herriot à Lyon, le service qu'il dirige est pourtant menacé de fermer ! Une pétition circule actuellement, car des parents inquiets veulent pouvoir donner un petit lobe de leur foie afin que vive leur enfant, menacé par une grave maladie hépatique, pour laquelle le seul traitement envisageable est la transplantation. Si le professeur Olivier Boillot et son équipe (service) doivent cesser leur activité à compter du 13/09/2010, qui va opérer les parents donneurs et les enfants receveurs ? Le don d'un lobe de foie de son vivant présenterait-il des risques ? Est-il moins risqué de donner un lobe de son foie à un enfant qu'à un adulte ? (On pourrait imaginer que pour un enfant, un petit morceau de foie suffit ...) Combien de donneurs sont morts en France des suites de cette opération, depuis le début de cette activité ? Existe-t-il une volonté politique de freiner ce genre d'activité, alors que nul n'ignore le douloureux contexte de pénurie d'organes à greffer ? Message d'un parent d'enfant greffé à l'Agence de la Biomédecine, l'institution qui encadre l'activité des transplantations d'organes. En 2005, cette institution a pris le relais de l'Etablissement Français des Greffes (l'EFG)
"Je m'appelle Nicolas et je suis le papa d'Axel (21 mois) greffé depuis le 22 juin 2010 par le professeur Olivier Boillot grâce à un donneur vivant (sa maman). Axel est arrivé en pleine forme sur la greffe. Pourquoi ?? Tout simplement, c'est grâce à un don vivant. En un mois Axel a eu une greffe. Le professeur Boillot a été le premier en france à réaliser en 1992 la première greffe grâce à un don vivant. Le professeur Boillot maitrise cette méthode. Et vues les listes d'attente c'est vraiment l'avenir. Mais malheureusement le professeur fait de l'ombre !!! La direction des hospices civils de Lyon nous assure que le Professeur Olivier Boillot est le grand responsable de la transplantation hépatique aux HCL mais sans autorité institutionnelle et aujourd’hui aucun organigramme n’est à même d’avaliser ce propos tenu par le directeur de la stratégie, Monsieur Bruno Barral. Aucune organisation institutionnelle ne semble être en place à ce jour.
En 2009, les 2/3 des greffes de foie ont été réalisées par Monsieur BOILLOT sur le site de l’Hôpital Edouard Herriot (HEH), toutes les possibilités de greffe hépatique - bipartition, greffe pédiatrique, donneur vivant, greffe domino - n’ont lieu que dans le service de ce même hôpital. Il apparaît pour le moins surprenant que l’on ne prenne pas en compte cet état de fait. On est en droit de se demander si l’accès aux soins est le même pour tous, et principalement pour les malades graves acceptés sur liste d’attente gérée par votre Agence : depuis l’instauration des astreintes alternées entre les deux équipes pour les malades de l’hôpital Edouard Herriot (HEH) voulues par la gouvernance des Hospices civils de Lyon, des anomalies inquiétantes se sont produites sortant de la liste des malades lourds se trouvant en service de réanimation.
L’Agence de Biomédecine assure la répartition et l’attribution des greffons pour un malade donné, que l’équipe médicale de HEH du professeur Boillot soit d’astreinte ou pas : il semble fondamental et juste que le patient auquel un greffon est attribué - vu le score d’attribution national donné par l’Agence - ne puisse être récusé sans motif plausible et sérieux.
Des greffons pédiatriques ont été proposés par l’Agence et ont été refusés pendant une période d’astreinte de l’hôpital de la Croix Rousse (Un professeur et deux chirurgiens). Avant ce refus, la moindre des choses eut été de prendre contact avec l’équipe habituée à ce type d’intervention (HEH du professeur Boillot), et le passé est là pour nous assurer qu’astreinte ou pas, elle était toujours disponible pour soulager et prolonger la vie de malades en grande difficulté. Aussi nous vous laissons imaginer la détresse des parents d’enfants en attente de greffe pédiatrique s’ils venaient à apprendre de tels faits.
Actuellement, on ne sait que nous dire que la transplantation pédiatrique continuera avec des équipes pédiatriques suisses ou d’ailleurs !
Avoir créé un centre de transplantation hépatique, dépenser de tels fonds publics pour arriver à de telles dérives ne peut qu’inquiéter les malades greffés qui, aujourd’hui, se posent une seule question : vu le nombre de malades inscrits sur liste, ce centre unique pourra t-il effectuer les 100 greffes auxquels Lyon peut justement prétendre et avec quels chirurgiens ?
Cette situation est absolument scandaleuse et nous ne pourrons pas longtemps empêcher des actes isolés de greffés envisageant de dénoncer par voies de presse ces graves dysfonctionnements qui ne pourront que nuire aux dons d’organes dont la pénurie est toujours aussi inquiétante. Cette situation est inacceptable.
MOBILISATION des Greffés Hépatiques. Je vous remercie et compte sur votre soutien, il faut fortement nous mobiliser."
Nicolas Curt, Parent d’enfant greffé.
Présentation de la motion du collectif de soutien au Professeur Olivier BOILLOT de l’Hôpital Edouard Herriot à Lyon (69)

Pourquoi ce collectif ? Quel est son but ? Qui le compose ?
"Début septembre 2010, la Direction Générale des Hospices Civils de Lyon, sous l’impulsion de l’Agence Régionale de la Santé, regroupe le plus important centre de greffes hépatiques de Lyon qui est à l’hôpital Edouard Herriot sous la responsabilité du Professeur Olivier BOILLOT, à l’Hôpital de la Croix-Rousse à Lyon avec le centre de greffes hépatiques placé sous la responsabilité du Professeur C. DUCERF.
Il est d’ores et déjà important de rappeler, pour mesurer ce que représentent les activités de transplantations hépatiques sur les Hospices Civils de Lyon, que le Professeur Olivier BOILLOT réalise à l’Hôpital Herriot la plupart des 60 à 70 greffes hépatiques annuelles, alors que le centre de transplantations hépatiques de l’Hôpital de la Croix-Rousse en réalise seulement une trentaine par an, avec trois chirurgiens transplanteurs (Messieurs les Professeurs C. DUCERF et J.Y. MABRUT et un praticien hospitalier).
En clair, tout laisse à penser que pour l’équipe de transplantation de l’Hôpital de la Croix-Rousse, la greffe hépatique n’est pas une priorité chirurgicale. Les chiffres sont là pour en attester.
Il convient de préciser et ceci sans porter de jugement sur les compétences affirmées des chirurgiens transplanteurs hépatiques des deux centres de transplantations lyonnais que seul le professeur BOILLOT réalise en plus de la greffe adulte classique de foie. Je vous invite à venir sur notre blog de soutien pour avoir plus de détails sur notre collectif."
"C'est une question de vie ou de mort".
Nicolas CURT parent d'enfant greffé.
Blog de soutien pour le Professeur BOILLOT

L'homme qui n'aurait jamais dû mourir : Premier décès en France d'un donneur de foie (2000)

A Lyon, le professeur Olivier Boillot serait "le seul chirurgien à pratiquer des greffes pédiatriques avec donneur vivant". Responsable de l’Unité de Transplantation Hépatique de l'Hôpital Edouard Herriot à Lyon, le service qu'il dirige est pourtant menacé de fermer ! Une pétition circule actuellement, car des parents inquiets veulent pouvoir donner un petit lobe de leur foie afin que vive leur enfant, menacé par une grave maladie hépatique, pour laquelle le seul traitement envisageable est la transplantation. Si le professeur Olivier Boillot et son équipe (service) doivent cesser leur activité à compter du 13/09/2010, qui va opérer les parents donneurs et les enfants receveurs ? Le don d'un lobe de foie de son vivant présenterait-il des risques ? Est-il moins risqué de donner un lobe de son foie à un enfant qu'à un adulte ? (On pourrait imaginer que pour un enfant, un petit morceau de foie suffit ...) Combien de donneurs sont morts en France des suites de cette opération, depuis le début de cette activité ? Existe-t-il une volonté politique de freiner ce genre d'activité, alors que nul n'ignore le douloureux contexte de pénurie d'organes à greffer ? Voici un article de novembre 2000, rendant compte du décès d'un donneur dans le cadre d'un don de foie de son vivant (adulte/adulte).
"Il y a trois semaines, un homme de 32 ans, militaire de formation, en pleine santé et ne présentant aucun signe apparent de risque opératoire, est mort après avoir, quelques jours auparavant, donné la moitié de son foie à son frère atteint d'une grave cirrhose. Le professeur Olivier Boillot, qui a conduit l'opération, ne s'en remet pas: 'Parfois, je me dis que peut-être on est un peu fous. Mettre en danger la vie de quelqu'un en bonne santé...' Responsable de l'unité de transplantation hépatique de l'hôpital Edouard Herriot à Lyon, il a été le premier en France à se lancer dans les greffes de foie à partir d'un donneur vivant. Sa réputation dans ce domaine n'est plus à faire. 'Vous imaginez, si le premier mort français après le don d'organe était survenu dans une équipe de moyenne réputation', lâche un transplanteur parisien.
Procédure respectée. Pourtant, tout avait été fait pour éviter cet accident ultime. 'On ne sait pas ce qui s'est passé', lâche le professeur Boillot. 'Tout s'était très bien passé. Le prélèvement de la moitié de son foie s'était déroulé parfaitement. De même que la greffe sur son frère.' Comme le veut la règle tacite que se sont fixés les chirurgiens, le bilan de santé du donneur était parfait. 'On ne peut pas se permettre de passer à côté d'un risque opératoire', explique le professeur Jacques Belghiti de l'hôpital Beaujon près de Paris. En Allemagne, l'été dernier, un homme est décédé après avoir lui aussi donné une partie de son foie. 'Mais, semble-t-il, il y a eu une erreur sur le bilan pré-anesthésie. Le donneur étant atteint d'une maladie hépatique non diagnostiquée', raconte Jacques Belghiti. Il s'agissait là, jusqu'à présent, du seul décès en Europe d'un donneur vivant. Aux Etats-Unis, il y en aurait eu déjà trois. Au Japon, où plus de mille greffes de foie avec donneur vivant ont été effectuées depuis dix ans (...), il n'y a eu aucun décès.
Après l'intervention réalisée à Lyon, insiste le professeur Boillot, 'tout était parfait'. Quelques jours plus tard, le donneur montre un peu de fièvre. 'On lui a fait un scanner et on a noté une petite infection pulmonaire. Mais le bilan hépatique était normal. Puis le problème infectieux s'est aggravé. Pourquoi ? On ne sait pas. Et le dimanche soir, choc septique gravissime. Sans explication. On le réopère d'urgence.' Mais c'est trop tard, et le 30 octobre, le donneur meurt.
Consternation. Les résultats de l'autopsie ne sont pas encore connus. 'Nous sommes consternés, toute l'équipe est effondrée', répète Olivier Boillot qui a prévenu aussitôt le procureur de la République. La famille de la victime attend les conclusions de l'enquête avant de décider d'engager d'éventuelles poursuites judiciaires. Olivier Boillot sait bien qu'il est au coeur de la tempête: 'Je ne sais pas ce qui va se passer. C'est un choc si fort.'
Dans son bureau de l'hôpital, il montre un joli poème, écrit et encadré par une jeune femme qui a reçu une partie du foie de sa soeur. Elle dit que la vie reprend. 'Bien sûr, il faut continuer', lâche Olivier Boillot qui s'apprête dans l'après-midi à greffer une enfant. 'Vous savez, le jeune homme qui a reçu le foie de son frère. Il va bientôt sortir de l'hôpital, tout va bien. Mais il n'arrête pas de nous dire que c'est lui qui devait mourir, et pas son frère.' Puis: 'Mon métier, c'est de faire vivre les gens, et non pas de les faire mourir'."
Par ERIC FAVEREAU (Libé, 22/11/2000)
http://www.liberation.fr/evenement/0101354427-l-homme-qui-n-aurait-jamais-du-mourir

Blog de soutien pour le Professeur BOILLOT, Transplanteur hépathique sur Lyon

Soutien au Professeur Olivier Boillot


Madame, Monsieur
"Par cette pétition, j’attire aujourd’hui votre attention et vous informe que le Professeur Olivier Boillot, Responsable de l’Unité de Transplantation Hépatique d’HEH, à dater du 13 septembre 2010, ne fera plus de transplantations hépatiques pour les adultes et pour les enfants.
Les Hospices Civils de Lyon ayant décidé de créer un centre unique de transplantation hépatique à l’Hôpital de la Croix Rousse, l’Unité du Professeur Boillot est supprimée.
La proposition qui lui a été faite de transplanter au groupement Nord est inacceptable en l’état : il perd tout poste de responsabilité et sera dans l’incapacité de gérer ses malades.
A ce jour il a effectué seul près de 1060 greffes de foie et il fut le premier en France à réaliser une transplantation hépatique avec donneur vivant en 1992. (...)"

http://soutienauprofesseurboillot.blogy.fr