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Trafic d'organes en Chine : le point

Le sommet mondial des droits de l'homme se termine. Il a eu lieu à Paris. Où en sont les droits de l'homme en Chine, pays où l'ONG "Human Rights Watch" a fort à faire ? L'émission sur BFM, la radio de l'économie, "Chine Hebdo", fait le point avec Nicholas Bequelin, spécialiste Chine pour "Human Rights Watch" (émission du 23/06/2012).

10.000 exécutions capitales par an (estimation), autant de prélèvements d'organes à des fins de transplantations effectués en Chine (population du pays : 1,3 milliards d'habitants) chaque année ... Les organes vitaux proviennent, pour la plupart, de condamnés à mort chinois ... Pékin tente de faire le ménage dans cette situation, mais cela semble être mission impossible de bousculer les intérêts économiques en jeu ... pour un marché (la demande mondiale en organes vitaux à des fins de transplantations) qui est en pleine expansion ...


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Source :
http://www.bfmbusiness.com/programmes-replay/emission/chine-hebdo-0

Transplantation : appel au boycott des études chinoises

Paris, le mercredi 5 octobre 2011 – "Il ne s’agit même plus d’un secret : les autorités chinoises ont reconnu à plusieurs occasions que des organes avaient été prélevés sans leur consentement chez des condamnés à mort. Cependant, en dépit des promesses répétées du gouvernement chinois de tout mettre en œuvre pour que cesse cette pratique, les chiffres régulièrement présentés concernant l’évolution de l’activité de greffe en Chine entretiennent de fortes suspicions quant à la persistance de ces prélèvements illégaux.
En effet, la progression de l’activité de greffe s’observe en dépit de l’absence de mise en place d’un système de prélèvement dans les établissements hospitaliers similaire à ceux déployés dans les pays occidentaux. De plus, la persistance d’un 'tourisme de la transplantation' qui prolifère grâce à la promesse de délais d’attente bien plus restreints que dans les pays occidentaux semble confirmer que les prélèvements sauvages perdurent. Forts de ces constatations, A L Caplan du département d’éthique médicale de l’Université de Pennsylvanie et plusieurs autres praticiens américains viennent de lancer un appel au boycott des études chinoises concernant la transplantation. Pour ces médecins qui signent leur message dans le Lancet, il est en effet temps d’opter pour des solutions plus radicales que les trop rares signaux précédemment envoyés par la communauté internationale."

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Kosovo: trafic d'organes sur des détenus

"Des membres de l'Armée de libération du Kosovo (UCK), le mouvement indépendantiste kosovar albanais à la fin des années 90, se sont livrés à un trafic d'organes prélevés sur des prisonniers serbes en 1999 et 2000, affirme le Conseil de l'Europe dans un rapport rendu public à Strasbourg. Le gouvernement kosovar a aussitôt réfuté ce rapport avec force, le qualifiant de 'fabrications' ayant pour 'objectif de jeter l'opprobre sur l'UCK et ses dirigeants'.
L'actuel premier ministre kosovar, Hashim Thaçi, arrivé en tête aux élections législatives de dimanche, a été l'un des responsables de l'UCK, lors de la lutte contre les forces du président yougoslave, Slobodan Milosevic. 'De nombreux indices semblent confirmer que (...) des organes auraient été prélevés sur des prisonniers dans une clinique en territoire albanais, près de Fushë-Krujë (20 km au nord de Tirana), pour les transporter ensuite à l’étranger à des fins de transplantation', affirme le Suisse Dick Marty, auteur de ce rapport demandé par l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE).
Selon M. Marty, 'cette activité criminelle, qui s’est développée en profitant du chaos régnant dans la région et grâce à l’initiative de certains chefs des milices de l’UCK liés au crime organisé, s’est poursuivie, bien que sous d’autres formes, jusqu’à nos jours'.
Dans son rapport de 27 pages, Dick Marty évoque notamment 'un centre de réception dernier cri pour le crime organisé du trafic d’organes' près de Fushë-Krujë."

"Des membres de l'Armée de libération du Kosovo (UCK) se sont livrés à un trafic d'organes prélevés sur des prisonniers serbes en 1999 et 2000, affirme le Conseil de l'Europe dans un rapport rendu public mardi à Strasbourg.
'De nombreux indices semblent confirmer que (...) des organes auraient été prélevés sur des prisonniers dans une clinique en territoire albanais, près de Fushë-Krujë (20 km au nord de Tirana), pour les transporter ensuite à l'étranger à des fins de transplantation', affirme le Suisse Dick Marty, auteur de ce rapport demandé par l'Assemblée parlementaire du Conseil (APCE). Selon M. Marty, 'cette activité criminelle, qui s'est développée en profitant du chaos régnant de la région et grâce à l'initiative de certains chefs des milices de l'UCK liés au crime organisé, s'est poursuivie, bien que sous d'autres formes, jusqu'à nos jours'. Dans son rapport de 27 pages, Dick Marty évoque notamment 'un centre de réception dernier cri pour le crime organisé du trafic d'organes' près de Fushë-Krujë. Selon les témoignages recueillis par la mission Marty, les prisonniers étaient tués d'une balle dans la tête avant d'être 'opérés pour qu'un ou plusieurs organes leur soient prélevés'. Il s'agissait principalement d'un prélèvement posthume des reins qui étaient vendus à des cliniques privées étrangères. Parmi les membres de ce réseau criminel, le rapport identifie une figure historique de l'UCK, Shaip Muja. Ce chirurgien de formation est actuellement conseiller politique principal auprès du cabinet du Premier ministre du Kosovo, notamment chargé de la Santé. Le rapport, qui devait être rendu public jeudi, est visible sur le site internet du Conseil de l'Europe. (DAD)"

Trafic d'organes : le PM kosovar accusé

"Le Premier ministre du Kosovo Hashim Taci a agi comme le 'parrain' de réseaux criminels responsables d'un trafic d'organes de prisonniers serbes et albanais avant et après l'intervention de l'Otan en 1999, affirme l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe.
Dans un rapport divulgué aujourd'hui, cette institution accuse les indépendantistes albanais du Kosovo de s'être livré à ce trafic et met directement en cause Hashim Thaci, sinon dans son organisation directe, du moins comme le protecteur des réseaux criminels qui s'en rendent coupables. Le gouvernement du Kosovo a immédiatement réagi en qualifiant ce document de 'diffamatoire' dans un communiqué.
'Le gouvernement du Kosovo et le Premier ministre Hashim Taci entreprendront toutes les démarches et actions nécessaires pour écarter les mensonges de Dick Marty, y compris par des moyens légaux et politiques', peut-on y lire. Rédigé par le sénateur suisse libéral Dick Marty pour la commission des affaires juridiques et des droits de l'homme de l'Assemblée, qui ne l'a pas encore approuvé, le rapport reprend les accusations portées en 2008 par l'ancien procureur du Tribunal pénal pour l'ex-Yougoslavie, Carla del Ponte.
'De nombreux indices semblent confirmer que, dans la période immédiatement après la fin du conflit armé, avant que les forces internationales puissent vraiment prendre le contrôle de la région et rétablir un semblant d'ordre et de légalité, des organes auraient été prélevés sur des prisonniers dans une clinique en territoire albanais, près de Fushë-Krujë', dit le rapport.
Ces organes auraient été ensuite transportés à l'étranger 'à des fins de transplantation'. 'Cette activité criminelle' s'est développée 'grâce à l'initiative de certains chefs des milices de l'UCK - l'Armée de libération du Kosovo - liés au crime organisé' et elle 's'est poursuivie, bien que sous d'autres formes, jusqu'à nos jours', affirme Dick Marty."

Proposition de loi contre le "tourisme de transplantation"

"Le 19 octobre 2010, Valérie Boyer, députée UMP des Bouches-du-Rhône, présente une proposition de loi visant à mettre fin au 'tourisme de transplantation d’organes'. Le texte a pour but de 'renforcer le système de surveillance et de traçabilité' des transplantations. Il demande, pour toute personne ayant reçu une greffe à l’étranger, de donner, avant son retour en France, un certificat garantissant que l’organe a été obtenu gratuitement.
Ce qu’on nomme 'tourisme de transplantation' désigne le départ de patients des pays riches à l’étranger en vue d’obtenir des organes moyennant paiement. Cette pratique concerne notamment les greffes de reins effectuées à partir de donneurs vivants. Dans les pays en voie de développement, comme le Pakistan ou les Philippines, des personnes très démunies sont prêtes à vendre un de leurs reins. Selon une estimation de l’Organisation mondiale de la santé en 2004, ce trafic d’organes représenterait 10 p. cent de l’ensemble des transplantations dans le monde (Cf. Synthèse de presse du 20/05/10).
Toutefois, il s’agit d’un phénomène marginal en France explique le Dr. Karim Laouabdia, directeur médical et scientifique de l’Agence de la biomédecine, qui rend chaque année au Parlement un rapport sur le sujet, établi à partir de questionnaires envoyés aux centres de dialyse et aux équipes de greffes rénales. Le Dr. Laouabdia explique qu’'au delà du problème éthique posé par la rémunération d’un organe, il convient de préciser que ces transplantations sont souvent réalisées dans des conditions sanitaires peu satisfaisantes avec des organes parfois touchés par des pathologies transmissibles telles que le VIH/sida ou l’hépatite B'."
La-Croix.com (Pierre Bienvault) 19/10/10

Liu Xiaobo Prix Nobel de la Paix. Pékin s'y oppose

C'est officiel depuis ce matin: Liu Xiaobo, dissident chinois, a reçu le Prix Nobel de la Paix. Le gouvernement à Pékin a fait savoir qu'il désapprouvait ce choix.
Où en est le trafic d'organes en Chine ? On se rappelle l'affaire, récente, des prélèvements forcés, c'est-à-dire un trafic d'organes à partir d'organes prélevés sur des condamnés à mort, avec la complicité de l'armée (plus de 70 chefs d'accusation pour la peine capitale en Chine !)
Le 6 octobre 2010, j'ai posé la question aux Professeurs Yves Chapuis et Daniel Loisance, tous deux chirurgiens membres de l'Académie Nationale de Médecine.

Voici leur réponse :
"Ce qui est admis par tous depuis la loi de 2007: il y a eu des problèmes. Chen Zhou les a compris et il a pris des décisions pour normaliser (au sens des critères internationaux) l'activité de prélèvement et celle de transplantation. Ces décisions sont en cours de mise en place. Il faut cesser de colporter des informations qui sont désormais erronées. Un procès récent et une exécution sont là pour rappeler aux éventuels fraudeurs que désormais on ne triche plus avec le système. La volonté des autorités de faire aussi bien et sinon mieux qu'en Occident est extrême et ils ne sont pas prêts à rigoler !!! Donc saluons les efforts des autorités actuelles pour que tout ceci soit propre ! Allons plutôt voir du côté d'Israel ce qui se passe ..."
Professeur Daniel Loisance
Académie Nationale de Médecine
Il ne me reste qu'à remercier le Professeur Loisance pour sa franchise !

"Les informations dont je dispose, en particulier les éléments de la Conférence récente de Mr Jie Fu Huang, montre que la Chine a pris un virage, que j'espère décisif, en matière de transplantation d'organes. Cette normalisation et rapprochement avec les règles qui règnent en particulier en France et dans bien d'autres pays, amorcée en intention en 2007 semble entrer dans une phase active. Pour ma part je pense que nous devons tout faire pour apporter notre soutien aux médecins qui agissent dans cette nouvelle voie. Quelles que soient les dérives du passé, cette évolution à laquelle les réactions du monde occidental ont sans doute contribué, est un espoir qui n'interdit pas l'objectivité et la vigilance."
Professeur Yves Chapuis
Académie Nationale de Médecine

David Kilgour, ancien avocat et député au Canada, activiste des droits de l'homme, principal auteur, avec l'avocat canadien David Matas, du rapport qui avait permis de mettre à jour ce trafic d'organes en Chine, s'est dit satisfait de la réponse "tout à fait raisonnable" du Pr. Chapuis : "(...) [U]n espoir qui n'interdit pas l'objectivité et la vigilance" ... Rappelons qu'en octobre 2009, les deux activistes des droits de l'homme au Canada, en charge de cette enquête sur le trafic d'organes en Chine, ont publié un livre afin de présenter l'ensemble des données recueillies au cours de cette investigation qui s'est déroulée entre 2006 et 2009. Le titre de ce livre pas encore traduit en français : "Bloody Harvest" : "Prélèvements sanglants", avec un jeu de mots sur l'anglais "harvest" signifiant à la fois récolte - comme la récolte de blé - et prélèvement d'organes.
Un projet de loi sur le tourisme de transplantation en France :
Le Dr. Harold KING (chirurgien dentiste) est le contact France pour l'association DAFOH (Doctors Against Forced Organ Harvesting).
Il m'a fait part de sa collaboration avec la Députée de Marseille, madame Valérie Boyer, pour une proposition de loi contre le tourisme de transplantation en France. Dans le cadre de ce projet, une conférence se tiendra le mardi 19 Octobre 2010 à 16H00 à l'Assemblée nationale : Madame Boyer va présenter sa proposition de loi contre le tourisme de transplantation : "A l’occasion de cette conférence, je présenterai à la presse ma proposition de loi visant à lutter contre le tourisme de transplantation d'organes, déposée le 16 septembre dernier et cosignée par 58 collègues députés."

Conférence intitulée :
"Comment lutter contre le tourisme de transplantation d’organe ?"
Mardi 19 octobre 2010 de 16h00 à 18h00
4e bureau du Palais Bourbon
Assemblée nationale,
126 rue de l’université
75007 Paris