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Une partie de larynx synthétique transplantée pour la première fois

C'est une première étape vers la création de boîtes vocales complètes.

"Des chirurgiens russes ont réussi à greffer une partie de larynx synthétique à un patient. Sa particularité : il a été créé en prélevant des cellules souches de la moelle épinière du malade, cellules qui ont été implantées sur une structure artificielle.

La partie du larynx reconstruite est le cartilage cricoïde, sur lequel le larynx vient se reposer, et qui limite les échanges respiratoires. Il fait environ cinq centimètres de long et se situe en haut de la trachée. Il s’agit donc d’une partie relativement facile à recréer, mais l’équipe en charge de la greffe note que la performance a surtout résidé dans le fait de recréer un organe à partir de cellules souches d’un patient, au lieu de le prélever sur un autre donneur, comme cela se fait habituellement.

Cette opération, qui a été réalisée à deux reprises, est la première étape avant la création de boîtes vocales complètes.

Les deux patients, une femme de 34 ans et un homme de 28 ans, ont eu leur boîte vocale endommagée lors d’accidents de la route, après lesquels ils avaient perdu l’usage de leur voix. Après l’opération, tous deux ont pu parler et respirer normalement.

La priorité des chercheurs est maintenant de créer un larynx complet. "J’ai espoir que nous y arrivions dans un futur proche", a expliqué Paolo Macchiarini, de l’Institut Karolinska à Stockholm, le responsable de l’équipe qui a mené l’opération."

Des cellules souches survivent à la mort

Le 12 juin 2012, la revue Nature Communications a publié une étude selon laquelle une équipe de chercheurs français est parvenue à démontrer qu’il "est encore possible de récupérer des cellules viables dans les muscles de cadavres humains".   
L’équipe, dirigée par le Pr Fabrice Chrétien (Institut Pasteur/ Hôpital Raymond Poincaré), en collaboration avec le Pr Shahragim Tajbakhsh (Institut Pasteur/CNRS), montre que "les cellules souches du muscle survivent 17 jours post-mortem chez l’homme et 16 jours post-mortem chez la souris". Une fois remises en culture, il s’avère que les cellules "redeviennent parfaitement fonctionnelles".   
La question qui se pose est de comprendre comment ces cellules adultes peuvent survivre alors qu’elles n’ont plus d’oxygène. Les chercheurs expliquent que les cellules "ont besoin de manquer d’oxygène pour atteindre cet ‘état de dormance’ qui leur permet de survivre et de résister à un environnement extrêmement hostile". Ils ajoutent qu’elles "passent à l’état de dormance en réduisant au strict nécessaire leur métabolisme : très peu de mitochondries avec effondrement de leur réserve énergétique".   
Par la suite, les chercheurs se sont rendu compte que ce même phénomène se produisait avec des cellules souches issues de la moelle osseuse. Il a été constaté que celles-ci restent "viables 4 jours post mortem et conservent elles aussi leur capacité à reconstituer les tissus après greffe de moelle". Le Pr Lemaître émet simplement une réserve : "il ne faudrait pas que ces cellules aient certains endommagements irréversibles non détectés sur l’ADN par exemple".    
Cette découverte permet ainsi d’envisager une nouvelle source de cellules souches qui pourrait "pallier la pénurie de tissus et de cellules", mais également d’envisager un "nouveau moyen de conservation", pour un usage thérapeutique (leucémie, myopathie).    
"Un brevet international a été déposé pour couvrir les applications de cette découverte".

nature.com 12/06/12 - le Figaro (Damien Mascret) 13/06/12 - lequotidiendumédecin.fr (Dr Emmanuel de Viel) 12/06/12 - France24.com 12/06/12 - radio-canada.ca 13/06/12 - AFP (Brigitte Castelnau) 12/06/12
http://www.genethique.org/?q=content/des-cellules-souches-survivent-%C3%A0-la-mort

Des cellules souches pluripotentes induites (iPS) pour créer un foie

"Une équipe de chercheurs japonais, dirigée par le Pr Hideki Taniguchi de l’Université de Yokoama dans le sud de Tokyo, est parvenue à créer un foie 'à partir de cellules souches pluripotentes humaines (iPS)' [ndlr : les cellules iPS sont des cellules adultes reprogrammées]. Cette expérience pourrait permettre 'la fabrication d’organes artificiels pour les personnes en attente de transplantation' et pallier ainsi 'au manque constant d’organes'.
L’étude a consisté à programmer des cellules iPS 'en cellules précurseur du foie', tout en les associant à d’autres types de cellules. Il a ainsi pu être obtenu 'un foie humain de 5 millimètres capable de générer des protéines et de décomposer des médicaments'.
En effet, par reprogrammation, les cellules iPS 'sont presque revenues au stade embryonnaires (non différenciées) et ont la capacité de se développer dans n’importe quel tissus'.    
La pratique visant à utiliser des cellules iPS est donc une alternative à celle utilisant 'des cellules souches souvent récupérées sur des embryons'. Or, l’utilisation de cellules souches embryonnaires est 'une pratique que certains jugent immorale'. "

BE Japon 618 08/06/12 - AFP 08/06/12 - Ouestfrance.fr 08/06/12
© Copyright Gènéthique - Chaque article présenté dans Gènéthique est une synthèse d'articles parus dans la presse et dont les sources sont indiquées dans l'encadré. Les opinions exprimées ne sont pas toujours cautionnées par la rédaction.
http://www.genethique.org/?q=content/des-cellules-souches-pluripotentes-induites-ips-pour-cr%C3%A9er-un-foie

Maladies HÉPATIQUES: Stimuler la production d'hépatocytes pour éviter la greffe

Voici qui eût été utile à Steve Jobs, l'ancien patron d'Apple :

Maladies HÉPATIQUES: Stimuler la production d'hépatocytes pour éviter la greffe :

"Le foie possède son propre système de réparation et ces scientifiques du Centre pour la médecine régénérative à l'Université d'Edimbourg sont parvenus à expliquer ce processus. Ces résultats, publiés dans la revue Nature Medicine pourraient aider à développer de nouveaux médicaments pour traiter des maladies telles que la cirrhose ou l’hépatite chronique.
Ces chercheurs ont découvert la façon d'améliorer la production de cellules clés nécessaires pour réparer les tissus du foie endommagés, en décryptant le processus de formation des différentes cellules du foie. Lorsque le foie est endommagé, il produit des cellules biliaires en trop grand nombre mais pas suffisamment de cellules appelées hépatocytes, dont le foie a besoin pour réparer ses tissus endommagés.
A partir de cellules du foie en phase précoce : Les scientifiques ont compris comment augmenter le nombre d'hépatocytes, qui permettent de détoxifier le foie, en encourageant la production de ces cellules au lieu de cellules biliaires, en modifiant l'expression de certains gènes dans les cellules du foie en phase précoce. Ces résultats pourraient permettre d’alléger la pression sur les listes d'attente pour les greffes de foie.
Le Pr Stuart Forbes, hépatologue, du Centre de médecine régénérative de l'Université d'Edimbourg, déclare: 'Un nombre croissant de patients sont dans l’attente de greffes du foie, mais les dons d'organes ne répondent pas à la demande '.  Le Dr Luc Boulter, de l'Université d'Édimbourg et auteur principal de l’étude ajoute : 'Cette recherche pourrait ouvrir la voie à de nouveaux médicaments pour réparer les lésions hépatiques '. Le Dr Rob Buckle, chef du département de médecine régénérative conclut : 'Nous devons regarder au-delà des greffes et parvenir à remplacer les tissus endommagés en exploitant les capacités régénératrices du corps humain'."

Des scientifiques de l’Université de Constance en Allemagne lèvent le voile sur le mystère de la régénération des membres.

"Après des années de recherches, des scientifiques de l’Université de Constance, en Allemagne, ont enfin découvert comment certains animaux peuvent régénérer des membres amputés ou des organes endommagés. Des travaux de recherche déployés dans le passé ont démontré chez ces espèces l’utilisation d’un acide particulier, permettant de faire repousser certaines parties de leur corps. Toutefois, encore personne n’avait encore identifié le mode de fonctionnement de ce processus.
Pour percer ce mystère, l’équipe de chercheurs a étudié un des plus grand maître dans l’art de la régénération : le poisson zèbre. Ce spécimen vivant des les eaux douces des zones tropicales est en effet capable de reformer ses membres ou même les muscles de son cœur suite à une altération conséquente. Le protocole a consisté à suivre consciencieusement le cycle d’une substance appelée acide rétinoïque au cours du processus de repousse d’une nageoire. 
Après avoir procédé à l’ablation d’un des ailerons du poisson zèbre, les scientifiques ont constaté une fermeture de la plaie réalisée grâce à de multiples couches de tissus. Cet amas de cellules non différenciées, appelé blastème, est la base permettant la construction du nouveau membre. Les résultats de l’étude montrent que l’animal utilise une astuce génétique spéciale, contrôlant la production d’acide rétinoïque dans l’objectif de générer le blastème.
'C'est un énorme succès pour nous. Jusqu'à présent, personne n'avait vraiment identifié la fonction réelle de cet acide' concède à The Local Gerrit Begemann, directeur de l’étude. La substance clé produite par les animaux, y compris les humains, à partir de la vitamine A est capable d’activer les gènes nécessaires à la régénération. Il faudra toutefois encore un certain temps avant que cette nouvelle découverte puissent évoluée vers d’éventuelles applications adéquates à l’Homme. 'Le problème est que l’humain est incapable de régénérer les tissus. C’est un fait que nous cherchons à présent à élucider' conclut le chercheur."

http://www.maxisciences.com/r%E9g%E9n%E9ration/le-mystere-de-la-regeneration-des-membres-enfin-elucide_art19216.html#

Première transplantation d’une trachée artificielle

Des médecins suédois l’ont créée de toutes pièces avec des cellules souches du patient
"Bien sûr, on ne pourra jamais remplacer tous les organes. Mais la médecine régénérative progresse. Pour la première fois, en Suède, des médecins ont transplanté sur un patient une trachée artificielle construite à l’aide de ses propres cellules souches (lire). Cette prouesse tant chirurgicale que technologique ouvre la voie à la fabrication d’organes sur mesure. Elle s’affranchit aussi de la nécessité de trouver un donneur.
Le patient, un Erythréen de 36 ans, Andemariam Beyene, souffrait d’une tumeur de la taille d’une balle de golf dans la partie inférieure de la trachée. Son ablation seule aurait tué le patient, la section ôtée étant indispensable à sa survie. En outre, la grosseur de la tumeur commençait à entraver la capacité respiratoire de cet étudiant en géologie de l’Université d’Islande, à Reykjavik. Il y avait urgence, c’était en juin dernier, rapporte l’article qui paraît aujourd’hui dans la revue The Lancet.
Le professeur Paolo Macchiarini, spécialiste de chirurgie thoracique et un des pionniers de l’ingénierie tissulaire, propose alors l’inédit: construire une trachée à l’aide des cellules souches du patient sur un échafaudage artificiel (nanocomposite). Avec l’imagerie 3D, l’équipe de l’Institut Karolinska, à Stockholm, construit le modèle de la section à ôter et remplacer. Le modèle est utilisé pour fabriquer la matrice artificielle. Celle-ci est ensuite ensemencée à l’aide des cellules souches de la moelle épinière de Beyene et placée dans un bioréacteur. En deux semaines, les cellules peuplent l’échafaudage, construisant une voie aérienne fonctionnelle. La transplantation durera douze heures.
Cinq mois plus tard, le patient se porte bien. Utilisant les cellules du patient, la technique du professeur Macchiarini exclut toute forme de rejet et évite la prise de médicaments immunosuppresseurs. La création de matrice artificielle permet aussi de ne plus dépendre d’un donneur et de faire du sur-mesure, y compris pour les enfants. Paolo Macchiarini prépare du reste la même opération sur un enfant sud-coréen de 13 mois."

http://www.tdg.ch/premiere-transplantation-trachee-artificielle-2011-11-24

Régénération des organes : les cellules des testicules et du thymus au secours du pancréas, du foie et des tissus


"Alors que des biologistes de l'Inserm ont récemment annoncé avoir réussi à rajeunir des cellules centenaires, la médecine régénérative avance également en Suisse, où on est parvenu à créer de la peau à partir de cellules du thymus. Demain, la science permettra peut-être de produire ou régénérer des organes, réglant du coup le problème des dons.
Une équipe de chercheurs suisses (CHUV, EPFL et UNIL) caresse le rêve de pouvoir un jour arriver à créer, à partir d’un rein, un nouveau foie ou bien encore de donner naissance à un pancréas grâce à un testicule (la polyvalence des cellules testiculaires, très proche de celles des cellules souches embrionnaires, intéresse beaucoup les scientifiques). Ces champs scientifiques plutôt encourageants ont été décryptés par le site Largeur.com.
Cette perspective offre une lueur d'espoir à toutes les personnes en attente d'une greffe. Plus de dépendance aux donneurs signifie en effet des organes disponibles sur commande pour les receveurs. Et, surtout, le rejet des greffons deviendra de l’histoire ancienne. Aussi, les grands brûlés bénéficieront de greffes de leur propre peaux. 

Les rats d’abord, puis enfin l’homme

Mais avant d’atteindre ce zénith scientifique appliqué au corps humain, la médecine régénérative mène ses expériences sur les rongeurs. Elle est en particulier intéressée par le thymus du rat, organe situé dans la cage thoracique, qui est au cœur du système immunitaire. Les cellules souches de cet organe permettent de renouveler les tissus.
Yann Barrandon, dirigeant du Laboratoire de dynamique des cellules souches, précise que ces dernières ont été injectées dans la peau d’un bébé souris. 'Des signaux présents dans ce milieu ont transformé les cellules thymiques en cellules souches de la peau, capables à leur tour de créer des poils, de l’épiderme et des glandes', affirme le chercheur. Ce dernier souhaite tenter comme nouvelle expérience, toujours à partir du thymus, de créer des cellules souches du pancréas. Les diabétiques pourraient produire à nouveau de l’insuline. La médecine régénérative, véritable boîte de Pandore, annonce la promesse de progrès fulgurants dans le traitement de nombreuses maladies." 

"Produire un foie avec un rein, bientôt une réalité"
"Une équipe lausannoise a créé de la peau à partir de cellules du thymus. Une réussite qui ouvre la porte à de nouvelles applications dans le domaine de la médecine régénérative. Explications.
Par Benjamin Bollmann
Créer un nouveau foie à partir d’un morceau de rein, un pancréas à partir d’un testicule ? Cette idée étonnante — produire un organe à partir d’un autre — nourrit les espérances de la médecine régénérative, qui par tous les moyens cherche à résoudre le problème de la rareté des dons ainsi que celui du rejet des greffes.
C’est aussi le rêve d’une équipe réunissant des chercheurs du CHUV, de l’UNIL et de l’EPFL. 'Nous avons créé l’an dernier de la peau à partir de cellules du thymus', explique Yann Barrandon, qui dirige le Laboratoire de dynamique des cellules souches.
Pourtant, le thymus n’a à priori rien en commun avec la peau. Cet organe situé dans la cage thoracique joue un rôle clé dans le système immunitaire. Pour réaliser leur prouesse, les biologistes ont d’abord prélevé sur le thymus d’un rat quelques cellules souches, ces cellules génériques trouvées dans certains organes et capables de renouveler leurs tissus. Ces dernières ont ensuite été injectées dans la peau d’un bébé souris. 'Des signaux présents dans ce milieu ont transformé les cellules thymiques en cellules souches de la peau, capables à leur tour de créer des poils, de l’épiderme et des glandes', décrit le chercheur.

Meilleure peau artificielle

Cette avancée pourrait à l’avenir améliorer les greffes pratiquées pour traiter les grands brûlés. Les brûlures au troisième degré tuent les cellules souches de la peau, qui en temps normal renouvellent l’épiderme en permanence. Un traitement déjà couramment utilisé consiste à cultiver des cellules souches prélevées sur le patient pour créer un épiderme artificiel, puis à le greffer. Seulement, cette technique ne permet pas de reconstituer trois composants essentiels : les glandes sudoripares qui font transpirer la peau, les glandes sébacées qui la graissent pour éviter son dessèchement, ainsi que les poils. Etonnamment, cette limitation ne touche pas les cellules souches tirées du thymus, rendant leur potentiel médical d’autant plus important.
L’expérience lausannoise démontre qu’il est possible de reprogrammer intégralement des cellules souches en les exposant à un nouvel environnement. 'De nombreux chercheurs essaient de changer la nature des cellules souches en manipulant directement leurs gènes, dit Yann Barrandon. Cette procédure risque de provoquer des effets secondaires comme des tumeurs. Pour les applications cliniques, il sera plus prudent d’agir sur l’environnement.'
A terme, la technique pourrait être utilisée pour créer d’autres tissus. Yann Barrandon compte transformer les cellules souches du thymus en cellules souches du pancréas. L’enjeu: guérir le diabète en régénérant les cellules qui produisent l’insuline."
_______
Une version de cet article est parue dans CHUV Magazine.

Les organes régénérés

Médecine"De nombreuses personnes attendent un donneur pour une transplantation d'organe. Comme la liste d'attente est longue, certains d'entre eux meurent chaque jour. Il faut non seulement un organe, mais aussi une compatibilité, sinon l'organisme peut rejeter l'organe étranger. Une solution est de créer des organes 'bioartificiels' à partir des propres cellules du patient. Déjà 30 personnes ont reçu une vessie toute neuve créée de cette manière ; d'autres organes devraient suivre. 

Les organes régénérés


Cela fonctionne grâce aux progrès de la médecine régénérative. On prélève des cellules et on les fait se multiplier sur une 'matrice' (une sorte de moule). Certains organes sont plus faciles à reproduire que d'autres (certains ont de nombreux vaisseaux sanguins comme le foie ou les reins). On vient toutefois de réussir un 'foie' tout neuf en l''imprimant' en trois dimensions, couche après couche. 

Certaines copies d'organes peuvent ne pas être réalisées facilement, en particulier en cas de cancer avancé. Une solution est d'avoir à disposition une banque de cellules souches, récoltées au sein du fluide amniotique, donc sans toucher au bébé dans l'utérus."
http://www.sur-la-toile.com/article-12145-Les-organes-regeneres.html

L'impression d'organes, une technique d'aujourd'hui


http://www.ted.com/talks/anthony_atala_growing_organs_engineering_tissue.html

L'impression d'organes, une technique d'aujourd'hui

"Le Docteur Atala est un magicien. En fait, lui et son équipe de l'Institut de Médecine Régénérative de Wake Forest sont en train de conduire les recherches en matière de 'bioprinting', c'est-à-dire l’utilisation d’imprimantes pour imprimer des cellules et des matériaux organiques – au lieu d’injecter de l’encre, ces imprimantes injectent des cellules. Une autre équipe, celle d’Organovo, vient également d’imprimer des vaisseaux sanguins.

Lors d’une conférence, le docteur Attala a réalisé l’impression d’un rein. En fait, ce rein était moins un véritable organe qu’un moulage dépourvu des vaisseaux et de la structure interne que l’on trouve normalement dans un rein naturel. Cependant, l’équipe de Wake Forrest espère bien un jour pouvoir commander des impressions d’organes à ces étonnantes imprimantes, et précise qu’un délai d’un certain nombre d’années reste à envisager. Le temps presse : 90 pour cent des patients en attente d’organe attendent un rein, et des personnes meurent chaque jour d’une insuffisance rénale.

L’équipe d’Atala cherche également à avancer dans le domaine de la reconstruction de la peau, qui profiterait notamment aux grands brûlés, et participe à la conception d’un prototype d’imprimante capable de ce prodige. Le patient s’allongerait dans la machine pour y passer un scanner qui en donnerait une 'lecture' précise. Puis la machine démarrerait l’impression de couches de cellules aux endroits nécessitant de la peau.

Cette semaine, l’équipe a publié des rapports de suivis qui démontrent que cinq urètres qu’ils ont fait pousser pour des petits garçons blessés dans un accident de voiture fonctionnaient correctement. Les chercheurs ont prélevé un petit échantillon de la vessie des petits garçons et en ont utilisé les cellules pour les multiplier en leur donnant la forme d’un tube. Cela fait une dizaine d’années que cette équipe recréée des vessies. Luke Masella a pu ainsi vaincre un terrible spina bifida qui avait paralysé sa vessie et endommagé ses reins, grâce à un de ces greffons très particuliers."

==> Ci-après, la vidéo de l'intervention du Docteur Atala à la conférence TED :
http://www.ted.com/talks/anthony_atala_growing_organs_engineering_tissue.html

http://www.express.be/business/fr/technology/limpression-dorganes-une-technique-daujourdhui/142128.htm

Dossier sur les cellules souches

"La Croix publie un dossier présentant les différents types de cellules souches (adultes, embryonnaires, iPS), leurs perspectives cliniques pour la recherche ainsi que les problèmes éthiques qu’elles soulèvent. Les débats sur les cellules souches vont s’intensifier dans les jours à venir alors que la loi de bioéthique de 2004 doit être révisée avant la fin du régime dérogatoire de 5 ans accordé aux recherches sur l’embryon humain, le 5 février 2011.
La Croix décrit les potentialités des diverses cellules souches.
Les cellules souches adultes d’abord, restées longtemps inaperçues, se situent dans la plupart des tissus de l’organisme où elles permettent le renouvellement des cellules qui meurent. En théorie, elles peuvent se multiplier à l’infini. Présentes en petite quantité dans les tissus, elles restent souvent spécialisées, ne fournissant que le type cellulaire des tissus où elles se trouvent. Les premières cellules souches adultes qui ont été découvertes dans la moelle osseuse à la fin des années 1950, puis dans le sang de cordon ombilical, sont les cellules souches hématopoïétiques qui sont à l’origine des globules rouges et globules blancs. Aujourd’hui, près de 20 000 greffes de sang de cordon ont été effectuées dans le monde depuis la première greffe réalisée en 1988 par le Pr. Eliane Gluckman (Inserm-hôpital Saint-Louis). 85 maladies, notamment du sang, peuvent être traitées grâce aux cellules du cordon ombilical et de la moelle osseuse. Les cellules souches adultes du tissu nerveux sont aussi mieux connues et l’on sait modifier leur différenciation par l’ajout de produits dans leur milieu de culture : on peut par exemple obtenir des cellules gliales (cellules à l’origine des neurones) ou des cellules musculaires lisses à partir de cellules neuronales. Ces cellules souches adultes deviennent donc 'pluripotentes' (avec des capacités proches de cellules souches embryonnaires). 18 essais cliniques ont été menés en 2009 à partir de cellules souches de sang de cordon 'pour des indications thérapeutiques comme la sclérose systémique, le diabète, le cancer du sein, l’ostéoporose. [...] En France, chaque jour un patient est greffé avec ces cellules souches' explique Grégory Katz, professeur à la chaire Innovation thérapeutique de l’Essec.
Les cellules iPS ou cellules souches pluripotentes induites découverte chez l’homme en 2007 par le Pr. Yamanaka de l’université de Kyoto sont des cellules souches adultes spécialisées ramenées à un état de pluripotence, 'reprogrammées' via l’introduction de 4 gènes. L’un des gènes inséré risquant de provoquer un cancer, les chercheurs ont trouvé un moyen de contourner ce risque. Les iPS sont utilisées aujourd’hui pour tester la toxicité de médicaments pour l’homme, mais leur découverte étant récente, des essais cliniques sur l’homme ne sont guère envisagés pour le moment. Néanmoins, la technique de reprogrammation intéresse les chercheurs en médecine régénérative qui souhaitent l’appliquer aux cellules de cordon.
Les cellules souches embryonnaires (ES) sont prélevées sur des embryons humains ; elles sont 'totipotentes', c’est-à-dire qu’elles peuvent donner naissance à tous les types de cellules de l’organisme (environ 200). Y recourir pose un problème éthique important : la destruction d’embryons humains. Bien que facilement cultivables, les ES ont l’inconvénient d’entrainer la formation de tumeurs (cellules tumorales). Pour le Pr. Philippe Ménasché de l’hôpital Georges-Pompidou et le Pr. Marc Peschanski du laboratoire I-Stem, ces cellules ont des capacités thérapeutiques pour les lésions de la moelle épinière, l’infarctus du myocarde ou la dégénérescence rétinienne. Ils plaident pour un régime d’autorisation de la recherche sur l’embryon, comme le député Alain Claeys, président de la commission spéciale chargée d’examiner le projet de loi de bioéthique (...).
Ils estiment que la loi actuelle, contraignante, a fait prendre du retard à la France dans le domaine des cellules souches. 'Comme nous manquons de personnel formé aux cellules souches embryonnaires, du fait d’une interdiction complète avant 2004, nous avons du mal à être aussi performants que nos voisins sur les cellules iPS, par exemple' déplore Marc Peschanski. Il reconnaît toutefois que le régime dérogatoire de 2004 ne gène pas la recherche fondamentale. En effet, 122 autorisations de recherche ont été délivrées par l’Agence de la biomédecine depuis 2006 à 35 équipes. Marc Peschanski, comme George Uzan, directeur de l’unité Inserm U972, considère que la situation actuelle empêche le développement industriel à long terme de la thérapie cellulaire en France à la différence de la Grande Bretagne qu’il cite en exemple : 'les industriels ne veulent pas investir, car ils n’ont pas suffisamment de visibilité. Ils craignent de devoir revenir en arrière, au cas où une autorisation de recherche serait retirée. [...] Il faut une force de frappe financière pour aller vers la clinique'. Georges Uzan reconnaît cependant un bénéfice de la législation française : 'elle force les équipes à questionner l’utilité de telle ou telle recherche'.
Des essais cliniques de phase I avec des ES se préparent en France : Philippe Ménasché et Michel Pucéat travaillent à un essai visant à remédier aux conséquences d’un infarctus avec des cellules ES nommées cardiomyocytes (Cf synthèse de presse du 26/11/10). Un autre essai est en discussion pour traiter les complications cutanées de la drépanocytose. Des essais ont déjà commencé aux Etats-Unis, menés par les sociétés Geron et Advanced Cell Technology (...)."
La Croix (Denis Sergent, Claire Lesegretain) 30/11/10

Un premier foie humain miniature créé en laboratoire

Développé à partir d'un organe de furet, ce foie bioartificiel serait impossible à implanter chez l'homme. Mais le développement de cette technique doit bien permettre, à terme, de répondre à la pénurie d'organes de greffe.
"En 2008, près de 1000 personnes n'ont pu bénéficier en France de la greffe de foie dont elles avaient besoin, faute d'organe disponible. Cette pénurie pourrait bientôt trouver une solution. Des scientifiques américains viennent en effet de réussir à créer en laboratoire un premier foie humain artificiel fonctionnel de la taille d'une noisette. 'Les perspectives offertes par ces recherches sont enthousiasmantes', se félicite le directeur du projet, Shay Soker, professeur de médecine régénérative à l'université de Wake Forest, qui a dévoilé dimanche ses travaux dans un congrès sur l'étude des maladies du foie à Boston.
Toutefois, en l'état actuel, ce premier foie artificiel ne pourrait pas remplacer un organe humain. Tout d'abord, il est trop petit. Il faudrait qu'il fasse au moins la taille d'une balle de tennis, soit un cinquième environ d'un foie normal, pour pouvoir remplir ses fonctions dans un organisme. Ensuite, et cela explique sa taille, parce que cet organe artificiel a été créé à partir d'un foie... de furet.
L'origine animale de la structure pose problème
Les chercheurs ont prélevé l'organe animal, enlevé toutes les cellules qu'ils contenaient à l'aide d'un détergent et obtenu ainsi la seule structure en collagène, une sorte de gélatine très répandue dans le règne animal puisqu'elle constitue la matrice des tissus cellulaires. Ils ont alors introduit des cellules de foies humains et des cellules de parois veineuses au sein de cette architecture de protéines fibreuses. Placé dans un bioréacteur, une machine qui délivre oxygène et nutriments, cet embryon d'organe s'est développé pour former un foie.
Le même type d'expérience menée au General Hospital de Boston faisait l'objet en juin d'une publication dans Science, à cette différence près que les chercheurs avaient alors créé un foie de souris. Ils l'avaient transplanté dans un autre animal qui avait survécu plusieurs heures grâce à cet organe vital*. En juillet, ce sont des poumons qui ont été créés de cette manière et implantés sur des rats. Tous ces chercheurs s'inspirent de travaux similaires ayant permis de créer et de greffer des cœurs bioartificiels sur des souris en 2008.
Dans le cas d'un organe humain, l'origine animale de la structure pose toutefois problème. 'Il n'y a absolument aucune chance pour qu'on laisse aujourd'hui des chercheurs implanter un tel organe chez un homme', explique au figaro.fr Cécile Legallais, directrice de recherche CNRS en bioingénierie à l'université de technologie de Compiègne (UTC) et spécialisée dans la création de foies bioartificiels. 'Cela peut paraître trivial, mais la contrainte règlementaire est très forte. Il faudra des années de recherche avant que l'on puisse, peut-être, implanter du collagène animal chez un être humain.' Pour ces foies miniatures, seules des applications en recherche médicamenteuses semblent donc envisageables pour le moment.
Une banque d'organes humains décellularisés ?
En France, la stratégie est plutôt d'utiliser des matériaux déjà autorisés pour recréer une structure de foie. 'Nous savons cultiver les cellules hépatiques, mais nous avons beaucoup de difficultés à les organiser correctement. Or il faut un agencement précis pour que les cellules puissent remplir correctement leur fonction', explique Cécile Legallais.
Ne pourrait-on pas plus simplement utiliser directement des structures humaines ? L'idée est très sérieusement évoquée par des médecins espagnols. Ces derniers ont dévoilé mardi leur intention de décellulariser les organes humains (cœurs, foies, poumons, etc) jugés inaptes à la greffe afin de créer une banque de structures en collagène. Les médecins pourraient alors créer des organes artificiels transplantables à partir de ces 'coquilles vides'. Peu de chances toutefois pour que ce projet n'ait de véritables applications en médecine avant cinq ou dix ans, préviennent-ils.
* Le foie, considéré comme l'usine du corps des mammifères, accomplit des tâches variées. Il permet de traiter les substances toxiques, stocke des sucres et des vitamines et permet la synthèse d'une partie des cellules sanguines."
Source :
Le Figaro, article de Tristan Vey
LIRE AUSSI :

Des mini-foies humains obtenus en laboratoire

"Un pas vers des organes plus gros à greffer. Fabrication de mini-foies humains en laboratoire :
Des chercheurs de l'Institut de Médecine régénérative du Wake Forest University Baptist Medical Center (Caroline du Nord) ont annoncé avoir obtenu des mini-foies humains en laboratoire.
Ils ont été fabriqués à partir de foies d'animaux, décellularisés grâce à un détergent qui a permis de ne conserver que le squelette collagène du foie et son réseau vasculaire. Deux types de cellules humaines : des progéniteurs d'hépatocytes et des cellules endothéliales, ont ensuite été administrées par voie vasculaire afin de réhabiter ces trames de foie. Placés dans des bioréacteurs leur apportant nutriments et oxygène, ils ont alors développé du tissu et des fonctions hépatiques.
'Notre espoir est qu'une fois que ces organes seront transplantés, ils conserveront et accroîtront leurs fonctions en même temps qu'ils continueront à se développer', a indiqué Pedro Baptista, le principal auteur de cette étude. Pour les chercheurs, ce travail suggère une nouvelle approche de bio-ingénierie pour obtenir des foies entiers à fin de greffe. Les mini-foies pourraient également permettre de tester des médicaments."
Le Quotidien du médecin (Dr Emmanuel de Viel) 03/11/10
http://www.genethique.org/revues/revues/2010/novembre/03_11_10.html#4