Merci de ne PAS poster de messages concernant la vente d'un organe et comportant des coordonnées téléphoniques, e-mail, etc. La loi française interdit la vente d'organes.

Affichage des articles dont le libellé est PRELEVEMENTS A COEUR ARRETE. Afficher tous les articles
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Dossier thématique sur les prélèvements "à coeur arrêté"

A présent, un simple arrêt cardiaque peut faire de chacun d'entre nous un donneur d'organes. Je ne vois pas ce que le terme de "don" vient faire dans cette histoire, d'autant que le consentement présumé est inscrit dans la loi. Il faudrait parler de prélèvement obligatoire, comme pour les impôts, d'autant que la population ignore tout de ces prélèvements "à coeur arrêté". Un nom rassurant, derrière lequel se cachent pourtant d'épineux problèmes d'éthique, voir ce dossier thématique bilingue réalisé par des spécialistes. Je n'irais pas jusqu'à dire que ce dossier est garanti 100 pour 100 sans langue de bois, mais enfin, dans un contexte de non information flagrante sur le sujet - un consentement présumé ne suppose pas de consentement éclairé, lequel serait rendu possible en informant celui qui doit consentir ou non, donc pas besoin d'informer, CQFD) -, toute info est bonne à prendre ... Je recommande donc la lecture du dossier thématique :

"Aspects éthiques des prélèvements d’organes sur donneurs décédés après arrêt cardiaque" (D.D.A.C.) - de A.Tenaillon, "Le Courrier de Transplantation, vol. IX n°2 de avril/mai/juin 2009, Editions Edimark".
L’auteur : le Dr Alain TENAILLON est ancien chef de service de réanimation et ancien responsable du pôle stratégie et greffe de l’agence de biomédecine.
  ==> http://nereja.free.fr/files/DCD.pdf

http://www.france-adot.org/images/pj/302p1_Aspects%20ethiques%20des%20prelevements%20sur%20DDAC.pdf

L'Association RMC/BFM crée l’application « arrêt cardiaque », déjà téléchargé plus de 70

"L’application 'arrêt cardiaque' de l’Association RMC/BFM a déjà été téléchargée 70 000 fois. Elle permet à toute personne d’avoir les bons réflexes et de faire les bons gestes pour tenter de sauver la vie d’une victime d’arrêt cardiaque. L'application propose des informations claires, simples et accessibles à tous sur l'arrêt cardiaque et les gestes à faire pour porter secours à une victime : appeler les secours, faire un massage cardiaque et utiliser un défibrillateur.
En situation d'urgence, cette application constitue une aide à la réanimation cardio pulmonaire grâce à une boîte à rythme intégrée. Elle permet également de géolocaliser le défibrillateur le plus proche du lieu de l'accident.
L'application recense près de 4000 défibrillateurs. Outil communautaire, ce sont les utilisateurs qui permettront de développer la base de données en déclarant l'installation de nouveaux défibrillateurs.
L’application 'arrêt cardiaque' est gratuite.
Pour Isabelle Weill, présidente de l’Association RMC/BFM, 'l’application arrêt cardiaque a un objectif : permettre à tout témoin d'un arrêt cardiaque d'intervenir dans les premières minutes. C'est vital car après 4 minutes, chaque minute qui passe correspond à 10% de chance de survie en moins'."

Pour plus d'informations et télécharger l'appli cliquez sur le lien ci-dessous :
http://www.facebook.com/l/72cc7-ttrcAtKbwROTBqWjc4ROQ;tl.gd/81j6gq

Peu d'efforts pour améliorer le don d'organes en France ?

"Sur Le Monde.fr, Yvanie Caillé publie un article au nom de Demain, la Greffe, groupe de réflexion sur le don et la greffe d'organes, affirmant que le législateur s'investit peu pour promouvoir l'accès à la greffe d'organes dans le projet de révision de la loi de bioéthique. Ce dernier n'autorise qu'une 'micro-évolution' dans ce domaine avec l'autorisation des dons croisés d'organes, ce qui revient à considérer que la 'pénurie' actuelle de greffons est 'une fatalité'. Or, ce postulat implicite est, pour Demain, la Greffe, à la fois faux et 'moralement inacceptable'.
La France possède 'une des lois les plus restrictives au monde' dans le domaine du don et de la greffe d'organes. Si elle enregistre un taux honorable de prélèvement sur les donneurs décédés en état de mort encéphalique, cela ne permet pas de répondre aux besoins de la population qui nécessiteraient 11 000 greffons. Le groupe de réflexion indique que des pays ont vaincu cette 'pénurie' dont les solutions sont aujourd'hui 'connues et efficaces'. Il conviendrait de développer deux autres sources de greffons : les greffes rénales à partir de donneurs vivants et les prélèvements sur donneurs décédés suite à un arrêt cardiaque (cf. Synthèse de presse du 24/03/10).
En raison d'une 'frilosité des politiques et d'une partie des professionnels', le prélèvement sur donneurs décédés après un arrêt cardiaque est marginal en France et il 'exclut les donneurs dont le décès résulte d'un arrêt des thérapeutiques actives - dans les conditions définies par la loi Leonetti'. La France a également un retard important concernant la transplantation rénale à partir de donneurs vivants : l'année 2009 en a compté 223 contre 600 en Allemagne et 985 au Royaume-Uni.
En France, la proposition de ces sources de greffons provoque souvent l'agitation du 'spectre de la marchandisation et du trafic d'organes'. Pour Demain, la Greffe, le législateur s'abrite 'derrière des alibis fantasmatiques et irrationnels pour prôner l'immobilisme', et prive ainsi 'sciemment des milliers de malades du seul traitement qui pourrait les sauver'. Cette 'indifférence coupable' constitue une 'entorse manifeste aux grands principes que sont le droit à la santé et à la vie ainsi qu'au devoir de compassion qui devrait être celui d'une société solidaire et humaniste'. Selon Demain, la Greffe, qui a adressé un courrier à l'Agence de la biomédecine, un peu de volonté politique et 'une loi réellement adaptée aux évolutions médicales et sociétales' permettraient de vaincre la pénurie en quelques années en France."
Le Monde.fr 03/12/10

Cold machine perfusion versus static cold storage of kidneys donated after cardiac death: a UK multicenter randomized controlled trial

Am J Transplant. 2010 Sep;10(9):1991-9. doi: 10.1111/j.1600-6143.2010.03165.x.
Watson CJ, Wells AC, Roberts RJ, Akoh JA, Friend PJ, Akyol M, Calder FR, Allen JE, Jones MN, Collett D, Bradley JA.
Department of Surgery, University of Cambridge, Addenbrooke's Hospital, Cambridge. cjew2@cam.ac.uk
Abstract
"One third of deceased donor kidneys for transplantation in the UK are donated following cardiac death (DCD). Such kidneys have a high rate of delayed graft function (DGF) following transplantation. We conducted a multicenter, randomized controlled trial to determine whether kidney preservation using cold, pulsatile machine perfusion (MP) was superior to simple cold storage (CS) for DCD kidneys. One kidney from each DCD donor was randomly allocated to CS, the other to MP. A sequential trial design was used with the primary endpoint being DGF, defined as the necessity for dialysis within the first 7 days following transplant. The trial was stopped when data were available for 45 pairs of kidneys. There was no difference in the incidence of DGF between kidneys assigned to MP or CS (58 per cent vs. 56 per cent, respectively), in the context of an asystolic period of 15 min and median cold ischemic times of 13.9 h for MP and 14.3 h for CS kidneys. Renal function at 3 and 12 months was similar between groups, as was graft and patient survival. For kidneys from controlled DCD donors (with mean cold ischemic times around 14 h), MP offers no advantage over CS, which is cheaper and more straightforward."
Copyright 2010 The Authors Journal compilation © 2010 The American Society of Transplantation and the American Society of Transplant Surgeons.
Source:

* Période d’ischémie chaude
Ce terme désigne le délai entre l’arrêt cardiaque et l’instauration des mesures de conservation des organes. Le début de la période d’ischémie chaude varie dans la pratique; par exemple, ce délai commence à partir de l’asystole, de l’interruption du maintien des fonctions vitales ou de l’atteinte de seuils vitaux définis à l’avance. Le début de la perfusion froide est généralement considéré comme la fin de la période d’ischémie chaude. La définition de la période d’ischémie chaude a des répercussions importantes sur la viabilité des organes aux fins de transplantation.
Période d’ischémie froide
Intervalle entre le début de la conservation d’un organe prélevé et sa transplantation (greffe).
Source :

Greffe de rein prélevé sur donneur à coeur non battant

"Des spécialistes britanniques de la transplantation rénale se sont penchés sur le devenir des personnes ayant reçu un rein prélevé sur un donneur à coeur non battant et ils ont cherché à identifier les facteurs influant sur le succès ou l'échec de ce type de transplantation.
Le Quotidien du médecin précise qu'est estimé comme donneur à coeur non battant 'un sujet victime d'une lésion cérébrale irréversible et qui ne satisfait pas aux critères de mort cérébrale ; le décès est attesté par l'arrêt des fonctions cardio-respiratoires après décision d'arrêt de la réanimation'.
Dans leur étude* publiée le 16 octobre 2010 dans The Lancet, les médecins britanniques montrent que 'les taux de survie et de complications ne diffèrent pas de ceux des transplantations avec un rein prélevé sur un donneur à coeur battant'. Le nombre de donneurs à coeur battant ayant chuté, la greffe de rein à partir d'un donneur à coeur non battant a augmenté de 3 pour cent en 2000 à 32 pour cent en 2009. L'étude a porté sur le registre britannique de transplantations. Les médecins ont examiné 9134 transplantations rénales effectuées entre janvier 2000 et décembre 2007 à partir de donneurs de reins décédés et leurs receveurs respectifs. Ces transplantations étaient issues de 8289 donneurs en état de mort cérébrale et 845 à coeur non battant.
Les statistiques ont montré, après un suivi de cinq ans, que pour une première greffe rénale, il n'y a pas de 'différence de survie ou de fonctionnement du greffon à cinq ans parmi les receveurs d'un rein provenant d'un donneur à coeur non battant (739) ou à coeur battant (6759)'."
*The Lancet, "Analysis of factors that affect outcome after transplantation of kidneys donated after cardiac death in the UK: a cohort study", Dominic M Summers MBBChir, Rachel J Johnson MSc, Joanne Allen BSc, Susan V Fuggle DPhil, Prof David Collett PhD, Christopher J Watson MD, Prof J Andrew Bradley PhD
Le Quotidien du médecin (Dr. Guy Benzadon) 18/10/10
Source :

"Succès de la greffe de rein prélevé sur un donneur à cœur non battant"

"La transplantation d'un rein prélevé sur un donneur à cœur non battant offre une survie et des fonctions rénales, à 5 ans, similaires à celles d'un greffon issu d'un donneur à cœur battant. Une équipe britannique en définit les conditions optimales."
Source :
Le Quotidien du Médecin, 18/10/2010

The Ethics of Donation after Cardiac Death

"The debate continues on the ethics of donating organs after cardiac death. How do we make sure patients do not suffer, or that their dying is prolonged? When is someone truly dead, meaning that their organs can be used for transplant?
David Magnus of the Stanford Center for Biomedical Ethics provides some answers and insights in this edition of the Bioethics Channel."
  ==> To listen to the podcast click here.
(September 2010)

Sensibiliser la population à l'arrêt cardiaque

Un arrêt cardiaque jugé irréversible par les équipes soignantes peut faire de chacun de nous un donneur de reins et de foie, depuis 2007 en France.
"L’Association RMC/BFM poursuit son action pour sensibiliser la population aux gestes de premiers secours et encourager l’installation de défibrillateurs, dans le cadre de la campagne '4 minutes', du 12 au 25 juillet. Cette campagne, soutenue par la Fondation CNP Assurances et Philips, prendra la forme d’un mini-programme télévisé, d’un message radio et d’une campagne d’affichage urbain.


Plus de 40 000 personnes meurent chaque année en France d'un arrêt cardiaque. Le taux de survie est actuellement de 2 à 3 pour cent.

Les 4 premières minutes qui suivent un arrêt cardiaque sont déterminantes pour la survie de la victime.

Une intervention rapide grâce au défibrillateur permettrait pourtant de sauver chaque année plusieurs milliers de vies."

  ==> Pour visualiser la campagne : www.4minutes.fr

Greffes d'organes : traçabilité et répartition des greffons

"Un arrêté du 14 mai 2010, paru dans le Journal officiel du 10 juin 2010 établit 'le contenu des informations permettant d'utiliser des éléments et produits du corps humain à des fins thérapeutiques'. Il s'agit ainsi d'appliquer en France la directive européenne du 24 octobre 2006 relative à la traçabilité et à la distribution des tissus et cellules d'origine humaine.

Tout élément du corps humain (cellules, tissus, organes) doit désormais être accompagné de certaines informations déterminées en annexe de l'arrêté, sans lesquelles les éléments ou produits du corps humain ne peuvent être utilisés à des fins thérapeutiques : informations sur le donneur, milieu de préservation de l'organe, température de transport, coordonnées de l'établissement préleveur et du destinataire, etc.

Les médecins utilisant ces produits doivent pouvoir consulter ces informations sans mettre en péril 'la stérilité et la sécurité de l'élément ou produit considéré'. De plus, après qu'un organe a été greffé, l'établissement ayant effectué la greffe doit remplir une fiche de suivi afin d'assurer la traçabilité des greffons. C'est à l'Agence de la biomédecine (ABM) que revient la gestion de ce système automatisé.

L'ABM a également mis en place une nouvelle plateforme nationale de répartition des greffons plus efficace. Les fonctions de régulation et de répartition y sont prises en charge de façon distincte. Le directeur de la direction opérationnelle du prélèvement et de la greffe organes-tissus, qui intègre le Pôle national de répartition des greffons de l'ABM, est le Dr. Alain Atinault. Il considère que cette nouvelle organisation a plusieurs avantages : 'en supprimant les échelons intermédiaires, elle permet une vision globale, immédiate et directe du prélèvement en France, qui améliore les propositions de greffons. La prise de contact par un interlocuteur unique de toutes les équipes de greffe potentiellement concernées permet aussi une interprétation des réponses harmonisée et réduit le délai entre la première proposition et la décision d'attribution. Ce dernier aspect est particulièrement important pour réduire le temps d'ischémie froide et favorise ainsi l'obtention de greffons de qualité'."

Le Quotidien du médecin 15/06/10 - Gènéthique 16/06/10 - Biomédecine Mag avril 2010 n°06


4ème Congrès de la Société Française de Médecine d'Urgence (Paris, 02-04/06/2010)

Palais des Congrès, Paris, du 2 au 4 juin 2010.

LA MORT ENCÉPHALIQUE

Moderateur(s) : C. AMMIRATI (Amiens), C. BERTRAND (Créteil)

1. Diagnostic / C. Zamour (Valence)

"Présenter les principales pathologies à l’origine d’un passage en mort encéphalique. Préciser les critères diagnostiques médico-légaux de la mort encéphalique. Présenter les avantages et inconvénients respectifs des différents examens paracliniques disponibles à visée d’orientation diagnostique (Doppler trans-crânien, index bispectral…) ou de confirmation sur un plan médico-légal (EEG, artériographie cérébrale, angio-TDM cérébral)."

2. Prise en charge d’un donneur d’organes en état de mort encéphalique / B. Riou (Paris)

"Expliquer les particularités physiopathologiques du passage en mort encéphalique. Présenter les spécificités de la réanimation de ces patients avant, pendant et après passage en mort encéphalique. Préciser les risques respectifs des différents examens cliniques et paracliniques à visée diagnostique."

3. Ethique et prélèvement / S. Beloucif (Bobigny)

"Présenter les spécificités de la prise en charge et de l’orientation hospitalière des patients susceptibles d’évoluer en mort encéphalique. Exposer les limites éthiques et médicolégales de la réanimation avant l’état de mort encéphalique avéré chez un patient au-delà de toute ressource thérapeutique.

Présenter les critères médico-légaux permettant de réaliser un prélèvement d’organes chez un patient en mort encéphalique. Présenter les conditions de recueil de l’avis du patient auprès de ses proches."

LES PRELEVEMENTS D’ORGANES

Moderateur(s) : A. COTILLON (Brest), P. PEULMEULLE (Villeneuve-sur-Lot)

1. Rôle de l’infirmier coordinateur / A. MARCHADOUR (IADE - Brest)

"Décrire la prise en charge des donneurs potentiels en état de mort céphalique. Présenter les procédures permettant de confirmer la mort encéphalique et l’évaluation de la qualité des greffons. Expliquer la constitution du dossier administratif. Décrire l’organisation et la gestion du prélèvement d’organes."

2. Transport pour prélèvements issus de donneurs décédés après arrêt cardiaque / L. LOMBARD (IDE - Lyon)

"Expliquer le rôle de l’infirmier. Décrire la procédure des prélèvements d’organes et de tissus issus de donneurs décédés après arrêt cardiaque. Présenter les modalités de prise en charge et le transport de ces patients avec les dispositifs de massage cardiaque automatisé."

3. Abord des proches pour le recueil de la non-opposition du défunt / G. VIGNAL (IDE - Bordeaux)

"Exposer le cadre réglementaire des prélèvements d’organes. Décrire la conduite d’un entretien et le suivi avec les proches. Présenter la démarche pour les enfants mineurs et les majeurs sous tutelle.

CP063. Bilan de la mise en place de l'activité de prélèvement multi-organe chez donneurs décédés d'un arrêt cardiaque persistant au CHU. T. Gerbaud, E. Legeard, J. Libot, M. Videcoq, F. Berthier, J. Jenvrin, G. Potel (Nantes)"

CP352. Arrêt cardio-respiratoire intrahospitalier : forces et faiblesses des premiers maillons de la chaîne de survie. J. Chollet, B. Mourvillier, P. Augustin, C. Carree, F. Chane Li Sek, G. Ducrocq, C. Gautheret, B. Hoszman, A. Macrez, G. Surugue, S. Vesseron, M. Vitse, B. Doumenc (Paris)

CP353. Connaissance de la loi Leonetti. A. Tuytten, L. Kadri, B. Renaud, A. Santin (Créteil)

ARRÊT CARDIAQUE

Moderateur(s) : G. DEBATY (Grenoble), P. PLAISANCE (Paris)

1. Arrêt cardiaque traumatique / JS. David ( Lyon)

"Décrire les différents mécanismes à l’origine d’un arrêt cardiaque traumatique. Définir leur prise en charge spécifique. Préciser les facteurs pronostiques. Proposer des pistes pour améliorer leur survie."

2. Prise en charge des arrêts cardiaques réfractaires / F. Adnet ( Bobigny)

"Définir le caractère réfractaire d’un arrêt cardiaque, et ses conséquences pratiques et thérapeutiques, Présenter la filière de prélèvement des cœurs arrêtés et les indications de circulation extracorporelle."

3. Registre arrêt cardiaque / PY. Gueugniaud ( Lyon) et D. Savary ( Annecy)

"Décrire les outils indispensables à la création d’un registre d’arrêt cardiaque (contraintes légales, implication des acteurs, saisie des données, moyens d’apprécier son exhaustivité…), déterminer les données à recueillir, présenter les résultats des registres existants et montrer leur intérêt pour améliorer la prise en charge et la survie des victimes."

CP218. La mise sous assistance circulatoire thérapeutique est-elle une stratégie réalisable dans les délais pour l’arrêt cardiaque réfractaire préhospitalier ?. I. Vassor, A. Ricard-Hibon, T. Loeb, A. Burnod, J. Josseaume, M. Baer, J. Mantz (Clichy)

CP219. Arrêt cardiaque réfractaire pré-hospitalier, traité par assistance circulatoire : évaluation aprés un an de mise en place d'un protocole. K. Berthelot, F. Guichard, H. Bouvaist, M. Schmidt, G. Debaty, I. Favier, V. Danel (Grenoble)

CP220. Vers une amélioration de la survie des arrêts cardiaques traumatiques ? A. Faucher, D. Delgado, R. Mermillod, A. Schmit, J. Brallet, F. Ageron, D. Savary, J. Perfus (Annecy)

CP221. Facteurs de risque et pronostic de l’arrêt cardiaque compliquant les syndromes coronariens aigus avec sus-décalage ST admis aux urgences. S. Souissi, S. Chiboub, H. Ghazali, N. Omri, M. Chkir, M. Mougaida, N. Laamouri, B. Bouhajja (Ben Arous - Tunisie)

CP222. Etude de la pertinence d'un score pronostique de l'arrêt cardiaque extra-hospitalier à l'admission hospitalière. F. Baud, N. Bihry, P. Brun, P. Carli, P. Henry, B. Vivien, S. Voicu (Paris)

CP223. Facteurs pronostiques des patients admis en réanimation après un arrêt cardio-respiratoire extrahospitalier. O. Giovannetti, F.Dumas, J. Empana, M. Tafflet, C. Spaulding, X. Jouven, A. Cariou (Tours)

  ==> Programme (PDF)

Source :
http://www.urgences-lecongres.org/fr

Don d’organes : le donneur "à cœur arrêté" est-il toujours mort ?

Un changement radical dans la pratique des prélèvements d'organes, à l'insu de la population !

Dans le contexte du toilettage des lois bioéthiques, la nouvelle version devant paraître entre juin et septembre 2010, voici le IVème et Vème article du dossier sur les dons d'organes paru sur Décrytage, le site de l'association pour la Fondation de Service politique présidée par Francis Jubert (Syntec).
Ces articles concernent les prélèvements "à coeur arrêté". Très complets, très documentés, à lire absolument !

Don d’organes (IV) : "Prélèvements douteux sur les donneurs à cœur arrêté" (05/2010)

Don d’organes (V) : "Le donneur à cœur arrêté est-il toujours mort ?" (05/2010)

Prélèvements d'organes : les critères comprendront l'arrêt cardiocirculatoire

QUEBÉC - "La mort cérébrale pourrait bientôt ne plus être le seul critère permettant le prélèvement d'organes au Québec. Les patients ayant subi un arrêt cardiocirculatoire seront eux aussi admissibles à cette mesure, selon ce qu'écrit Le Soleil, mercredi.

Ce nouveau critère devrait permettre d'accroître de 20 à 30 pour cent le nombre de donneurs potentiels.

Le directeur médical adjoint de Québec-Transplant, l'anesthésiste Stéphane Langevin, souligne que la décision n'est pas encore officielle mais ajoute que les résultats d'un projet pilote mené depuis 2007 dans quatre hôpitaux du Québec sont positifs et incitent la communauté scientifique à aller de l'avant.

Un nombre croissant de pays tendent à revenir à cette forme de dons.

Dans la mort neurologique, l'activité cérébrale qui cesse complètement, alors que le coeur continue à battre. Les organes doivent alors être oxygénés jusqu'au prélèvement. Lors de l'arrêt cardiocirculatoire, la personne cesse de respirer alors que le cerveau présente encore un certain niveau d'activité.

Il y a toujours au moins 1200 personnes en attente d'une greffe au Québec. Le Dr Langevin prône une meilleure promotion du don vivant, notamment pour le rein et le foie car à peine 4 ou 5 pour cent des greffes rénales réalisées au Québec se font à partir d'une personne vivante, comparativement à 50 pour cent dans certains pays.[les USA, Ndlr.]"

http://www.passeportsante.net

"Perspective – Declaring Death For Organ Donation"

Cet article scientifique rend compte d'une polémique entre un spécialiste américain, qui définit et documente les aspects et problèmes éthiques concernant les prélèvements "à coeur arrêté", et un spécialiste canadien, qui a mis en place les protocoles des prélèvements "à coeur arrêté" au Canada. Le terme anglo saxon correspondant à "prélèvements 'à coeur arrêté'" est "Donation under Cardiac Death" (DCD). Cette polémique est éclairante pour la situation française, même si les protocoles de prélèvement "à coeur arrêté" appliqués en France depuis 2007 sont différents de ceux appliqués aux USA et au Canada. On pourrait d'ailleurs argumenter pour répondre à la question de savoir si cette différence est plus une différence de fond ou de forme ...

Qu'est ce qu'un prélèvement "à coeur arrêté" ? Lire l'article sur Wikipedia.

Friday, April 02, 2010 - Elsevier Global Medical News. By Joseph L. Verheijde, Ph.D., and Samuel D. Shemie, M.D.: Circulatory standard is full of scientific flaws.

VERSION FRANCAISE

"The growing demand for transplantable organs has refocused attention on a circulatory standard of death." [En France : on parle de prélèvements "à coeur arrêté", qui ont repris depuis 2007. Avant 2007, seuls les patients en état de "mort encéphalique" pouvaient constituer de potentiels donneurs d'organes. Leur cerveau est détruit mais leur coeur bat encore pour quelques heures. A présent, les prélèvements "à coeur arrêté" posent le problème inverse : la fonction cardiaque ne peut plus être restaurée. La question est : à quel moment exactement le cerveau est-il détruit dans cette situation ? Rappelons que les critères traditionnels de la mort impliquent la destruction du coeur, du cerveau et des poumons. Ndlr.]

"Cardiac mechanical asystole (or absent arterial pulse) lasting anywhere from 75 seconds to 5 minutes is the U.S. circulatory standard of declaring death in donation after cardiac death (JAMA 2009;301:1902-8). At that point, mechanical ventilation and hemodynamic support are both discontinued in the operating room, and surgical procurement begins after an absent arterial pulse or mechanical contraction of the heart.

However, there are a range of scientific flaws in the current circulatory standard of death used for organ donation.

First, it is based on expert opinion of a zero chance of spontaneous recovery of heart and brain functions (autoresuscitation) after 65 seconds of mechanical asystole. Scientific evidence is based on observations or 'death watch' inferred from published case series (1912 and 1970) and one retrospective study of 12 patients in non-heart-beating donation (Crit. Care Med. 2000;28:1709-12; Philos. Ethics Humanit. Med. 2007;2:28). The sample size necessary to rule out any autoresuscitation after 65 seconds in less than 1 in 1,000 donors with a reasonable scientific certainty is more than 10,000 patients.

Second, procured hearts have normal native mechanical and electrical functions after transplantation (N. Engl. J. Med. 2008;359:709-14; Eur. J. Cardiothorac. Surg. 2010;37:74-9), demonstrating that mechanical asystole is reversible and does not constitute an acceptable standard for irreversibility.

For example, when artificial circulation is restarted with cardiopulmonary bypass for preserving organs (ASAIO J. 2006;52:119-22), donors with normal brains before mechanical asystole can recover neurological functions. Several preprocurement donor interventions performed for organ preservation (Surgery 2000;128:579-88) likely preserve or prevent rapid deterioration of neuronal viability and irreversible cessation of brain functions after mechanical asystole. [C'est aussi ce qui s'est passé en France, voir ce cas de 2008 relayé par la presse : "Le donneur n'était pas mort !" (juin 2008). Ndlr.]

Third, the extent of recovery of integrated brain functions during surgical procurement is unknown. A preliminary report of electroencephalogram recordings during the dying process indicate sharp increases in brain electric activities in pulseless patients for several minutes (J. Palliat. Med. 2009;12:1095-100). Such patients can be donors undergoing surgical extraction of organs without general anesthesia (Anesth. Analg. 2010 March 17 [doi:10.1213/ANE.0b013e3181d27067]).

No neurophysiological monitoring studies of donor brains have been done to exclude residual and clinically relevant pain or awareness during surgical procurement.

Neither are there any histopathological examinations of brains from donation after cardiac death (DCD) donors that validate the claim that 2-5 minutes of mechanical asystole will inevitably result in complete destruction or necrosis of the whole brain and irreversible cessation of neurological functions (Crit. Care Med. 2010;38:963-70; J. Clin. Ethics. 2006;17:122-32). [La question reste donc intacte : le cerveau du donneur "mort", dont les organes sont prélevés "à coeur arrêté", est-il détruit au préalable du prélèvement d'organes ? Ndlr.]

In an article on organ donors after circulatory determination of death, the authors concede that donors may not necessarily be dead, either by neurological or circulatory criteria, but that 'it does not really matter' (Crit. Care Med. 2010;38:1011-2). They assert that any residual neurological functions have 'nothing to do with a person being alive in any meaningful way.'

However, that raises the questions of how and by whose standards the term 'meaningful' is to be defined and how certain neurological functions should be quantified as meaningful in another human being. Advocates consider altruism a sufficient reason for donors to endure this harm, if necessary, because of the desire to donate organs of the highest quality.

Transplantation advocates reinterpret the U.S. Uniform Determination of Death Act of 1981, which defined death as a singular phenomenon by either irreversible cessation of circulatory and respiratory functions or of all brain and brainstem functions, to mean that determining death can also be based on intent and action not to resuscitate, and therefore brain, respiratory, and circulatory functions do not necessarily need to have ceased irreversibly.

This reinterpretation masks undisclosed intent (to recover transplantable organs) and action (to begin surgical procurement before legal death) from the general public.

Procuring transplantable organs then becomes an active intervention of ending a human life, bringing up the ethical and legal questions of whether this approach requires sanctioning utilitarian homicide, transgressing on individuals’ constitutional rights, and disclosing relevant scientific information to potential donors and surrogates?"

Dr. Verheijde is an associate professor in the departments of biomedical ethics, physical medicine, and rehabilitation at the Mayo Clinic in Arizona. Some of the materials discussed here will also appear in Critical Care Medicine as a Letter to the Editor in response to a paper coauthored by Dr. Shemie (Crit. Care Med. 2010 March 11 [doi:10.1097/CCM.0b013e3181d8caaa]). He has no relevant disclosures.

"Laws on consent define notion of irreversibility.

The transition from life to death is a complex process fraught with historical, philosophical, and religious debate.

The determination of death affects all physicians regardless of specialty, and modern, sophisticated medical technology has complicated this process. The availability of life-sustaining interventions such as cardiopulmonary resuscitation (CPR), mechanical ventilation, heart-lung support machines, ventricular assist devices, and other organ replacement technologies, including transplantation, has obscured our ability to distinguish between the seemingly discrete states of life and death.

The ethical norm for organ donation is the 'dead donor rule,' which states that living patients must not be killed by organ retrieval. For transplantation to be successful, the arrest of circulation and resulting warm ischemic injury must be minimized. This is partially overcome when death is determined using neurological criteria because the brain dead donor remains on a ventilator and circulation persists until surgical removal of organs.

Brain dead donors continue to be the preferred source of transplantable organs, however, in response to the persistent shortage of organs has been the re-emergence of donation after cardiac death (DCD). DCD programs have developed throughout the world and account for the largest incremental increase in organ donation in active U.S. programs. Accompanying this renewed emphasis on DCD is the requirement to determine death as rapidly as possible following cardiac arrest, to minimize ischemic organ injury. This time pressure has forced the identification of a precise waiting period that is long enough to ensure the donor has died, yet short enough to maintain organ viability for transplantation.

Death is generally understood to be based on the irreversible cessation of either brain or circulatory/respiratory functions. The language and notion of irreversibility is problematic and the U.S. Uniform Determination of Death Act did not define the term. Its meaning and interpretation has evolved, given the profound advances in the technical ability to sustain vital functions indefinitely. Almost uniformly, hospital deaths are preceded by a decision to forego some form of life-sustaining intervention. If your heart is arrested, you are not dead unless CPR or extracorporeal life support is terminated or not initiated. Even in brain death, the notion of irreversibility can be questioned, given the theoretical availability of decompressive craniectomies to prevent the pressure-related arrest of brain blood flow in refractory intracranial hypertension.

Does 'irreversible' mean 'cannot be reversed under any circumstances' or 'will not be reversed,' consistent with appropriate care?

Outside of organ donation, determining death after cardiac arrest has not included standardized diagnostic criteria or a specific time period of observation. DCD has enhanced the rigor of the determination of death after cardiac arrest. However, there is a lack of consensus on how long circulation must cease for a person to be determined dead. Internationally, this time period varies from 75 seconds to 10 minutes.

After circulatory arrest in humans and primates, it takes less than 20 seconds for the EEG to become isoelectric. As long as the circulatory arrest remains permanent, there is a complete arrest of brain function. In this way, cardiac death and brain death are similar. Both are associated with the absence of brain blood flow – no blood flow, no neurological function. Cardiac arrest does not lead to death because if the heart stops, the heart can be artificially restarted, replaced by a machine that provides circulation, and/or replaced by transplantation. Cardiac arrest is death principally when it leads to a permanent arrest of brain blood flow.

Irreversibility of circulation after cardiac arrest thus is defined as a state in which these functions cannot return on their own and will not be restored by medical interventions. This applies to the setting of a legally valid refusal of CPR by the patient directly, through advance directive or via the patient’s substitute decision maker. In this way, irreversible is defined as not physically possible to reverse without violating the law on consent.

Although autoresuscitation, a phenomenon of the heart being able to restart spontaneously and generate circulation, has been cited as an ethical concern, the existing literature in this regard is of extremely poor quality. In our recent systematic review of autoresucitation (Crit. Care Med. 2010 March 11 [doi:10.1097/CCM.0b013e3181d8caaa]), there are no cases described in which CPR was not provided. Thus the existing practices for determining death during controlled DCD, where a consensual decision has been made to withdraw life support and withhold CPR, are consistent with medical, ethical, and legal standards permitting organ donation."

Dr. Shemie is a pediatric critical care physician and director of the Extracorporeal Life Support program at the Montreal Children’s Hospital, McGill University; the Bertram Loeb Chair in Organ Donation Research at the University of Ottawa; and medical director of tissue and organ donation for the Canadian Blood Services.

Copyright (c) 2009 Elsevier Global Medical News. All rights reserved. This material may not be published, broadcast, rewritten, or redistributed.

http://www.medconnect.com.au

"Donner recevoir un organe" : Centre Européen d'Enseignement et de Recherche (CEERE)

Le Centre Européen d'Enseignement et de Recherche (CEERE, Strasbourg) a organisé un colloque sur le don d'organes en 2007 (lien) et en 2009 (lien). Le thème de la greffe des tissus composites de la face a aussi été abordé en 2008 : "La greffe du visage : du débat éthique à la réalité chirurgicale" (lien).

L'ouvrage "Donner recevoir un organe", publié en 2009, fait suite au colloque et aux séminaires sur le même titre.

==> Pour commander cet ouvrage, télécharger le bon de commande : PDF, 168 Ko.

France : réouverture du blog de bioéthique de l'Eglise catholique

"Depuis son ouverture en février 2009, le blog bioéthique de l'Eglise catholique a été un lieu de réflexions et d'échanges fructueux pendant les Etats généraux de la bioéthique, voulus par le gouvernement et achevés en juin dernier. La publication de billets y a été interrompue pendant l'été 2009 malgré un nombre important de visites (20 000 internautes par mois). Après la remise du rapport d'information parlementaire sur la bioéthique au gouvernement, et à l'approche de la publication du projet de loi sur la bioéthique, les évêques français réactivent cet outil. Mgr Pierre d'Ornellas, archevêque de Rennes, a manifesté son souhait que 'ce blog constitue un espace de dialogue et de recherche de ce qui est juste et vrai, dans le respect de chacun'.

Le blog aborde des sujets tels que l'assistance médicale à la procréation (AMP), la recherche sur l'embryon, les tests génétiques et la médecine prédictive, les prélèvements et greffes d'organes, le diagnostic prénatal et le diagnostic préimplantatoire, ou encore la maternité pour autrui."

Il peut être consulté à l'adresse suivante : www.bioethique.catholique.fr.
La Croix 26/03/10 - Gènéthique 29/03/10
http://www.genethique.org

Greffe de foie à partir d'un donneur en arrêt cardio-respiratoire persistant, dit "décédé après arrêt cardiaque"

"Pour la première fois en France, les équipes du Groupe Hospitalier Pitié-Salpêtrière ont réalisé un greffe de foie à partir d'un donneur décédé après arrêt cardiaque !

En 2010, un patient de 49 ans, atteint d'une pathologie hépatique grave a reçu un greffon hépatique provenant d'un donneur décédé après arrêt cardiaque (DDAC). Cette première procédure en France a été réalisée par l'équipe de transplantation hépatique dirigée par le Professeur Laurent Hannoun. La transplantation a été possible grâce à la mobilisation de l'ensemble du département d'anesthésie réanimation dirigé par le Professeur Pierre Coriat.

Les équipes de la coordination des prélèvements d'organes et de tissu (Professeur Bruno Riou) et de l'unité de Réveil (Professeur Olivier Langeron) avaient été avisées par le SMUR de l'hôpital Lariboisière du transfert, en milieu hospitalier, d'un patient en arrêt cardiaque réfractaire malgré les tentatives de ressuscitation entreprises par l'équipe médicale du SMUR. Après avoir vérifié l'absence d'indications pour l'assistance circulatoire à visée thérapeutique telles qu'elles ont été définies par les Sociétés Savantes, après avoir constaté et déclaré le décès en conformité avec le programme de prélèvement sur DDAC mise en oeuvre par l'Agence de biomédecine (ABM) et après avoir vérifié auprès des proches la non-opposition du défunt au don d'organes, la procédure de préservation des organes par une circulation régionale normothermique (CRN) a été réalisée, suivie du prélèvement des reins et du foie.

La transplantation hépatique a été réalisée par le Professeur Jean-Christophe Vaillant et la prise en charge de l'anesthésie par le Docteur Daniel Eyraud.

A ce jour, le patient greffé a quitté l'unité de réanimation chirurgicale dirigée par le Professeur Jean-Jacques Rouby pour rejoindre le service de chirurgie digestive et son état de santé est très satisfaisant.

Depuis 2006 le Groupe Hospitalier Pitié-Salpêtrière est l'un des neuf sites pilotes à pouvoir pratiquer des prélèvements de reins sur DDAC, dans le cadre d'un programme imposant des critères stricts de sélection des donneurs et des receveurs établis par l'Agence de la biomédecine et des professionnels de la greffe rénale et de la réanimation. Cette technique a été utilisée par l'équipe du Professeur Benoît Barrou (service d'urologie dirigé par le Professeur Marc-Olivier Bitker) pour des transplantations rénales, avec de bons résultats.

En 2009, l'Agence de la biomédecine a donné son accord pour étendre la convention au prélèvement et à la greffe de foie à partir de DDAC, selon un programme spécifique sur la base de la même méthodologie que le prélèvement et la greffe rénale, en collaboration avec tous les acteurs de cette activité.

Le programme de prélèvement et de greffe de DDAC fait partie des stratégies mises en place pour améliorer l'accès des malades en attente avec des résultats satisfaisants ainsi que l'ont déjà publié d'autres équipes européennes ou américaines. Il représente un espoir pour les nombreux malades en attente."

Contact presse
Groupe Hospitalier Pitié-Salpêtrière, Direction de la Communication
Philippe Couchoux
Téléphone : 01 42 16 15 39
philippe.couchoux@psl.aphp.fr

Pour plus d'informations, contacter :
Eve AULONG
Directrice de la communication
Assistance Publique - Hôpitaux de Paris - 3, av Victoria
75184 Paris CEDEX 04
Tél : 01 40 27 30 00
Fax : 01 40 27 38 50
email : direction.communication@sap.ap-hop-paris.fr

Source :
http://web.reseau-chu.org

"Project to get transplant organs from ER patients raises ethics questions"

Vous êtes un patient arrivant dans un service hospitalier des urgences aux USA ? Vous pourriez bien devenir donneur d'organes ... Voilà qui commence à poser des questions d'éthique qu'il devient urgent de résoudre : jusqu'où peut-on aller pour récupérer des organes ?


Article by Rob Stein, Washington Post Staff Writer.

Copyright Washington Post

"In the hope of expanding a controversial form of organ donation into emergency rooms around the United States, a federally funded project has begun trying to obtain kidneys, livers and possibly other body parts from car-accident victims, heart-attack fatalities and other urgent-care patients.

Using a 321,000 USD grant from the Department of Health and Human Services, the emergency departments at the University of Pittsburgh Medical Center-Presbyterian Hospital and Allegheny General Hospital in Pittsburgh have started rapidly identifying donors among patients whom doctors are unable to save and taking steps to preserve their organs so a transplant team can rush to try to retrieve them.

Obtaining organs from emergency room patients has long been considered off-limits in the United States because of ethical and logistical concerns. This pilot project aims to investigate whether it is feasible and, if so, to encourage other hospitals nationwide to follow. So far, neither hospital has yet gotten any usable organs.

'This is about helping people who have declared themselves to be donors, but die in a place where donation is currently not possible,' said Clifton W. Callaway, an associate professor of emergency medicine at the University of Pittsburgh who is leading the project. 'It's also about helping the large number of people awaiting transplants who could die waiting because of the shortage of organs.'

Critics say the program represents a troubling attempt to bring a questionable form of organ procurement into an even more ethically dicey situation: the tumultuous environment of an ER, where more than ever it raises the specter of doctors preying on dying patients for their organs.

'There's a fine line between methods that are pioneering and methods that are predatory,' said Leslie M. Whetstine, a bioethicist at Walsh University in Ohio. 'This seems to me to be in the latter category. It's ghoulish.'

For decades, most hearts, lungs, kidneys, livers and other organs obtained for transplants in the United States have come from patients who have been pronounced dead in a hospital after a complete cessation of brain activity, known as brain death, was carefully determined.

But because thousands of people die each year waiting for organ transplants, the federal government has begun promoting an alternative that involves surgeons taking organs, within minutes, from patients whose hearts have stopped beating but who have not been declared brain-dead. The faster organs are retrieved, the better the chances they will be useable.

Although increasingly common, the practice remains controversial because of questions about whether organ preservation and removal might begin before patients are technically dead, and because of fears that doctors might not do everything possible to save patients and may even hasten their deaths, to increase the chance of obtaining organs.

In the United States, the practice, known as 'donation after cardiac death,' or DCD, is being done only on patients in the intensive-care unit or other parts of the hospital for whom the possibility of death has been long anticipated, and there has been time to methodically assess their condition and make sure family members are comfortable with the decision. Each hospital can decide whether and how to perform the procedure.

In 2008, the Children's Hospital in Colorado sparked intense debate with a federally funded DCD pilot project that involved taking hearts from babies 75 seconds after they were removed from life support. After an intensive review, the hospital restarted the program about two months ago but required that surgeons wait two minutes.

The Washington Hospital Center launched a DCD program in its emergency room in the late 1990s but discontinued the effort when it proved too difficult logistically. The Washington Regional Transplant Community, which coordinates organ procurement for the region, 'is always evaluating best practices across the nation to see if they are replicable in our service area and can meet the ultimate test of offering more donation options to families and saving more lives,' said Cindy Speas, director of community affairs for the group. 'So we will, of course, look at the results of the program' in Pittsburgh.

The University of Pittsburgh started screening patients last year, and Allegheny started within the past month.

'Strict firewalls'

Many ethicists and transplant experts and advocates say the Pittsburgh emergency room experiment is worth pursuing as long as it is designed to include protections, especially for patient care.

'There are strict firewalls in place,' said Jim Bowman, the medical director for the transplantation division at the Health Resources and Services Administration, which is funding the project. 'This is potentially a new source of organs that up until now have been neglected.'

Others remain wary. One concern is that under the program, doctors will take organs from people who have agreed to become donors by checking off a box on their driver's license or by signing up on a state registry, and will not seek a family member's consent if one is not present.

'The problem is there's no real informed consent in driver's license designations,' said David Crippen, an associate professor of critical-care medicine at the University of Pittsburgh. 'The computer asks, Would you like to be a donor -- yes or no. . . . Many people may be consenting to something that they really don't understand.'

Some experts worry that the practice could send subtle signals to doctors and nurses that could influence how hard they work to save patients.

'When you do this stuff in such close proximity to treating the patient, the people in the emergency room will quickly start to think, This is a potential organ donor, even when they are treating the patient,' said Michael A. Grodin, a medical ethicist at Boston University. 'People are going to wonder, if they are being treated in the ER, Are the transplant people going to swoop down to get my organs?'

The practice could backfire by making an already skeptical public less likely to designate themselves as organ donors, several experts said.

'Imagine you have a 20-year-old inner-city kid who gets shot. Twenty minutes later, a family member comes in and says, What happened? They're told, We tried to save him but couldn't, and he had an organ donor card so we took an organ,' said University of Pennsylvania bioethicist Arthur Caplan. 'You can imagine they're going to think, Did you really do everything you could to save him?'

Trying to allay concerns

The project's organizers have taken several steps to address the concerns, Callaway said. No one will check whether a patient is an organ donor until after the patient has been declared dead, he said. The medical personnel involved in trying to save patients will be completely separate from those involved in obtaining their organs.

'If I were simultaneously given the task for being part of the transplant team, and that was in the back of my head, I might have some conflicting priority that your death may benefit someone else,' Callaway said.

Some critics question whether patients pronounced dead in the emergency room meet the official criteria for organ donation, or whether there are enough safeguards in place in case someone pronounced dead unexpectedly revives -- which can happen, though very rarely. The Pittsburgh protocol requires only that doctors wait two minutes after death is pronounced before taking steps to preserve organs.

'There's no consensus regarding how long CPR (cardiac pulmonary resuscitation) must be performed before death is determined as irreversible. In other words, when in the resuscitation process does the patient transition from being treated as a patient to a donor?' Whetstine asked. 'Are such patients really dead after resuscitation efforts end and after a time interval of two minutes of cessation of circulation elapses?'

But Callaway dismissed any suggestion that the patients technically may not be dead. Only patients for whom everything has been done, and who it is clear cannot be revived, will be considered, he said.

'This is donation after cardiac death. No heartbeat. No breathing. Dead. Clinically dead. There is an unambiguous death,' he said.

And, although the protocol officially calls for waiting two minutes, he said, in reality it would take at least 15 minutes before the special team could arrive and start preparing the body for organ donation.

'Right now, every single person who dies in the emergency department, even if they designated themselves as an organ donor, their organs go to the morgue,' Callaway said. 'That's not what their wishes were, and certainly there's someone waiting for an organ who could have benefited.'"

http://www.washingtonpost.com

"Pourquoi interdire aux vivants d'offrir un rein ?"

Excellent article de Jean-Yves Nau ! Journaliste et docteur en médecine, Jean-Yves Nau a été en charge des questions de médecine, de biologie et de bioéthique au Monde pendant 30 ans. Il est notamment le co-auteur de "Bioéthique, Avis de tempête".

Ce geste peut sauver une vie, mais en France la loi rechigne à le faciliter.

"Mais qui êtes-vous donc ? L'un de ceux qui, coûte que coûte iront jusqu'à leur fin munis de leurs deux reins ? Ou l'une de ces personnes qui, le cas échéant, accepterait volontiers de son vivant l'offrande à un proche de l'un de ses reins?

Cas n°1: vous pouvez dormir sur vos deux oreilles.

Cas n°2: attendez-vous à souffrir (administrativement).

Car, contrairement à ce que vous pourriez imaginer, vous n'êtes pas, ici, libre de vos actes. L'Etat français veille : votre corps ne vous appartient pas et vous n'êtes pas autorisé à user comme il pourrait vous plaire des éléments qui le composent ; au grand dam de certains, puisque le don d'organe effectué de son vivant (rein, lobe de foie ou de poumon) peut désormais, grâce à la chirurgie de la greffe, prévenir nombre de morts prématurées. Plusieurs éléments d'actualité viennent de relancer cette controverse éthique riche d'enseignements.

Un don pratiquement sans danger
C'est aujourd'hui démontré avec la toute récente publication dans les colonnes du Journal of The American Medical Association (Jama) d'une étude sans précédent. On ne disposait jusqu'à présent que de réponses fragmentaires émanant de telle ou telle équipe utilisant telle ou telle méthode chirurgicale. Tel n'est plus le cas avec la publication de ce travail américain à partir des données émanant de plus de 80.000 donneurs de reins vivants. Conclusion: pas de risque chirurgical particulier.

'Donner un rein est sans danger, résume le Pr Dorry L. Segev, MD, Ph.D., spécialiste de chirurgie de transplantation au Johns Hopkins University School of Medicine qui a coordonné ce travail. Au départ, les donneurs vivants sont en bonne santé. Aussi la première priorité du chirurgien comme de l'ensemble de la communauté de la transplantation est-elle de s'assurer qu'ils le demeureront. Cette étude indique que cet objectif est atteint. Bien qu'il n'y ait jamais de garantie absolue en matière de chirurgie, faire le don d'un rein est plus sûr que pratiquement toutes les autres interventions chirurgicales.'

En pratique, le Pr Segev et ses collègues ont analysé les données du registre national américain, soit les dossiers médicaux de 80.347 donneurs vivants et ce pour une période comprise entre le 1er avril 1994 et le 31 mars 2009. Ils ont notamment recensé sur cette période de quinze ans un total de 25 décès dans les 90 jours après le prélèvement; soit un taux de mortalité de 3,1 pour 10.000. Ce risque était légèrement plus élevé dans certains sous-groupes connus pour être plus exposés que la moyenne à un risque chirurgical comme les hommes (5,1 décès pour 10.000 cas) et les Afro-Américains (7,6 décès pour 10.000 cas). Pour autant, même dans ces deux groupes, le risque apparaît très faible. A titre de comparaison, les auteurs rappellent que le risque de mortalité opératoire associé à l'ablation vésicule biliaire est à peu près six fois plus élevé (18 pour 10.000 cas), tandis que le risque lié à l'ablation d'un rein (pratiquée pour de strictes raisons médicales) est d'environ 260 pour 10.000 cas.

Aux Etats-Unis, les prélèvements de reins greffons chez des vivants a notablement augmenté ces dernières années, passant de 3.000 en 1994 à près de 6.000 en 2008. Et tout se passe comme si les personnes en insuffisance rénale (pour lesquelles l'indication de greffe a été portée) avaient de plus en plus fréquemment recours aux donneurs vivants. Il s'agit dans ce cas soit d'amis plus ou moins proches du malade soit de membres plus ou moins éloignés de sa famille. Ce phénomène est sans aucun doute la conséquence de la pénurie constante de greffons cadavériques. Mais il tient aussi au fait que les résultats en termes de survie des greffés sont meilleurs avec les greffons provenant des vivants que des morts.

Progrès chirurgicaux
L'Agence Reuters vient de rapporter la réalisation -le 1er février- du premier prélèvement de rein pratiquée, en Europe (et en France), via le nombril. Cette spectaculaire première est le fait de l'équipe d'urologie et de chirurgie de la transplantation de l'hôpital Edouard-Herriot de Lyon.'La nouvelle technique présente l'avantage de ne pratiquement pas laisser de cicatrice sur le donneur et de permettre une convalescence très rapide', a expliqué à cette occasion le Pr Xavier Martin, qui a dirigé cette intervention. Une telle approche pourrait selon lui aider à augmenter le nombre des prélèvements sur donneurs vivants en améliorant le confort du donneur, comme c'est le cas aux Etats-Unis. 'Le fait qu'il n'y ait pas de cicatrice et seulement quatre jours de traitement antalgique au lieu de vingt-six pour une intervention standard rassure les patients', souligne le Dr Sébastien Crouzet (Lyon) qui a passé huit mois à la Cleveland Clinic pour se former à cette nouvelle technique.

'En France, seuls un tiers des patients en attente de rein réussissent à être greffés', déplore le Pr Martin, qui rappelle que 90 pour cent des greffes se font à partir de greffons 'cadavériques'. La patiente lyonnaise prénommée Tiana, est âgée de 45 ans. Elle a donné l'un de ses reins à son mari, et à pu retourner à son domicile quatre jours seulement après l'intervention. 'J'ai aussitôt repris une vie normale et les douleurs se sont estompées très rapidement', assure-t-elle. 'On obtient de meilleurs résultats avec un donneur vivant, observe encore le Pr Martin. En cas de don cadavérique, la médiane de survie est de 15 ans, en cas de donneur vivant, de 22 ans.'

Des constats nullement anodins
La démonstration de l'innocuité des prélèvements de rein sur des vivants ne manquera pas d'être utilisée par tous ceux qui, à l'échelon international, participent au développement des trafics de prélèvements d'organes. Ces trafics consistent pour l'essentiel à rémunérer des personnes qui, pour des raisons économiques et nullement altruistes, en sont réduites à vendre (pour des sommes éminemment variables) l'un de leur rein ensuite greffé chez un receveur contre de substantielles rémunérations. Condamnée par l'OMS comme par de nombreuses institutions éthiques, cette pratique est sous-tendue par la pénurie croissante de greffons rénaux transplantables. Mais la démonstration de cette innocuité sera aussi utilisée par ceux qui estiment que plutôt que d'échouer à combattre de tels trafics, les autorités gouvernementales devraient organiser et encadrer cette activité chirurgicale et commerciale; une thèse régulièrement défendue dans les très libérales colonnes de The Economist.

L'insupportable paradoxe français
Les conclusions de la publication du Jama concernent aussi au premier chef les pays qui -comme la France- interdisent, avec succès, le développement sur leur sol d'une telle forme de marchandisation du corps humain. Des pays qui sont aussi, paradoxe, confrontés à une pénurie chronique de greffons disponibles. Pourquoi, face à une telle situation, ne pas faciliter le développement - hors commerce - du prélèvement sur donneurs vivants ? Pourquoi se limiter (ou presque) aux seuls prélèvements 'cadavériques' avec toutes les nouvelles et graves interrogations que suscitent les tentatives de redéfinition des critères de la mort?

Selon les derniers chiffres disponibles de l'Agence biomédecine fin 2008, plus de 30.000 personnes souffrant d'insuffisance rénale (d'un âge moyen de 70 ans) étaient, en France, soignées par rein artificiel (ou hémodialyse). A la même date, près de 27.000 personnes (d'un âge moyen de 54 ans) vivaient après une greffe de rein réussie. Entre 2003 et 2009 le nombre de personnes inscrites sur la liste d'attente de greffes de rein est passé de 5.249 à 6.859 tandis que, parmi elles, le nombre des décès passait de 136 à 201.

En France, plus de 90 pour cent des greffes sont effectuées avec des greffons prélevés sur des 'cadavres'. Aux Etats-Unis (où le taux de dons 'cadavériques' est le même qu'en France), les donneurs vivants de rein assurent en moyenne 40 pour cent des greffes rénales contre environ 7 pour cent en France. Pourquoi une telle différence ?

Les contraintes de la loi de bioéthique
Cette loi promulguée en 1994 et révisée en 2004 encadre de manière drastique la possibilité de tels dons :

Article L1231-1

'Le prélèvement d'organes sur une personne vivante, qui en fait le don, ne peut être opéré que dans l'intérêt thérapeutique direct d'un receveur. Le donneur doit avoir la qualité de père ou mère du receveur.
Par dérogation (...) peuvent être autorisés à se prêter à un prélèvement d'organe dans l'intérêt thérapeutique direct d'un receveur son conjoint, ses frères ou sœurs, ses fils ou filles, ses grands-parents, ses oncles ou tantes, ses cousins germains et cousines germaines ainsi que le conjoint de son père ou de sa mère. Le donneur peut également être toute personne apportant la preuve d'une vie commune d'au moins deux ans avec le receveur.
Le donneur, préalablement informé par le comité d'experts mentionné à l'article L. 1231-3 des risques qu'il encourt et des conséquences éventuelles du prélèvement, doit exprimer son consentement devant le président du tribunal de grande instance ou le magistrat désigné par lui, qui s'assure au préalable que le consentement est libre et éclairé et que le don est conforme aux conditions prévues aux premier et deuxième alinéas. En cas d'urgence vitale, le consentement est recueilli, par tout moyen, par le procureur de la République. Le consentement est révocable sans forme et à tout moment.

Article L1231-2

Aucun prélèvement d'organes, en vue d'un don, ne peut avoir lieu sur une personne vivante mineure ou sur une personne vivante majeure faisant l'objet d'une mesure de protection légale.'

Faut-il s'attendre à des changements ?
On pourrait le penser avec la toute prochaine révision de la loi de bioéthique. Cette révision fournira-t-elle l'occasion d'élargir le champ de cette pratique à un cercle familial plus large ainsi qu'aux amis des malades ? Rien n'est moins sûr, comme l'observe (et le regrette vivement) dans les colonnes de La Revue du Praticien Médecine Générale (datée du 23 février) le Pr Alain Tenaillon, ancien responsable du pôle stratégie-greffe, maintenant à la direction médicale et scientifique de l'Agence de la biomédecine :

'La philosophie utilitariste et le principe d'autonomie dominent aux Etats-Unis et en général dans les pays anglo-saxons ; alors qu'en France c'est l'approche kantienne et la déontologie qui priment. Ainsi le primum non nocere [avant tout ne pas nuire] semble empêcher toute intervention non justifiée par un intérêt thérapeutique direct. En outre, les principes d'anonymat et de gratuité pourraient être remis en question par le don du vivant qui pourrait faire l'objet de commerce. Si ces questions d'éthique sont importantes, il faut cependant arrêter de faire de chaque donneur vivant une victime ou un escroc en puissance. Le don du vivant est toujours ou presque une très belle histoire d'amour ou d'amitié et les dérives en France sont presque impossibles (...). Nos instances n'ont jusqu'à présent autorisé le don du vif que de façon subsidiaire par rapport aux dons cadavériques (...) : aucune campagne nationale n'a été réalisée sur ce thème en France, alors que tous les experts mondiaux s'accordent pour reconnaître que ce type de greffe est actuellement le meilleur traitement.'

Des voix s'élèvent
Comme souvent, l'expérience corporellement vécue par une personnalité cristallise l'attention sur un sujet superbement ignoré dans la sphère publique. C'est le cas ici avec Christian Baudelot, sociologue français de renom. L'initiative qu'il anime et fédère réunit des signatures que l'on ne saurait suspecter de participer à un trafic de marchandisation des corps humains. Pour autant, elle n'est pas sans susciter anticorps et résistances de diverses origines. En 2009, le Conseil d'Etat recommandait au législateur 'de ne pas faire évoluer le don entre personnes vivantes' en raison 'des risques de dérive marchande' et des 'pressions familiales'. Des risques que l'on ne saurait sous-estimer. C'est que 'l'amour et l'amitié' du Pr Tenaillon sont, en cas d'abcès, rarement les seules invitées à la barre. Rompre, pour les meilleurs raisons du monde, avec la sacro-sainte trinité éthique et laïque française ('anonymat, gratuité, bénévolat'), peut très vite ouvrir les vannes au commerce tarifé ; non plus celui des seules muqueuses de surface, mais bien un autre concernant des organes battant sous la peau. De ce point de vue, cette question nous ramène immanquablement à celle de la 'grossesse pour autrui' ou, plus précisément, du leasing utérin.

Le coup de gueule du Pr 'Max'
Auditionné le 10 juin 2009 à l'Assemblée nationale, le Pr Jean-Michel Dubernard (Max pour les intimes ou pas), spécialiste de la transplantation de renom international, a expliqué pourquoi il était toujours réticent aux dons offerts par des personnes vivantes. Ce député hors norme considère notamment qu''il est impossible d'éviter les pressions familiales'. Puis 'Max' eut ce mot, tellement chirurgical: 'Quand il y a mort d'un donneur, comme cela m'est déjà arrivé, c'est 100 pour cent pour notre gueule.'

Qui, de son vivant, oserait rire de cette apparente brutalité d'un pseudo-rustre lyonnais ? Le sociologue Baudelot ne comprend pas le chirurgien Dubernard. Et la réciproque est implicite. Pourquoi ? Jusqu'à quand ?"

Article de Jean-Yves Nau
http://www.slate.fr/story/18653/pourquoi-interdire-aux-vivants-doffrir-un-rein

"Greffes: des donneurs plus vivants que morts"

L'angoisse grandit face au développement de nouvelles pratiques de prélèvements d'organe.

"Face à la pénurie peut-on laisser des chirurgiens élargir continuellement les conditions dans lesquelles ils peuvent prélever des organes sauver des vies? A qui revient-il (au médecin, au législateur, au citoyen?) de définir la vie et la mort? Trop largement méconnue du grand public une nouvelle pratique de prélèvements -dite 'à cœur arrêté' - commence à faire l'objet de douloureuses interrogations dans la communauté internationale des anesthésistes-réanimateurs et des chirurgiens. Paradoxalement cette problématique éthique sans précédent n'est pas au programme de la toute prochaine révision de la loi française de bioéthique. Nous en exposons ici les principaux éléments."

Mort 'cardiaque' ou mort 'cérébrale' ?
"Pendant des siècles l'arrêt durable de l'activité cardio-respiratoire a été le critère de référence pour affirmer qu'une personne avait cessé de vivre. Puis vint la réanimation médicale. Il y a cinquante ans, deux médecins français (Maurice Goulon et Pierre Mollaret) commencent, à Paris et pour la première fois au monde, à attirer l'attention de leurs confrères sur l'existence de cas extraordinaires jamais vus depuis l'origine de l'homme sur Terre. Il s'agissait de malades placés sous ventilation (et qui avaient donc toujours une fonction cardiaque et respiratoire 'mécanique') mais qui ne présentaient plus aucune activité cérébrale. Ces malades ne pouvaient plus respirer dès lors que la réanimation était interrompue."

"Le 'coma dépassé'
En 1959 les Pr Goulon et Mollaret détaillent publiquement leurs observations lors de la 23ème réunion internationale de neurologie. Puis ils publient une série de 23 cas dans la Revue Neurologique (Mollaret P, Goulon M. Rev Neurol (Paris) 1959; 101: 3-15). Ils proposent alors la formule de 'coma dépassé'. C'est une révolution. Ainsi donc, en 1959 à Paris, on peut être mort (d'un point de vue cérébral) alors que l'on présente encore apparemment tous les signes de la vie. Trente ans plus tard dans les colonnes du Monde le Pr Etienne-Charles Frogé, spécialiste de médecine légale, parlera de 'mort rose' pour décrire cette situation souvent impossible à appréhender par les proches du défunt.

Mais c'est aussi une révolution dont on peine alors à saisir la portée. A la fin des années 1950 personne ou presque ne songe encore que la situation de 'coma dépassé' pourra permettre la réalisation de prélèvements d'organes. Or, très rapidement, arrivent les progrès de la chirurgie de transplantation suivis de la compréhension des mécanismes de rejets de greffons. Les corps des personnes maintenues en 'coma dépassé' vont alors progressivement devenir la principale source de greffons : cette situation assure de disposer d'organes de bien meilleure qualité dans la mesure où ils continuent à être perfusés, nourris et oxygénés."

Consentement présumé
"Au fil du temps et des progrès réalisés dans le domaine de la neurologie et de l'imagerie cérébrale les critères de la mort permettant les prélèvements (définis en France par la 'circulaire Jeanneney' ; n° 27 du 24/04/1968) sont précisés, complétés. Parallèlement une série de dispositions législatives ou réglementaires apparaissent pour s'assurer au mieux du consentement préalable de la personne (ou, sinon, de ses proches) pour la réalisation de tels prélèvements.

En France, comme dans de nombreux pays industriels, le régime qui prévaut est celui dit du 'consentement présumé'. Chacun peut, de son vivant, s'opposer à la pratique du prélèvement d'organes. Ne pas le faire c'est accepter, le moment venu, d'être considéré comme un donneur potentiel. Pour autant en pratique aucun prélèvement possible n'est effectué sans l'obtention préalable de l'accord de la famille. A l'inverse d'autres pays se refusent (pour des raisons philosophiques ou religieuses) à autoriser des prélèvements d'organes sur des corps 'à coeur battant' quand bien même les battements cardiaques ne sont plus que le fait de l'activité des appareils de réanimation."

"Les prélèvements 'à cœur arrêté'
C'est dans ce contexte hautement délicat que commence à se développer - des deux côtés de l'Atlantique - cette nouvelle pratique. 'Les prélèvements à cœur arrêté sont considérés sur le plan international comme étant une source prometteuse d'organes pour la transplantation: d'une part, ils permettent d'augmenter significativement le pool de donneurs, et d'autre part la qualité des organes obtenus est satisfaisante. Ces protocoles soulèvent plusieurs questions éthiques' résume un groupe d'éthiciens dirigé par Jean-Christophe Tortosa (Laboratoire d'éthique médicale et de médecine légale, Université Paris Descartes, Faculté de médecine- Centre universitaire des Saints-Pères. jc.tortosa@free.fr) dans le dernier numéro (daté de février) du mensuel Médecine/Sciences.

Quelques explications techniques s'imposent. Dans tous les cas le critère retenu ici n'est plus celui de la 'mort cérébrale' mais redevient comme jadis un critère cardiaque. On distingue schématiquement deux types de donneurs :

1) les malades hospitalisés 'qui font l'objet d'une décision d'arrêt du traitement maintenant leurs fonctions vitales et dont la mort par arrêt circulatoire est attendue dans un court délai' (donneurs 'à cœur arrêté contrôlé')

2) les personnes qui sont victimes d'un arrêt cardiaque inopiné en l'absence ou en présence d'une équipe de secours (donneurs 'à cœur arrêté non contrôlé'). Ces prélèvements ne sont plus aujourd'hui véritablement marginaux et concernent une part croissante de l'ensemble des donneurs 'cadavériques'.

Pourquoi, dira-t-on, développer ce type de prélèvement alors que la situation de 'coma dépassé' permet de disposer d'organes d'une bien meilleure qualité dans la mesure où ils continuent à être perfusés et oxygénés ? Outre la pénurie de greffons disponibles cette approche se fonde sur le délai extrêmement bref séparant l'arrêt des battements cardiaques du prélèvement des organes. Plus ce délai est bref (moins l'arrêt de la vascularisation est long) et plus les greffons sont de qualité. Question: jusqu'où peut-on aller sur un tel terrain? Comment être certain que l'on ne prélève pas sur un malade qui n'est pas encore mort ?

Dans le cas des donneurs à cœur arrêté contrôlé (pratique développée aux Etats-Unis, au Canada, au Royaume-Uni, aux Pays-Bas et en Belgique) l'équipe agit avec le consentement du patient et/ou de ses proches. 'Le retrait de l'assistance respiratoire est souvent réalisé au bloc opératoire afin que les organes soient prélevés aussi rapidement que possible après que l'arrêt cardiaque a été jugé irréversible, explique Jean-Christophe Tortosa. Le temps requis d'absence de circulation est variable et varie de deux à dix minutes [période dite no touch].' Le protocole de l'université de Pittsburgh postule que la perte de la fonction cardiaque est irréversible après deux minutes d'arrêt circulatoire. Toutefois d'autres protocoles, pédiatriques, autorisent le prélèvement des cœurs après seulement 75 secondes d'arrêt circulatoire."

Troublantes questions
"Certains estiment que l'irréversibilité de l'arrêt cardiaque n'est pas assurée au moment du prélèvement d'organes, ce d'autant plus que le temps d'arrêt circulatoire est court. Ils observent notamment que cette activité cardiaque pourrait être restaurée s'il y avait une volonté de le faire. Quant aux 75 secondes acceptées par le protocole de transplantation cardiaque pédiatrique de l'hôpital de Denver, on en arrive à ce formidable paradoxe que le cœur de très jeunes patients qui ont été déclarés morts sur la base de la perte irréversible de la fonction cardiaque peut être transplanté avant de battre avec succès dans la poitrine d'un autre.

'D'autres estiment qu'une trop courte période d'observation entre le début de l'arrêt circulatoire et le début de la procédure de prélèvement d'organes pourrait ne pas être suffisante pour impliquer une destruction totale du cerveau', observe encore Jean-Christophe Tortosa. 'Si aucune tentative de réanimation n'est entreprise après l'arrêt cardiaque et s'il n'y a pas de reprise spontanée de l'activité cardiaque, l'arrêt circulatoire entraîne forcément une souffrance cérébrale et, pendant une courte période pouvant s'étaler sur plusieurs minutes, la mort cérébrale.' Toutefois, il n'y a pas de consensus à propos de la durée d'arrêt circulatoire qui conduit nécessairement à la mort cérébrale. Se fondant sur l'opinion que la mort cardiaque, sans mort encéphalique, n'est pas suffisante pour déclarer le décès du patient, certains spécialistes affirment que les prélèvements d'organes à partir de donneurs à cœur arrêté contrôlé violent la règle du donneur décédé (dead donor rule) qui établit que le prélèvement d'organes ne doit pas causer le décès du donneur."

Encore patients, déjà donneurs ?
"L'arrêt cardiaque chez ce type de donneurs est la conséquence d'une décision d'arrêt des traitements de maintien des fonctions vitales (notamment l'interruption de la ventilation assistée) et certains ont souligné le risque de compromettre les soins dus au patient à cause de la promesse d'un prélèvement d'organes. Pour prévenir ce risque, la décision d'arrêt du traitement maintenant les fonctions vitales doit être prise avec l'accord du patient (conscient ou au travers de directives anticipées) et/ou de sa famille (quand elle peut être présente). Malgré tout le risque d'un 'glissement' du rôle des professionnels demeure ; et ce d'autant plus que l'arrêt du traitement a lieu au bloc opératoire. Un risque d'autant plus grand qu'en Belgique certains prélèvements peuvent désormais être réalisés, non pas après une décision d'arrêt du traitement maintenant les fonctions vitales, mais à l'issue d'une euthanasie volontaire.

En conclusion Jean-Christophe Tortosa et ses collègues soulignent que reconnaître l'existence de tous ces problèmes 'n'implique pas nécessairement une condamnation morale ni une volonté de prohibition'. 'Reconnaître la dimension éthiquement controversée des prélèvements à cœur arrêté doit constituer le préambule d'un débat sociétal et interdisciplinaire, font-ils valoir. Et ce afin que ces stratégies puissent bénéficier au plus grand nombre, à long terme et sans saper la confiance du public dans le système de transplantation de son pays.' C'est dire l'urgence qu'il y aurait à organiser de tels débats et les regrets que l'on peut nourrir en observant que la révision de la loi de bioéthique n'en offre pas, en France, l'opportunité."

Jean-Yves Nau, 01/03/2010

LIRE EGALEMENT SUR LES GREFFES: Votre dépouille nous appartient et Greffe, la France éblouit le monde.

Source :
http://www.slate.fr

Huit patients greffés grâce à un nouveau procédé

Angers, mardi 02 février 2010 - "Depuis juin 2007, huit patients ont reçu une greffe de rein, grâce à une technique expérimentée par le CHU d'Angers. Dans le grand Ouest, seul le CHU de Nantes la propose également.

Pourquoi, comment

Quel est ce nouveau procédé ?

Jusqu'en 2003, en France, on ne prélevait des organes que sur des personnes en état de mort cérébrale. Depuis sept ans, on peut aussi prélever sur des personnes dont le coeur s'est arrêté. Pour ça, il faut maintenir la circulation dans les organes. Sinon, ils se détériorent.

Comment les organes peuvent-ils être irrigués après la mort ?

On a inventé un appareil de massage cardiaque. Constitué d'une plate-forme dorsale et d'une sangle qui se fixe sur la poitrine du donneur, il offre des résultats incomparablement supérieurs à ceux du massage manuel. Son premier intérêt, évidemment, c'est de sauver la vie de personnes victimes d'un arrêt cardiaque. Le second, si on échoue, c'est de permettre à leurs organes de continuer à recevoir du sang oxygéné pour pouvoir éventuellement les greffer.

Combien y a-t-il d'appareils à Angers ?

Trois dont un au CHU et deux dans les camions du Samu. Le premier a été acheté par le CHU. Le second par la Fondation Greffes de vie. Le troisième par le Lions Club d'Angers, grâce à des collectes auprès du public. Chacun coûte 18 000 EUR.

Huit patients greffés en deux ans, ce n'est tout de même pas mirobolant...

'C'est vrai, reconnaît le dr Jean-Paul Jacob, qui a lancé cette expérimentation. Ça reste modeste. Mais notre projet a créé de la motivation dans les autres CHU de l'Ouest.' Nantes a commencé. Tours, Poitiers et Rennes vont suivre. Angers est le 3e ou 4e CHU de France à s'être lancé dans cette aventure, menée également à Lyon, Nancy, Strasbourg, Lille et Paris. Au total, en France, 165 personnes ont reçu une greffe grâce à ce procédé.

Quels sont les résultats des greffes ?

'Excellents,' assure le Dr Jacob, qui est aujourd'hui médecin adjoint de l'Agence de biomédecine du Grand Ouest. Pour peser cet enthousiasme, il faut savoir qu'au début des greffes d'organes, dans les années 50, on ne prélevait que sur des personnes dont le coeur s'était arrêté. Car on ne connaissait pas encore la mort cérébrale. On avait abandonné ce procédé car les greffes ne donnaient pas de résultats satisfaisants. On y revient donc aujourd'hui, en l'ayant rendu fiable."

Claudine QUIBLIER

http://www.ouest-france.fr