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"Nous avons aidé des patients à mourir..."

"Accusées d'empoisonnement pour avoir donné la mort à une patiente atteinte d'un cancer en phase terminale, le Dr Laurence Tramois et l'infirmière Chantal Chanez seront jugées du 12 au 16 mars par les assises de la Dordogne (cf revue de presse 19/05/06). Elles risquent 30 ans de réclusion criminelle.

Avant ce procès et en pleine campagne présidentielle, 2 314 médecins et infirmières affirment dans Le Nouvel Observateur et Ouest France avoir aidé des patients à mourir avec décence. 'Parce que, de façon certaine, la maladie l’emportait sur nos thérapeutiques, parce que, malgré des traitements adaptés, les souffrances physiques et psychologiques rendaient la vie du patient intolérable, parce que le malade souhaitait en finir, nous, soignants, avons, en conscience, aidé médicalement des patients à mourir avec décence', affirment les signataires du manifeste."

"Jugeant 'insuffisantes' les améliorations apportées par la loi sur la fin de vie d'avril 2005 (dite loi Leonetti), les signataires relèvent que 'les récentes mises en examen de médecins et d’infirmières ayant aidé leurs patients à mourir prouvent que la loi est toujours aussi répressive et injuste car en décalage avec la réalité médicale'.

La majorité des soignants qui 'assistent régulièrement leurs patients jusqu'à la mort, utilisent, dans les circonstances décrites, des substances chimiques qui précipitent une fin devenue trop cruelle, tout en sachant que cette attitude est en désaccord avec la loi actuelle', ajoutent les signataires.

Ils demandent 'l'arrêt immédiat des poursuites à l'encontre des soignants mis en accusation', 'une révision de la loi' et 'des moyens adaptés permettant d'accompagner les patients en fin de vie'.

Ce 'manifeste des 2 000 soignants' rappelle celui des '343 salopes'. En 1971, ces femmes y affirmaient avoir pratiqué des avortements clandestins, ce qui avait ouvert la voie au débat sur l'avortement et abouti à sa dépénalisation.

Fadek Beloucif, anesthésiste-réanimateur, qui a participé à un avis du Comité consultatif national d'éthique (CCNE) sur 'la fin de vie, l'arrêt de vie et l'euthanasie' tempère : 'La loi Leonetti est l'une des 2 seules lois votées au XXème siècle à l'unanimité. Elle règle les choses de manière humaine'. Elle offre une solution à toutes les situations 'pour des patients qui souffrent', ajoute-t-il. Pour Marie de Hennezel, psychologue, ce n'est pas d'une nouvelle loi dont les mourants ont besoin mais d'un véritable effort en faveur des soins palliatifs, qui sont encore absents de près de la moitié des départements français. Il n'existe que 700 lits pouvant accueillir les patients en soins palliatifs alors qu'au moins 10 000 personnes devraient en bénéficier, ajoute-t-elle.

Bernard Debré, professeur de médecine et auteur de 'Nous t'avons tant aimé. L'euthanasie, l'impossible loi', explique dans La Vie que les 'médecins disposent de l'arsenal thérapeutique nécessaire pour soulager la majeure partie des douleurs [...] mais qu'il est évident que nous manquons d'unités de fin de vie et d'équipes mobiles de soins palliatifs'. Il précise que 'tuer doit rester une transgression pour la société'. L'acharnement thérapeutique est 'inconvenant', explique-t-il. Au cours de sa carrière, il a appris que 'pour beaucoup, la dignité est rendue par le regard de l'autre'. 'Dans les unités de soins palliatifs, les patients n'ont plus envie de demander la mort', souligne-t-il. Revenant sur l'affaire Humbert, il explique que l'important est que la transgression ait été reconnue : 'la transgression doit être jugée. Je ne dis pas qu'elle doit être condamnée'. Enfin, il craint que le recours à l'euthanasie soit lié aux intérêts économiques car 'la maladie, la vieillesse, le handicap coûtent cher'.

Par ailleurs, dans le cadre de la mort de Piergiogio Welby, cet italien qui demandait à être euthanasié (cf revue de presse du 22/12/06), les procureurs n'ont retenue aucune charge contre le médecin qui l'a aidé à mourir. Ils ont estimé que l'anesthésiste avait agi dans l'esprit des droits constitutionnels de son patient. En Italie, l'euthanasie est illégale."

Retrouver en ligne le manifeste en faveur de la dépénalisation de l'euthanasie et la liste des signataires

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Le Nouvel Observateur (Isabelle Monnin) 8-14/03/07 - Ouest France 08/03/07 - Libération (Julie Lestrade) 08/03/07 - La Croix 08/03/07 - 20 minutes 08/03/07 - La Vie 08/03/07 - 7sur7.be

1 commentaire:

Catherine a dit…

Effectivement, les services d'urgence, seuls, essaient d'organiser la désorganisation, et sont engorgés de patients "en fin de vie", preuve qu'il manque des unités de fin de vie et des équipes mobiles de soins palliatifs. La vraie place de ces patients en fin de vie est-elle aux urgences, alors que chacun connaît le coût élevé engendré par le service des urgences qui a avant tout vocation à être un plateau technique, et non à gérer les "fins de vie", pour lesquelles il ne saurait être question de gestes médicaux spécialisés invasifs, comme l'intubation, l'assistance respiratoire etc., qui ne feraient que prolonger l'agonie et les souffrances. "Pour Marie de Hennezel, psychologue, ce n'est pas d'une nouvelle loi dont les mourants ont besoin mais d'un véritable effort en faveur des soins palliatifs, qui sont encore absents de près de la moitié des départements français. Il n'existe que 700 lits pouvant accueillir les patients en soins palliatifs alors qu'au moins 10 000 personnes devraient en bénéficier, ajoute-t-elle. Bernard Debré, professeur de médecine et auteur de 'Nous t'avons tant aimé. L'euthanasie, l'impossible loi', explique dans 'La Vie' que les 'médecins disposent de l'arsenal thérapeutique nécessaire pour soulager la majeure partie des douleurs [...] mais qu'il est évident que nous manquons d'unités de fin de vie et d'équipes mobiles de soins palliatifs'. Il précise que 'tuer doit rester une transgression pour la société'."
Alors : plus d'unités de fin de vie ou une nouvelle loi ? A en juger par l'état d'urgence dans lequel se trouvent bien des services d'urgences, ce n'est pas une nouvelle loi qui va les aider à organiser la désorganisation et soulager la détresse des proches de ces mourants, mais bel et bien des lits pouvant accueillir des patients en soins palliatifs...