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Cellules souches : le handicap français

"Une étude américaine classe la France parmi les pays les moins performants en matière de recherche sur les cellules souches embryonnaires humaines. Pour les chercheurs français, le retard – qui pourrait d'ailleurs être bientôt comblé – s'explique par les contraintes de la loi de bioéthique mais aussi par l'absence d'une volonté politique incitative. L'exemple de la Californie, dont le gouverneur, Arnold Schwarzenegger, veut faire un leader mondial dans ce domaine, est à méditer selon eux."

Cellules souches embryonnaires humaines

"L'absence de vision politique handicape les chercheurs français"
"La recherche française sur les cellules souches embryonnaires humaines serait l'une des moins productives au monde. Pour nos chercheurs, ce retard n'est pas uniquement lié à la contraignante loi de bioéthique de 2004 : l'absence de politique scientifique nationale incitative serait le véritable coeur du problème."

"Une réglementation variable d'un pays à l'autre(www.stemgen.org)"

"Une étude américaine classe la France parmi les pays les moins performants en matière de recherche sur les cellules souches embryonnaires humaines. Seule consolation, des nations pourtant connues pour leur dynamisme scientifique telles que les États-Unis ou le Japon sont aussi mal classées que nous. Selon Aaron Levine, maître de conférence à l'institut de technologie de Géorgie (Atlanta) et auteur de cette étude*, le retard de ces pays s'expliquerait par la nature restrictive des lois qui y encadrent les recherches sur l'embryon humain et les cellules qui en dérivent. D'ailleurs, les États qui ont les lois les plus permissives (le Royaume-Uni, Israël et la Chine) sont en tête du classement établi par Levine.

Pour les scientifiques français, même s'ils attendent tous avec impatience (et un soupçon d'inquiétude) la prochaine révision des lois de bioéthique, la faiblesse de notre recherche ne serait pas tant liée à ses aspects réglementaires qu'à la politique gouvernementale en général. De manière quasi unanime, ils dénoncent l'absence de programmes nationaux incitant les chercheurs à se lancer dans l'étude des cellules souches embryonnaires humaines et de leurs prometteuses applications thérapeutiques. Sans une telle impulsion politique, ils craignent que la France ne reste à la traîne dans la course à la biothérapie."

"L'incompréhensible régime français"
"Les lois encadrant la recherche sur les cellules souches embryonnaires humaines sont extrêmement variables d'un pays à l'autre, de l'interdiction pure et simple à une permissivité presque totale (voir carte). Dans cet éventail de réglementations, la France a une position singulière : si la loi de bioéthique de 2004 prévoit que la recherche sur l'embryon humain et ses cellules est interdite, elle permet, cependant, à titre dérogatoire et pour cinq ans seulement, la réalisation de recherches à finalité thérapeutique pratiquées dans des conditions extrêmement contrôlées. Les chercheurs ayant reçu une autorisation de l'Agence de la biomédecine peuvent travailler sur des lignées importées. Ils peuvent aussi être autorisés à dériver leurs propres lignées à partir d'embryons surnuméraires conçus dans le cadre d'une fécondation invitro et qui ne font plus partie d'un projet parental (les parents doivent dans ce cas avoir explicitement choisi de céder lesdits embryons à la recherche)."

"'Ce régime dérogatoire est incompréhensible à l'étranger. Nos collègues considèrent que la France a promulgué une loi interdisant la recherche sur l'embryon pour ne pas l'appliquer, tout en empêchant les chercheurs de se lancer dans des recherches qui s'inscrivent par nature dans la durée', résume Philippe Menasché, chirurgien cardiaque à l'hôpital européen Georges-Pompidou et directeur de l'unité INSERM Thérapie cellulaire en pathologie cardio-vasculaire. 'Nous avons de nombreux contacts avec des jeunes chercheurs français partis à l'étranger, qui ne veulent pas revenir en France travailler sur les cellules souches embryonnaires humaines. Ils ne veulent pas prendre le risque de devoir interrompre leurs travaux au bout de cinq ans, poursuit-il. Il faut une loi autorisant une fois pour toute la recherche sur les cellules souches embryonnaires. Cette loi prévoirait évidemment que les recherches soient encadrées et suivies de manière très stricte par l'Agence de la biomédecine."

"'L'agence serait également déléguée pour faire évoluer la réglementation à chaque fois que les avancées scientifiques le justifieraient.' C'est à peu près le système qu'a choisi le Royaume-Uni, le pays aujourd'hui le plus performant en matière de recherche sur l'embryon humain et ces cellules.

Comme tous ses collègues français qui travaillent dans le domaine, Philippe Menasché reconnaît cependant que la réglementation actuelle ne l'empêche pas de travailler. Elle impose des contraintes assez lourdes, mais elle permet à tous ceux qui ont la volonté de s'engager dans l'étude des cellules souches embryonnaires humaines d'avancer (...)".

"Alors, comment expliquer que la France arrive dans le peloton de queue du classement d'Aaron Levine ? Le premier élément à prendre en compte est notre handicap au départ de la course : 'Un pays dans lequel la recherche a été interdite jusqu'à il y a trois ans ne peut bien évidemment pas prétendre entrer en compétition avec ceux dans lesquels les recherches ont été plus qu'autorisées, suscitées et promues depuis dix ans, commente Marc Pechanski, qui dirige le Laboratoire I-Stem, à Évry. La situation générale du financement de la recherche est un autre facteur. Il y a quatre ans, les labos français étaient tellement exsangues que les personnels sont descendus dans la rue pendant trois mois, et que plus d'un millier de directeurs de recherche ont remis leur démission... Que la recherche sur les cellules souches en subisse les conséquences paraît inévitable.'

Le chercheur souligne aussi l'absence de programmes incitatifs. Cet élément est le plus limitant aux yeux de nombreux scientifiques. 'La politique gouvernementale française n'a jamais envoyé aucun signal de soutien à la recherche sur les cellules souches embryonnaires. Il n'y a aucun programme incitatif, aucun appel à projet spécifique de l'Agence nationale pour la recherche', note Laure Coulombel (INSERM U602, Villejuif). 'L'une des régions parmi les plus actives aujourd'hui dans ce champ de la recherche est la Californie, note Philippe Menasché. Cela est le résultat d'une volonté politique, celle d'un gouverneur qui a décidé d'en faire une priorité et de donner tous les moyens nécessaires aux chercheurs et aux sociétés de biotechnologie qui souhaitent s'engager dans la thématique (...).

En France, à ma connaissance, la seule structure qui ait affiché son intérêt pour la recherche sur les cellules souches embryonnaires humaines est la région Île-de-France. Mais rien n'est fait à l'échelle nationale. Cela ne motive pas les chercheurs qui hésitent à s'engager dans des projets. Nous sommes en retard et, si rien ne change, nous risquons de le rester.'"

Article du Dr. ÉLODIE BIET
LE QUOTIDIEN DU MEDECIN
* "Cell Stem Cell", juin 2008, pp. 521-524.

Trois nouvelles lignées à Montpellier

"Il existe désormais quatre lignées de cellules souches embryonnaires françaises. La première a été obtenue l'an passé par l'équipe d'Annelise Bennaceur-Griscelli (INSERM U602, institut André-Lwoff, Villejuif). Trois autres viennent d'être produites à l'institut de recherche en biothérapie de Montpellier. 'La première est génétiquement normale, les deux autres sont respectivement porteuses des mutations responsables du syndrome de von Hippel-Lindau et de la mucoviscidose', annonce au 'Quotidien' John de Vos, qui dirige l'équipe Développement embryonnaire précoce et cellules souches embryonnaires humaines (INSERM U847), avec le Pr Samir Hamamah. 'Dériver nos propres lignées présente au moins trois intérêts majeurs, explique le chercheur. Cela nous permet d'acquérir une indépendance vis-à-vis de nos collègues étrangers et un savoir-faire indispensable pour d'autres projets – en particulier ceux concernant la reprogrammation de cellules adultes en cellules pluripotentes semblables à des cellules souches embryonnaires. Cela nous permet aussi d'obtenir des lignées présentant des anomalies génétiques spécifiques, des lignées qui constituent de très bons modèles pour l'étude de la physiopathologie des maladies et la recherche de traitement.'"

"Cette nouvelle suggère que la recherche française sur les cellules souches embryonnaires humaines n'est peut-être pas autant à la traîne que l'indiquent les données recueillies par Aaron Levine. 'Il n'a pris en compte que les travaux publiés jusqu'en 2006, remarque Laure Coulombel. Or c'est l'année même où le décret, offrant enfin aux chercheurs français la possibilité de dériver leurs propres lignées cellulaires, a été publié. Depuis, de remarquables travaux ont été menés par des équipes françaises, et de nombreuses brillantes publications devraient paraître d'ici peu.'

Une cinquième lignée de cellules souches embryonnaires françaises serait notamment sur le point d'émerger dans un laboratoire lyonnais."

Source :
http://www.quotimed.com

1 commentaire:

Catherine a dit…

"Rappelons qu'il n'existe aucun essai clinique humain dans le monde avec les cellules souches embryonnaires à la différence des cellules souches adultes."
Source : Genethique :
http://www.genethique.org/revues/revues/2008/juillet/10_07_08.html#2